08-Aout 2007

Aout 2007

par le 01 Août, 2007, catégorie 08-Aout 2007

05 Août 2007: Le grand départ!

La Baie à Baie Éternité (Saguenay);

18 milles nautiques;

Ensoleillé avec passages nuageux 20° C, 101.4 KPa, vents O 10 noeuds;

Départ à 13h00, Arrivée à 17h30, moteur 0h00 et voile 4h30.

Ancrage: N 48° 18.00, W 70° 19.31

La journée a commencé par notre départ à 13h00 comme prévu. Il y avait plusieurs personnes pour nous voir partir. Cela nous a beaucoup touché. Les navigateurs de la marina de La Baie nous ont aussi salué d’un bon coup de corne de brume qui nous à fait chaud au coeur. On est partit et avons refait un passage à voile devant la marina en faisant sauter un bouchon de mousseux vers nos invités. Un de ceux-là a conservé le bouchon pour nous le remettre à notre retour l’an prochain. Nous avons bu chacun une gorgé de ce bon mousseux et Catherine s’est brisée un petit morceau de dent sur la bouteille tellement elle était énervée. Nous avons arrosé un peu nos invités pour les bénir (en espérant que je n’ai pas brisé d’apprareils photos en faisant cela (Oups.. j’y avait pas pensé) et cassé la bouteille sur le bateau pour porter chance à notre voyage (de la vitre partout et c’était tout collant !!!).

Au revoir au quai de la marina de la Baie

Ensuite, on était très nerveux. On avait de la difficulté à se concentrer, on a fait des erreurs avec les voiles et on était tout désordonné. On a donc remis a plus tard de hisser la grand-voile. C’est ça la fébrilité. Que c’est des émotions spéciales!

Ensuite, ce fut notre première navigation. Vent arrière en ciseaux, assez calme, et une vitesse de 3-4 noeuds, très agréable !!!. Il faisait soleil, c’était parfait et magique comme première journée sur l’eau. Catherine à même fait une petite sieste de 20 minutes.

On est arrivée vers 19h00 à Baie Éternité. On s’est fait un beau souper et on s’est couché là-dessus.

06 Août 2007: Repos

Baie Éternité (Saguenay);

Nuageux 20° C, 101.5 KPa, Vents O 10-15 noeuds.

Aujourd’hui, on s’est reposé. Catherine était toute excitée. Contente de vivre, elle n’arrêtait pas de bourdonner comme une abeille. Lecture au menu pour nous deux le matin. Catherine a fait un potage ensuite pour le diner. Que c’est bon quand Catherine cuisine !!! En après-midi, on a continué à lire, Catherine a taponé un peu son appareil photo et écouté de la musique. Pour souper, on s’est fait un énorme Nacho-repas (olives, oignons, piments, saucisses italiennes, fromage, etc..) avec un film. Que c’était bon ! Ensuite, relaxation et dodo.

Repos à Baie-Éternité, un paradis sur terre !

07 Août 2007: Travaux et repos

Baie Éternité (Saguenay);

Ensoleillé avec passages nuageux 22°C, 101.0 KPa, Vents O 20-25 noeuds diminuant en PM.

La journée a commencé à 2h30 AM, lorsque le vent s’est levé. N’ayant pas encore l’habitude, j’ai préféré dormir habillé dans le carré. Ce n’était pas nécessaire, mais bon, il faut s’habituer. Catherine s’est levée vers 7h30 AM et je suis retourné dans les couvertes chaudes laissées par Catherine jusqu’à 10h00 AM.

Au levé, l’énergie pour travailler était là. Catherine lisait depuis 7h30 AM. Je sais que quand je travaille, elle veut aussi travailler. Mais, je lui ai interdit, elle avait ordre de se reposer. Elle a donc entrepris la correction du site web. Par la suite, je l’ai installée dans un hamac au bout du bateau. Pendant ce temps, j’ai fais toute sorte de choses jusqu’à 16h00 (ravitaillé en essence la génératrice et le hors-bord, nettoyé les défenses, posé final le sélecteur des panneaux solaires, posé une grille pour la ventillation du moteur, vidé l’eau de cale d’un débordement de toilette, gonflé le zodiac, etc.), puis j’ai jetté la serviette et entrepris un peu de la lecture.

Catherine nous a fait son super spaghetti aux fruits de mer pour souper et on s’est régalé en soupant dehors. On est resté dehors jusqu’à 20h30 avec encore de la lecture. Catherine a terminé son livre de 700 pages vers 22h00, et ensuite, hop! dodo.

Tests et essais de nos nouveaux équipements

08 Août 2007: Retour au bercail !

Baie Eternité – Anse St-jean (Saguenay);

9 milles nautiques;

Nuageux et pluie 18° C, 100.65 KPa, vents E 20 noeuds, 2 pieds de vagues;

Départ: 11h00- Arrivée; 15h00, Moteur 3h00 et voile 1h00.

On se lève vers 8h00 AM, il pleut. On a des fourmis dans les jambes et on est prêt à bouger. Le repos a fait son oeuvre. On part!!!

À la sortie de la Baie, on se fait ramasser par des vents de 30 noeuds à moteur. Vent dans le nez. On roule à 2 noeuds contre le vent. Ça ne dure que 30 minutes et puis ça se calme. On se rend alors à l’Anse St-Jean avec un tout petit peu de voile vers la fin. On aime bien ouvrir au moins une fois nos voiles par navigation . C’est NOTRE marina. Ça fait tout drôle… On se sent chez nous comme quand on met de vieilles pantoufles et cela vient nous chercher dans notre fond. Le commodore nous accueille au quai et nous paye même notre nuit comme cadeau de voyage. La générosité de tous nous renverse. On en reçoit tellement depuis quelques semaines.

Il y a du internet à la marina et ça fait 4 jours qu’on en n’a pas eu, alors on se paye la traite. On prend nos emails, la météo par internet, etc. Je jase sur MSN avec Jean-Charles du voilier BOBINETTE (basé à Cap-à-l’Aigle), mais qui est au travail à Montréal. Il me dit: « si tu croises le voilier VIRAGE, salues-les pour moi, ils sont dans votre secteur ». Je lui dis: « parfait ». Je sors la tête un peu de mon bateau, car la pluie a cessé et je prends une bouffé d’air. Je regarde le bateau à côté de nous et je lis son nom: VIRAGE. Incroyable! Ils sortent du bateau et je leur dis que Jean-Charles les salues et que je suis sur MSN avec lui. Ils me disent qu’ils étaient en train de nous envoyer un email, car ils nous suivaient sur notre site et voulaient nous rencontrer. Ils veulent partir un an en 2010 et voudraient partager avec nous concernant leurs préparatifs. Pendant ce temps, Catherine s’est sauvée à la boutique d’artisanat en face de la marina. Petite coquine…

On passe donc une belle soirée avec cet équipage en compagnie d’une bonne bouteille de vin blanc, de moules fumées sur biscuits, de Tostitos avec mousse à la truite sur leur bateau et ensuite, une fois les enfants couchés, une petite visite avec bière sur notre bateau. Les échanges ont été nombreux et je crois qu’ils ont apprécié valider leur préparatif avec nous.

09 Août 2007: À voile vers Tadoussac

Anse St-jean – Tadoussac (Saguenay);

22 milles nautiques;

Ensoleillé 21° C, 101.15 KPa, vents O 15 noeuds, 2 pieds de vagues;

Départ: 12h00, Arrivée; 16h30, Moteur 1h00, Voile 5h00.

Ancrage: N 48° 08.44, W 69° 42.65

Aujourd’hui c’est la fête à ma maman! Bonne fête Miche! On se lève, Catherine va pour la douche et moi j’appelle ma maman par Skype (Internet). Quelle fut sa surprise ! Elle était bien contente. On salut nos nouveaux amis du voilier VIRAGE, notre marina de l’Anse St-Jean et on part vers 12h00.

Super belle navigation à voile, vent arrière nous poussant à 5 noeuds de vitesse en moyenne. On a même eu des pointes à 6,4 noeuds et avec le courant aidant de 2 noeuds cela nous donnait 8,4 noeuds au GPS. Vraiment paradisiaque. On ne voit par contre pas de béluga à Baie Ste-Marguerite, mais on en voit près de Tadoussac. Finalement, on a fait tout le Saguenay à voile de La Baie à Tadoussac, ce qui est un record pour nous depuis trois ans. Nous rendons grâce incliné et même à genoux au dieu du vent Éole. On a même passé les traversiers à Tadoussac à voile tellement on allait vite.

Arrivés dans la baie de Tadoussac, on a eu de la misère à ancrer. On ne s’est pas bien communiqué les ordres et on est pas bien rodés encore. Il faut recommencer à chaque année. Mais, on a réussit après un moment. C’est maintenant le temps de relaxer et souper. On se réchauffe un restant de spaghetti aux fruits de mer, pis on soupe dehors. Miam Miam c’est super! Dodo vers 22h00 (c’est pas mal notre heure du dodo ça).

10 Août 2007: À nous le fleuve !!!

Tadoussac – Cap-à-l’Aigle (Malbaie);

38 milles nautiques;

Ensoleillé avec passage nuageux 20° C, 101.0 KPa, vents O 10 noeuds.

Départ: 9h00, Arrivée; 18h00, Moteur 9h00, Voile 1h00

On se lève avec le charme de la baie de Tadoussac : les bateaux qui partent aux excursions aux baleines, la senteur du fleuve, l’activité marine du secteur et les traversiers. Un bon café, on déjeune et on part pour notre navigation vers Cap-à-l’Aigle. On a levé l’ancre et le cablôt s’est pris dans on ne sait trop quoi. On bougeait le bateau dans toutes les directions et le cablôt a finit par se déprendre. Il y avait une marque grise foncée à la hauteur de 100 pieds de câblot. Le câblot était donc entouré autour d’une roche.

On est passé proche de la Toupie sur le haut fond Prince (beau phare en plein milieu du fleuve) et on a mis le cap sur Cap-à-l’Aigle à moteur. Vent faible, pas de vague, navigation agréable. Une fois arrivée près de Cap-à-l’Aigle, il faisait beau, le courant nous aidait encore. J’ai tiré la perche d’homme à la mer à l’eau et activé Catherine, car c’est un moment idéal pour une pratique. Catherine doit se pratiquer à faire obéir le bateau à moteur. Quand on ancre, on doit reculer le bateau et c’est Catherine qui est au moteur et moi à la proue sur l’ancre. Et tout le monde sait qu’une femme qui recule en auto, c’est pas beau à voir, donc imaginez avec un bateau de 11 000 lbs, ça marche pas du tout !!! (farce plate de macho…). Donc là, avec une perche en plein milieu de l’eau, on peut faire en toute tranquillité et sans stress les essais qu’on veut. Catherine a pratiqué cela pendant 45 minutes et elle a commencé a bien dompter le bateau. Bravo! Alors, on est rentré à Cap-à-l’Aigle.

Et qui est-ce qui était tout juste à côté de nous à quai? Le voilier NORD SUD et son capitaine Normand. J’aime beaucoup Normand pour les cours qu’il nous donne l’hiver. Il est très rigoureux et nous pousse à l’être. On a jasé un peu avec Norman et sa conjointe. On a soupé, fait la vaisselle et on s’est couché tôt. Quand on est dehors tout le temps, la fatigue physique se ressent vite en soirée et c’est une si belle fatigue. Dans notre vie moderne, la fatigue vient de la tête et rarement du corps. C’est bien de revenir au naturel et de se sentir fatigué plus souvent par le corps que par la tête!

11 Août 2007: Belles rencontres et Traverse St-Roch

Cap-à-l’Aigle – St-Jean-Port-Joly

38 milles nautiques;

Nuageux 22° C, 101.0 KPa, vents S 10-15 noeuds, 2-3 pieds de vagues;

Départ: 10h, Arrivée; 15h30, Moteur 5h, Voile 1h

On s’est levé vers 8h00. Un bon café et je me suis mis sur la mission Diesel. On ne pouvait pas aller au quai de service, car pas assez d’eau sous la quille. J’ai rempli le réservoir diésel du bateau avec les deux bidons que j’ai sur le pont et ensuite je suis allé les faire remplir à pied au quai de service. Je rencontre sur le chemin du retour Jean-Charles notre ami du voilier BOBINETTE (c’est leur port d’attache). On les attendais hier soir, mais ils sont arrivés vers 22h00 et on était couché. On a pris une heure avec toute la petite famille avant de partir.

L’équipage de BOBINETTE à leur port d’attache: Cap-à l’Aigle

On salut BOBINETTE et NORD SUD et on quitte alors Cap-à-l’Aigle vers 10h00. À contre-courant pendant 1h30 en suivant le bord, puis on met le cap sur la Traverse St-Roch. Elle porte bien son nom cette traverse. Roch pour « Rock and Roll ». En effet, c’est dans cette traverse qu’il y a le plus de courant dans toute la partie du St-Laurent (7-8 noeuds dans les deux sens de marée). Notre navigation nous l’a fait prendre avec un courant aidant de 5 noeuds et il nous a fait filer jusqu’à St-Jean-Port-Joly à toute allure. On a même atteint pendant un temps la vitesse GPS sur le fond de 10 noeuds, WOW! Heureusement, nous avions de bonnes conditions de navigation, mais gare à ceux qui s’y aventure sans avoir soigneusement planifié leur navigation, car ça peut être leur pire cauchemar !!!

On est donc entré à St-Jean-Port-Joly, petite ville TRÈS charmante, vers les 15h30. On a sorti notre super sac à dos et nous sommes allés faire une épicerie. On a pris au passage une crème glacée, car en ville, c’est pas comme sur l’eau, il fait chaud. À notre retour, SURPRISE, on nous faisait signe à partir des quais. On était sur la berge et on ne voyait pas bien. Qui était-ce?…. Mais, c’était Yves et Lorraine du voilier YLO!!! On a cotoyé ce couple pendant la préparation de notre voyage ce printemps. Ils étaient tout le temps à leur bateau au Centre du navigateur à Chicoutimi. Rares sont ceux qui, comme nous, était tous les jours à notre bateau pour y travailler dessus. Nous les aimions beaucoup et, entretemps, leur travail les ont amené à La Pocatière et ils ont dû déménager. Et par bonheur, on les a croisé sur noter chemin! Ils étaient partit en pensant qu’ils devrait aller à Rivière-du-Loup comme nouveau port d’attache, mais entre temps, une place s’est libérée à St-Jean-Port-Joly et on était pas au courant. Que la vie fait bien les choses. Bref, on était très content et ils nous ont invité à manger un beau saumon sur le barbecue arrosé de bon vin. Nous avons passé une très belle soirée en leur compagnie. Dans cette même soirée, un autre couple que Yves connaissait est venu se greffé à notre belle soirée. Il s’agit de Laval Lévesque et sa conjointe Marthe qui sont super charmants. Nous avions déjà entendu parler de Laval Lévesque par celui qui nous a vendu notre bateau (Laval Laberge) et quand ils sont ensemble, ça fait du Laval au Carré (Laval2) et ils ont du fun au cube3 supposément. Donc, une très belle soirée digne du monde des navigateurs.

Catherine devant SA!!! boutique de St-Jean-Port-Joly Souper sur YLO à St-Jean-Port-Joly

Séchage de la brassée de linge sur le bateau, on sauve 1,50$ quant même et s’est écologique !

12 Août 2007: Bon vent et petite nuit !

St-Jean-Port-Joly – Ile aux Grues;

14 milles nautiques;

Ciel Variable 25° C, vents SO 25 noeuds, 6 pieds de vagues;

Départ: 14h00, Arrivée; 17h30, Moteur 1h00 et voile 3h00.

Ancrage: N 47° 03.32, W 70° 31.89

On s’est levé à 8h00, douché et on a reçu Yves et Lorraine de voilier YLO à 9h00 AM pour déjeuner. On a mangé des toasts dorées de Catherine avec des fruits frais qui étaient très bonnes en passant. On a rangé un peu le bateau par la suite. J’ai vérifié une petite fuite de diésel du moteur. On a diné vite fait et ensuite Yves et Lorraine nous ont amené en auto prendre une crème glacée sublime au village.

On a appareillé de St-Jean-Port-Joly vers les 14h00. Le vent était déjà fort (20-25 noeuds), mais le courant était fort aussi (4 noeuds environ) et nous aidait beaucoup. La vague a monté rapidement à 6 pieds de hauteur et on était pas capable de pointer directement sur notre cap, car le bateau claquait trop fort. Il fallait donc louvoyer (tirer des bords pour suivre notre route située dans le lit du vent) pour arriver à destination. Un dicton en navigation dit: « au louvoyage, deux fois la route, trois fois le temps et quatre fois la rogne ». La tension a donc monté et l’action aussi. C’était notre première navigation agitée de l’année. Le réflexe naturel demeurait, soit de rester à moteur. Après 15 minutes cependant, on a ouvert les voiles. Catherine était un peu rétissante au début, mais je l’ai négocié en ne sortant d’abord que le génois (voile d’avant). Dès qu’on l’a mis et qu’on a arrêté le moteur, la tension a diminué instantanément d’un cran. On pense tout le temps qu’un voilier se comporte mieux à moteur dans la vague et dans le vent, mais c’est faux!. Un voilier est plus stable à VOILE!!!!! (on l’écrit pour me se le rappeler pour l’année).

On a donc fait à voile des « tacs » d’un bord à l’autre du Chenal sud du fleuve pendant 3 heures. Le temps s’est calmé par la suite et on a pensé à notre nuit. On visait Berthier-sur-mer, mais c’était devenu impossible pour aujourd’hui, car on était rendu à seulement la moitié de notre route prévue et la renverse du courant ne nous permettait plus de naviguer longtemps à destination. On avait le choix entre la marina de Montmagny presqu’asséchée à marée basse (risqué!) et le quai fédéral de l’Île aux Grues (risqué!). J’ai laissé Catherine décider et planifier notre nuit. C’est tout le temps elle qui étudie la route et qui me donne les ordres de me tasser, virer, changer de cap. Elle est très bonne, car elle lit tout ce qui existe comme documents et sait tout par le fait même. On se complète très bien! Moi, j’essais de la faire mentir… : as-tu pensé à ceci et cela? et ça donne un bon résultat. Catherine voulait beaucoup aller visiter l’Île aux Grues, alors on a choisi d’aller là. On y est arrivé vers 17h30.

Voici comment un bateau se retrouve sens dessus dessous après une navigation agitée. Notez les bagages de la pince avant tous rendus au sol !!!

Aventure! Aventure! Aventure!:

Comment vous racontez cette aventure là? C’était notre première amarrage à un quai fédéral en béton. Commençons par de l’information. Première explication: quand on est dans une marina, les quais flottent, donc suivent la marée, et nos bateaux font de même. Un quai en béton, lui, ne flotte pas!Deuxième explication : les marinas sont tout le temps situées dans des endroits protégés des courants de marée.

Alors, pour revenir à notre récit, on était cette nuit là amarré au quai fédéral de l’Île aux Grues. Lorsqu’on est arrivé, tout allait bien…, il faisait beau…, et après une navigation dans 25 noeuds de vent et 6 pieds de vagues, la sensation de sécurité était à 100%. Le quai nous protégeait du courant de marée à ce moment. On a ajusté nos amarres et nos défenses entre le quai et le bateau.  On s’est rapidement rendu compte qu’il fallait suivre la marée de très prêt, car nos amarres avaient besoin d’être ajustées aux 15 minutes environ. À marée haute, on a relaxé, on a pris des photos et on s’est fait un beau souper. Il y avait même du Internet, ce qui est surprenant, alors on a répondu à nos emails.

Ile aux Grues, quai fédéral en béton de 25 pieds de haut!!!

Puis, la marée a commencé à baisser et ce fut partit pour le rodéo !!! On a passé la nuit et le petit matin à ajuster nos amarres. La marée a descendu de 15 pieds et voyez ce que ça donne rendu à minuit le soir (6h00 après que l’on soit arrivés).

La nuit, tous les chats sont gris !!!

Regardez bien la photo. Quand nous sommes arrivés au souper, le bateau était au chiffre 17 pieds, là où sont attachées les amarres. À minuit, le bateau était rendu au chiffre 3 (oubliez les chiffres 6 ou 5 sur la photo, prenez que ceux de gauche). La marée descendait et on avait vraiment hâte qu’elle en finisse… À 1h00 AM, j’étais encore sur le qui-vive pour m’assurer que le bateau ne descendrait plus et que les amarres suivraient. À la fin, il y avait 25 pieds de béton au-dessus de nous. C’était très impressionnant et ça donnait un peu une impression d’irréalité. Pour ceux qui ont déjà vu notre bateau, le dessus du quai était à notre deuxième barre de flèche de notre mât. On avait jamais vu le haut du mât de ce point de vue.

Une fois cette partie faite (la marée descendante), je me suis dit que j’allais pouvoir aller dormir et relaxer un peu, car à marée montante, les amarres deviennent lâches et cela ne cause pas trop de problème. On aurait pu aller les resserrer aux 3 heures et rien n’aurait pu arriver de très grave. Je suis donc allé me coucher dans le carré, habillé bien sûr, pour sortir au besoin. Une demie-heure après, le bateau a commencé à craquer de partout. Je suis sorti pour voir ce qui se passait et je ne comprenais pas, car tout était bien ajusté. À la marée descendante, quand j’entendais un craquement, c’est que j’avais une amarre qui était trop serrée et qui retenait le bateau vers le haut, mais là, tout était beau. Mystère… J’ai réfléchis et j’ai compris alors que le bateau se remettais à flotter après avoir « piqué ». Hé oui, c’est que notre bateau était piqué dans la vase et ne flottait plus d’un pouce ou deux. Dans les calculs de marée à l’endroit où on était, on savait qu’il nous manquerait un pied et demi de fond sous la quille une fois à marée basse. On savait aussi que le fond était vaseux et que dans ces conditions là, la quille s’enfoncerait bien dans la vase. Tout avais bien été sur ce point. À ce moment là, tout le poids du bateau se retrouvait sur la quille, ce qui n’était pas grave, car conçu pour ça. L’explication des craquements étaient donc que le poids du bateau repassait de la quille à la coque vu la marée qui remontait. Catherine pendant ce temps rêvait aux anges, mais s’était pointée le nez dehors vers 12h00 AM pour voir et prendre des photos. Il y avait aussi la berge qui valait le coût de voir, car elle était à 1/2 mille de nous à marée haute et rendue à 15 pieds de nous à marée basse. Ouf!!! que c’était juste, que c’était juste!

Donc, à 2h00 AM, j’ai commencé à m’assoupir et 30 minutes plus tard, j’ai entendu un bruit constant et bizarre. Je me suis levé et j’ai été voir le traversier qui était amarré près de nous. J’ai regardé son drapeau pour voir s’il y a du vent, mais son drapeau était sans vie. Je suis alors sorti dans le cockpit et j’ai compris que c’était le courant qui faisait ce bruit. Hé oui! maintenant que la marée montait, nous étions désormais du mauvais côté du quai et maintenant le courant nous arrivait sur notre travers. Résultat, je ne pouvais laisser les amarres se désserrer sans surveillance, car le bateau se battait contre le courant. Il fallait aussi une surveillance constante sur les défenses qui avaient la vie dure durant cette étape, acullées contre le mur de béton. Et ça dure normalement 6 heures ce courant!!! Vers 4h00 AM, le courant était au plus fort, je combatais le sommeil et je commençais à m’imaginer toutes sortes de scénarios catastrophiques… Exemples: s’il fallait qu’un tronc d’arbre nous fonce dessus, et pourquoi pas, un poteau de téléphone!. Nous étions perpendiculaires au courant et l’aurions reçu de côté, ouf!… j’avais soudainement hâte que le soleil se lève… Vers 5h00 AM, l’espoir est revenu. C’est fou ce que la nuit, on s’inquiète juste parce qu’il fait noir et qu’au soleil levant, tout redevient calme et positif. Essayez ça et vous verrez! Ça nous avait fait cet effet là aussi lors de notre navigation de nuit de 36 heures l’an passé et cela nous fait cela aussi quand on est ancré par forts vents et qu’on fait des quarts de veille de nuit. Alors, vers 5h30 AM, le courant s’est calmé et je me suis calmé aussi. J’ai réveillé Catherine, lui indiquant les choses à surveiller et à faire aux 15 minutes. J’ai dormi jusqu’à 9h00 AM, car on devait partir vers 9h30 avant que le bateau ne repique dans la vase. Voilà un beau chapitre d’aventure n’est-ce pas ??? Je vais répéter les paroles de ceux qui nous ont vendu notre bateau: « pour vous acheter un bateau, il faut aimer l’aventure, car vous n’aurai pas à chercher l’aventure, c’est elle qui vous trouvera ! ».

13 Août 2007: Québec, enfin Québec !!!

Ile aux Grues – St-Laurent, Île d’Orléans (Québec);

23 milles nautiques;

Ciel Variable  22° C, 100.6 KPa, vents O 20 noeuds, 2-3 pieds de vagues;

Départ: 9h30, Arrivée; 17h30, Moteur 7h00 et voile 1h00.

La journée est magnifique au levé. Il reste 12 pieds d’eau sous le bateau et on doit partir d’ici une heure max, il est 9h00. 9H30, il reste 10 pieds. J’ai donné le GO à tout l’équipage (Catherine). « On part d’icitte au PC » (je parle du quai et pas de la belle île)! Tout se passe bien, on est enfin partit. On a même pas eu une heure de répit pour visiter l’île, mais la nature en a décidé autrement.

Nous avons d’abord navigué contre-courant en longeant le bord de l’île aux Grues pour avoir le moins de courant possible. On a eu une vitesse de 3 noeuds pendant presque toute la journée. C’était pas vite, mais ça avancait… On a vu sur notre route Grosse Île (Île de la quarantaine), Cap tourmente, le Mont St-Anne et l’Île d’Orléans: beau paysage… On a fait un peu de voile pendant 1h00 devant Berthier-sur-Mer. On croise alors un couple d’amis navigateurs du Saguenay: Alain et Denise du voilier IMPULSIVE 5. Le monde est petit comme on dit! Cela nous a fait chaud au coeur d’avoir pu les croiser sur le fleuve, car on s’était dit qu’on espérait se croiser il y a de ça 10 jours, avant notre départ du Saguenay. Ensuite, on est entré vers 17h30 à la marina de St-Laurent, île d’Orléans. Sieste de 2h30, car on a eu chacun une petite nuit. Souper et film de 20h30 à 22h30 et op !dodo ensuite.

L’Île de la quarantaine ou Grosse île avec le Mont St-Anne en arrière plan

14 Août 2007: Le coeur de Québec! Journée avec les parents de Catherine

St-Laurent, Île d’Orléans – Bassin Louise (Québec);

9 milles nautiques;

Nuageux 20°C, 100.9 KPa, vents O 20-25 noeuds; 2 pieds de vagues

Départ: 16h00, Arrivée; 18h30, Moteur 2h30 et voile 0h00.

Très belle nuit, par rapport à celle de la veille. Nous avons fait du Internet le matin et nous avons donné rendez-vous aux parents de Catherine pour qu’ils viennent faire avec nous le trajet de l’Île d’Orléans vers le Bassin Louise. Nous nous sommes mis à l’écriture de notre site web, car cela faisait sept jours que nous ne l’avions pas mis à jour. Cela a pris presque trois heures. Après la douche qui était loin d’être un luxe, ménage du bateau. Nous avons reçu les parents de Catherine vers 15h00. À 16h00, nous avons largué les amarres et sommes partis en direction de Québec. Il faisait nuageux foncé et il y avait 20-25 noeuds de vent provenant directement de notre cap, mais il n’a pas plu.

La navigation s’est très bien passé et les parents de Catherine ont beaucoup aimé leur traversée. Ils ont pris 125 photos !!! Nous nous sommes fait dépasser par un cargo et nous avons pu être témoin de l’échange de pilotes du St-Laurent juste devant nous. Les pilotes du St-laurent embarquent aux Escoumins jusqu’à Québec. Ensuite, il y a un autre échange de pilotes pour le trajet Québec – Trois-Rivières.

Une fois arrivé au Bassin Louise, il y avait notre première écluse à vie à traverser avec un pont qui lève. WOW! C’était rapide et impressionnant. Nous n’avons pas eu le temps de réfléchir que nous étions déjà passé. J’ai même oublié de regarder si le mât passait !. Ensuite, ce fut l’arrivée aux quais du Bassin Louise, très serrés les uns sur les autres et la moitié longs de ceux auxquels nous sommes habitués. Au Saguenay, nous pouvons mettre un autre bateau entre deux bateaux à quai. Ici, il ne reste qu’un pied entre deux bateaux. N’ayant pas eu le temps de voir tout ça à temps, notre bateau s’est approché de l’autre bateau à côté de nous un peu trop proche et le monsieur n’était pas content. Au lieu de tenir notre bateau pour ne pas qu’il touche le sien et de nous aider, il nous criait : mon barbecue neuf !, mon barbecue neuf ! …

Une fois bien amarré au quai et le monsieur d’à côté calmé, il fallait revenir aux choses moins sérieuses … : l’apéro de fin de journée. Nous avons pris une petite bière avec nos invités pour fêter notre arrivée au Bassin Louise et notre première écluse en plein coeur du Vieux-Québec. Nous aurons une quinzaine d’écluses à passer sur le Richelieu et sur la Hudson, donc nous trouvions l’expérience utile. Vers 19h30, nous avons fermé le bateau et nous nous sommes allés à un super bon resto, très chic: le CAFÉ DU MONDE dans le Vieux-Port de Québec. Nous avons mangé des moules et frites avec une bonne bière. La dernière fois que nous avions mangé des moules-frites-bière dans un resto, c’était il y a 9 ans en Gaspésie dans un resto charmant du village de Percé sur une terrasse, une heure après que j’eu demandé Catherine en mariage dans le trou du rocher Percé. Cela nous a donc rappelé de beaux souvenirs. La soirée a été sublime en compagnie des parents Lamoureux.

Le père de Catherine                                                                                     Catherine en train de se préparer à faire des manoeuvres

La mère de Catherine                                                                                    Échange de pilotes du St-Laurent

Éric et Catherine en train de manoeuvrer dans l’écluse du Vieux-Port de Québec

L’ouverture du pont dans l’écluse du Vieux-Port de Québec

14 Août 2007 : Catherine qui écrit

Cela fait maintenant 10 jours que nous avons débuté notre voyage. Éh, que ça passe vite ! Il s’en ait déjà passé beaucoup d’événements depuis ce temps. Nous sommes passé Éric et moi dans un autre espace-temps qui n’a rien à voir avec la vie sur terre et ce, dans le temps de le dire. Bien sûr, ça demande une certaine adaptation, mais qui s’est fait assez aisément en ce qui nous concerne. À mon travail, on appelle ça le « le temps long » par opposition « au temsp court » qui représente le mode de vie moderne où l’horaire de la journée est routinière, réglée et planifiée au quart de tour. Pour vous donner une idée du déroulement de nos journées, nos horaires et notre rythme dépendant principalement de dame nature et de la météo. Le cycle du sommeil est complètement chamboulé: on dort plus et le sommeil est réparti maintenant sur 24 heures plutôt que 12 heures. Moi qui n’est jamais capable de faire des siestes en temps normal, je peux dormir le jour facilement 1 à 2h30… Les efforts physiques, les émotions intenses, les conditions météo qui nous volent notre énergie et la surveillance régulière du bâteau durant la nuit expliquent pourquoi le sommeil est différent. Il y a aussi l’alimentation qui est assez différente: on mange beaucoup plus régulièrement et en moins grosse quantité et ce, jusqu’à 8 fois par jour. Ça aide à conserver notre énergie et à empêcher le mal de mer. On peux donc diner vers 15h00 et souper vers 20h00 le soir. Quand on navigue, il est drôle de constater aussi combien le bâteau devient à l’envers dans le temps de le dire. Si vous saviez le nombre de fois que l’on peut se changer par jour : trop chaud, trop froid, mouillé… Met l’habit de pluie, enlève l’habit de pluie, met plutôt le coupe-vent c’est moins chaud. Casquette, lunettes soleil, crème solaire, chasse-moustique. Sandales, espadrilles, et puis nu-pied on est bien mieux. Op, on sort le bikini! Et ça recommence… Aussi, Éric et moi, ont s’est fait demandé très souvent: et puis, votre itinéraire est sûrement tout planifié d’avance ??? Et bien, la réponse est oui TRÈS grossièrement, mais pour le reste, c’est non pas du tout. Pour les simples et bonnes raisons que notre route dépend principalement des conditions de navigation et de la météo. Elle est aussi influencée au fur et à mesure part les conseils que l’on reçoit des navigateurs qui connaissent les conditions locales de la région où l’on se trouve et aussi des belles rencontres que l’on fait au fur et à mesure. La route suivie est donc planifiée 12 à 24 heures d’avance, et même en route, on doit s’ajuster constamment selon ce qui arrive. On doit donc avoir un plan A, B, C et parfois D et E… C’est ça que l’on appelle l’aventure je crois !!! Et ça pratique le lâcher prise, car il faut s’ouvrir à ce qui surgit! Enfin, il y a aussi les émotions en dents de scie. On passe par plusieurs états dans une même journée, ce qui nous sort pas mal de notre train-train quotidien. On peut être en état d’extase à cause d’une belle rencontre ou une navigation, mais on peut aussi avoir à négocier avec un stress intense dans le temps de le dire ou gérer un état de panique qui veut monter. Coller la langue au palais, c’est merveilleux dans ces moments pour respirer profondément comme mes collègues physiothérapeutes me l’on appris … Je crois que les bouffées d’adrénaline nous aide à nous sentir vivants en tout cas ! À suivre …

15 Août 2007 : Journée avec la famille Lamoureux

Levée des corps à 10h00 AM. Que nous dormons comme des marmottes dans un bateau! Je ne sais pas d’où vient tout ce besoin de sommeil. J’imagine que nous avions à nous rattraper pour tous les mois de préparatifs où nous avons coupé court sur nos nuits de sommeil ! Je me suis mis à me promener sur les quais, car j’avais des équipages à trouver (trois bateaux qui partent vers les Bahamas, eux aussi). Il y a 450 places à quai ici. Ça fait beaucoup de monde! Au Saguenay, nos marinas ont maximum 80 places alors, c’est une autre échelle. J’ai finalement trouvé les trois bateaux durant l’après-midi qui étaient eux dans leurs préparatifs jusqu’au cou : TO RIDE PEAGASUS, WINDCHIM et TIR NA NOG. Pour nous, c’est fini depuis 10 jours déjà et j’en suis bien content. Nous sommes déjà en avance sur notre trajet et c’est ce que je voulais. Je ne les ai pas trop dérangé longtemps, car je me suis rappelé comment c’était quand je travaillais : je voulais avancer et ne pas trop me faire déranger. Ils ont tous l’air super sympathiques et je leur ai dis que nous aurons bien le temps de se connaitre mieux durant le trajet. Je leur ai donné quand même un petit conseil avant de partir, c’est-à-dire de faire le maximum avant d’appareiller, car une fois parti, nous n’avons vraiment plus envie de travailler sur le bateau. Nous, depuis que nous sommes partis, nous rencontrons plein de monde, voyons plein de beaux paysages et de beaux endroits. Les stimuli sont tels que les jobs sur le bateau n’avancent plus du tout. Fonctionnant quand même sans ces petits travaux à terminer, nous les reportons toujours à plus tard. Sauf qu’avant de partir de Québec, il faudra faire quelques menus travaux: une petite fuite du réservoir septique à réparer avant de rentrer dans le Lac Champlain et une petite fuite de diesel du moteur à vérifier. Il y aura aussi le dématage (enlever le mât du bateau et l’attacher à l’horizontal pour pouvoir passer sous les ponts) que nous ferons finalement à Québec, car nous pourrons obtenir plus d’aide ici puisque ce sera notre première expérience.

Ensuite, j’ai lavé un peu le pont du bateau, car l’Île aux Grues nous a salit de bouette. Marie-Hélène, la soeur de Catherine et son ami, sont arrivés au bateau vers 17h00. Ils descendaient directement de Montréal. C’était justement le temps pour l’apéro. Ils sont repartis une heure plus tard et nous nous sommes donnés un rendez-vous à 19h00 avec aussi les parents à Catherine à un resto très connu à Québec: le COSMOS. Nous avons décidé Catherine et moi, vu que nous avions le temps, de se rendre à pied au resto. Nous étions trois couples (deux en voiture et nous à pied) et c’est nous qui sommes arrivés les premiers au resto: en forme hein! Notre ballade a été super, car nous avons passé par la rue St-Jean (qui est maintenant fermée à la circulation automobile), devant le parlement de Québec avec sa nouvelle et suberbe FONTAINE DE TOURNY (offerte par monsieur Simons lui-même des populaires magasins SIMONS à Québec) et fait un bon bout sur la Grande-Allée. Nous avons même vu un magasin CROCS avec des tonnes de souliers, de sandales et de bottes de toutes les couleurs inimaginables: Catherine voulait tous les acheter ! Ha! notre Vieux-Québec, nous avions oubliés comment c’est charmant de s’y promener. Nous avons eu un beau et bon souper avec la belle compagnie de la famille Lamoureux. À la sortie du resto vers 23h30, nous avons fait une petite visite éclair à la Discothèque LE DAGOBERT qui est en face du COSMOS sur la Grande-Allée. Il y a 14 ans de cela, Catherine et moi nous sommes rencontrés à cet endroit par l’entremise de mon frère. Cela a été de beaux souvenirs à se remémorer. Ensuite, retour au bateau toujours à pied en promenade d’amoureux. Nous sommes passés par la rue St-Louis cette fois. Encore une très belle soirée à Québec!!!

La famille Lamoureux au COSMOS                                                                     Au Dagobert, où nous nous sommes connus

16 Août 2007: Journée avec la mère d’Éric

Journée « taponnage ». L’ordinateur faisait des siennes, alors j’ai « pioché » dessus environ deux heures avant de le remettre fonctionnel. Ensuite, je suis allé prendre notre réservation pour la potence car, nous avons décidé de démâter à Québec avec les conseils de ceux qui sont ici. Nous sommes très bien installé ici, notre famille pourra nous aider et nous perderons seulement deux jours de navigation à voile de plus donc, ça ne vaut pas la peine de forcer à ce point…

Ma mère Micheline, et Marlène, la fille de son chum Jacques, sont arrivées vers 18h00. Maman a amené son chef-d’oeuvre de toit pour compléter le bimini. En effet, elle avait confectionné le bimini cet hiver et là, c’était le tour de la partie du toit qui relie le bimini au dodger. Il a fait comme un gant et il est génial avec une fenêtre et un couvre-soleil. Au moment où j’écris ces lignes, cela fait une semaine que nous l’utilisons et c’est vraiment un ajout très pratique pour notre vie de tous les jours. Il nous protège du vent, de la pluie et du soleil. Nous l’adorons ce toit. Merci Maman!!!

Ensuite, souper-spaghetti, soirée placotage avec vin et petite marche pour terminer la soirée. Nous avons dégusté d’excellents brownies fait maison par Marlène et emballé avec originalité « à la Marlou », étant une vraie artiste dans l’âme. Elle nous avait confectionné un bâteau et des gilets de sauvetage en papier au cas où …

La mère à Éric Micheline et Marlou la fille du chum de sa mère

qui était malheureusement derrière la caméra

17 Août 2007: Journée avec le père d’Éric et tournée des magasins pour Catherine

Journée commissions, magasinage et placotage pour Catherine avec sa mère pour faire le plein. Au menu : Canadian Tire, La vie sportive, la SAQ, Wal-Mart et pour finir l’épicerie chez Maxi. OUF ! Elles ont beaucoup marché.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas été seul au bateau. Cela me rappelait la période des préparatifs où je passais mes grandes journées seul au bateau. Vers 12h00, le goût m’a soudainement pris de taponner… comme au mois de juin et juillet. J’avais deux fuites à valider. Une sur le réservoir septique et l’autre sur le moteur diesel. J’ai commencé par le réservoir septique, car je savais que pour le moteur ce serait plus dur. J’ai essayé de trouver cette fuite de diesel depuis quelques semaines et je ne l’ai toujours pas trouvé. J’ai donc attaqué en premier le réservoir septique. J’ai vidé le pourtour et validé où cela coulait avec une lampe de poche. Yes, yes, yes, c’était seulement un collet qui n’était pas à la bonne place. Je l’ai replacé et j’ai décidé de tester comme il faut ce réservoir septique, car bientôt nous commencerons à l’utiliser au Lac Champlain. Je l’ai donc rempli à ras bord d’eau avec le boyau connecté au quai. Il était « full top ». Je l’ai laissé comme ça pendant tout l’après-midi et j’ai vérifié tous les joins, collets et tuyaux s’ils coulaient. Fin de l’après midi: tout était toujours beau pour ce dossier et j’ai vidé le réservoir d’eau à l’aide d’une pompe drill. J’ai attaqué ensuite la fuite diesel. J’ai resseré tous les boulons et collets du système d’alimentation diesel. J’ai sorti le livre détaillé du moteur et étudié tout ça et je n’ai rien trouvé. Il m’est venu ensuite une idée. J’ai souvent regardé durant son utilisation le moteur de l’avant avec une lampe de poche en cherchant d’où venait la fuite, mais pas de derrière, car il y a le « shaft » d’hélice qui tourne et ce n’est pas le temps de ce mettre la face là quand il tourne. Mais là, j’ai parti le moteur, car j’étais sur le neutre à quai et le « shaft » ne tournait donc pas. J’ai validé avec une lampe de poche et me suis penché derrière le moteur… BINGO… la fuite venait du « gasket » de la pompe d’alimentation. J’ai serré toutes les vis et boulons de la pompe, car ils étaient « slaques »,  j’ai reparti le moteur et BING….! »/$%? Et non… ça coulait encore. Ça aurait été trop beau pour être vrai. J’ai resseré encore les boulons et vis et j’ai refait autre un essai…. Ça coulait encore…. ! »/$%?. Là, je me suis dis : je vais pas être obligé de changer la pompe! J’en avais une de « spare » que j’ai acheté avant de partir et je n’avais même pas commencé le voyage ou presque que je devais utiliser mes réserves. J’ai décidé de penser à tout cela en dînant et il était 15h00. Après dîner, soit 10 minutes plus tard car un gars tout seul ça dîne rapido, je me suis résigné, alors go !. Raymond mon père est arrivé sur le fait. Nous devions faire ensemble le support de mât, mais la fuite diesel était prioritaire et à deux gars, ça vallait tellement mieux, surtout dans des endroits restreints. Nous nous sommes installés, un derrière le moteur et l’autre devant, puis nous avons changé la pompe en une heure environ. Nous avons reparti le moteur et là, c’est vrai que c’était BINGO !!! Pour la pompe qui fuyait, Raymond m’a amené des feuilles de « gasket », alors je vais pouvoir me refaire une pompe de « spare ».

Ensuite, Pierrette est arrivée à 16h00 puis la fête a commencé. Nous avons pris quelques bières. Matante Lise Pageau et son conjoint Jacques sont venus nous rendre visite. Ensuite, Catherine et sa mère Louise sont arrivées avec les commissions de l’après-midi. Nos invités se demandaient comment nous allions faire pour tout stocker ses provisions dans le bateau! Nous nous sommes mis au travail Catherine et moi, et en 15 minutes, tout était serré et plus rien ne paraissait. C’est ça un bateau, il y a tout  le temps des petits trous pour mettre du stock.

La soirée s’est ensuite dirigée vers le restaurant LA MERVEILLE DU VIETNAM où nous avons mangé un délicieux souper arrosé de bon vin. Soirée magnifique en compagnie de Raymond et Pierrette. Merci Ray!

Voici quelques photos de la marina du Vieux-Port de Québec

18 Août 2007: Journée avec le frère et la mère d’Éric

Début de journée consacrée à construire la fixation de mât sur le balcon avant du bateau pour le démâtage. Ensuite, direction chez mon frère Patrick. Karine (belle-soeur) vient nous chercher à la marina avec nos deux coquines de nièces. Arrivés chez Pat, quoi de mieux que de rentrer un « trailer » de bois pour se dire bonjour. Ensuite, pour prendre contact et se mettre aux dernières nouvelles, quoi de mieux que de fendre cinq belles cordes de bois. Non mais, les Pageau, c’est comme ça, on ne se voit pas pendant quelques semaines, puis pour avoir un bon contact, il faut faire une job ensemble, comme quand nous étions petits. Avec la visite chez Pat et Karine, nous avons a pu voir leur beau terrassement en avant de leur maison. Ils venaient de le faire et nous ne l’avions pas vu. Ils sont vraiment bons. Toute leur maison est finie, leur garage et leur terrassement aussi et ce, en 3 ans. Bravo les copains! Vous avez un beau petit coin de paradis. Catherine en a profité pour amener notre tone de lavage et cela a pris toute la journée avec l’aide de la belle-soeur Karine pour passer au travers de la grosse poche de linge.

Éric et son frère Patrick en train de fendre du bois

Nous nous sommes ensuite dirigés chez Jacques et Micheline pour le souper. Un souper classe: Hot-dog de luxe avec poutine sauce et vin rouge. C’est pour les taquiner, car c’était vraiment bon et Marlène est venu nous rejoindre aussi pour faire un belle table remplie de monde joyeux et merveilleux. C’était une autre belle soirée à Québec. Catherine m’a coupé les cheveux pour terminer la soirée, car jouer à la coiffeuse dans le bateau, c’est pas évident!

Notre filleuil Éloïse et notre neveu Thomas, deux des trois enfants au frère à Éric

19 Août 2007: Porte ouverte au bateau pour la famille et les amis de Québec

Journée consacrée à la visite. Nous avons reçu plein d’amour, de souhait et d’énergie durant cette journée. Nous avons eu 30 personnes qui se sont présentées entre 10h00 du matin et 10h00 du soir. Voici les binettes en question de ceux que nous avons pu photographier. Une image vaut mille mots!

Stéphane, Julie et leur fille, des vieux amis                                                     Tante Marthe et son chum Jean-Guy

Martin Pageau (cousin à Éric) et Yannick sa conjointe Mononcle Roger Pageau et sa femme Lucie

André et sa femme Lorraine, des amis de la famille Pageau                            Le père d’Éric Raymond et sa conjointe Pierrette

Mononcle Clément Pageau, sa femme Manon et Shadow                           Le frère à Éric Patrick, sa femme Karine et leurs trois enfants:

Thomas, Éloïse et Alycia

Eric qui se prépare et pense à son démâtage de demain matin…

Le soir, nous avons discuté longtemps avec l’équipage d’ADRÉNALINE, le voilier de Annie Bourgoin (ancienne collègue de travail neuropsychologue à Catherine au Saguenay), son chum Dave et leur petite fille Morgane. Ils ont un voilier identique au nôtre depuis deux ans, un Hunter 1987 31 pieds, et c’était le fun d’échanger sur nos expéreinces et de faire des comparaisons entre nos deux bateaux. Ils ont gagné plusieurs courses avec leur bateau, alors ça nous a fait plaisir d’entendre que notre voilier pouvait être performant, avec un bon équipage bien sûr… HI! HI! HI!  !

20 Août 2007: Démâtage avec l’aide du père d’Éric et Pierrette

Journée démâtage. Départ du quai à 8h00 AM. Nous sommes allés remplir au quai de service nos réservoirs en passant et nous sommes allés ensuite au quai de démâtage. Le démâtage est une opération délicate et c’était en plus notre première expérience. Nous étions plutôt nerveux. Raymond et Pierrette sont venus nous aider pour cette opération et cela a été très apprécié. Cela a duré de 9h00 à 13h00. Tout c’est bien déroulé. C’était long et il a fallu prendre notre temps étape par étape. Cela a prit à peu près deux heures à coucher le mât et ensuite deux heures à le fixer comme il faut et l’attacher. Nous avons ensuite dîné tous ensemble et nous nous sommes déplacés vers un quai différent pour la nuit car maintenant, nous mesurons 42 peids avec le mât sur le dos plutôt que 31.

Dématage du bateau: il faut bien s’amuser en travaillant !

Une fois le dématage terminé, nous sommes soulagé : une autre étape de faite !

Nous voilà contents que l’opération soit terminée. Un gros merci à Raymond et Pierrette pour leur aide précieuse ! Ensuite, nous avons reçu la visite de mononcle Georges. Nous étions bien contents de le voir. Ensuite, j’ai proposé à Catherine d’aller manger une poutine chez ASHTON (un des seuls resto qui nous manque au Saguenay). Elle a dit: NOOOON, c’est pas bon pour la santé de la poutine … (avec une face qui voulait dire oui), alors nous avons marché à pied jusqu’à la rue St-Jean pour dépenser des calories. À notre retour au bateau, Micheline, son chum Jacques et Patrick nous attendaient. Nous leur avons montré notre mât couché sur le bateau et ensuite nous sommes allés voir l’écluse et le bateau Allemand GORCH FOCK à trois mâts.

Visite de mononcle George Pageau                                                               La mère de Éric Micheline, son conjoint Jacques et Patrick

21 Août 2007: Journée pour nous dans le Vieux-Québec

Hé oui! Après une semaine à Québec, nous n’avions pas eu beaucoup de moments que pour nous deux. Nous devions partir aujourd’hui pour remonter le fleuve, mais nous nous sommes dits que, finalement, nous n’étions pas pressés au point de ne pas profiter ensemble de la ville de Québec où nous avions grandit tous les deux. Nous sommes donc allés marcher dans le Vieux-Québec toute la journée par un temps chaud et ensoleillé. En commençant par un super bon diner sur la terrasse du restaurant Vietnamien ASIA tout près de Place Royale, nous avons rencontré la voisine vietnamienne des parents à Catherine qui travaille là et que Catherine n’avait pas vu depuis très longtemps. Nous avons été servis comme des rois ! Ensuite, visite à Place Royale et dans le Petit Champlain. Que c’est magique ce coin de Québec avec son histoire et ses rues toujours animées de personnages du temps de la Nouvelle-France ! Nous sommes ensuite allés faire une petite épicerie avec notre sac à dos (c’est pesant de la bière, hein ?). Aussi, Catherine en est pas revenue de voir de proche, à côté des traveriers Québec-Lévis dans un parc, une grosse bouée rouge en acier comme celles que l’on croise sur le fleuve St-Laurent. Elles ont l’air si petites de loin, mais elles mesurent 6 mètres de hauteur par 3 mètres de largeur et pèsent 11 000 lbs, soit autant notre bateau !!!

Plus tard dans la journée, nous avons admirés de beaux et gros bateaux dans le port de Québec puisque c’est un de nos passe-temps favoris, à commencer par le  voilier école allemand GORCH FOCK.  Ce voilier de trois mâts mis en service en 1958 et long de 90 mètres reçoit de jeunes allemands (250 jeunes) en formation pour la marine.  Nous les avons regardé longuement faire des exercices sur leurs grands mâts. Nous avons pu aussi admirer la goélette bleue MARIE-CLARISSE bâtit en 1923 et longue d’environ 50 mètres passer dans l’écluse et un énorme bateau de GREENPEACE.

Le voilier école allemand GORCH FOCK                                                            L’ouverture de l’écluse du Vieux-Port de Québec

La goélette MARIE-CLARISSE datant de 1923 entrant dans l’écluse

Le soir venu, nous avons discuté avec plusieurs personnes qui s’arrêtaient pour nous poser des questions sur notre bateau et notre projet. Certains nous ont vu lors du reportage à TVA qui a repassé à LCN. Catherine a fait son premier beau « trip » photo de nuit. Elle a pris son NIKON et son trépied et a expérimenté la photo de nuit sur la ville de Québec illuminée. C’est beaucoup plus technique de nuit ! Puisque nous avions décidé ce matin à la dernière minute de ne pas partir du Bassin Louise, nous avions décidé de s’amarrer à un quai sans service juste à côté de l’écluse. Nous étions juste à l’arrière du MARIE-CLARISSE et avions demandé aux petits gars du Port si nous dérangions à cet endroit, et ils nous avaient dit que non. Nous n’avions pas demandé directement cependant si nous devions payer notre nuit en espérant que peut-être… et ils n’ont pas abordé le sujet non plus.

Le Vieux-Québec de nuit. En avant-plan, remarquez notre voilier et le MARIE-CLARISSE

22 Août 2007: Départ de Québec pour la Batiscan !

Bassin Louise (Québec)/ Batiscan (Mauricie);

48 milles nautiques;

Ensoleillé 22°C, 102,0 KPa, vents variables < 10 noeuds;

Départ: 8h30, Arrivée; 18h30 , Moteur 11h00.

Ancrage: N 46° 30.79, W 72° 13.99

Levés à 7h30 AM et départ à 8h15 AM. Catherine a appellé le Maître-éclusier pour annoncer notre désir d’entrer dans l’écluse. Immédiatement, nous avons reçu sur la VHF un appel de la Marina du Vieux-Port de Québec : « Mer et Monde II !!!, vous étiez supposés être partis hier, vous n’avez pas payé votre nuit !!!  » Nous sommes devenus tous rouges, pris la main dans le sac comme des voleurs, et avons dû payer notre nuit supplémentaire à l’intérieur de l’écluse… Si nous ne nous étions pas annoncés à l’éclusier aussi…

Ensuite, nous avons fait la longue navigation vers Batiscan. Une journée superbe et une navigation TRÈS FACILE comparée à la portion entre Tadoussac et Québec. Québec derrière nous, nous avons passé les ponts de Québec et ensuite toutes les villes suivantes: Pont-Rouge, St-Augustin, St-Nicolas, Donaconna, Porneuf, etc…). À Cap-Rouge, en face du fameux pont, nous avons vu plusieurs voiliers échoués dans la vase et l’herbe et nous nous sommes demandés ce qui s’était passé là … Il y avait une seule section critique sur notre trajet qui était les rapides Richelieu un peu après Porneuf. C’est une section très étroite du chenal de navigation d’à peine un mille marin de long, mais qui a 5 noeuds et demi de courant d’ouest en est. Nous avions une petite fenêtre de deux heures pour la traverser sur 12 heures de marée. Les calculs et les lectures de Catherine ont fait que nous sommes passés pile au bon moment. Cela nous a tenu une bonne partie de la journée en haleine tout de même. Nous avons également croisé des navires de commerces et énormes cargos toute la journée, un bonne douzaine et il fallait se tenir toujours à l’extrême droite du chenal pour leur laisser le champ libre le plus possible, car c’était étroit.

Le Vieux-Québec vu du fleuve St-Laurent                                                   Le pont de Québec et le pont Pierre-Laporte

Éric qui est content d’avoir passé sous les ponts !                                    Des voiliers échoués à Cap-Rouge

Remarquez la bulle d’eau à l’avant d’un cargo en marche !                    En montant vers Montréal, les rencontres avec les cargos se

multiplient et nous pouvons les observer de très près …

Notre navigation finissait par notre site d’ancrage pour la nuit. On nous avait indiqué un endroit sur la rivière Batiscan pour passer la nuit. Sauf qu’aussitôt arrivés à l’entrée de la rivière, nous nous sommes échoués la quille dans la sable. Nous nous sommes déprit assez facilement. Nous nous sommes informés à un bateau moteur qui nous a dit qu’il y avait 4 pieds et demi d’eau à l’embouchure seulement (contrairement à 6-7 pieds sur la carte). Cela n’était pas si grave, car tout près de l’embouchure, il y avait une belle zone de 25 pieds d’eau dans un fond de sable pour passer la nuit, mais pas à l’abri des vagues de cargos. Durant la journée, nous en avions croisé une douzaine, donc nous nous sommes dit qu’au pire il en passerait peut-être une douzaine aussi durant la nuit et que nous nous ferions un peu brasser. Nous avons donc décidé de nous ancrer à cet endroit puisque la nuit commençait à tomber et nous avons ensuite soupé. Super belle soirée tranquille, sans cargo. Nous nous sommes même fait un petit drink « Cuba libré » (rhum and coke), puis nous nous sommes mis de la musique que mon frère Pat nous avait gravé des années ’80 et ’90. Nous avons dansé un bon deux heures dans le carré avec de la musique à pleine tête, question de faire un peu d’exercice. Nous nous sommes couché là-dessus. Merci Pat pour la belle soirée !

Durant le début de la nuit, quelques cargos ont passé. Cela nous a réveillé, mais sans plus et nous nous sommes rendormis rapidement chaque fois. Je couchais dans le carré, tout habillé, au cas où… 4h30 AM, un cargo est passé et notre bateau était parallèle aux vagues. Gîte d’un bord à 20 degrés, pis de l’autre violemment à 20 degrés, pis de l’autre, pis de l’autre… La vaisselle lavée était restée sur le comptoir (nous ne pensons pas à tous les petits détails encore) … brasse-camarade qui nous lève assez vite tous les deux… pleins de chose tombent à terre, un verre s’est cassé en milles morceaux sur le plancher. Ça s’est de la vague de cargo digne de ce nom! Catherine a tout ramassé pendant que je suis sorti dehors. J’ai viré le volant de côté pour faire tourner en permanence le bateau face aux vagues de cargos avec le courant qui passe sous le bateau. Ça a fonctionné… Nous avons bien dormi le reste de la nuit, même si quelques autres cargos sont encore passés. Catherine s’est levée vers 8h30 AM et je suis allé me coucher dans le lit jusqu’à 10h00 AM.

23 Août 2007: À nous Trois-Rivières !

Batiscan/Trois-Rivières (Mauricie);

20 milles nautiques;

Nuageux 20°C, 101.6 KPa, vents E 10 noeuds;

Départ: 11h00, Arrivée; 17h00 , Moteur 6h00.

Ancrage: N 46° 21.29, W 72° 32.20

Nous faisons route vers Trois-Rivières. On croise encore plusieurs cargos. Ce qu’on se sent petit quand une grosse bête comme ça nous passe tout à côté!!!

Arrivés à notre site de mouillage prévu dans la branche Est de la rivière St-Maurice, nous nous préparons pour l’entrée.  Nous savons que ce sera serré. On essait par trois fois et on s’échoue trois fois. Une petite chaloupe de pêcheur vient nous voir et il a par bohneur un sondeur. Il fait une virée près de nous et nous dit qu’il n’y a pas assez d’eau pour nous. Nous le remerçions et nous choisissons d’essayer ailleurs. Nous croisons tout de suite après un voilier qui sort de la marina de Trois-Rivières. Il se dirige vers l’autre spot de mouillage à l’ancre de Trois-rivières, soit la branche Ouest de la rivière St-Maurice, alors cela nous donne le goût de le suivre. On s’ancre donc dans la St-Maurice dans de faibles profondeurs d’eau, près d’une berge qui nous dépasse en hauteur et qui nous protège bien du vent.

Là, il faut que je fasse une parenthèse. Au moment où j’écris cette partie, je sais plusieurs choses qui en font un sujet à écrire. Le voilier qui sortait de la marina de Trois-Rivières, après lui avoir parlé au mouillage le lendemain, m’a dit qu’il s’était échoué dans la marina avec un tirant d’eau de 5 pieds alors que les cartes indiquent 2,3 mètres d’eau et que c’est pour cela qu’il était mouillé près de nous. Et rendu dans l’écluse St-Ours trois jours plus tard, les éclusiers nous ont dit que les marinas de Sorel et Trois-Rivières ont de moins en moins d’eau et qu’il manque au moins deux pieds d’eau dans le fleuve à cette période-ci de l’année. Conclusion à ces quelques lignes: quelle bonne idée d’avoir démâté à Québec !!! On aurait jamais pu démâter ni à Trois-Rivières, ni à Sorel. Nous ne le savions pas et nous avons été très chanceux. Les conseils que nous avions eu sont de gens possédant des voiliers à faible tirant d’eau (4 pieds et demi pour la plupart). Notre tirant d’eau de presque 6 pieds nous défavorise beaucoup pour ce genre d’endroit et il faut, pour notre part, toujours surveiller les conseils que l’on reçoit en demandant à ceux qui nous en donne: et la profondeur d’eau, est-ce 6 pieds et plus ?

Pour revenir à cette journée, notre « spot » de mouillage est super. À part l’odeur des papetières KRUGER tout près qui nous rappelle celle d’ABITIBI-CONSOL à Kénogami, nous sommes très bien protégés, tranquilles et bien ancrés. Le repos sera bon et nous sommes dus pour s’arrêter un temps … Et en plus, il y a du Internet !!! C’est fou ce qu’on en trouve partout !!!

24-25 Août 2007: Brouillard-Repos

Trois-rivières (Mauricie);

Pluie et brouillard 25°C, 100.9 KPa;

Lecture, mise à jour du site web, Emails, ménage, sortie sur l’Île St-Quentin pour prendre une marche sur la plage, repas, vaiselle, étude sur la météo, film. Catherine commence à fouiller dans les cartes et les guides touristiques pour faire le Richelieu, le Lac Champlain et la rivière Hudson. On recharge nos batteries. La semaine à Québec a été mouvementée et on dirait que l’adrénaline retombe à Trois-Rivières. Il ne fait pas beau et c’est un excellent moment pour retomber sur nos pattes.

Réflexion du jour de Catherine: il me semble que je ne sais plus quand je me repose et quand je travaille sur le bateau … Vraiment bizarre!  C’est qu’après un 3 semaines d’arrêt, on ne compte plus ce qu’on fait comme du « travail » et on le fait le plus souvent quand cela nous le tente. C’est vraiment génial de vivre ça dans une vie. Nous séparons tout le temps habituellement le travail et le plaisir, mais depuis peu, cela ne semble plus pouvoir se séparer et cela fait partie de notre vie quotidienne maintenant. Ça doit être ça être en congé longtemps. Super tripant….

Nouvelle préocupation: circuler et ancrer dans de faibles profondeurs d’eau. Le coeur a voulu nous lâcher les premières fois quand on a vu 7.5, 6.5, et même 5.1 pieds au profondimètre …  Nous sommes habitués au Fjord du Saguenay et au VRAI fleuve où il y de 100 à 1000 pieds d’eau. Ici, nous naviguons dans du 6 à 12 pieds d’eau très souvent et ce sera comme ça tout le long du Richelieu, de l’Hudson et pour une bonne partie de l’Intracostal. Même les Bahamas seront comme ça, alors il faut s’y faire et prendre de l’expérience. Quelle bonne idée d’avoir changé notre hélice pour une trois palmes, car on a pas fini de draguer le fond !

Catherine qui étudie les guides et cartes dans la pince avant

26 Août 2007: Direction Chenal aux Corbeaux (ou plutôt Chenal aux bateaux moteurs!)

Trois-rivières/Sorel (Mauricie);

32 milles nautiques;

Nuageux avec dégagement en PM, 24°C, 101.1 KPa, vents O 10-15 noeuds;

Départ: 9h00, Arrivée; 15h30 , Moteur 6h30.

Ancrage: N 46° 05.00, W 73° 01.56

Nous levons l’ancre après avoir validé la météo vers 9h00 AM. Le lac St-Pierre est une vaste étendue d’eau sans restriction. Les vents y sont donc plus forts, mais rien à voir avec ce qu’on connaît dans l’estuaire et le golfe du St-Laurent. Le lac St-Pierre est en fait une grosse mare d’eau peu profonde avec un chenal creusé en plein milieu pour que les navires de commerces puissent y circuler.  Nous naviguons donc dans un chenal étroit qui est dans les alentours de 40 pieds de profondeur, mais dont les côtés sont très peu profonds (1 à 6 pieds). Il y a plein de monde qui pêche sur le lac. Nous voyons des chaloupes partout. Nous sommes dimanche et nous avons l’impression que les pêcheurs nous disent: c’est la fin de l’été pour nous, alors on profite de la dernière fin de semaine pour sortir pêcher avant de tout serrer cela pour l’hiver !!!

Le pont Laviolette à Trois-Rivières

Une fois le lac St-Pierre traversé, nous nous dirigeons vers notre site d’ancrage pour la nuit: les îles de Sorel. On s’est fait conseiller d’aller mouiller dans un petit chenal entre deux îles, le Chenal aux Corbeaux qui semble bien et assez profond pour nous. À date, à chaque fois qu’on a essayé d’entrer à quelque part, on s’est échoué et on a viré de bord. C’est tout le temps les sorties de rivière ou de chenal qui sont peu profondes. Les déversements de sable ou de vase en fond des sorties peu fiables. Donc, si nous réussissons à entrer, nous pourrons continuer avec plus d’eau sous la quille ensuite. Nous sommes sur nos gardes, mais nous essayons tout de même. C’est très très juste. Nous voyons au profondimètre un bout à 5.6 pieds et nous sentons que nous draguons le fond. Cela dure quelque secondes et la profondeur revient ensuite. OUF !!! C’est fait!

Le Chenal aux Corbeaux est super. C’est notre premier chenal à vie qu’on fait. Il y a une île de chaque côté de nous, des beaux chalets, quelques quais, mais une quantité ASTRONOMIQUE de bateaux à moteur. Aucun voilier bien entendu (nous n’en n’avons croisé aucun depuis Trois-Rivières d’ailleurs) et on se fait regarder pas mal avec notre mât sur le dos. On se sent un peu à part. Ils se sont tous donnés le mot aujourd’hui. On dirait que c’est le même cas que les pêcheurs: On sort peux-être pour la dernière fois ! Il fait beau, on recommence à travailler car l’été est terminée et les enfants commencent l’école. Nous sentons que tous en profite beaucoup et s’amusent comme des petits fous. C’est drôle de voir que les femmes sont tous en bikinis et se font promener à l’avant de leur bateau par leur chum. Catherine se dépêche d’enfiler aussi le sien! Nous trouvons ensuite un endroit pour ancrer pour la nuit un peu en retrait. Nous regardons le spectacle comme ça pendant des heures. Nous ne les avons pas compté, mais je dirais qu’il a passé sans exagérer 200 à 250 bateaux à moteur en tout, certains repassaient cependant plusieurs fois. Nous espérons que les CIGARES BOATS qui passent la courbe à tout allure ne la rate pas, et des fois, c’est assez juste… De belles grosses vagues à chaque fois pour nous, mais nous ne leur en tenons pas rigueur, car nous savons que c’est la fin de l’été pour eux … et le début pour nous.  Le soir venu, tout est devenu tranquille et calme. Ils sont tous partis se coucher et nous sommes complètement seul sur l’eau. Fait assez comique: dans les guides touristiques, nous pouvons y lire que c’est un bel endroit resté à l’état sauvage…

Les bateaux à moteur dans le chenal aux corbeaux                                 Catherine qui s’est dépêché d’enfiler son bikini !

Par la suite, on se fait un bon souper avec des TACOS. Après souper, il y a de l’énergie dans l’air. Probablement notre approche du Richelieu ou notre premier chenal … Nous mettons de la musique (CD de mon frère Pat), et nous dansons  encore dans 5 pieds carrés de plancher comme des petits adolescents pendant 2 heures. Party !!!

27 Août 2007: Entrée superbe dans le Richelieu

Sorel/St-Antoine sur le Richelieu (Montérégie);

24 milles nautiques;

Ensoleillé 24°C, 101.7 KPa, vents variable moins de 10 noeuds;

Départ: 10h00, Arrivée; 16h00 , Moteur 6h00.

Ancrage: N 45° 45.82, W 73° 10.92

Nous levons l’ancre vers les 10h00 et nous quittons le Chenal aux Corbeaux que nous appellerions plutôt le Chenal aux bateaux à moteur. Direction: l’entrée du Richelieu à Sorel. Il fait beau, il n’y a pas de vent et c’est notre dernier bout sur le fleuve St-Laurent.  Nous apercevons assez rapidement Sorel au loin à la sortie des îles de Sorel. Nous n’avons que 2 ou 3 milles à faire avant d’entrer dans le Richelieu. Nous sommes fébriles … Comment ça va être de monter une rivière…

Arrivée près de l’embouchure, nous cherchons avec les jumelles et nous ne voyons pas l’entrée. Nous voyons par contre deux gros cargos amarrés l’un près de l’autre et nous ne pouvons voir que leurs derrières. Bizarre… d’habitude, les cargos se mettent à quai en parallèle au fleuve et non pas perpendiculaire. Nous vérifions la carte et celle-ci indique l’entrée au même endroit que où sont amarrés les cargos. Arrivés plus près, nous remarquons un tout petit espace entre eux et c’est bien là qu’est l’entrée du Richelieu !!! Entre deux gros cargos. Super !

L’embouchure du Richelieu entre deux gros cargos, il fallait la trouver!

Nous entrons donc dans le Richelieu, un segment de notre voyage qui nous fait naviguer dans 10 à 20 pieds d’eau presque tout le temps avec moins d’un noeud de courant contre nous. Cette rivière est sublime, serpentant tout doucement dans des terres basses, jonchée de belles maisons luxueuses avec presqu’un quai et un bateau à moteur amarré pour chacun des propriétaires. Nous montons donc le Richelieu, tout excité et contents d’y être. Nous laissons derrière nous le fleuve St-Laurent, notre chez nous jusqu’à date. Nous regardons plein de belles choses tout le long, les yeux tout écarquillés. Nous sommes frappés par cet endroit qui est déjà très différent de ce que l’on voit au Saguenay: les très grands arbres feuillues dont les saules pleureurs, les beaux oiseaux comme les grands hérons en grande quantité qui pèchent. Même les insectes sont différents et il y a beaucoup de papillons et de libellules.

Quel beaux paysages sur le Richelieu !

Après 8 milles nautiques de l’embouchure, une marina se dresse devant nous avec un quai de service. Nous essayons par trois fois de nous rendre au quai pour prendre du diesel, mais encore là, il n’y a plus assez d’eau. Rien à faire, on s’échoue trois fois à trois places différentes. Dans une des tentatives, notre proue est à six pieds du quai. Nous pouvons presque sauter sur le quai tellement nous sommes proches ! Je ne me rappelle pas si je l’ai dit, mais Dieu que j’aime mon hélice à trois palmes dans ces moments là. Quand on ne roule pas trop vite, en s’échouant, on peut en ressortir tout aussi vite avec une super trois palmes. On nous avait dit que, durant le voyage, on s’échouerait une bonne vingtaine de fois dans l’Intracostal. Et bien, nous n’y sommes même pas et cela fait neuf fois qu’on se prend dans le fond depuis le début du voyage. Nous commençons à nous y habituer. Je dirais même que notre bateau devient de plus en plus un « dragueur de fond » à force de toucher le fond comme ça !!! C’est sûr que nous sommes tout le temps dans le sable ou la vase et que tout cela ce fait en douceur. Si nous étions dans un fond de roches, je grincerais des dents à chaque fois et je trouverais cela pas mal moins drôle… Bref, on s’habitue à tout ! Ce qui était une peur avant le voyage (s’échouer) devient un presque banal événement. Comme de quoi, il est bon d’affronter nos peurs hein?

Après l’événement du quai de service (nous avons en réserve du diésel, donc c’est pas grave), on se dirige vers l’écluse St-Ours. C’est une écluse qui nous fait monter une marche d’environ 8 à 10 pieds dans le Richelieu. Les responsables nous reçoivent très bien (c’est sûr, car ça coûte 30$ …) et nous y passons un très bref bon moment. Vous auriez dû voir l’eau bouillonner partout pour remplir l’écluse, c’est quelque chose à voir…

L’Écluse St-Ours                                                                                            Des bacs à cables relient les deux rives du Richelieu à différents endroits

Ensuite, nous faisons un autre bout de chemin pour se diriger vers notre lieu d’ancrage pour la nuit au 19 ième milles nautique de l’embouchure. Les endroits de mouillage sur le Richelieu sont supers et il y a beaucoup de sites possibles. Un petit courant nous tend un tout petit peu au bout de notre câblot d’ancre afin que le bateau ne bouge pas de la nuit. C’est un ancrage très facile par rapport aux ancrages dans les endroits où il y a des marées. Nous préparons le bateau pour la nuit et on s’installe pour lire.

Pendant que nous lisons, il y a des poissons qui me narguent. Oui, ils me narguent et ça fait deux jours que ça dure, et dans le Chenal aux Corbeaux des îles de Sorel, c’était la même chose. Ils me tournent autour et me disent: t’es même pas « game » de sortir ta canne à pêche pis de nous essayer…. En faut pas plus pour que je sorte mon attirail. Non mais, y’a un bout à se faire baver, non ? Je trouve donc mes pièces de canne à pêche dans trois endroits différents du bateau. Canne, moulinet, gréements. Sauf que mon équipement est fait pour prendre du thon ou de l’espadon … Une fois prêt et tout cela monté, j’ai l’air assez ridicule! Une ligne à pêche trop grosse, un moulinet trop gros, une canne trop grosse, un hameçon immense… Let’s go, on pèche pareille. Je vais tous les pogner c’est baveux de poissons qui sautent si près du bateau … Je prends le bouchon de liège d’une bouteille de vin pour me faire une flotte (comme une boule flottante), car j’ai vu des pêcheurs en faire en montant le Richelieu. Et comme appât, tenez vous bien: un morceau de saucisse à hot-dog, l’idée vient de Catherine. Hé oui, elle voulait leur faire un « hot-dog party ». J’ai lancé tout cela à l’eau pendant une heure et … il ne c’est rien passé. Tous ces préparatifs, de beaux moments où nous avons bien rit …

Notre site de mouillage, féérique n’est-ce pas?                                         Première pêche de l’année à la saucisse, rien de moins !

28 Août 2007: Allo mononcle Daniel et matante Carole, on débarque!

St-Antoine sur le Richelieu – St-Basile-le-Grand (Montérégie);

15 milles nautiques;

Ensoleillé 26°C, 101.7 KPa, vents variables < 10 noeuds;

Départ: 11h00, Arrivée; 15h00 , Moteur 4h00.

Belle température encore ce matin. Notre nuit a été très calme et reposante. Nous partons pour St-Basile-le-Grand en direction d’oncle Daniel et tante Carole Lamoureux (la seule soeur du père de Catherine, à la recherche du quai privé de leurs voisins d’en face, M. et Mme Orsali.

En chemin, nous voyons soudainement notre trajet se rétrécir sur la carte. Nous regardons aux jumelles et, en effet, le pont ferrovière de Beloeil devant nous s’annonce. Le chenal nous dirige à l’extrême droite.  De loin, on dirait qu’on va passer dans entre deux piliers TRÈS étroits du pont. Plus nous approchons et plus la réalité se dessine. Non… nous allons vraiment réussir à passer là, se dit-on ? Il semble bien qu’il le faut. Un bateau à moteur nous dépasse comme un coup de vent et s’enligne à tout allure à cet endroit. Nous prenons donc plus confiance et augmentons les moteurs. Je regarde encore avec mes jumelles et j’aperçois en plus un fort courant d’eau en sens contraire qui s’annonce. J’augmente encore plus les moteurs, histoire d’avoir le maximum de manoeuvrabilité grâce à la vitesse avec l’aide de la quille et du safran (gouvernail). OUF !… Tout a bien été et nous avons bien passé, mais le coeur nous a fait trois tours chacun. Il y avait, de chaque côté du bateau, pas plus de quatre pieds avec les piliers du pont. C’est l’endroit le plus serré qu’on a fait avec du courant de toute notre expérience de marin. Tout cela n’a duré que 10 minutes, mais c’est l’événement de la journée.

Le pont de Beloeil après notre passage, regardez à l’extrême gauche comme s’est étroit !

Ensuite, nous avons continué notre chemin vers St-Basile. Grâce au point GPS que Daniel m’a donné par email, nous avons trouvé le bon quai. De la rivière et en montant, il y a tellement de quais privés qu’il nous aurait été impossible sans coordonnées GPS de s’y retrouver facilement. Aussitôt amarré au quai, madame Orsali nous accueille et nous demande si nous sommes bien le bateau qu’ils attendaient. Hé oui! Enfin nous arrivons! Nous étions très attendus! Ils nous disent qu’ils ont un bateau à moteur et se demandent comment cela a bien pu nous prendre autant de temps pour arriver ! Pour eux, aller à Québec à partir de St-Basile-le-Grand représente une journée de navigation, et même avec leur ancien bateau (un « cigare boat »), cela leur prenait quatre heures !!! Pour notre part, tout en prenant notre temps, cela nous a quand même pris sept jours à arriver, dont le petit bout de 2 jours du Richelieu ! C’est le rythme du bateau à voile !

Le quai privé des Orsali avec leur jardin de tomates en avant-plan       Danièl et Carole

Ensuite, nous traversons vers les 16h00 chez Daniel et Carole de l’autre coté de la rue qui devaient rentrer du travail. Daniel et Caroline (cousine à Catherine) qui est rendue à 21 ans, sont là! Super! Ça fait vraiment longtemps qu’on ne les a pas vu et l’ambiance est vraiment à la fête de se retrouver en famille. Ils viennent voir notre bateau pendant une heure et ensuite nous retournons à la maison pour partager le souper.

Après souper, nous recevons la belle visite de Jacques (oncle Lamoureux à Catherine) et Monique une de leur trois filles Josée qui a maintenant 17 ans. Josée est la plus jeune des enfants Lamoureux et la dernière fois qu’on là vu, elle avait environ 6 ans … Ouf ! ça ne nous rajeunit pas ça! Nous savons que nous sommes encore jeunes, mais cela nous rappelle que la vie avance tout de même. Nous leur faisons visiter notre bateau. Ils sont bien contents pour nous et nous encourage dans notre aventure.

Jacques, Josée et Monique

29 Août 2007: St-Basile-Le-Grand (Richelieu)

Ce matin, nous faisons des petits travaux. Nous voulons toujours faire une ou deux tâches par jour pour ne pas se retrouver avec une montagne de choses à faire et pour que le bateau soit toujours très bien entretenu. Catherine fait des recherches pour obtenir des informations sur le passage aux douanes américaines, mais celles-ci ont donné bien peu de résultats (se fait renvoyer constamment à un autre numéro ou la ligne tombe …). Hier soir au souper, nous avons discuté du « Crusing Permit US » et on s’est mis à douter qu’il fallait le demander avant de traverser les lignes. Après vérification, ça peut être les deux.  Pour ma part, j’essais de connecter notre toilette au réservoir septique. Aussi, j’ai demandé à Daniel à partir de quel moment je dois utiliser mon réservoir septique et le regard qu’il me renvoie fait foi de réponse… Nous devions l’être depuis déjà longtemps. Ce matin, je m’empresse alors d’essayer de connecter mon tuyau, mais ma pièce ne fonctionne pas. Un Y que j’avais déjà préparé au Saguenay n’est apparemment pas toléré sur le Lac Champlain. Je transferts tout de même mon Y temporairement vers le réservoir septique afin d’au moins envoyer tout au bon endroit.

Ensuite, je vais voir dans le réservoir d’eau douce où nous en sommes, car je veux savoir combien de jour nous sommes autonomes pour l’eau douce. Depuis notre départ, nous n’avons pas eu assez de jours consécutifs sans service pour que je vois le fond du réservoir. Grâce à notre pompe d’eau de mer (pompe l’eau sur laquelle on navigue), le réservoir dur plus longtemps, mais combien de temps ? Étant partit depuis 7 jours de Québec et couchant à l’ancre depuis, c’est le bon moment d’y voir. J’ouvre le réservoir et il reste environ un tiers d’eau douce sur 32 gallons. Ce qui veut dire qu’on peut tenir environ 10 jours avec notre réservoir. Cela me déçoit un peu. J’aurais aimé plutôt la 1/2 et faire 15 jours, mais je me dis qu’on peut encore plus restreindre notre consommation. Ce qui prend le plus d’eau douce, c’est la vaisselle, alors je vais diminuer de moitié la quantité quand nous serons loin des services par moment.

En vérifiant le niveau de l’eau douce dans le réservoir, je remarque qu’il est dû pour un nettoyage. Nous ne l’avons pas nettoyé depuis l’an passé et il y un petit limon qui a commencé à proliférer. Catherine entreprend donc de le brasser un peu avec une guenille, histoire de le faire « lever ». Ensuite, on pompe l’eau restante avec une pompe manuelle pour ne pas envoyer cela dans le circuit inutilement. Une fois le réservoir vide, Catherine entreprend avec ses petits bras qui passent bien dans les ouvertures de tout nettoyer le réservoir. Nous le remplissons de nouveau par la suite, nettoyons le filtre et la mission est accomplit. Une heure pour cette partie !

Nous recevons la visite de monsieur Orsali, celui qui nous prête le quai. Il arrive avec de très belles tomates provenant de son jardin, car c’est le temps de la récolte. Il y en a tellement qu’ils ne savent plus quoi en faire. Nous l’invitons à venir visiter notre bateau.  M. Orsali n’avait jamais monté à bord d’un voilier. Je crois qu’il était bien content de visiter et de voir tout cela.

Par la suite, nous traversons chez les Poirier-Lamoureux, nos hôtes, pour prendre faire deux grosses brassées de lavage et pour chacun une douche, qui est, soi dit en passant, plus que due… (sept jours sans vraie douche !). Cela fait un bien immense et ensuite on jase avec Caroline qui revient d’un voyage en sac à dos de 4 mois et demi en Europe. Elle nous compte plein d’aventures qu’elle a vécu seule et aussi avec sa mère Carole, celle-ci l’ayant rejoint 5 semaines dans la portion Italie.  Les parents de Catherine arrivent vers 13h30 et on dîne tous ensemble. Ensuite, nous embarquons tous les 5 dans la Accord des parents à Catherine et nous allons à Beloeil pour visiter la grand-mère paternelle de Catherine. Nous passons une belle heure en famille avec grand-maman « Bi » et prenons plusieurs photo. Elle semble bien où elle vit et on s’occupe très bien d’elle.

Grand-maman « Bi », Caroline et Catherine                                              Jean-Pierre et Louise

De retour chez le Poirier, c’est déjà le temps de souper. Blés d’Inde et Steaks sur la terrasse dehors. Marie-Hélène, soeur de Catherine, viens nous rejoindre en soirée. Un orage nous fait rentré avant la fin du souper. Et arrive Charles (cousin de 23 ans de Catherine, frère de Caroline) qu’on avait pas vu depuis notre arrivée. Lui, il est allé au début de l’année en Amérique du sud en sac à dos pendant deux mois. Nous passons une autre belle soirée tous ensemble. Ce qu’on est chanceux de vivre tout ça….

Nous nous faisons fêter !                                                                            Caroline, Catherine et Charles

30 Août 2007: St-Basile-Le-Grand (Richelieu)

8h30 am, je me lève car j’ai rendez vous avec Caroline pour un petit travail d’étrangéisation du coffre sur son auto. J’avais reçu « ordre » du grand chef Daniel de ne pas le faire pour Caroline, mais de bien la guider Hi! Hi!.  De retour au bateau vers 9h30, je suis en forme pour faire de la mécanique et je décide de faire le changement d’huile du moteur du bateau. On doit le faire aux 100 heures et ça fait 90 heures. Une heures après, c’est fait.

Nous retraversons chez les Poirier-Lamoureux, mais il n’y plus aucun Poirier dans cette belle maison. C’est les beaux-parents Lamoureux qui nous accueille. Je fais un clin d’oeil à Jean-Pierre et nous partons pour deux commissions « entre gars ». Nous allons chez BMR chercher la pièce manquante pour mon réservoir septique et nous allons remplir mes deux jerricans de diesel. On revient, on dîne et ensuite c’est aux femmes (Catherine, Carole et Louise) de sortir ensemble « entre filles » pour les commissions (magasinage et épiceries). Un autre clin d’oeil à Jean-Pierre et nous nous installons pour regarder un film que je pensais n’avoir pas vu. Mais non, on dirait que j’ai tout vu les film de la terre où quoi?

Louise et Carole

Daniel arrive vers 17h00 du travail et nous décidons de regarder un peu les cartes marines et les endroits pour ancrer sur le Lac Champlain. Arrive encore oncle Jacques et ses deux autres filles qui n’étaient pas venu mardi. Julie, l’aîné 22 ans qui est venu avec son fiancé Francis, et Marianne 19 ans. Encore deux belles cousines qui sont devenues adultes. Nous soupons tous ensemble vers 19h00 et nous traversons ensuite pour faire visiter le bateau aux deux cousines de Catherine et à Francis. Francis a beaucoup de questions. Il veut tout savoir et voir partout dans le bateau et il est très intéressé par tous les détails. Julie, qui n’aime pas trop que le bateau bouge, aimerait mieux que Francis n’aime pas trop ça un bateau… Cela est très comique.

Francis, Julie, Catherine et Marianne                                                        Jacques et Jean-Pierre: il y a des airs de famille n’est-ce pas ?

De retour dans la demeure Poirier, Julie et Francis font une annonce : elle est enceinte!!! WOW, ce sera le premier petit-enfant de la famille Lamoureux. Personne ne le savait, c’est un beau moment de joie!

31 Août 2007: St-Basile-Le-Grand (Richelieu)

Catherine va prendre une prise de sang avec Carole au CLSC vers 8h30 AM et faire quelques autres commissions. Moi,  j’attaque la connexion du tuyau de toilette. Je me dis que cela va me prendre 15 minutes. Et bien, comme on dit tout le temps quand on a un bateau: des jobs de 15 minutes dans un bateau, ca n’existe pas! Cela prend une heure et demie. Tout a bien été et c’est parfait comme connexion, mais c’est toujours long. Mais, j’aime ça taponner, donc il n’y a aucun problème là dedans, n’est-ce pas?

C’est le tour de madame Orsali à venir nous visiter. Elle voit notre appareil photo et s’y intéresse beaucoup. C’est qu’elle est photographe de métier. Elle m’offre de prendre mes emails sur son lien haute vitesse. Ce que j’accepte subito presto. Je prends donc mes emails et mets notre position à jour sur GOOGLE MAPE. Ensuite, je traverse et Jean-Pierre me montre le courrier papier que nous avons reçu depuis deux mois qui est redirigé chez les beaux-parents. Je prends ensuite une douche et Catherine arrive avec Carole. Nous dinons tous ensemble autour de la table de cuisine et « c’est bien plaisant » comme disent les Saguenéens.

Nous sommes vendredi et Daniel termine de travailler de bonne heure aujourd’hui. Il arrive donc vers 14h00 et nous nous remettons à nos cartes marines. Il me fait visiter le Lac Champlain. Je mets des « waypoints » avec description à chaque endroit qu’il me parle sur nos cartes marines informatisées. La famille Poirier-Lamoureux naviguent sur le Lac Champlain depuis une vingtaine d’années et ils en ont long à dire sur ce beau lac. Nous échangeons jusqu’à 17h00. Nous passons ensuite à l’échange de part et d’autres de données, DVD, cartes, logiciels, etc… c’est le « party » de données.

Éric et Daniel qui travaillent fort !

Jean-Pierre et Louise vont chercher du bon St-Hubert (met officiel des Lamoureux) et nous mangeons en entrée un excellent potage aux poireaux confectionné Catherine et Louise. Après le souper, nous recevons la belle visite de Mylène (cousine du côté maternelle à Catherine), son conjoint Marc et leur fils. Nous leur faisons visiter le bateau et nous revenons ensuite au domaine Poirier-Lamoureux.

Louise, Marc, Catherine, Mylène, Éric et le petit mousse

Jean-Pierre et Louise doivent repartir à Québec dès ce soir, car ils doivent terminer leurs préparatifs pour leur voyage en Italie prévu dans quelques jours. En tout cas, les Lamoureux, ça voyage, c’est vraiment frappant ! Et c’est l’heure des adieux tant repoussés mais inévitables qui sont très émouvants. Les parents à Catherine partent confiants que tout va bien se dérouler. Et ce n’est qu’un aurevoir bien sûr !

Nous convenons ensuite du plan de match pour la journée de demain avec la famille Poirier-Lamoureux. Ils nous proposent de nous accompagner à bord de notre bateau pour le passage des écluses du superbe canal Chambly tous ensemble. YOUPPI ! Nous allons tous nous coucher là dessus. Nous avons très hâte de vivre ça …

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La suite dans la page septembre 2007…

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