Journal de bord 2008

Journaux de bord 2008

par le 31 Juil, 2008, catégorie 07-Juillet 2008

Journal de bord du voyage aux Bahamas 2007-2008

Janv 2008:    De Norman’s Cay à Blackpoint (Exumas, Bahamas)

Fev 2008:      De Blackpoint (Exumas, Bahamas) à Long Island (Out Island, Bahamas)

Mars 2008:    De Long Island (Out Island) à Hope Town (Abacos, Bahamas)

Avril 2008:    De Hope Town (Abacos, Bahamas) à Georgetown (Caroline du Sud)

Mai 2008:  De Georgetown (Caroline du Sud) à New York City (New York)

Juin 2008:  De New York City (New York)) à Cap-à-l’Aigle (Québec)

Juillet 2008:  Le retour dans le Saguenay (Québec) compilation et réflexion de fin de voyage

Compilation et cartes:  Compilation et quelques cartes du voyages vers les Bahamas

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Juillet 2008

par le 03 Juil, 2008, catégorie 07-Juillet 2008

01 et 02 juillet 2008: De retour au bercail !!!

Le départ de Cap-à-l’Aigle se fait à l’aube le premier juillet. Il est difficile de croire qu’on est en plein été alors qu’il doit faire à peine 5°C … Naviguer aussi tôt le matin nous permet d’apprécier le brouillard de rayonnement qui se dissipe avec le lever du soleil: de toute beauté ! On met le cap sur le haut-fond Prince où l’on peut admirer la Toupie pour ensuite viser Tadoussac tout en entrant dans l’embouchure du Saguenay quelque peu agitée. Les majestueuses falaises du Fjord dans toute leur splendeur nous ouvrent ensuite leurs portes … et on y entre volontier ! C’est le coup de foudre à chaque fois … On se dit à la blague: « pourquoi aller si loin, alors que c’est si beau ici » !!! En plus, on est prévilégié de se faire acceuillir par nul autre qu’une vingtaine de bélugas à la hauteur de l’Anse à la Boule qui progressent vers l’ouest avec nous. Ils viennent nous voir de tellement près qu’on pourrait les toucher ! Pendant plus d’une heure, certains s’amusent à passer en-dessous du voilier, tandis que d’autres poussent du nez le safran avec lequel ils jouent. Quel bonheur ces moments !  C’est le plus beau cadeau qu’on pouvait nous faire en entrant au Saguenay et ça nous réconcilie avec notre fin de voyage. Là, c’est vrai, on se sent à la maison ! La journée se termine à un de nos ancrage préférés à l’Anse St-Étienne. Assis sur le pont ensemble, on regarde le soleil se coucher derrière les caps tout en faisant encore une dernière fois un bilan de ce qu’on a préféré au cours de notre périple.

         

Notre capt’n Rick au commande                                   Un phare de Port-au-Persil dans Charlevoix

Le 02 juillet est notre dernière journée de voyage et on en profite pleinement en se déplaçant à un mooring de baie Éternité, situé entre les caps Éternité et Trinité. Demain, nous retrouverons notre port d’attache au Club nautique Anse-St-Jean; demain, nous retrouverons notre maison et nos deux autos; demain, nous retrouverons nos famille et amis; demain, nous retrouverons notre belle chienne Maggie; bientôt, nous retournerons au travail. Et la vie continuera …

       

       

Nos amis bélugas nous accueille en grand dans le Fjord                            Mouillage dans l’Anse St-Étienne

Réflexions de couple en fin de voyage

Voici un bref bilan statistique de notre voyage aux Bahamas en date du 03 juillet 2008: 23 000 visiteurs sur notre site internet, 10 000 photos, 5 000 milles nautiques parcourus, 1 100 heures de navigation, 260 nuits à l’ancre, 40 nuits dans des marinas, 11 mois de pur bohneur en exploration et des dizaines d’amis pour la vie …

Encore une fois, ce qui nous console face à la conclusion d’une telle expérience est la phrase suivante:  » Ne pleure pas parce que c’est fini, sourit parce que c’est arrivé ! « 

Comment qualifier un tel voyage ? Comment faire le point après avoir exploré tant d’endroits, rencontré tant de gens merveilleux, observé tant d’animaux, de plages, de créatures sous-marines, de lever et de coucher de soleil et de ciels étoilés ?  Arrêter un an et vivre au rythme de la nature et de soi-même. Quel beau cadeau, n’est-ce pas ! Tout ces moments magiques passés en bonne compagnie. On nous demandera sûrement:  » qu’est-ce qui vous manquera le plus de tout ça ? Et bien, la réponse est: le rythme de vie ! Ces onze mois ont été si enrichissants, tant par ce qu’on a pu apprendre que par le voyage interne qu’on a fait en nous-même et dans notre couple ! On en ressort grandi, et on l’espère, meilleur.

Combien coûte un voyage comme celui-là ?, nous demande-t-on automatiquement quand on entrevoit une lueur de rêve chez certaines personnes qui oseraient peut-être en faire un aussi … Oserions-nous répondre qu’il en coûterait vraiment trop cher de ne pas le faire ?… Nous méritons tous de se faire, au moins une fois dans notre vie, un tel cadeau !

Le risque. Quels ont été les plus grands risques du voyage ? Si on répondait trop vite, on dirait les forces de la nature et les nuits agitées à l’ancrage. Mais, on crois que le plus grand risque à prendre est lors de la décision de partir. Évaluez grossièrement ce que ça demande de dire :  » OUI, ON LE FAIT !!!  » Pour notre part, c’est ce qui nous a demandé le plus de courage. À partir du moment où la décision est arrêtée, le voyage commence et les choses déboulent tout naturellement grâce à la motivation d’un rêve qui se concrétise.

On souhaite souligner notre gratitude à tous nos parents, amis, collègues de travail, navigateurs et lecteurs pour nous avoir soutenu fortement durant tout ce temps. Nous avons eu un grand plaisir à vous présenter notre récit complet d’aventures, de même que quelques photos au cours de ces 11 mois. Notre plus cher désir est d’aider au moins un rêveur à prendre ses rêves pour des réalités et à partir. Largez les amarres … Où que ce soit et à l’aide de n’importe lequel des modes de transport (en bateau, à pied, à bicyclette, en motorisé, etc…), SORTEZ DE LA VIE QUOTIDIENNE ET ROUTINIÈRE ET GOÛTEZ AU PLAISIR DE VIVRE, SANS PLUS ATTENDRE …

On vous laisse avec ce beau poème qui nous colle à la peau:

 

JE CONNAIS DES BÂTEAUX

« Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entraînent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
À ne jamais risquer une voile au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu’ils en ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment sûrs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux qui s’en vont deux par deux
Affronter le gros temps quand l’orage est sur eux,
Je connais des bateaux qui s’égratignent un peu
Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini
De s’épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois, de s’éloigner
L’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver.

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils
Quand ils ont partagé des années de soleil.

Je connais des bateaux qui reviennent d’amour
Quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour,
Sans jamais replier leurs ailes de géants
Parce qu’ils ont le cœur à taille d’océan ».

 

Réalisez vos rêves de MER & MONDE II !!!

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Compilation et Carte voyage Bahamas 2007-2008

par le 01 Juil, 2008, catégorie 07-Juillet 2008

Compilation finale du voyage aux Bahamas au 03 juillet 2008:

Bilan Voyage Nombre
Nombre d’heure à moteur 745
Nombre d’heure à voile 349
Nombre de mille nautique navigué 4964
Nombre de nuits à l’ancre 215
Nombre de nuits à mooring 58
Nombre de nuit dans une marina 41

 

Traversée en mer de trois jours, des Abacos (Bahamas) aux USA (Géorgie):

Trace en rouge de notre passage de New York à Georgetown dans la baie Chesapeake du 27 sept au 07 oct 2007:

La Chesapeake Bay avec ses nombreuses baies internes:

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Juin 2008

par le 30 Juin, 2008, catégorie 06-Juin 2008

01 juin 2008: Shopping et cabaret à New York en bonne compagnie

Hier après-midi, on est tombé sur l’équipage de KERGUELEN, Guy et Lorraine, qui était amarré aux moorings de la 79ième depuis quelques jours déjà. On les avait déjà croisé plusieurs fois en voyage au cours de l’année sans toutefois approfondir la relation avec eux. Aujourd’hui, on a l’a chance de passer une journée ensemble à New York tous ensemble. Ils sont tellement agréables et intéressants que la journée en est que plus superbe.

On a les mêmes objectifs de visite: on a envie de prendre le pouls de la ville et de ses habitants en flanant dans les rues, les boutiques et les restaurants.  On décide donc de commencer par aller dans le Lower East Side et le East Village de New York où l’on peut y trouver la plus forte concentration multiethnique de l’île. C’est là que l’on retrouve de nombreux quartiers d’immigrants bien distincts comme Chinatown, Little Italy, Little India, Little Ukraine, etc … Aujourd’hui, c’est dimanche et c’est l’idéal pour faire du shopping dans Chinatown. Il y a des kiosques partout et c’est le temps de « barguiner » des imitations de grandes marques de sacoches, de lunettes fumées ou des montres … Il y a tellement de monde que Catherine prend des photos en marchant … C’est la journée de Catherine et Lorraine aujourd’hui: elles entrent dans toutes les boutiques et en ressortent avec des beaux « T-Shirts » de New York et autres babilloles. Guy et moi, on va flaner dans les boutiques d’électroniques, mais on fini surtout par jaser en attendant nos femmes. On sait qu’elles sont heureuses comme des poissons dans l’eau et on les regarde se faire plaisir toute la journée. On voit aussi des gros marchés chinois qui exposent leur nourriture en kiosque le long de la rue. Impressionnant, mais ça nous coupe un peu l’appétit en même temps … Pour diner, on prend un repas dans un restaurant chinois typique. C’est vraiment meilleur que toute la nourriture chinoise qu’on a goûté auparavant et on ressort de là le ventre complètement tendu !

Avec KERGUELEN devant notre resto chinois                                              Shopping dans Chinatown

Marché chinois de fruits de mer  Des crabes bleus à Chinatown !   On prend une pause coconut !

Après diner, on traverse une rue pour tomber dans Little Italy, le quartier des italiens. On a l’impression de faire le tour du monde en quelques heures à New York ! Ici, on trouve aussi des kiosques, mais surtout de chics resto-terrasses. L’ambiance est tout autre. On s’arrête en fin d’après-midi pour refroidir nos pieds et prendre un café. On se fait servir par une fille d’origine Japonaise, né en France, qui nous parle en francais et qui travaille aux USA depuis peu. C’est un vrai bain de cultures ici ! Après le café, on se rend compte que tous les magasins sont fermés et que le coin  devient non recommandable, alors on marche vers le Washington Park pour prendre une autre pause.

Eric et Guy dans la Little Italy                                                                      Une autre pause, cette fois-ci c’est du café italien !

Bon, on y va tu les filles là, les kiosques sont fermés !!!

Une pause-santé se fait à 19h00 dans Washington Park                           On a bien du plaisir avec Guy et Lorraine !

Rendu au souper, Catherine nous avoue qu’elle a un rêve: un souper/spectacle de Blues dans un cabaret typique de New York. Tous le monde trouve l’idée bonne et on se rend dans Greenwich Village où l’on peut trouver le meilleur cabaret de Jazz & Blues de New York: Le Blue Note ! On est gêné d’entrer avec nos shorts et nos espadrilles, mais on nous assure qu’il n’y a pas de problèmes. Il ne reste presque plus de place, mais un charmant couple riche de new-yorkais se sacrifie et nous offre leur place puisqu’on est quatre personnes. Leur geste nous touche énormément et on placote avec eux le temps que le spectacle commence. On prend une bière et on commande des petites entrées à 15$ l’assiette … Ce soir, on a la chance d’entendre Jon Faddis, trompétiste et son stagiaire. Entendre le jeune débutant nous fait apprécier davantage la qualité exceptionnelle de musicien de monsieur Faddis. Il est accompagné par cinq autres musiciens, dont deux africains au tambour qui volent quasiment la vedette tellement ils ajoutent une saveur exotique au spectacle !

En compagnie de KERGUELEN au chic cabaret le Blue Note                      Notre trompetiste, M. Faddis et ses musiciens

Étant trop surexcitée, Catherine a de la misère à s’endormir ce soir. Elle dit que c’est une des journées les plus magnifiques de sa vie !!!

02 juin 2008: L’impressionnante exposition du corps humain BODIES !

Catherine et moi, on débarque à terre vers 10h AM. On va marcher et pique-niquer en amoureux dans Central Park et on explore une nouvelle partie du parc. Ce parc immense, qui s’étend de la 59ième à la 110ième rue sur sa longueur, possède plus de 500 000 arbres et arbustes, 30 ponts et arches, de même que plusieurs lacs et réservoirs. Les new-yorkais y pratiquent plusieurs sports et activités avec entre autres ses 59 milles de sentiers pédestres.

Catherine dans le « Subway » de NYC                            Une petite marche dans Central Park

Ensuite, on prend le métro et on fait une petite halte au Grand Central Terminal, la magnifique gare de train de New York. Cette gare vaut le détour pour la beauté de son hall principal. Sa haute voute, dominée par trois grandes fenêtres en formes d’arches, est grandiose.

L’horloge du centre d’information au Grand Central Terminal                 Le guichet dans le hall principal

On reprend le métro ensuite pour aller en direction du South Street Seaport Exhibition Center dans le quartier du Seaport and Civic Center. C’est là qu’on va voir l’exposition BODIES, the exhibition. C’est une exposition sur l’anatomie du corps humain à partir de vrais humains qui ont donné leur corps à la science !!! L’exposition comporte plusieurs sections divisées selon les différents systèmes du corps humain: les os, les muscles, le système nerveux, le système digestif, le système reproducteur, le système vasculaire, etc… Pour le système vasculaire par exemple, on a injecté un polymère dans le corps de personnes décédées. Ensuite, on a dissout chimiquement tout le corps. Il ne reste ensuite que le réseau d’artères, de veines et de capillaires ! On peut ainsi voir en trois dimensions le réseau d’alimentation sanguine du corps humain ! On y montre aussi des parties de corps attaquées par la maladie et le cancer du poumon fait franchement réfléchir … Tout est très didactique et présenté avec goût et respect. On a davanateg envie en sortant de l’exposition de prendre soins de notre corps … Catherine n’en revient tout simplement pas de pouvoir voir aussi clairement le sytème nerveux central et périphérique dans toute sa complexité !!! C’est vraiment une des activités les plus appréciées du voyage !

Dans le quartier du Seaport and Civic Center                                               Le South Street Seaport Exhibition Center où il y a BODIES

L’entrée de l’exposition BODIES

À la sortie du musée à 17h30, on rejoint KERGULEN avec qui on avait rendez-vous. On prend une petite bière sur une terrasse du vieux port de New York tout en placotant. Ensuite,  on prend le métro tous ensemble pour remonter à la hauteur de la 79ième où sont situés nos bateaux. On décide d’aller souper au succulent restaurant indien le Bagicha sur la 79ième, celui qu’on connait pour y être allé à l’automne. On voyage en Inde le temps d’un souper avec une bonne bouteille de vin rouge en très bonne compagnie !

Un succulent repas indien au Bagicha de la 79ième

On sort du resto à 22h30 et on va faire une petite épicerie à notre marché sur Broadway: le Fairway. C’est définitivement l’épicerie préférée de Catherine et celle-ci ne ferme qu’à 1h00 AM en plus ! Vive New York qui ne dort jamais !!! On rentre au bateau à minuit. Une autre journée stimulante à New York!

Le marché préféré de Catherine: le Fairway                                                Un choix inimaginable d’olives et de fromages !!!

03 juin 2008: Il faut avancer !

On aurait vraiment resté au moins une autre journée à New York. On est loin d’avoir fait le tour des attraits tourisitiques qui nous semblent être à l’infini ! La grosse pomme et ses habitants est un de nos plus grands coup de coeur du voyage et c’est difficile de la laisser derrière. Mais, en consultant les prévisions météo, il est plus sage de quitter New York aujourd’hui et de faire un bon bout de chemin vers Kingston dans la rivière Husdon. Voyager nous permet de faire plein de belles découvertes, mais ça implique aussi de vivre de constantes séparations … On se lève donc très tôt pour profiter du courant qui devra nous pousser. On largue nos amarres à 6h AM, à l’étale de courant.

On navigue dans la Hudson toute la journée et on file pendant un bon bout de temps à 7.5 noeuds de vitesse. On fait une grosse journée de 75 milles nautiques pour finalement arriver à Kingston à 18h00. Les équipages québécois de BORN FREE III et VICTORIA V nous saluent et nous dépassent, deux couples dans nos âges qu’on a pas eu la chance de connaître durant le voyage aux Bahamas.

Paysage de la Hudson dans sa plus belle partie                                       On croise l’équipage de BORN FREE III

04 juin 2008: Préparation pour le démâtage

On part de Kingston vers 10h30 AM, à la renverse de courant. On navigue toute la journée dans la Hudson avec le courant qui nous pousse. Comme c’est agréable de naviguer AVEC et non pas CONTRE les éléments de la nature … Catherine passe la journée derrière la barre, tandis que moi je m’occupe de « dégrèyer » le bateau de ses voiles, de ses cordages et de ses gréements. MER ET MONDE devient un bateau uniquement à moteur. Ça donne déjà un coup au capt’n …

On arrive à la marina de Castelton à 16h30. On va réserver la potence, on fait le plein d’eau, un pump-out et le plein de diesel. Les moorings de la marina, de l’autre côté de la rive, sont 10$ et comprennent la douche. On décide donc de se payer « la traite ». On fait un petit 5 à 7 sur KERGUELEN avant de prendre une douche. On sent qu’on traverse une étape importante du voyage, car c’est le démâtage demain. Ça nous rend plus insécure, car nos voiles sont notre sécurité …

05 juin 2008: Dématâge

Ce matin, il fait beau et chaud et il n’y a pas de vague. Alors, on démâte ! J’organise d’abord mon cordage qui servira à soutenir le mât durant le démâtage. Catherine me hisse avec la drisse de grand-voile et la chaise de gabier au premier tier du mât pour que je l’installe. On la teste avec la drisse et ça fonctionne ! J’essaie une nouvelle façon que j’ai pu observer l’automne passé à Catskill. Les opérateurs de Catskill sont expérimentés, alors j’essaye leur méthode. Le but étant de répartir le poids du mât de façon à ne pas forcer pour le manipuler lorsqu’on le place sur les supports de bois.

On commence par le démâtage de MER ET MONDE avec l’aide de KERGUELEN et on fait ensuite le contraire. Vers 11h AM, les deux voilers sont démâtés et ce, sans casse, même si la girouette bât un peu de l’aile … De 11h à 13h, on finalise le travail en sécurisant les fixations et les différentes attaches. Après avoir diné, on part pour Waterford qui se situe à l’entrée du canal Champlain. Eh ! Que ça va vite ! En chemin, je dérouille toutes les pièces d’acastillage que j’ai défait ce matin pour qu’elles soient comme neuves lors du remâtage à Québec dans quelques semaines. Avant d’arriver à destination, on traverse l’écluse fédérale de Troy, la plus difficile des écluses à faire du voyage (il faut passer deux de nos propres amarres autour d’un tuyau qu’on positionne au centre du bateau). Heureusement, tout ce passe bien. On retrouve l’équipage de COXILY avec plaisir au quai en béton de Waterford en se mettant à jour dans les dernières aventures de tout un chacun.

Eric dérouille l’acastillage            Paysage de la Hudson avec ses usines sur le bord de l’eau

La première écluse: Troy                                                On croise de beaux cargos

06 juin 2008 : Repos à Waterford

Ce matin, le ciel est gris foncé et il pleut des cordes. On avait l’intention de bouger un peu en allant à Mecanicville, mais la météo nous invite à rester penault aujourd’hui. On décide donc de prendre une journée de congé et on retourne se coucher !

Après la sièste du matin, Catherine travaille sur le site internet, tandis que moi je vide la pince avant des dernières provisions qu’il nous reste afin de pouvoir les consommer d’ici la fin du voyage. On fait aussi des échanges de film avec COXILY. On manque de nouveaux films à écouter en cette fin de voyage, alors c’est bienvenue pour les deux équipages.

Martin et Chantale de la sympatique équipage de COXILY

Le temps s’améliore à l’heure du diner. On va faire une bonne épicerie en fin de journée. C’est ici qu’on peut faire quelques provisions avant d’arriver au Québec, car il est difficile de trouver des épiceries qui se font à pied au lac Champlain.

07 juin 2008 : Journée chaude et ensoleillée dans le canal Champlain

On a rendez-vous avec KERGUELEN à 7h30 ce matin pour aller déjeuner au restaurant pour bien commencer la journée. Le petit resto est bien sympa et ça nous coûte 3$ par personne !

Aujourd’hui, on passe sept écluses sur onze par un temps très chaud, humide et ensoleillé. Les costumes de bains sont les seuls vêtement tolérés aujourd’hui avec une température de 32 degrés Celcius. En plus, on a l’impression qu’il neige avec tout ce pollen qui se promène dans les airs et qui nous force à nous moucher régulièrement … Ça y est, le rhume des foins est commencé pour nous deux !

À l’entrée d’une écluse …                                                                                … À la sortie de la même écluse …

C’est très relaxe aujourd’hui                                                                          OUHHHH, la guillotine !!!

Vive le bikini par une chaleur pareille !!!                                                     Il neige du pollen à 32°C !

On arrive au quai de béton de Fort Edward pour s’amarrer juste à temps pour le 5 à 7. COXILY suit derrière de près. On sort les voiles de notre pince avant pour les plier comme il faut, car on n’en avait pas eu encore l’occasion. Cette opération nous prend 15 minutes et nous libère beaucoup d’espace dans le bateau. On prend une bière sur le gazon avec KERGUELEN et COXILY tout en jasant de tout et de rien avant de souper chacun de notre côté. Il fait encore très très chaud à l’heure du coucher et on s’endort sans couverture.

MER ET MONDE se repose à Fort Edward pour la nuit

08 juin 2008: De retour sur le lac Champlain !!!

On se lève par un très beau matin ensoleillé. Le café du matin est délicieux et la journée s’annonce aussi chaude qu’hier. En compagnie de KERGUELEN et COXILY, on passe les quatre dernières écluses du canal Champlain sans embûche tout en prenant une pause à Whitehall pour se remplir d’eau potable gratuitement. Quelques uns prennent une douche rapide pour baisser leur température corporelle.

On se retrouve enfin sur le lac Champlain après avoir passé l’écluse 12 vers 14 heures. Déjà sur le lac Champlain !!! On y croit pas ! Tout va trop vite et on voudrait ralentir le temps, peser sur « pause » … À 18h00, on dépose l’ancre près du fort Ticonderoga. KERGUELEN annonce un 6 à 9 sur son bateau. On se retrouve avec eux et COXILY à se compter d’autres histoires fantastiques. On vit un beaux moment encore une fois.

En arrivant à notre bateau, on prend une douche d’eau fraiche pour se refroidir. On a eu tellement chaud toute la journée que cela va nous aider à mieux dormir. Il fait déjà très noir lorsqu’on mange un bon repas de saumon aux chandelles dans le cockpit que Catherine a cuisiné avec amour.

09 juin 2008: Les merveilleuses chutes de Cole Bay

Encore une autre journée chaude et collante nous est annoncée à la météo aujourd’hui. Les trois équipages décident de faire une pause aux chutes de Cole Bay avant d’aller passer la nuit à Partridge Harbourg.

Une fois l’ancre mouillée à Cole Bay, on dine avant d’entreprendre le court sentier qui débouche sur une magnifique chute d’eau à plusieurs étages. L’eau est chaude, mais surtout, c’est une cascade d’eau douce qui nous enveloppe avec plaisir. Après avoir été privé de vraies douches et d’eau douce pendant près d’un an, c’est un vrai cadeau qui s’offre à nous et qui nous aide à accepter qu’on en est à nos derniers milles du voyage. On prend plein de belles photos tout en profitant de cette douceur pendant près de deux heures. Quel bonheur !!!

Les chutes de Cole Bay: Quel plaisir !!!

Il n’aurait pas été propice de dormir à Cole Bay en raison des vents qu’on annonce cette nuit. On s’installe donc à Partridge où il y a déjà un voilier. Mais la place ne manque pas pour trois autres voiliers supplémentaires. L’atmosphère de cette minuscule baie nous imprègne de sérénité. Ça demeure encore notre coup de coeur du lac Champlain !

C’est MER ET MONDE qui reçoit KERGUELEN et COXILY pour le 5 à 7 ce soir. Cette soirée ce veut un adieu, car Catherine et moi, on vient de réaliser qu’on ne peut trainer autant qu’on l’aurait souhaité au lac Champlain. On calcule qu’il faudrait être rendu à St-Paul-de-l’île-aux-Noix au Québec pour le 12 juin 08. C’est donc tout probablement ce soir notre dernier 5 à 7 en compagnie d’équipages québécois qui ont fait comme nous le voyage aux Bahamas cet hiver. C’est d’ailleurs à peu près aux mêmes dates que les autres équipages terminent leur périple. En ce qui nous concerne, il nous restera trois semaines pour descendre le fleuve St-Laurent et remonter le Fjord du Saguenay jusqu’à notre port d’attache à l’Anse-St-Jean. Le coeur gros, on passe tout de même du bon temps tous ensemble !

5 à 7 sur MER ET MONDE en compagnie de KERGUELEN et COXILY           Une complicité s’est installée entre Catherine et Lily Mai,

une des filles de COXILY !

10 juin 2008: Encore des alertes de tornades au menu !

Il faut avancer, encore et toujours … On quitte le mouillage tôt le matin pour arriver à l’heure du diner à l’Ile Valcourt. On annonce de forts vents et des orages violents en après-midi et on compte donc bien s’habriter pour les affronter. On quitte KERGUELEN et COXILY à regrets. Bonne fin de voyage !

Au revoir Partridge Harbour et les copains !

Nous qui pensions être seuls, nous avons l’agréable surprise de croiser l’équipage sympathique de BORN FREE III à notre arrivée à l’Ile Valcourt. Ils nous invitent à les suivre dans Spoon Bay, paraît-il que l’ancrage y est bon. On tente à trois reprises de s’ancrer avant de trouver un fond qui tient bien. On note que le fond rocheux du lac Champlain nous fait « rocher » un peu, puisque notre ancre CQR est moins efficace pour ce type de mouillage. Bref, la troisième tentative semble être la bonne. On reçoit une invitation à souper de BORN FREE qui a aussi à son bord un ami de Marie-Claude et Sébastien, Marcel du voilier NAMAR, qui part l’an prochain pour le sud. Les discussions sont animées sur BORN FREE et on se raconte nos aventures mutuelles puisqu’on a eu à peine la chance de se rencontrer en cours de voyage. Le temps se gâte de plus en plus et le ciel s’assombri. On a la chance d’observer deux superbes arc-en-ciel sur presque 180°, du jamais vu ! Ensuite, c’est les prévisions météos qui se gâtent: des orages violents avec des vents de 80 noeuds (oui, oui, 80 noeuds = 150 km/h !!!) et des « Tornado warning » sont attendus pour notre secteur … L’excellent souper que nous sert Marie-Claude refroidit donc sur la table pendant que l’on déglutit plutôt de nervosité, le nez rivé aux hublôts … Et si une tornade nous passait dessus ? On ne pourrait rien faire … On aperçoit soudain un mur de vent de couleur jaune-vert foncer sur nous ! On se demande ce que ça peut bien être ? On réalise finalement que c’est le vent qui lève tout le pollen des arbres. Quel spectacle hallucinant ! Finalement, on subit de la pluie forte, sans plus … Pas de forts vents, pas de tornades ! On voit bien les lignes d’orages violents passer de chaque côté de nous, sans nous toucher … LÀ, C’EST CONFIRMÉ, ON FAIT UNE BONNE VIE ! Merci Éole !!!

Le voyage de BORN FREE se termine demain matin, alors on est très prévilégié de les avoir rencontré sur le lac Champlain. Merci BORN FREE pour cette belle soirée!

L’équipage de BORN FREE III                                                                         Des canards viennent nous rendre une petite visite à l’île Valcourt

MER ET MONDE au coucher du soleil …                        … On a droit à de superbes arc-en-ciels !

11 et 12 juin 2008: Nos derniers instants dans notre « bulle » de voyageurs

BORN FREE ayant quitté ce matin le mouillage, on se retrouve seul tous les deux. On décide finalement d’étirer notre séjour au lac Champlain d’une journée supplémentaire pour pouvoir avoir deux jours à nous en amoureux avant de passer la frontière qui nous fera atterir sur la planète terre. Le rêve dans lequel on évoluait depuis les dix derniers mois tire à sa fin puisqu’on est conscient que notre « bulle  » de voyageurs sera crevée dès l’arrivée en territoire québécois. C’est bien évident qu’on a hâte d’arriver au Québec, mais les rendez-vous avec famille et amis, la radio, les journaux, la télévision, etc. nous placerons dans une atmosphère différente et nous ferons redescendre de la lune ! Nous passons donc deux jours tranquille, d’abord à Smuggle Harbour, puis à Deep Bay, pour faire le point ensemble sur notre aventure. C’est empreint de nostalgie qu’on prend des marches en forêt main dans la main et qu’on reprend contact avec la terre ferme à notre rythme !

Du 13 au 30 juin 2008: Retour au Québec !!!

Le 13 mai à midi, notre arrivée à St-Paul-de-l’Ile-aux-Noix se fait dans la bonne humeur après avoir passé les douanes canadiennes sans encombre. On s’installe comme à notre premier passage au quai de la Pourvoirie Mayer pour 5$ la nuit, juste à côté de la marina Gosselin. Ensuite, on se promène à pied dans les environs après avoir lunché. L’accueil des navigateurs de la place est vraiment chaleureux. Plusieurs nous reconnaissent et nous disent qu’ils ont suivi notre périple, qu’ils ont lu tout notre journal de bord et qu’ils ont apprécié ! WOW ! On est vraiment impressionné et ça nous fait chaud au coeur ! On revoit plusieurs bateaux sur leur ber dans la cour de chez Gosselin comme FIÈRE ALLURE, OCÉANITE ou O’BLEU qui jouissent d’un repos bien mérité. On rencontre Guy et Claire du voilier BALTAZAR le temps d’une jasette avec qui c’est toujours un plaisir de converser. Après quelques emplettes, on casse la glace avec des bons amis de voile, l’équipage de BOBINETTE devenu SHAKA avec l’achat de leur nouveau voilier, qu’on reçoit à souper sur MER ET MONDE.

Une belle surprise nous attend le 14 juin au matin: Benoit, Nancy et Sarah-Maude de VICTORIA’S SECRET viennent nous rendre visite à la marina Gosselin !!! Les cris de joie et les accolades pleuvent et on est très ému de leur présence. Ils sont là alors qu’on vit une étape cruciale du voyage qu’est le retour à la réalité. C’est plus qu’apprécié, d’autant plus que c’est eux qui larguent nos amarres au moment de notre départ ! Encore une déchirure ! On s’arrête le soir venu à St-Jean-sur-le-Richelieu pour recevoir de la famille: neuf personnes autour de la table du carré pour manger du spaghetti, on a déjà fait bien pire ! Toutes ses rencontres nous rendent heureux et triste à la fois … Les émotions sont à leur comble et on s’endord tard le soir après avoir décanté de cette journée plus que remplie.

Richard et Denis de O’BLEU                                          La belle surprise des SECRET !

Après avoir passé les neuf écluses du canal Chambly, on fait relâche à St-Basile-le-Grand le 15 et 16 juin,  où nous attendent impatiemment des membres de la famille à Catherine, Daniel et Carole Poirier, de même que les Orsali qui ont aménagé leur quai sur le bord de la rivière Richelieu exprès pour nous cette année. Ils ont démontré un grand intérêt pour notre voyage et nous posent des questions à profusion. C’est très agréable de réfléchir sur notre périple. On en profite aussi pour recevoir famille et amis qui demeurent dans le coin.

Les 17-18 et 19 juin nous permettent d’attérir à Québec en faisant des haltes pour la nuit aux Iles de Sorel et à Trois-Rivières. De retour sur le fleuve St-Laurent, on commence à se sentir chez nous ! La navigation devient de plus en plus complexe avec ses calculs de courant et marées et on passe plus de temps à la table à cartes ! On avait déjà oublié les vitesses vertigineuses qu’on peut atteindre sur le fleuve : 12 noeuds en-dessous du pont de Québec! YOUPPI !!!

On s’amarre à un quai de la marina du Vieux Port de Québec (Bassin Louise) du 19 au 24 juin, juste au bon moment pour pouvoir profiter des grandes festivités du 400ième de Québec. C’est ici que les retrouvailles avec tous les membres de notre famille directe (parents, frère et soeur, neveu et nièces) sont émouvantes et on partage du temps de qualité ensemble. On revoit aussi avec joie des équipages avec qui on a navigué en voyage : ESPERANTO, BRIGANTINE, TIR NA NOG et SNOW GOOSE. On rencontre aussi pour la première fois en personne l’équipage québecois du catamaran ELOHIM qui demeure en Arabie Saoudite et qui on suivit tout notre périple depuis le début. On remâte MER ET MONDE avec succès tout en en profitant pour dérouiller tous les haubants et le reste de l’accastillage. On se permet même deux belles sorties sur le fleuve avec la famille lorsque le beau temps se pointe pour leur faire vivre une parcelle de notre rêve. Le clou de notre séjour se boucle avec le méga spectacle son et lumières de Robert Lepage projeté sur les silos de la Bungee et notre participation sur l’eau à la parade des grands voiliers arrivant de La Rochelle en France. De savoureux moments !

En arrivant à Québec                                                                                      Un bel arc-en-ciel au Bassin Louise

Une grosse foule attend les grands voiliers                 On fait partie de la parade des grands voiliers: YOUPPI !!!

Toute bonne chose ayant une fin, une fenêtre météo nous permet de quitter la ville de Québec en direction de St-Jean-Port-Joli le 25 juin. Grâce aux savants calculs du capitaine, on parcourt à voile en moins de sept heures les 45 milles nautiques à 7 noeuds de moyenne avec un vent arrière du SO de 20-25 noeuds. WOW, ça c’est de la navigation ! On retrouve la beauté de la place, une de nos marinas préférées au Québec.

Paysages du St-Laurent …                                                                               … près de l’Ile-aux-Grues

Un gros front froid s’éternise sur le Québec du 26 au 29 juin. Il pleut, il fait un froid de canard et il vente de 20 à 30 noeuds du NE tout en relâchant un peu la nuit. Ceux qui ont l’expérience du fleuve St-Laurent entre Québec et Tadoussac savent que c’est un des plans d’eau les plus difficiles au monde à naviguer en raison de ses forts courants (jusqu’à 10 noeuds dans la traverse St-Roch près de St-Jean-Port-Joli), de ses marées de 20 pieds de marnage, de ses nombreux hauts-fonds, de sa vague courte, de ses marinas qui assèchent à marée basse, de la température de l’eau qui s’abaisse près du 0 de congélation à la hauteur de Tadoussac, de son brouillard, etc … Malgré toute la complexité du fleuve, ça demeure sans contredit un de nos coup de coeur en raison du défi qu’il représente et de la beauté à l’état pur des lieux. Paraît-il que lorsqu’on apprend à naviguer sur le fleuve, on peut naviguer partout ensuite. Dans notre cas, ça nous a rendu une fière chandelle pour notre voyage dans le sud ! Alors, on prend notre mal en patience et on en profite pour faire du « cocooning », prendre des marches, astiquer le bateau, se mettre à jour dans notre site internet et faire des démarches en vue de notre retour à la maison (téléphone, cable, assurances, etc.).

C’est avec bottes, tuques et mitaines qu’on appareille de St-Jean-Port-Joli le 30 juin après avoir calculé, recalculé et contre-vérifié les calculs de navigation. À croire qu’on doit réapprendre à naviguer sur le fleuve … Tout se déroule à merveille et on arrive à Cap-à-l’Aigle après avoir parcouru 30 milles nautiques par vents légers du NE. Une autre belle marina dont l’ambiance est impressionnante à marée basse avec sa grosse chute à proximité.

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Mai 2008

par le 31 Mai, 2008, catégorie 05-Mai 2008

01 et 02 mai 2008: Une belle navigation de 205 milles nautiques

On lève l’ancre qui gisait dans une boue huileuse assez dégeulasse merci … C’est ça Goergetown et sa super usine ! On part comme prévu à 7h AM. En passant près de la marina où FIÈRE ALLURE est en cale sèche, on aperçoit le capitaine Stéphane encore tout endormi qui nous fait une dernière fois ses salutations. Il s’est levé de bonne heure expressément pour nous saluer ! On lui envoie énergiquement la main à notre tour et cela nous fait un gros pincement au coeur. On espère que FIÈRE ALLURE sera remis à flot bientôt et qu’on reverra toute la belle famille des fière alluriens sous peu, mais on sait que tout peut arriver quand on subit des bris sur un voilier !

     

Le mouillage de Georgetown

On prend ensuite le chemin de l’inlet de Georgetown pour sortir en mer. Les conditions météos sont idéales aujourd’hui pour un petit un saut dans l’océan et on est bien content de naviguer. Le vent n’est pas encore de la partie, mais on fait du 8.5 noeuds de vitesse dans l’inlet à moteur grâce au courant de la marée descendante !

Arrivés en mer, on sort toute la « guenille » et on passe une très belle journée sans histoire.  On a un vent de 10-15 noeuds du S-SW avec des vagues du même sens de 4-6 pieds. Quoi de mieux ! Par contre, au début de la nuit, une houle de mer provenant d’E se forme qui nous pousse sur la hanche tribord. Le bateau roule fortement de gauche à droite à cause de tout ce méli-mélo.  Le mal de mer nous prend tout les deux et on se met à virer au vert. Vite, vite, on prend des Gravols et OP!, ça va un peu mieux ! Toutefois, pas capable de lire, d’écouter un film et encore moins dormir, car ça bouge trop. Celui qui est en quart de repos reste couché dans le carré (endroit le plus stable du bateau) en essayant de se tenir pour ne pas tomber par terre, et celui qui est dans son quart de travail reste dans le cockpit pour respirer à fond et regarder à l’horizon. C’est ainsi toute la nuit ! On essaie de prendre des caps différents et on tente d’autres ajustements de voile pour voir si le bateau se stabilisera, mais le cap qu’il faudrait prévilégier nous éloignerait vraiment trop de notre destination … On choisit donc d’endurer notre mal pour la nuit. Les conditions météos sont sables et il n’y a aucune situation de danger. C’est juste très inconfortable, alors on n’est pas inquiet. Étrangement, en se mettant en ciseaux vers la fin de la nuit, ça va mieux ! L’important, c’est d’essayer différentes choses quand le bateau devient inconfortable en mer. Changer le cap, changer l’allure, ajuster la vitesse, border ou choquer les voiles, naviguer voiles et moteur en tandem, etc… Toutes les idées sont bonnes, et si c’est vraiment impossible à tenir, alors il faut aussi penser à changer de destination, s’il le faut …

En mer, au crépuscule

On entre dans l’inlet de Beaufort en Caroline du nord le 02 mai à 14h. Le courant est fort et nous pousse, on est encore en forme, alors on décide de continuer dans l’intracostal parce que ces quelques milles de navigation de plus seront très payants. C’est ici à Beaufort qu’on repasse pour la première fois au même endroit dans l’Intracostal. Ça fait tout drôle et on se sent presque chez nous, même si on est à mi-chemin du Saguenay !!! Benoit et Catherine branlent dans le manche pour le mouillage de la nuit, car la fatigue se fait maintenant sentir. Ils voulaient aller à Oriental qui semble être LA ville qui respire la voile en Caroline du Nord, mais ce ne sera finalement pas possible. Le minuscule mouillage ne possède pas un bon fond pour ancrer dans un cold front. Benoit appelle les marinas avec son cellulaire qui affichent toutes complètes tellement il y a de bateaux. On va finalement au mouillage de South River, une branche de la Neuse River, où nous allons être bien protégé des forts vents qui sont annoncés pour cette nuit. Ce mouillage est par ailleurs assez monotone pour y être allé en descendant.

Après s’être ancré sur l’heure du souper, le décompte est fait : 205 milles nautiques de parcourus dont 180 en mer, 36 heures de navigation dont 32 en mer et une vitesse moyenne de 5.7 noeuds. Belle performance, non ?

03 mai 2008: Repos dans South River

Petite réflexion ce matin sur les résultats de mon installation du combinateur de batteries. Et bien, c’est incroyable !!! Aussitôt qu’on fait un peu de moteur, mes batteries se remplissent complètement. Avant, j’avais une charge d’environ trois ampères/heure, et maintenant, cela monte dans les 20 ampères/heure !!!  Aussi, les panneaux solaires fonctionnent de plus en plus avec l’augmentation des heures d’ensoleillement. MER ET MONDE est maintenant une vraie centrale électrique !!! J’aurais vraiment aimé que ce soit comme ça dans les Bahamas, mais le manque d’ensoleillement et le fait qu’on naviguait principalement à voile nous procurait moins d’énergie.

Aujourd’hui, c’est REPOS pour les deux équipages. On reçoit les SECRETS adultes seulement à souper. Les ados restent sur leur bateau pour écouter un film. C’est une soirée très spéciale, car on a jamais été seulement les quatres adultes ensemble pour une soirée. On en profite pour ce dire de belles choses intéressantes et touchantes. Nancy et Benoit sentent la fin de leur périple et partagent le bilan de leur voyage avec nous.

Eric nous prépare un bon dessert ce soir …

à la drill !

 

04 mai 2008 : Beau temps et nuage en enclume

On a le goût de prendre racine après avoir fait tant de route, mais il faut se bouger les fesses aujourd’hui … On lève donc l’ancre vers 10h AM. On a une belle journée chaude et ensoleillé aujourd’hui. Depuis qu’on a quitté les Bahamas, c’est la journée la plus chaude qu’on a eu.  On en profite donc pour se mettre de la bonne musique tout en naviguant dans le Palmico Sound et on baisse le dodger pour faire de l’air. Les bikinis « se font aller » aussi sur le pont des autres bateaux qu’on croise. Malheureusement, on passe devant le Shrimp Boat Dock de RE Mayo Co. sans s’arrêter, une petite usine où les pêcheurs viennent débarquer leurs prises. On y avait acheté des produits de la mer très très frais en descendant à un coût ridicule. Mais aujourd’hui, c’est dimanche et tous ses beaux pêcheurs sont en congé SNIF ! SNIF ! En fin d’après-midi, du gros temps nous guète. On surveille un immense nuage en forme d’enclume durant deux bonnes heures qui finit par passer devant nous sans se décharger. Depuis le milieu du voyage, on prend l’habitude de surveiller les orages à l’aide du radar qui nous permet de voir les systèmes jusqu’à huit milles nautiques de distance. C’est vraiment pratique de voir venir un système de mauvais temps à l’avance et ça nous permet de se préparer au pire. Il faut se pratiquer à utiliser le radar souvent pour apprendre à l’interpréter.

      

Le fameux shrimp boat dock : RE Mayo Co.                                              Un gros nuage en forme d’enclume se forme au-dessus du Palmico Sound

On apprendra plus tard que de violents orages et des tornades ont fait rage plus au sud de notre position en Caroline et en Géorgie. OUF ! On est bénit ! On ancre dans Slade Creek ce soir, un embranchement de la Pungo River,  après avoir parcouru 38 milles statuaires. On est invité à souper chez les SECRET dans la soirée.

05 mai 2008 : Journée orageuse dans la Pungo River

Ce matin, il ne fait vraiment pas beau. Il y a une pluie forte, des orages et le ciel est gris foncé. C’est tellement sombre que Catherine réussit à faire dodo jusqu’à 10h30 le matin sans se réveiller. Une grosse paresse !!! De mon côté, des pêcheurs qui ramassaient leurs cages à crabes à côté de MER ET MONDE m’ont réveillé vers 7h AM. Je lis toute la matinée tout en gardant un oeil sur le radar qui m’indique le mouvement des orages dans les environs.

On lève l’ancre à midi alors que les orages sont terminées. On va se ravitailler en chemin pour le diesel et l’eau dans Upper Dowry Creek où il y a une petite marina. C’est une petite journée de navigation aujourd’hui dans la Pungo River et on s’ancre avant le Happy Hour dans Pungo Creek. Benoit et Nancy viennent sur MER ET MONDE avec un beau plateau de moules fumées et de sardines avec moutarde de dijon. Hmmm..

MER ET MONDE a vraiment besoin d’un autre bon nettoyage !!!

Vers 18h, on voit arriver ALLÉGORIA, un couple dans la trentaine qu’on a rencontré à Goergetown (Exumas). On est bien content d’être dans le même mouillage et on prend de leurs nouvelles à la VHF. On compte bien se voir à Elisabeth City demain, en Virginie. Allez voir leur site internet qui est très intéressant, on y retrouve tous les vidéos de leur voyage: http://www.voilier-bahamas.com/.

06 mai 2008: Elizabeth City, la ville de l’hospitalité !

On se lève très tôt ce matin: 5h30 AM. Catherine m’aide à lever l’ancre et je la laisse aller se recoucher. Je suis seul à la barre jusqu’à 8h30 AM. C’est tout le temps une belle expérience de naviguer à l’aube et je prends plusieurs photos. J’assiste à un beau levé de soleil avec un léger brouillard qui donne un air mystérieux au canal de Pungo River-Alligator River. Pas d’alligators en vue cependant ce matin …

     

Eric prend de bons clichés de l’Intracostal au petit matin …                    … mais il faut se lever de bonne heure pour ça !

Catherine se lève reposée et prend la barre pour le reste de la journée, soit de 9h à 18h. On traverse deux grandes étendues d’eau: Alligator River et Albemarle Sound. Les conditions météo sont très favorables aujourd’hui pour naviguer sur le Albemarle. Ce sound, qui est peu profond, peut être moins gentil par vent de plus de 20 noeuds à cause de sa vague courte qui lève vite… À défaut d’avoir un « Chartplotter » comme la majorité des navigateurs, on apprécie vraiment beaucoup notre nouvelle façon de naviguer avec le portage attaché solidement sur la table de cuisine. Puisque celui qui barre est maintenant plus autonome, l’autre peut vaquer librement à ces occupations. C’est vraiment plus productif, on est moins fatigué et il y a moins de tension à la fin de la journée … On se rend compte maintenant à quel point la navigation nous brûlait inutilement de l’énergie avant qu’on adopte ce système. Aujourd’hui, on peut donc diminuer la vigilance et faire des petits travaux sur le bateau. Je fais même une grosse sieste une partie de l’après-midi et Catherine me laisse faire. Merci, ça fait du bien !!!

          

Comme c’est plaisant de barrer, une fois                      Voici le beau bateau d’ALLÉGORIA

bien installé !!!

 

On arrive à Elizabeth City en Virginie à 18h. Les 14 pontons municipaux sont très étroits, soit 11 pieds de largeur alors que notre bateau fait 10.5 pieds … On se faufille doucement et on amarre le bateau à quatre poteaux de bois. Le site est vraiment charmant. La ville d’Elisabeth City est reconnue pour son hospitalité, ET C’EST VRAI ! Les touristes sont reçu comme des rois, c’est presque surnaturel ! Les quais sont gratuits et sont à  notre disposition pour 48 heures. On peut se remplir à neuf d’eau potable gratuitement et celle-ci est très bonne à boire en passant. On met à notre disposition des gens qui nous aident à faire nos commissions en voiture. Ce soir, on nous attend au restaurant de la marina sous un chapiteau pour le 5 à 7. Des retraités appelés les « Rose Buddies » nous remettent une carte de la ville et donnent une rose aux femmes. Un vin-fromage est aussi servi pour tous, moyennant une petite contribution volontaire … Malheureusement pour nous, c’est presque terminé, mais on fait la connaissance de Joe Kramer, un retraité de la US Navy qui anime de façon très colorée la petite fête. On rencontre aussi d’autres équipages et on prend des nouvelles de l’équipage d’ALLÉGORIA. On finit par décider d’aller manger au restaurant dans le « downtown » avec VICTORIA’S SECRET et ALLÉGORIA, question de connaître un peu plus ces derniers.

      

Les pontons de Elisabeth City

          

On fait la connaissance de Joe Kramer, un                  Un souper au resto en bonne compagnie avec les SECRET et ALLÉGORIA

vrai personnage  qui nous accueille en grand !!!

 

En se branchant sur internet ce soir, on se rend compte que le compteur de visite du site internet de MER ET MONDE indique qu’on est rendu à 20 000 visiteurs. WOW !!! C’est vraiment extraordinaire !!! Alors, un petit mot en passant pour remercier tous nos lecteurs et lectrices qui rendent ce site possible en nous encourageant toujours plus à continuer d’écrire notre récit d’aventure ! Tenir un journal de bord au jour le jour avec photos à l’appui demande de nombreuses heures de travail et nos lecteurs sont notre récompense. Nombreux d’entre vous nous écriver de beaux commentaires et encouragements et on tient à vous remercier de votre grand intérêt pour notre site. On reçoit une trentaine de e-mails par semaine de notre « fan club » ! Notre objectif est non seulement de vous faire rêver, mais aussi de vous démontrer que c’est possible de réaliser ses projets les plus fous. OSEZ !!! ALLEZ-Y, FAITES LE GRAND SAUT !!!

07 mai 2008: Visite de Elizabeth City

Ce matin, on se rend compte que le petit port d’acceuil où nous sommes amarrés est le centre d’attraction du village. Les habitants viennent s’asseoir sur les bancs de parc, nous observent et viennent discuter avec nous. Même le maire vient nous dire bonjour et nous serrer la main !!! On apprend que les habitants de Elisabeth City ont très peur pour l’avenir de leur ville et celui du Dismal Swamp Canal. C’est pourquoi ils « mettent le paquet » pour attirer les touristes à prendre ce canal tout en séjournant à Elisabeth City au passage. Le Dismal Swamp Canal est un canal creusé à main d’hommes de 6 pieds de profond et de 22 milles de long juste au nord de la ville. Celui-ci servait autrefois à la circulation des navires commerciaux entre la Virginie et la Caroline du Nord. Aujourd’hui, il n’est ouvert qu’aux touristes puisqu’un autre canal plus profond et plus court situé plus à l’Est l’a remplacé: le Virginia Cut. Le très beau Dismal Swamp Canal, qui attire beaucoup de plaisanciers chaque année, coûte tout de même cher d’entretien avec ses deux écluses et menace de cesser ses activités…

Catherine et moi, on va marcher ce matin dans la ville, on va voir les bernaches dans un parc et on prend des photos.

      

Un beau cliché de Kate                                                                                   Les roses sont omniprésentes à Elisabeth City !                                             

      

Le petit port d’Elisabeth City                                                                        Des bernaches se laissent approcher par Catherine dans un parc

On va ensuite au très gros Museum of the Albemarle qui est fermé en majeure partie pour rénovation. Ce qu’on y voit est tout de même intéressant, surtout la boutique de souvenirs qui est très originale et bien documentée. On y achète un livre sur l’histoire des pirates de la côte Est des USA et des copies sous forme de parchemin de la déclaration d’indépendance, la constitution des Etats-Unis, la chartes des droits, etc… On y prend aussi de la belle documentaion gratuite sur l’histoire des Etats-Unis. Ensuite, on va diner au bateau, puis on va faire l’épicerie. Les gens sont très gentils ici. Au marché, ils insistent et insitent pour aller nous reconduire au bateau même si c’est tout près. On décline leur offre. On leur explique qu’on a vraiment besoin de se dégourdir les jambes quand on débarque à terre, mais ils ont l’air de nous trouver vraiment bizarre …

         

Le beau Museum of the Albemarle                                                                      Le type de barque qui était fabriqué sur mesure

                                                                                                                               pour naviguer sur le Albemarle Sound à l’époque

 

Une fois l’épicerie serrée, on va prendre une autre marche. On se laisse tenter par une crème glacée dans un Dairy Queen. On ne fait pas attention à la vitesse qu’on mange notre crème glacée et le cerveau nous gèle….

          

 Le cerveau nous gèle …                                                  … C’est trop bon !!!

À l’heure du Happy Hour, on est de retour au bateau. Un vieil homme a amené son perroquet dans le petit port et Catherine placote en anglais avec l’homme  … et le perroquet ! Ce soir, on va encore au 5 à 7 organisé par la ville sous le chapiteau avec ALLÉGORIA et VICTORIA’S SECRET. L’équipage d’OCÉANITE arrive juste au bon moment à Elisabeth City pour participer au 5 à 7 avec nous et on est bien content de les revoir.

     

Voici le nouvel ami de Catherine: Pickel !!!

08 mai 2008: Dodo à l’épaule dans le majestueux Dismal Swamp Canal

On large les amarres à 9h30 AM avec VICTORIA’S SECRET. On était bien ici et on est bien triste de quitter cette petite ville charmante. C’est notre nouvel ami Joe qui s’occupe aussi du Bascule Bridge !!! Il est omniprésent ce Joe dans la ville !!! Ce personnage est vraiment incroyable et mérite le détour ! On le salue avec un salut d’officier et il nous rend fièrement notre salut en souriant. Aurevoir Joe !

On doit d’abord naviguer pendant 18 milles dans la belle Pasquotank River, étroite et tortueuse, tout en serpentant à travers les obstacles. Puis, on entre dans le Dismal Swamp Canal après avoir passé une petite écluse. Quel paradis !!! On navigue en pleine nature. Le canal est très étroit et les hauts arbres bien fournis de chaque côté du rivage retombent au dessus du canal, formant ainsi une belle arche au-dessus de l’eau. On dirait qu’on prends une marche à pied dans un sentier en pleine forêt ! Qu’est-ce que ce doit être à l’automne !!!

      

On fait du « slalom » dans la belle Pasquotank River

Le Dismal Swamp Canal garantit 6 pieds d’eau de profondeur tout au long du canal avec la gestion de leurs deux écluses, mais cela n’inclut pas les troncs d’arbres et les branches …  On a donc quelques surprises et notre quille accroche une dizaine de fois le fond, mais sans conséquence facheuses. On grince des dents à chaque fois, mais c’est tellement beau ici qu’on passe l’éponge rapidement et on oublie ça. Malheureusement, il fait nuageux et pluvieux aujourd’hui et Catherine n’arrive pas à bien rendre la beauté du paysage sur photos.

Le Dismal Swamp Canal par temps pluvieux

On arrive au Dismal Swamp Canal Welcome Center à 15h après avoir fait 3 milles dans le canal, là où il y a un centre d’interpétation et un quai d’acceuil gratuit pour passer la nuit. Il y a huit bateaux et trois places à quai … Les plaisanciers ont tous en commun d’être très accueillants et sociables alors VICTORIA’S SECRET et nous, on s’amarre à l’épaule avec d’autres bateaux. Ça donne un beau paquet de bateaux à l’épaule étalée sur trois rangées, une belle commune mélangée: bateaux à voile et à moteur. Tout le monde fait connaissance et on échange sur nos histoires respectives. Avec VICTORIA’S SECRET, on débarque ensuite à terre pour aller voir le centre d’interprétation du Dismal Swamp Canal qui est situé l’autre bord de la rive. Pour s’y rendre, il faut passer sur un pont flottant pour les piétons assez spécial, fonctionnant à l’hydrolique et géré par une employée du parc. Le centre d’interprétation est court, mais intéressant. On y apprend que ce canal de 22 milles de longueur a été creusé uniquement à la pelle par des esclaves africains et a été complété en 1805. C’est quasiment gênant d’en profiter autant !!! C’est le plus vieux canal creusé par la main d’hommes aux Etats-Unis ! Nous sommes ici dans le Dismal Swamp State Park où sont aménagées de belles trails pour la randonnée pédestre et la bicyclette. On peut aussi pratiquer l’ornotologie, le canot et le kayak dans le canal.

La communauté de bateau du quai du Dismal Swamp Canal Welcome Center

On finit la soirée en prenant une belle marche en amoureux et en discutant du futur ensemble.

09 mai 2008: De retour dans la belle Chasepeake Bay !

Il fait un temps de canard ce matin. Très gris et orageux. C’est une vraie douche qui nous tombe dessous, on pourrait ce laver dehors ! On aurait aimé aller marcher dans les sentiers avant de partir, mais ça n’aurait pas été très agréable … On reprend donc à contre-coeur la route vers 9h30 AM avec nos amis SECRET, alors que la pluie devient plus bruine. Le Dismal Swamp Canal est calme et sa beauté nous hyptotise. L’eau est étonnament couleur café, paraît-il à cause des cocottes qui tombent dans le canal. On peut observer des oiseaux de toutes sortes et même des petites tortues qui se font sécher sur les branches d’arbres qui sortent de l’eau. Un héron s’envole devant le bateau et attérit 500 pieds plus loin. On le rejoint ensuite et il recommence son manège ainsi une dizaine de fois avant « d’allumer » et se percher sur une branche d’arbre pour être tranquille …

         

Matin pluvieux dans le Dismal Swamp !                      L’eau est couleur café, C’est assez impressionnant !

Le magnifique Dismal Swamp Canal

On arrive à la deuxième écluse, celle qui nous fait sortir du Dismal Swamp Canal. On est à l’avance sur l’horaire, alors on jette l’ancre devant l’écluse et on dine. On mange une bonne soupe minestrone que Catherine a fait ce matin. Quand il pleut, cela nous réchauffe le coeur et l’intérieur. Une fois l’écluse passée, on revoit Norfolk pour la seconde fois. On est arrivé dans la Chesapeake Bay enfin !!! Fini l’Intracostal, YOUPPI !!! Après les Bahamas, c’est ce plan d’eau que nous aimons le plus et on est bien content de s’y retrouver à nouveau ! Le temps se gâte et on choisit de se payer une marina afin de pouvoir profiter de cette belle ville de soir. Malheureusement, Catherine a oublié les trois pots restants sur le comptoir qui sont encore chaud et tout renverse sur le plancher avec les grosses vagues qui viennent de se lever. On n’a pas souvent parlé des nombreux dégâts qui nous sont arrivés, mais la bonne soupe minestrone, c’est le comble !!! Il faut vraiment penser en tout temps à tout arrimer et serrer quand on navigue et chaque oubli coûte cher !

      

Arrivé à Norfolk, le décor change quelque peu …                                         Voici comment le carénage d’un paquebot se fait !

La bonne soupe de Catherine: Chouuuuuuuuuuuu !!!

Une fois bien installé à la marina, on prend une bonne douche et on soupe au bateau. On décide d’aller ensuite au cinéma pour 19h avec VICTORIA’S SECRET pour voir le film Iron Man. Ça nous fait tout drôle d’être dans un centre d’achats en pleine ville. On regoutte à la vie civilisée de plus en plus. Par la suite, on va jaser dans un bar-bistro en face de la marina pour finir la soirée. De vrais jeunes qui sortent tard le soir !

10 mai 2008: Grand ménage et magasinage

Bien sûr, après être rentré tard, on se lève tard ! En cette fin de matinée, les capitaines refont une beauté à leur bateau. On avait hâte de nettoyer la grosse moustache jaune laissée sur la coque par les eaux de l’Intracostal. Les filles, quant à elles, se font plaisir en allant faire des achats de vêtements d’été dans les boutiques du gros centre d’achat d’hier. Ça, ça fait du bien !

On large les amarres à 14h et on met le cap sur Hampton qui est situé à 10 milles nautiques au nord de Norfolk. Une fois rendu au mouillage, on parle avec l’équipage d’OCÉANITE sur la radio qui nous apprend que les prévisions météos ont changé: du gros temps est prévu pour les prochains jours. On vérifie et effectivement, on annonce maintenant des rafales de vents de 40-50 noeuds pour au moins les deux prochains jours. On change bien sûr nos plans qui étaient de partir pour Deltaville demain matin et on décide de se réserver un quai à la marina municipale de Hampton et ce, pour la durée de la grosse dépression qui se dirige sur nous.

Repos pour le reste de la journée ! Il fait vraiment froid aujourd’hui. Impossible de sécher les vêtements dehors, alors on s’intalle un système dans le bateau, système « D » oblige !

     

Eric remonte un « crab pot » … … on veut savoir enfin comment ça marche. Voyez les crabes     Le séchage se fait au chauffage au diesel

bleus et un poisson dans la cage !                                                                                                     aujourd’hui …

 

11 mai 2008: Alerte aux TORNADES !!!

Le vent est toujours faible au moment où on lève l’ancre vers 10h. On va s’amarrer à la marina municipale de Hampton. On se fait acceuillir par les équipages d’OCÉANITE et COXILY. On se met à jour dans nos nouvelles et nos aventures jusqu’à l’heure du diner.

Les quatre équipages québécois à la marina municipale de Hampton

En milieu d’après-midi, on reçoit un e-mail de FIÈRE ALLURE nous avertissant qu’il y a des alertes de tornades en Carolines et en Virginie. On apprend aussi une mauvaise nouvelle: FIÈRE ALLURE ont décidé d’arrêter leur voyage à Goergetown en Caroline du Sud compte tenu des problèmes sur leur bateau qui se compliquent. Ils vont faire remorquer leur bateau au Québec pour effectuer les réparations à moindre coût. Nous sommes bien peiné pour eux et aussi parce que nous ne pourrons terminer le voyage en leur compagnie, mais heureusement ils ont l’air serin avec leur décision. Bonne fin de voyage FIÈRE ALLURE et à la prochaine !!! On vous aime fort fort !!!

On va donc consulter le site de NOAA et il y a effectivement beaucoup d’instabilité météo sur la côte Est du continent. On se met en veille sur le site et on surveille tous les développements. On reçoit les SECRET pour souper à 18h, tout en continuant à faire la veille sur le site de NOAA. La ville d’Hampton est maintenant en zone jaune (Tornado Watch) et il y a un avertissement d’inondation et de vents de force tempête dans la Cheasapeake bay, c’est-à dire 50 à 60 noeuds (jusqu’à 120 km/h). Il y a tout plein de couleurs sur l’écran et ça commence à être inquiétant ! On est bien content d’être amarré à une marina et d’être assez bien abrité par les buldings qui nous entourent. Un orage commence à faire rage, mais on estime que les vents ne dépassent pas les 30 noeuds ici. On a notre « plan de match » si la situation dégénère: on court s’abriter dans les salles de bains du bulding de la marina ! On fait des rafraichissements sur le site au 5 à 10 minutes. On voit se déplacer des zone rouges sur l’écran indiquant des Tornado Warning (avertissement de tornades imminentes) juste à l’ouest de Hampton, à quelques milles à peine de nous ! Les zones rouges descendent ensuite dans le secteur de Norfolk et de Elisabeth City. On devient alors inquiet pour nos amis MAYA X, KERGUELEN et ALLÉGORIA qui sont amarrés à Norfolk. Pas de réponse à la radio VHF …

Le site de NOAA nous permet de suivre le déplacement des tornades

À 20h, les alertes de tornades ne nous concernent plus. Alors, on relaxe et on part la musique. On se met à danser comme des fous toute la soirée pour chasser notre nervosité. Les enfants nous trouvent un peu trop frivoles ce soir, alors ils nous abandonnent et retournent à leur bateau. Sentant la fin de nos aventures avec les SECRET, on fait la fête comme on est capable de le faire sur MER ET MONDE. C’est un party mémorable, comme on faisait au début de notre voyage avec nos amis MIGO. Cette soirée nous donne l’impression d’avoir profité d’un super bon moment ensemble. On danse jusqu’à 2h du matin …

12 mai 2008: Lendemain de veille à Hampton !!!

Ce matin, il pleut et il fait très froid comme hier. Ce n’est pas du tout invitant de sortir des couvertes ! J’ai l’estomac à l’envers à cause de ma soirée d’hier et je reste « low profil » toute la journée. Catherine, Nancy et Benoit vont au cinéma Imax à 13h pour voir un film en 3D: Le Grand Canyon. Les chanceux ! Vers la fin de l’après-midi, je vais prendre une petite marche avec les autres vers le marché de fruits de mer de la place. On s’informe et on doit acheter en gros seulement. Chouuuu ! On aurait voulu manger des crabes bleus ! À cause des inondations à Hampton, il y a de l’eau au bord des rues qui longent la rivière et le niveau de l’eau monte au-dessus des quais sur pilotis. Nous, on est amarré à des quais flottants qui suivent le niveau de l’eau, alors on est correct.

On voit les inondations provoquées par la tempête d’hier au Seafood Market

Dans un hotel, on voit à la télévision les dégâts causés par le gros temps d’hier: inondations et tornades dévastatrices qui nous ont cependant épargnés. On est bénit !!! On tente d’appeller toute la journée nos amis qui sont à Norfolk sur la VHF, toujours pas de réponse … On continue de s’inquiéter ! Catherine et Nancy n’ont pas le goût de faire à souper ce soir, alors on commande de la pizza et on se réunit sur VICTORIA’S SECRET pour souper. On écoute, emmitoufflés tous ensemble dans des couvertes, des émissions de la série 24h Chrono saison 6.

13 mai 2008: Sushis et makis S.V.P. !

Ce matin, ce qu’on redoute depuis un certain temps nous tombe dessus: le capitaine de VICTORIA’S SECRET nous annonce que sa décision est prise. La famille SECRET termine leur voyage dimanche le 18 mai 08 à Deltaville ! Ça implique aussi que notre souhait de boucler notre portion de voyage en compagnie de VICTORIA’S SECRET à Washington est à l’eau, car le mauvais temps qui persiste ne nous permet pas d’avancer aussi vite que nécessaire. Il ne nous reste donc que quelques jours tous ensemble. On est vraiment triste et on a tous une boule dans la gorge. On n’a pas le goût de faire grand chose aujourd’hui et on tourne en rond.

On réussit enfin à parler avec MAYA X à la VHF ! Ils ont également tenté de nous rejoindre de leur côté sans succès. Tout va bien pour eux. Les tornades ont passé assez près de Norfolk et ils ont eu des vents jusqu’à 50 noeuds à leur quai pendant quelques temps. Ouf ! Ils ont été moins chanceux que nous, mais ils ont eu plus de peur que de mal. Tant mieux  ! 

On apprend par OCÉANITE que la troisième nuit à la marina est à moitié prix. On voulait aller dormir à l’ancre pour partir demain matin de bonne heure, mais là, on change nos plans et on reste à la marina pour une autre nuit. En après-midi, Catherine et Nancy vont se promener dans le « downtown » pour faire les boutiques et ramènent quelques souvenirs. Benoit, Laurence et moi allons prendre une marche dans les rues de la ville. On décide d’aller souper au resto avec VICTORIA’S SECRET et OCÉANITE. Certains murs dans les rues de la ville sont peinturés de scènes de rues et ça ajoute à la beauté du downtown. On va manger dans un resto Japonais, le meilleur de la région paraît-il ! On commande tout à la carte et on déguste de bons shushis et de bons makis. Nous passons une excellente soirée tous ensemble à rire et ça détend l’atmosphère …

   

Les jolies filles SECRET                                      À ne pas se méprendre !!!                                   Ce chien aime bien se faire gratter par Lolo !

    

Nos amis de l’équipage d’OCÉANITE                                                           Au menu: sushis et makis à la carte !

14 mai 2008: On est de passage à Deltaville

On large les amarres à 6h30 AM ce matin dans le but d’aller mouiller l’ancre à Deltaville ce soir. C’est aujourd’hui la fête à Laval d’OCÉANITE et à mon frère Patrick. BONNE FÊTE !!! En atteignant la Chesapeake Bay, il y a une belle et longue houle de 4 pieds de hauteur qui nous berce à cause de l’inlet qui n’est pas loin de notre position. On a l’impression de naviguer en plein océan ce matin et ça nous rappelle aussi que bientôt, nous ferons notre dernière sortie en mer du voyage pour se rendre à New York.  SNIF ! SNIF ! On en profite tant qu’on peut et la vague finit pas s’applatir à mesure qu’on remonte la baie. C’est une très belle journée sur l’eau aujourd’hui. Le vent est faible, mais ce n’est pas grave: il a fait soleil et chaud enfin !

     

Merci à la marina municipale de Hampton de nous avoir protégée !       Vue de la ville de Hampton à partir de l’eau

Arrivée à Deltaville, on va rejoindre Nancy et Benoit sur la rive pour aller chercher nos pièces au Deltaville Boatyard qui ont été commandées préalablement. Tout est là et en bonus, en bonne et dûforme ! On reçoit une invitation à un 5 à 7 de MAYA X qui viennent d’arriver dans le mouillage. On retrouve aussi KERGUELEN qu’on aime beaucoup. Cela fait du bien de les revoir. La dernière fois qu’on était rassemblé tous ensemble était à Georgetown, aux Bahamas. OCÉANITE est aussi de la partie et Laval souligne sa fête avec une de ses bonnes bouteilles de champagne qu’il partage avec tous les autres.

L’équipage de KERGUELEN: Lorraine et Guy

Pour finir la soirée, on invite Benoit et Nancy à venir jaser sur MER ET MONDE. Je crois qu’on profite de tout le temps qu’il nous reste ensemble. Puisqu’on est seulement mercredi et qu’il annonce du beau temps pour les prochains jours, ils décident finalement de poursuivre la route avec nous jusqu’à Solomons. Youppi !

15 mai 2008: On boucle la boucle à Solomons avec nos amis SECRET

On lève l’ancre à 7h AM et on se dirige avec VICTORIA’S SECRET, MAYA X et KERGUELEN à Solomons. Quelle belle coïncidence : c’est à cet endroit qu’on a rencontré les SECRET pour la première fois lors d’un 5 à 7 sur MIGO. On était cinq bateaux à l’épaule dans Mill Creek et ceux qui ont lu notre journal à l’automne 2007 se souviennent sûrement du chanteur de Flaminco qu’on avait eu la chance d’entendre ce soir là.

C’est une autre journée suberbe sur l’eau avec le soleil et la chaleur au rendez-vous. Encore une fois par contre, il manque de vent pour avancer à voiles. On arrive à Solomons à 17h. On voit beaucoup de couple de balbuzards (ou aigle-pêcheurs) avec leurs petits dans la creek, c’est superbe !

         

Un couple de balbuzards                                                La maman protège ses petits, gare à nous !!!

On va s’ancrer avec les SECRET exactement au même endroit qu’à l’automne passé pour être encore plus nostalgique. On amarre nos bateaux l’un à l’autre à l’épaule aussi pour pouvoir se coller et passer le plus de temps possible ensemble. On prend une petite bière tous ensemble. Après souper, on a le privilège d’entendre deux présentations orales: celles de Sarah-Maude et de Laurence. Elles ont à produire chacune une présentation aux élèves à leur retour en classe dans quelques jours et elles le pratique pour la première fois avec nous. C’est fascinant de connaître leur perception de leur voyage et d’entendre ce qu’elles en ont retenu. Ensuite, on procède à l’échange de cartes. On a écrit Catherine et moi chacun des cartes à chaque membre d’équipage de VICTORIA’S SECRET. Ils ont fait de même et on s’échange de beaux mots pendant une bonne heure. Beaucoup de larmes coulent et on se sert beaucoup dans nos bras. Tous ça nous aide à boucler la boucle et à faire notre séparation en douceur d’avec de si bons amis. Nous avons voyagé  8 mois ensemble et nous avons partagé la vie de famille avec eux presque 24/24 hrs. Des liens inébranlables se sont tissés entre nous. Comme ils nous l’ont si bien dit :

                                                      

 16 mai 2008: Journée de travaux à Solomons

Hier soir, on a dû se détacher de VICTORIA’S SECRET et aller à l’ancre à cause de rafales de vents du N qui se sont levées à l’heure du coucher. Au matin, on va se recoller sur leur bateau et on se fait inviter à un déjeuner de rois. Ensuite, Benoit et moi, on entâme des travaux sur nos bateaux. De mon côté, je change l’huile à moteur et à transmission. Je change aussi le préfiltre et le filtre diesel. Je resserts mon presse-étoupe et je vérifie et ajuste le niveau d’électrolytes dans mes batteries. Je change aussi une pièce sur le moteur où une fuite de diesel impossible à colmater me donne de la misère depuis au moins deux mois. Une fois tout ces travaux effectués, je fais rouler le moteur une bonne demi-heure pour m’assurer que tout va bien. Tout est beau et je peux maintenant aller aider Benoit de son côté. J’entreprends de changer un « seal » sur sa pompe d’eau de mer qui coule. Je l’a défait et m’aperçoit que toutes les pièces de rechange qu’il a acheté à Deltaville ne font pas. On est dans le trouble … Benoit appelle ici à Solomons et ils n’ont pas les pièces. Par contre, ils ont une pompe complète. C’est quatre fois plus cher, mais Benoit n’a pas le choix. Je prends donc mon dinghy et vais chercher la pompe, pendant que lui ouvre son plancher de cockpit pour changer les « ball joints » de son gouvernail.  Je reviens avec la pompe neuve. Il m’apprend qu’il n’a pas les bonnes pièces non plus pour la réparation du gouvernail. Ça va bien … Mais c’est moins grave pour cette partie, car la réparation temporaire qu’on a fait ensemble il y a quelques semaines est solide et peut rester comme ça pour l’instant. On pose la pompe d’eau de mer neuve et on teste le moteur. Tout est beau ! Les travaux sur VICTORIA’S SECRET sont aussi terminés.

On prend une bonne bière et on soupe tous ensemble. On se sent comme dans « la dernière scène » où Jésus prend son dernier repas avec ses disciples avant de se faire arrêter le lendemain … Nous, on soupe ensemble pour la dernière fois du voyage et on sait qu’on se reverra assurément, mais ce ne sera jamais plus pareil … On est tous triste. Il vente 25 noeuds du nord ce soir et on est très bien protégé des vents ici. MAYA X, qui a chassé dans son mouillage à Broad Creek, vient s’ancrer avec nous dans Mill Creek. Christian et Caro viennent prendre le dessert sur VICTORIA’S SECRET avec nous et dire aurevoir au SECRET. Ensuite, on embrasse très fort les SECRET pour une dernière fois avant de ce détâcher de leur bateau et d’aller s’ancrer pour la nuit. C’est LA vraie séparation cette fois-ci, car on se lève très tôt demain pour aller à Annapolis avec MAYA X et KERGUELEN.

17 mai 2008: Au revoir, nos amis les SECRET !!!

On lève l’ancre à 6h30 ce matin. On va faire le tour de VICTORIA’S SECRET dans le mouillage. SURPRISE  !!! Ils ont mis le cadran et se sont levés pour nous saluer une dernière fois sur le pont de leur bateau ! C’est un moment difficile …

En arrivant dans la Chesapeake, il y a un vent de 20 noeuds du SW bien établit avec des rafales à 25 noeuds. On prend tout de suite deux ris dans la grand-voile et deux dans le génois. On a un 4-5 pieds de vague. Je commence à devenir apathique et à ne pas vouloir avaler quelque chose. Je commence aussi à virer au vert. Comme d’habitude, Catherine s’aperçoit de mes symptômes typiques du mal de mer bien avant moi et me force à avaler deux gravols. Comme d’habitude, je résiste un peu, mais constate après quelques temps qu’effectivement, je n’irai pas loin comme ça si je m’obstine. Tandis que Catherine prend la barre, je prends les pilules et vais me coucher une bonne heure sur un banc du cockpit. Après cette sieste, ça va beaucoup mieux. Le vent diminue dans l’après-midi et on enlève les ris dans les voiles. Toute la journée, on a des grosses rafales de vent qui nous oblige à ajuster souvent les voiles. Il est difficile de garder une vitesse constante. On fait donc rouler le moteur la majorité du temps pour pallier au manque de vent entre les rafales.

On est samedi aujourd’hui et on arrive à Annapolis au même moment où il y a des courses de voiliers et de dériveurs. Il y a plus de cent bateaux partout autour de nous qui sont toutes voiles dehors et certains ont sorti leur spi malgré les grosses rafales de vent. Les bateaux se croisent de près et gîtent au maximum. On se rappelle de l’adrénaline que peut procurer la course à voile et on est excité pour eux … Il faut se faufiler entre les bateaux en faisant quelques « tacs » pour ne pas nuire aux courses. Les dériveurs nous rattrapent facilement et filent à toute allure devant nous. C’est vraiment de toute beauté !!! On avait jamais vu autant de bateau en même temps sur un plan d’eau. La ville d’Annapolis se vante d’être la capitale mondiale de la voile et on a pas de misère à le croire en voyant ce beau spectacle se dérouler devant nos yeux !

     

De belles courses nous émerveille à Annapolis                                           On se fait même dépasser !

On trouve notre mouillage vers 17h à Weems Creek où l’on peut s’attacher à un gros mooring de la US NAVY. C’est gratuit et on est sujet à se faire déplacer seulement s’il y a une tempête ou un ouragan. À ce moment, la NAVY attacherait ses bateaux à ces mooring. Le désavantage est qu’on est situé à un mille du « downtown » d’Annapolis et il faut avoir le goût de marcher. Notre intention est de rester ici plusieurs jours et de visiter Washington, alors on recherche un mouillage sécuritaire à peu de frais. MAYA X et KERGUELEN sont ancrés pour leur part dans Spa Creek, mais on se garde en contact par VHF.

Le soir, on fait des recherches sur internet pour préparer notre visite de Washington. On sent tout drôle d’être seul après avoir passé tellement de mois avec nos amis SECRET. On les cherche partout et on tourne en rond …

18 mai 2008: Visite de la capitale de la voile: Annapolis !

Aujourd’hui, on a comme objectifs d’aller voir le « downtown » d’Annapolis et d’organiser notre visite à Washington pour les prochains jours. On donne rendez-vous à Christian et Caro de MAYA X au « Visitor Center » d’Annapolis. On y apprend tout ce qu’il y a faire à Annapolis. Aussi, on y trouve les informations sur le meilleur moyen de transport pour aller à Washington et revenir coucher au bateau le soir. EURÉKA !, il y a un autobus voyageur qui fait la navette entre Annapolis et Washington pour 8.50$ par jour (aller-retour pour une personne). INCROYABLE !!! Ce qu’il faut aussi savoir est qu’à Washington, toutes les attractions touristiques et les musées sont gratuits, gracieuseté du président Bush !!! Pour les repas, il y a peu de restaurants à Washington même, alors on amènera notre lunch et nos collations. On est super content. Ça fait vraiment des vacances pas cher du tout !!! Comme Catherine le dit toujours:

 

Ensuite, on se trouve avec MAYA X un bon petit resto sympatique où l’on y mange la spécialité du coin : des « Crab Cakes ». C’est de la chaire de crabes bleus assaisonnée, aplatie comme une boulette de steak haché et cuite sur le grill. Très très bon ! On placote longtemps avec Caro et Christian et on se met à jour dans nos aventures. Il pleut à boire debout malheureusement et la visite d’Annapolis par la suite est sommaire … On marche dans les charmantes rues d’Annapolis avec nos parapluies et on rentre dans quelques boutiques. Tout respire la voile et la mer ici et cette ville est magnifique ! On s’en retourne en fin d’après-midi à Weems Creek tout en passant par l’épicerie. OUPS, on est dimanche et plusieurs commerces ferment à 16h. Ce sera pour une autre fois.

          

Un magasin de vêtements et accessoires                       Il y a de coquettes maison à Annapolis !

pour la US Navy Academy

 

19-21 et 23 mai 2008: Trois jours de visite à Washington DC

JOUR 1 (19 MAI 08)

Aujourd’hui, c’est notre première journée de visite à Washington. On se lève à 5h45 AM et on quitte le bateau 45 minutes plus tard avec notre lunch, nos imperméables et l’appareil photo. Il fait un froid de canard, pas plus de 10° C … On va se chercher un café dans un dépanneur avant de prendre l’autobus de 7h20 AM. Un arrêt plus loin, c’est Caroline et Christian de Maya X qui embarquent dans l’autobus pour passer la journée avec nous.

Une heure plus tard, on débarque de l’autobus en plein coeur de Washington. Pour bien débuter notre exploration, on entreprend la visite du Washington Monument, un obélisque haut de 555 pieds dont la construction a été complétée en 1876. La ville de Washington porte le nom du premier président des États-Unis, Georges Washington, et ce monument lui est dédié. Il symbolise la liberté dont jouie tous les américains depuis la déclaration d’indépendance en 1776. On accède au sommet de la tour par ascenseur comme le font 1 million de visiteurs chaque année. À 500 pieds de haut, on a une superbe vision sur 360° de Washington qui nous donne un aperçu de ce que l’on pourra visiter au cours des prochains jours.

          

Le Washington Monument, haut de 555 pieds …         Il vente fort comme en témoigne les 50 drapeaux américains qui

                                                                                           flacottent fièrement !

 

          

La White House                                                                 Le nord de Washington

          

Le Lincoln Memorial et sa Reflecting pool                  L’ouest de Washington

         

Le Jefferson Memorial                                                    Le sud de Washington

          

Le US Capitol et The Mall                                            L’Est de Washington

Puis, on décide d’aller visiter un premier musée aujourd’hui parmi une vingtaine proposée à Washington. On choisit celui de l’Holocaust Memorial Museum pour les bons commentaires qu’on a reçu sur celui-ci de d’autres voyageurs. Le musée est l’Institution nationale américaine consacrée à l’étude et à l’interprétation de l’histoire de l’Holocauste et à la commémoration des millions d’individus qui ont été assassinés pendant cet événement. On y présente une exposition permanente de trois étages sur la persécution et la destruction des juifs européens organisées par l’Allemangne nazie entre 1933 et 1945. Les juifs en sont les principales victimes avec six millions de morts, mais d’autres victimes telles des personnes handicapées, des homosexuels, des sujets de recherche et des dissidents politiques ont subis la tyrannie nazie. Le musée possède une documentation impressionnante avec des photographies, des films et des témoignages véridiques. On y comprend bien l’ascension d’Hitler et toute sa folie. On parle de la vie de juifs célèbres comme Albert Einstein et Sigmund Freud. Avis aux coeurs sensibles: l’exposition est aménagée d’une telle façon qu’on a l’impression d’être nous-même un prisonnier, avançant en groupe dans un couloir étroit qui descend droit en l’enfer … Pour notre part, ce musée nous boulverse au plus au point et on est loin d’être indifférent à tout ces drames d’horreur. Émotif, on a de la difficulté à aller jusqu’au bout la visite parce qu’on a la larme à l’oeil. Ce qu’on en retient est qu’heureusement, les conséquences de l’Holocauste ne sont pas que négatives puisqu’elles ont soulevées de bonnes questions éthiques et morales et ont données lieu à des notions telles que le génocide, les crimes contre l’humanité, les droits et libertés de l’être humain ou le consentement libre et éclairé …  

Jimmy Carter, le 39 ième président des États-Unis en 1979 a écrit ceci à propos de l’Holocauste:

 » OUT OF OUR MEMORY … OF THE HOLOCAUST WE MUST FORGE AN UNSHAKABLE OAT WITH ALL CIVILISED PEOPLE THAT NEVER AGAIN WILL THE WORLD STAND SILENT, NEVER AGAIN WILL THE WORLD … FAIL TO ACT IN TIME TO PREVENT THIS TERRIBLE CRIME OF GENOCIDE … WE MUST HARNESS THE OUTRAGE OF OUR OWN MEMORIES TO STAMP OUT OPPRESSION WHEREVER IT EXISTS. WE MUST UNDERSTAND THAT HUMAIN RIGHTS AND HUMAN DIGNITY ARE INDIVISIBLE. « 

      

Le vibran Holocaust Memorial Museum qui nous marque pour la vie !        Petit pic-nic à Washington avec nos amis Caro et Christian de

                                                                                                                             Maya X

 

Ensuite, on va prendre une marche pour s’aérer l’esprit dans le parc du World War II Memorial. Celui-ci commémore les 16 millions d’américains qui ont servi à la deuxième guerre mondiale. Pour sa part, le Freedom Wall est un mur qui expose 4 000 étoiles en or commémorant les 400 000 personnes décédées lors de cette deuxième guerre mondiale et où il est écrit:  » HERE WE MARK THE PRICE OF FREEDOM « . Aussi, lorsqu’on passe devant le mur du Vietnam Veterans Memorial, on peut y lire les noms d’environ 50 000 américains décédés ou portés disparus dans la guerre du Vietnam en ordre chronologique. Des fleurs fraîches et des petits mots sont déposés ici et là, le long du mur.                           

Ensuite, on se dirige vers le Lincoln Memorial où un temple de style néoclassique avec 36 colonnes est érigé en l’honneur d’Abraham Lincoln, le président qui a dédié sa vie pour la liberté de son pays et la libération des esclaves. Pour s’y rendre, il faut marcher le long de la Reflecting Pool, un bassin dont l’eau réflète le Lincoln Memorial et le Washington Memorial par jour de beau temps. C’est ici, paraît-il, un des sites les plus inspirants pour les américains. C’est sur le seuil de la statue de Lincoln que l’on peut lire une gravure en l’honneur de Martin Luther King où est écrit sa déclaration la plus inspirante:  » I HAVE A DREAM  » !

               

Vue du Lincoln Memorial à partir de sa                      Le National WWII Memorial

Reflecting Pool                                                               

 

                

Eric pose devant le mur du Vietnam Veterans             Le Freedom Wall expose 4 000 étoiles en or

Memorial                                                                         

 

         

La statue du président Abraham Lincoln                Le monument en mémoire d’Abraham Lincoln: le Lincoln Memorial        

Pour boucler notre journée chargée: direction White House. Malheureusement, on ne peut avoir accès à une visite interieure. Pour cela, il aurait fallu faire une demande écrite au moins six mois à l’avance aux membres du congrès en acceptant de se faire enquêter … Au moins, on peut la voir d’assez proche de l’extérieur. Tout en s’approchant, on se rend bien compte du grand périmètre de sécurité autour de la maison blanche et de la présence policière en grand nombre avec leurs mitraillettes à l’épaule. À un moment donné, on voit un cortège d’autos noires très bien gardé sortir de l’entrée de la maison blanche, donc il y a de bonnes chance pour que le président Bush y était …

      

Poser devant la facade avant de la White House …                                    … c’est excitant et impressionnant !!!

              

Le First Division Monument règne sur le terrain               Un beau bulding situé à l’est de la White House

présidentiel

 

Enfin, on se dirige à notre arrêt pour prendre notre autobus. On y embarque vers 17h pour reposer nos pieds qui brûlent ! On fait nos adieux à MAYA X qui quitte Annapolis demain. Un autre aurevoir à de bons amis, comme c’est déchirant toutes ses séparations à faire ! Le coeur nous déchire encore une fois !

On arrive à Annapolis vers les 18h30 et on fait une petite épicerie avant de se rendre au bateau. On achète du grouper et des grosses crevettes en souvenir des Bahamas. Hmmm ….

JOUR 2 (21 MAI 08)

Debout de bonne heure, on prend l’autobus à 7h20 AM comme l’autre matin. Aussitôt arrivé à Washington, on se dirige vers le US Capitol. Il faut faire la file pour obtenir des billets gratuits qui nous assignent une heure de visite. Il est interdit d’avoir de la nourriture et des breuvages pour cette visite. On est bien embêté, car notre sac est plein de provisions pour la journée. Par chance, on reçoit nos billets pour 12:15.

Notre première activité de la journée est la Library of Congress ou the Jefferson Building. La bibliothèque était installée au commencement dans le US Capitol, mais suite à un feu qui l’a détruit en 1814, Thomas Jefferson offris sa grande collection personnelle en remplacement puisqu’il croyait en l’importance de l’accès à la connaissance pour tous. En 1897, la bibliothèque déménageait dans une nouvelle bâtisse de style renaissance italienne qui est celle d’aujourd’hui. Cette merveilleuse bibliothèque, avec ses 130 millions de livres, est accessible à tous les américains. On peut y voir le premier livre imprimé: la Gutenberg Bible. La collection personnelle des livres de Thomas Jefferson y est aussi exposée dans une salle noire pour aider à la conservation des livres.  On voit aussi à travers une vitre la célèbre et superbe Main Reading Room avec son dôme haut de 160 pieds qui n’est pas accessible aux touristes pour préserver le calme … Pour ceux connaissant l’attirance et l’attrait de Catherine pour toutes les sortes de livres, ça l’a fait complètement « capoter » de pouvoir voir cette superbe bibliothèque et toutes ses salles de lecture. Une visite à ne pas manquer, car c’est le plus beau bâtiment de tout Washington avec toutes ses peintures et ses sculptures !!!

       

Vue intérieure de la Library of Congress à partir du grand hall               Un style architectural de la renaissance italienne

d’entrée

 

         

La Mosaic of Minerva à l’entrée de la salle                  La collection personnelle de livres de Thomas Jefferson offerte à la                 

principale de lecture                                                      Library of Congress

 

En sortant, on s’attaque à notre diner et on essaie de manger et boire tout ce qu’on a. Impossible ! Il faut jeter tout le reste. Catherine avait lu qu’on pouvait demander des billets spéciaux pour assister aux scéances du sénat et de la chambre des représentants. Elle aperçoit le kiosque en question et on présente nos passeports. Ils nous disent que c’est notre jour de chance, car ils en donnent très peu aujourd’hui ! Surtout que la visite du Capitol sera restreinte en raison d’une réception importante qui se déroule aujourd’hui même en ses lieux. La visite du US Capitol avec guide et écouteurs se déroule en 45 minutes et la guide nous balance plein d’informations qu’on n’a pas le temps d’assimiler. Il y a tellement de monde dans le US Capitol qu’on ne peut même pas s’arrêter de marcher. On trouve tout de même intéressant de voir The Old Senate Chamber, l’ancienne chambre de la Court suprême occupée jusqu’en 1859.

Le US Capitol, qui est situé exactement au centre de la ville de Washington, est un des plus grand symbole de la démocratie dans le monde. Son architecture néoclassique réflète les principes démocratiques de l’ancienne Grèce et Rome. Le congrès des États-Unis est le centre du processus législatif depuis deux cent ans où l’on y vote les lois et les règlements. Il y a deux organisations: le sénat avec ses deux sénateurs élus par état et la chambre des représentants chez qui les réprésentants sont eux aussi élus, mais en proportion de la population dans chaque état. Il y autour de 100 sénateurs et plus de 420 représentants au Congrès. Dans les deux salles, on assiste pendant une bonne heure à leurs sessions tout en étant témoin de leurs activités. Il faut voir ça une fois dans sa vie !

         

Le US Capitol, symbole de la démocratie …                                                       … avec son architechture néoclassique qui rappelle l’ancienne Grèce

                                                                                                                               et Rome

 

              

The Dome et The Rotunda du US Capitol                            The Old Senate Chamber, occupée jusqu’en 1859

Pour finir la journée en beauté, on se dirige à 15h30 au National Air and Space Museum, un des musées les plus visité à Washington. Ce musée est gigantesque et est le plus documenté sur tout ce qui concerne l’aviation et la navigation dans l’espace. On y retrouve aussi des informations sur les sciences en générale et la météorologie. Une exposition est dédiée à Albert Einstein. On n’explore que le quart du musée jusqu’à sa fermeture à 17h30 et on a la tête pleine !

On prend l’autobus de 17h45 et on arrive au bateau à 19h. La journée a été très bien remplit et on est content, mais complètement vidé. On choisit de prendre une journée de congé demain pour refaire une autre grosse journée vendredi.

JOUR 3 (23 MAI 08)

C’est repartit pour une autre grosse journée. Pour commencer la journée, on se rend au quartier général du FBI qui a juridiction pour les crimes fédéraux. Les guides indiquent qu’il est possible de faire un tour guidé et de voir différentes techniques d’enquêtes en laboratoire. Malheureusement pour nous, on nous apprend que le bâtiment est fermé aux touristes depuis peu. On est bien déçu et on prend une photo devant une auto du FBI pour se contenter.

Le FBI Bulding et une de leur auto patrouille

On change notre fusil d’épaule et on se dirige au White House Visitor Center qui est tout près. À défaut de visiter l’intérieur de la fameuse White House, on va voir l’exposition qui parle de l’histoire de ce bâtiment et de chacune de ses chambres luxueuses qui sont décorées avec goût (the Blue Room, the Red Room, the China Room, the State Dining Room, the Oval Office, etc …). On peut aussi y voir des objets et des robes de soirée ayant appartenues aux Premières Dames. Tous les présidents des États-Unis ont gouverné et logé dans la White House, sauf le premier, Georges Washington, car c’est lui qui a choisi le site du bâtiment et qui l’a fait construire. 1600 Pennsylvania Avenue est l’adresse la plus connue des États-Unis et elle symbolise le pouvoir exécutif de grands hommes d’états !

   

Department of Justice                                        Façade du White House Visitor Center              Le Old Post Office

Ensuite, on s’en va en direction des National Archives, un bâtiment qui gère et conserve plusieurs millions de documents, de photos et de films historiques. On y valorise l’accès à la connaissance pour tous. La rotonde des National Archives contient les documents les plus précieux du pays: c’est là qu’on peut voir la fameuse Declaration of Independance approuvée et signée en 1776 par les treizes colonies de l’époque pour que les américains se séparent du pouvoir britannique et deviennent ainsi libres. Après avoir tenté en vain de négocier l’Angleterre, l’obstination du roi à ne pas vouloir évoluer et changer pousse les treizes colonies à dorénavent vouloir décider pour eux-même. Bien sûr, l’Angleterre ne se laisse pas faire et en résulte plus tard une guerre … On peut voir aussi le célèbre document The Constitution of United State. En 1787, le nouveau gourvernement américain redéfinit son pays avec ces valeurs et ses règles en un document de quatre pages signé que l’on peut observer sous l’oeil attentif de deux gardiens de sécurité. En addition à ses amendements, The Bill of Right est signé en 1791 pour ajouter à la Consitution des compléments en ce qui  concerne les droits individuels comme la liberté d’expression et de religion. Par ailleurs, en se déclarant un nouveau pays ayant comme principale valeure la liberté, les États-Unis font face à un problème interne de taille: l’esclavage … Sous la gouverne d’Abraham Lincoln, le pays se trouve divisé concernant cette question et une guerre civile éclate en 1861. Cette guerre est la plus sanglante de toute l’histoire des États-Unis avec ses 636 000 morts, comprenant la fameuse bataille de Gettysburg. Abraham Lincoln fait tout pour libérer les esclaves, promouvoir la liberté pour tous et garder le pays uni, et il réussi !

Voici la déclaration la plus célèbre de Lincoln concernant la démocratie:  » THE GOVERNMENT OF THE PEOPLE, BY THE PEOPLE, FOR THE PEOPLE, SHALL NOT PERISH FROM THE EARTH  »

Après toutes ses visites, on arrive à mieux comprendre les américains à travers leur histoire et leurs valeurs qui ont fondés les États-Unis d’amérique. Le message qui est envoyé constamment aux américains est clair: liberté et démocratie !

         

 » The heritage of the past is the seed that                 L’impressionnante facade des US National Archives

brings for the harvest of the future « 

 

       

La rotonde des National Archives contient les documents les plus            Deux gardiens surveillent Eric regardant les quatres pages de la

précieux des US                                                                                                 Constitution des États-Unis 

 

 

Paysage de la ville de Washington: des buldings, que des buldings …

Apès le diner, on s’en va au National Museum of Natural History. On y présente des artéfacts  de toutes les cultures et des milliers d’espèces provenant de la terre et de la mer.  On y observe tous les animaux de la planète, des dinosaures, des fossiles ou des coquillages. Il y a aussi des sections sur les hommes des cavernes, les pharahons, les indiens et autres peuples du passé. Vraiment intéressant et ont se rempli les yeux !

          

L’ancêtre de Eric: un Mammouth !!!                                Le National Museum of Natural History est très intéressant !

On termine notre journée vers 19h00 complètement exténué. Il y a encore beaucoup à voir à Washington, mais on décide que notre visite est terminée puisque nous sommes très rassasiés par la quantité d’information que l’on a absorbé durant ses trois jours complet de visite. On décide pour les prochains jours de se reposer et d’attendre notre fenêtre météo pour se diriger vers New York comme prochaine destination d’exploration.

À voir aussi à Washington: Le Bureau of Engraving and Printing, le Jefferson Memorial, le Arlington National Cemetery et le Pentagon (pas de visite autorisées).

27 mai 2008: On file à toute allure à Ready Island

Enfin, c’est un départ ce matin à 4h AM pour la Delaware Bay !!! On calcule notre route pour arriver dans le C&D Canal de l’état du Delaware avec deux-trois noeuds de courant qui nous pousse. On navigue cependant un bout à la noirceur dans la Chesapeake Bay et ce n’est finalement pas une très bonne idée: bateaux de pêche, « crabpots », installations diverses de pêche qui ne sont pas indiquées sur les cartes, etc…. On se tortille à travers tout ça jusqu’à ce que la clareté fasse son apparition et nous permette d’avancer en toute tranquilité.

Le reste de la navigation se déroule à merveille et on arrive à l’entrée du C&D Canal au bon moment. Le courant est à son plus fort et on file à 8-9 noeuds pendant tous les 15 milles du Canal. On se serait cru dans le Gulf Stream tellement ça allait vite !

Le GPS fonctionne à plein régime aujourd’hui : 9 noeuds de vitesse !!!

On s’ancre vers 16h au mouillage de Ready Island. 80 milles nautiques en 12 heures, c’est pas si mal ! Nous qui pensions être les derniers québécois à rentrer, on a la compagnie des équipages de MANOUCHE et LAZY JACK qui viennent s’ancrer près de nous une heure plus tard. Vers 21h, un orage nous menace et passe tout près de nous en nous frôlant. On ne subit que de la pluie forte. Mais vers minuit, le vent se lève et la vague aussi … Il y a deux noeuds de courant au mouillage. Avec ce vent contre courant, ça devient rapidement intenable. Le bateau se débat dans tous les sens et gîte. On devient trop proche d’un autre bateau. Pas moyen de dormir du reste de la nuit !!! Finalement, ce n’est qu’un mouillage de beau temps ici !

28 mai 2008: Prochaine étape: Cap May

À cinq heures du matin, on se fait un café fort et on s’habille. Ça sert à rien, impossible de dormir dans cette machine à laver ! Les yeux petits, on lève l’ancre vers 6h AM comme le prévoyait nos calculs de courant pour aller à Cap May, dans le New Jersey. En 24 heures, c’est le troisième état qu’on fait ! Dès qu’on commence à naviguer, le bateau est déjà plus confortable. Le courant nous pousse et on a un vent arrière de 25 noeuds. Que demander de plus !Durant le plus fort du courant vers 10h AM, on fait des pointes jusqu’à 10 noeuds de vitesse ! MANOUCHE et LAZY JACK nous suivent un peu derrière. Aussi, on reçoit un appel à la VHF au cours de la journée: MER ET MONDE, ici OCÉANITE, où êtes-vous ??? La belle surprise ! On se donne rendez-vous à Cap May, car c’est là qu’ils vont passer la nuit eux aussi.

On arrive dans le canal de Cap May vers 13h. LAZY JACK, qui est toujours derrière nous, s’échout en rentrant. Ils nous expliquent à la radio VHF qu’ils ont un problème de GPS avec leur « Chartplotter » et ils ont besoin de notre aide pour se positionner adéquatement. On leur propose de nous suivre de près derrière, ce qu’ils font en nous remerciant. On va se ravitailler en arrivant à Cap May en diesel en eau avant de sombrer dans un sommeil profond  de 15h à 18h30 …

29-30 mai 2008: 24 heures de navigation océanique en direction de New York City

Les prévisions météorologiques nous annoncent une belle fenêtre météo aujourd’hui pour une traversée océanique de 24 heures avec New York comme destination. Alors, sans hésitation, on lève l’ancre à 11h AM et on prend la mer ! Nous sommes en compagnie d’OCÉANITE et de LAZY JACK aujourd’hui. On a bien dormi et on se sent en pleine forme pour cette dernière sortie sur l’océan de notre voyage. Catherine a le coeur serré, elle qui a vraiment appris à apprivoiser et aimer l’océan et sa longue houle. On se sent un peu nostalgique, car on voudrait que ça ne se termine jamais !!!

Un vent du sud se lève à midi. On éteint le moteur et on file à toute allure avec un vent au portant. Vers 14h, le vent forcit à 15 noeuds et vire au SO. La vague se lève rapidement aussi, car même à trois milles des côtes, le fond est peu profond dans ce secteur. On s’éloigne donc de la côte et on continue à s’adapter à la force du vent qui monte jusqu’à 25 noeuds en prenant des ris à mesure qu’il forcit. Notre HUNTER 31 est bien équilibré et se comporte à merveille dans la houle. En pleine mer pour la dernière fois du voyage, en surfant dans cette vague impressionnante de 8 pieds venant de l’arrière, on est littéralement aux anges. On met même notre musique préférée pendant quelques heures pour faire de cette dernière sortie en mer, un moment magique …

     

     

     

        

En soirée, on regarde le très beau coucher de soleil en amoureux, et tel que prédit, Éole finit pas se calmer. La vague s’aplatie tranquillement jusqu’à minuit où à ce moment, on doit repartir le moteur pour le reste de la traversée. On a une magnifique nuit froide et étoilée.

          

On arrive à l’inlet de New York à 7h AM avec le contre-courant à son plus fort. Notre vitesse durant les dernières 20 heures a été plus rapide que prévu. On va donc s’ancrer derrière la pointe de Sandy Hook pour attendre la renverse de courant qui doit se produire à midi. On est sur le point de s’endormir quand on se fait réveiller soudainement par la garde cotière américaine qui vient nous vérifier. On aurait bien voulu qu’il nous laisse le temps d’arriver et dormir un peu plus, mais bon … On lève l’ancre vers 11h30 pour se diriger à la marina municipale de New York City avec l’intention de s’y prendre un mooring. On navigue pendant presque quatre heures dans le port de New York et cette fois-ci, on est très à l’aise avec tout ce traffic puisqu’on est déjà passé par ici. Il y a de l’activité dans l’air et on est fébrile. À nous NYC, encore une fois !!!

     

Le port de New York City

31 mai 2008: Escapade à New York avec LAZY JACK

On annonce de forts vents et des orages pour cette après-midi. On hésite à aller à terre. Finalement, vers 10h AM, on se décide à débarquer. On rencontre l’équipage de LAZY JACK qu’on connaît peu. On décide de faire une exploration de la ville et de diner ensemble dans le « downtown ». Au passage, on entre dans le plus gros magasin du monde, le MACY’S, qui occupe tout un bloc et qui possède 13 étages !!! Ensuite, on marche jusqu’à Times Square. C’est toujours impressionnant de revoir ce quartier illuminé ! On voudrait bien rester en ville, mais on préfère revenir au bateau avant la fin de l’après-midi en raison de la mauvaise météo annoncée. On marche dans Central Park au passage pour le plaisir de se balader en pleine forêt. On fait une petite épicerie au marché Fairway pour le souper. Ça prend un temps fou à se décider tellement il y a du choix, de la variété et plein de produits qu’on ne connait pas ! On fini par acheter un succulent repas de poulet prêt à manger avec des crevettes marinées et des brioches comme dessert. Hummm… Tout ce qui se mange à New York est tout simplement époustouflant !

À partir de 19h, on entend des alertes météos sur le 16 VHF. On va voir le site météo de NOAA et, en effet, il y a des alertes d’orages violents et de tornades (Tornado Watch et Tornado Warning) pour le secteur de New York prévu pour 20h ! Je valide les images radar sur le site web et il semble qu’on n’y échappera pas cette fois-ci. J’avise les équipages québécois qu’on connaît alors que le temps se couvre de façon très inquiétante. Et, à environ 5 milles de notre position, le mauvais temps se désintègre … On reçoit une gentille petite averse qui ne dure que quelques minutes … Non mais, je crois qu’on doit faire une bonne vie !!!

      

Ligne d’orages et de tornades à New York                                                   Image radar des conditions météorologiques du 31 mai 08 en soirée

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Avril 2008

par le 30 Avr, 2008, catégorie 04-Avril 2008

01 Avril 2008: Poisson d’avril !!!

Étant le premier avril aujourd’hui, il faut bien jouer un poisson d’avril à quelque’un ! Catherine choisit Nancy comme cible. Elle lui demande par VHF de prendre les mesures de son four sans lui expliquer pourquoi. Nancy prend donc plusieurs mesures du four avec un gallon à mesurer: longueur, largeur, hauteur, de travers, etc … Est-ce que tu as un thermomètre ? Ton four chauffe jusqu’à combien ?, etc … Quand Nancy se met à soupsonner qu’on se paie sa tête, ça devient très drôle car elle en remet aussi ! Finalement, Catherine lui dit qu’elle ne pense pas que son gros poisson va tout rentrer dans son four !!! Hi  ! Hi ! Très drôle !

Vers 15h, on quitte Hope Town avec nos amis SECRET à marée haute après être passé au quai de service pour du diesel et de l’eau. On touche un peu le fond avec notre quille au quai de service. C’est chose courante pour nous on dirait ! On se dirige à Man O’ War Cay, une autre île des Abaco qui est à une heure de voile. On s’amarre à des moorings, car l’ancrage n’est pas bon ici non plus. Benoit débarque à terre en arrivant. Son génois se découd à la prise d’écoute et il y a, paraît-il, un magasin où il pourrait le faire réparer. Et oui, ça marche pour lui ! Quelle chance ! Catherine débarque ensuite toute seule pour aller fouiner et marcher sur la plage qui est assez ordinaire. Elle fait une première reconnaissance des lieux et paie pour la location du mooring avant de revenir au bateau à 18h30. On soupe sur VICTORIA’S SECRET ce soir, mais ce n’est pas du poisson au menu …

02 Avril 2008: Visite de l’île de Man O’ War

Ce matin, Catherine et moi on s’occupe d’une chose qu’il fallait faire depuis bien longtemps: finaliser la pose de notre troisième ris dans la grand-voile. On s’était fait coudre un troisième ris avant de partir en voyage, mais on n’avait pas encore arrangé le cordage pour le rendre fonctionnel. Un ris supplémentaire dans la grand-voile est nécessaire sur notre Hunter 31 puisqu’à vingt noeuds de vent, il faut déjà ariser au deuxième ris. À 30 noeuds de vent, on se retrouve souvent trop voilé et le bateau devient trop gîté et mal équilibré. On condamne donc enfin le cordage du premier ris pour l’utiliser pour le troisième ris. Et voilà ! En moins d’une heure, c’est fait ! Nous serons prêt à prendre un coup de vent si cela nous arrive !

En après-midi, on va visiter avec les SECRET le village de Man O’ War. On marche dans les rues étroites qui sont conçues pour les golf cars. Les 200 habitants de ce village sont principalement des blancs, descendants de Loyalistes et constructeurs de bateau. Il y a beaucoup d’ateliers et d’installations pour travailler les bateaux ici. On y voit aussi beaucoup de chiens et chats se promener en liberté ici qui se laissent approcher facilement. Il y a des églises un peu partout aussi et les habitants sont très conservateurs: pas d’alcool et on nous avise dans les guides de ne pas se montrer en costumes de bain … On fait rapidement le tour du village, car on se rend bien compte qu’il n’y a pas d’attraction ici pour les touristes.

         

Les filles SECRET s’amusent à essayer du linge         Un joli chat fait la sieste dans des paniers tressés

dans une boutique

 

       

On voit dans un magasin de sacs de toile une         Un arbre de coton. Il y a déjà eu beaucoup de plantations de coton

étoile de mer à quatre branches: très rare !             aux Bahamas

 

On appareille à marée haute vers 15h pour aller passer la nuit à Marsh Harbour. On fait de la belle voile accompagné de deux dauphins qui nous tiennent compagnie pendant un bout. Arrivé à Marsh Harbour, on est impressionné de voir autant de bateaux dans cette baie bien protégée et où la tenue de l’ancre est très bonne. On se sent en sécurité. Cet endroit nous fait penser à Georgetown dans les Exumas.

03 Avril 2008: Journée de corvées à Marsh Harbour

Marsh Harbour est la plus grosse ville des Abaco. C’est le meilleur endroit pour faire des achats de toutes sortes. Je vais reconduire Catherine à la buandrie d’une marina vers 10h AM en dinghy. Elle y passe les deux heures suivantes à lire sur le bord de la piscine creusée. Pendant ce temps, je vais faire remplir mon réservoir de propane et ensuite, je fais le tour des magasins de marine pour trouver le combinateur de batterie qu’il me manque. Il n’y en a pas et apparement, je n’en trouverai pas aux Abaco. Je fais quelques guichets automatiques pour avoir de l’argent US, mais il n’y a pas moyen de s’en procurer par guichet. Enfin, le reste de mes commissions me permet de me procurer du vin, un micro pour le Karaoké, un cable USB et une pièce pour ma flotte de pompe de cale. Je vais chercher Catherine pour midi.

Après avoir grignoté un morceau, on fait un ménage du bateau. En fin d’après-midi, on redébarque à terre ensemble pour cette fois-ci faire l’épicerie et aller chercher la bonbone de propane. L’épicerie est vraiment la plus grosse et la moins chère qu’on ait vu depuis notre arrivée aux Bahamas. On en profite pour se renflouer en denrées de toutes sortes tout en salivant de bonheur !!! Une fois l’approvisionnement terminé, on se félicite de notre journée productive.

On reçoit à souper et à coucher Laurence SECRET. On l’invite pour passer un peu de temps seul avec elle. Laurence a un penchant végétarien, alors Catherine prépare un spaghetti aux légumes frais avec ail, huile d’olive et parmesan frais. Une recette gastronomique qu’on a adopté de nos amis de SOLUNA. On jase ensemble toute la soirée et on savoure comme dessert un bon pain aux bahanes et pépites de chocolat fait maison par Kate. Hummmmmmmmmm…

04 Avril 2008: Planning de notre traversée aux USA

On se lève ce matin avec Laurence à bord. Elle fait ses devoirs sur MER ET MONDE II ce matin et travaille sur une composition en français. Elle doit écrire une dizaine de pages sur le récit de son voyage et ensuite monter une présentation pour son groupe à son retour en classe en juin. Catherine discute de sa composition avec elle. Pendant ce temps, je confectionne un déjeuner végétarien: omelette aux légumes avec un soupçon de sirop d’érable. Je ne cuisine pas très souvent, mais pour les déjeuners, je suis partant. Catherine dit que c’est moi qui fait les meilleurs !

On devait partir aujourd’hui, mais les femmes ont le goût de faire les boutiques de Marsh Harbour (les quasi dernières des Bahamas). Je branle un petit peu dans le manche, mais on fini par décider de rester pour un autre 24 heures.

Toutes les filles partent vers 11h à terre. Benoit vient sur MER ET MONDE pour discuter de navigation. On sort les cartes et les guides et on élabore des scénarios de navigation pour notre grande traversée vers les USA qui se fera d’ici environ deux semaines. On vérifie les inlets, les caps, le millage, la trajectoire du Gulf Stream et la force de son courant, les ports d’entrée aux USA pour passer les douanes, etc… Notre rêve serait de partir de Great Sale Cay aux Bahamas et de parcourir 500 milles nautiques pour atterrir à Beaufort en Caroline du Nord, le tout en s’aidant du Gulf Stream. Il faut calculer au minimum quatre jours de navigation jour et nuit. Cela pourrait nous éviter bien du millage dans l’intracostal et nous permettrait d’avoir plus de temps à paresser dans la superbe Chesapeake Bay. Comme nous avons besoin d’une très belle fenêtre météo pour cela, on reste réaliste et d’autres scénarios sont envisagés comme Cap Canaveral (Floride), Savannah (Géorgie) ou Charleston (Caroline du Sud), etc. C’est Dame Nature qui va décider de notre parcours au bout du compte !!!

          

Un pêcheur arrange des Queen Conchs à un              Le bateau des pêcheurs est rempli de Queen Conchs. Mais où les

kisoque sur le bord de la rue                                        trouvent-elles ??? Leurs secrets ne nous sont pas légués …

 

À 15h, je reçois un appel sur la VHF de Catherine. Elles sont en train de commander à un casse-croute. Benoit et moi, on proteste, car on veut aller les rejoindre. Alors, on prend tout de suite nos dinghy, pendant que les filles commandent aussi pour nous. Les dinghys déjaugent et on arrive en même temps que le repas. Le « timing » est bon et on dine tous ensemble sur des tables de pique-nique.

       

Une belle grappe de graines de palmier                                                         Les amoureux en fin d’après-midi à Marsh Harbour

En revenant de notre escapade, opération changement d’huile moteur. Il n’est pas dû, mais avec la traversée en mer qui s’en vient, je dépasserais le nombre d’heures permis. Alors dans ce cas, je choisis de dorloter notre moteur et de changer l’huile d’avance.

05 Avril 2008: La plage de Great Guana Cay

Cette nuit, j’ai eu un flash ! J’ai besoin d’acheter un autre réservoir de diesel pour la traversée ! Si on manque de vent, notre autonomie à moteur sera insuffisante pour faire tout le trajet. Un autre cinq gallons me donnera 10 heures de plus d’autonomie à moteur.

Je vais donc acheter un réservoir et le remplir avant de partir du mouillage de Marsh Harbour. On lève l’ancre vers 11h AM pour aller en direction de Great Guana Cay, une autre île à découvrir ! VICTORIA’S SECRET pendant ce temps fait un détour à Man O’ War pour aller chercher sa voile qu’il a fait réparer. Un vent arrière nous permet de faire de la belle voile en ciseaux à 7 noeuds de vitesse. En cours de route, le vent forcit et une grosse rafale de vent nous fait faire une auloffée (le bateau veut brusquement revenir dans le lit du vent). Très charmant quand les voiles sont en ciseaux, qu’un tangon tient le génois et qu’un arrêt de bôme est fixé pour garder la grand-voile en position … Je choque immédiatement l’écoute de génois tout en priant que rien n’arrache. Le tangon se ramasse à la verticale, toujours fixé au génois, mais tient le coup. La rafale passée, on repositionne le bateau en vent arrière et on reprend notre souffle. Ensuite, on sert le tangon et on enroule le génois pour finir le trajet avec la grand-voile seulement. Enfin, on prend le temps d’ajuster aussi comme il faut le troisième ris qu’on avait installé à Man O’ War, car c’est plus facile quand la grand-voile est bien ouverte.

À mi-chemin de notre parcours, on est témoin d’un phénomène assez hallucinant sur l’eau. Partout autour de nous, le fond est comme ligné. Il y a des grandes barres noires et des grandes barres d’eau turquoises en alternance. Le profondimètre, lui, ne sait plus où donner de la tête et nous indique toutes sortes de données impossibles. On y va de plusieurs hypothèses, dont la possibilité que ce soit de gros bateaux comme les bateaux-poste ou les mini cargos qui font lever le gazon du fond sur leur trajectoire. Mystère !!! En tout cas, c’est beau à voir.

      

Un phénomène mystérieux sur la route nous menant à Great Guana Cay sur 360 degré !!!

Arrivé au mouillage de Great Guana Cay, on tente de s’ancrer à deux reprises parmis les autres bateaux qui sont à mooring. Plusieurs observent notre manège de leur cockpit et ont hâte de voir si on va y arriver … Rien à faire, ça glisse tout simplement dans ce fond herbeux. OK, OK, on se prend un mooring libre. Et nos voisins pourront aussi dormir tranquille … Il est assez difficlie d’ancrer ici aux Abaco et ça fini par coûter cher tous ces moorings (15-20$ par nuit)…

En milieu d’après-midi, on descend à terre avec VICTORIA’S SECRET pour aller fouiner et visiter cette petite île. On va du côté océan où il y a une superbe plage blanche qui s’étend sur plusieurs milles et qui est assez propre. C’est la première belle plage que l’on voit depuis notre arrivée aux Abaco. Mais pour les coquillages, on repassera, on en trouve pas ici. On se dirige au populaire resto-bar chez Nipper’s dont la terrasse donne une belle vue sur la plage et l’océan. Une piscine d’eau salée à deux niveaux est à la disposition des clients. Il fait très chaud et pour notre part, on décide d’aller se baigner dans l’océan, question d’en profiter pour une des dernière fois de notre voyage aux Bahamas. On fait tous du « body surfing » dans les vagues et on en profite pour se laver ensuite au savon à vaisselle Joy dans l’eau salée. Les clients de chez Nipper’s qui nous observent du haut de la terrasse se demandent bien ce que font cette bande de joyeux lurons …

      

La trèsssssss belle plage de Great Guana Cay qui s’étend sur                  Un immense mooring est échoué sur la plage

plusieurs milles

 

      

Sur l’attrayante terrasse du resto-bar chez Nipper’s                                  Un peu de body surfing pour se rafraîchir !

06 Avril 2008: Un grain et deux échouages pour MER ET MONDE II

Déjà, on quitte Great Guana Cay ce matin pour une autre île qui nous rapproche de notre destination finale: Treasure Cay. Paraît-il que cette île s’appelle comme cela parce qu’un bateau espagnol aurait coulé en 1595 avec ses trésors et 17 gallions d’or. Ils n’auraient pas tous été retrouvés à ce jour …

Peu après notre départ, un gros grain s’abat sur nous avec des vents du nord de plus de 30 noeuds, quelques éclairs, une pluie à l’horizontale et une visibilité nulle. On avait jamais vécu un aussi gros grain en voyage à date. Je positionne le bateau nez au vent pour qu’il reste manoeuvrable. On s’approche par contre dangereusement d’un haut-fond. Et OP !, on s’échoue alors qu’on était supposé avoir encore 10 pieds d’eau sous la quille ici ! Mais le bateau demeure nez au vent, alors on laisse passer le plus gros du grain ainsi.

On s’engage enfin dans le chenal peu profond de Treasure cay un peu plus tard qu’on l’aurais espéré à cause du grain. Ce qui fait qu’on est proche de la marée basse. C’est juste pour la quille, mais le bateau réussi à se faufiler sans toucher le fond. On explore la zone de mouillage et on s’avance vers un secteur qui nous semble être tranquille. La carte indique sept pieds d’eau à cet endroit à marée basse. Malheureusement, on s’échoue encore, mais cette fois-ci, solide ! La marée est descendante et presque à marée basse en plus … Il doit y avoir seulement quatre pieds sous la quille. J’essaie toutes mes techniques pour nous sortir de là avec le moteur, mais on ne réussit à avancer que de quelques pieds seulement. Plus on gigotte, plus on s’enfonce … On demande à VICTORIA’S SECRET de venir sonder la profondeur autour du bateau avec le profondimètre portatif. Le temps qu’ils arrivent, je pense à ouvrir le génois. BINGO !!! On est repartit. Avec quelques degrés de gîte, cela à fonctionné !

On s’ancre finalement dans ce beau mouillage au travers des autres bateaux à l’ancre ou à moorings cette fois-ci. Catherine me dit tout le temps:  » S’il n’y a pas de bateau dans un secteur, c’est qu’il faut ce poser des questions « . Moi, mon réflexe est de dire: « Regarde le beau coin tranquille là-bas, on serait bien » … Non, non, non. C’est pas bon ! On l’avait pourtant appris ce concept dès le Lac Champlain. Mais nous, on aime les beaux mouillages tranquille. C’est là qu’il nous arrive des petits faits cocasses, mais rien de grave.

Il ne fait vraiment pas beau, on vient de vivre un grain et deux échouages. On reste donc tranquille le reste de l’après midi. Sieste, lecture, etc … En fin de journée, on vérifie ce qui nous reste comme vivres dans les recoins du bateau et on commence à faire du rangement en vue de notre grande traversée. On découvre à chaque fois des petites surprises. Aussi, on se rend compte qu’il y a plein de tortues vertes dans le mouillage ici, longues d’environ deux pieds. On voit des petites têtes curieuses sortir de l’eau,  nous regarder, et replonger aussitôt. Elles sont très timides ces tortues. Il faut être là au bon moment pour en voir et pas moyen d’en capturer une en photo !

07 Avril 2008: La superbe plage de Treasure Cay

Catherine et moi, on fait des petites choses le matin dans le bateau. Catherine étudie tout ce qui concerne le Whale Cay Passage. Pour aller plus au nord-ouest des Bahamas et retourner aux USA, on doit traverser ce petit cut en mer qui a très mauvaise réputation. Celui-ci est sujet à des « rage » (grosses vagues désordonnées et vagues déferlantes) et ce, même par beau temps. Les guides nous renseignent peu sur les conditions météo à prévilégier pour le passage si ce n’est que de ne surtout pas s’aventurer avec une houle de mer du NE. Les guides conseillent comme meilleure approche d’écouter le « Abaco Cruising net » de Marsh Harbour au VHF 68 qui discute de ce passage à tous les matins. Les bateaux qui traversent un des différents cut des Abaco appellent pour qualifier l’état de la mer lors de leur passage et ça permet aux autres de prendre des décisions éclairées. On sera donc en mode attente à Treasure Cay jusqu’à ce que les conditions nous permettent de passer de l’autre côté des Abaco. Je fais de mon côté des recherches sur internet. J’en profite, car le lien internet est bon ici. Je me concentre sur les données météo au large des USA. Je revisite les sites web de notre descente vers les Bahamas. Je m’organise aussi pour pouvoir écouter demain matin le Réseau du capitaine en direct par leur site web à 7h AM.

En après-midi, j’amène ma douce ce promener à terre pour visiter un peu Treasure Cay. On va mettre nos pieds dans le sable blanc immaculé de la plage de Treasure cay de l’autre côté de l’île qui donne sur le Little Bahamas Bank. Elle est vraiment magnifique cette plage, qualifiée d’une des plus belle au monde dans le guide d’Ulysse. À marée basse, la plage s’étend sur un ou deux kilomètres avant de rencontrer les eaux turquoises peu profondes, typiques des Bahamas. Il y a peu de coquillage, mais beaucoup de Sand Dollars un peu partout. On y flane un moment pour ensuite aller marcher sur la rue principale qui est résidentielle. On note que chaque maison possède un nom qui lui donne du même coup une identité comme par exemple: Dolphin ou Dream Catcher. Quelle bonne idée !!! On s’aperçoit vite que cette île est la plus riche que l’on ait vue à date avec de très grosses résidences luxueuses sur le bord de l’eau qui valent plusieurs millions et qui ont comme propriétaires des descendants loyalistes ou des américains. Les beaux jardins sont aussi entretenus par des employés bahamiens de couleur noire qui y travaillent toute la journée. Les Abaco sont les seules îles où l’on voit encore quelques vestiges de l’époque de l’esclavage et on trouve ça un peu dérangeant … C’est un choc culturel !

      

La belle plage de Treasure Cay. Des kilomètres de sable blanc !               De somptueuses résidences et leurs jardins !

On se dépêche à revenir au bateau en fin de journée, car le ciel se couvre sérieusement, mais il n’y a finalement pas de pluie. On fait de la lecture dans le cockpit en prenant des nachos et une bière à deux pour le Happy Hour. On essaie de diminuer …

08 Avril 2008: Promenade avec DEMIE-PORTION

Un cold front est annoncé, ce qui implique qu’on va rester encore quelques jours ici avec ces vents du nord. Je décide de mieux me réancrer, car il y a beaucoup de bateaux au mouillage, dont certains à mooring. Il faut surveiller et voir à ne pas trop s’approcher les uns des autres. Quand le vent vire de 360 degré en deux jours tel qu’annoncé, je mets deux ancres dans ce temps-là. Je les mets à 90 degrés l’une de l’autre en prévision du vent à venir et quand la dernière que j’ai mis commence à servir, je prends l’autre qui ne sert plus et vais la porter à 90 degrés plus loin, et ainsi de suite. De cette façon, MER ET MONDE ne cause pas de soucis aux autres équipages alentour. Et ça fait un bel exercice une fois par jour …

En après-midi, Catherine et moi on part en exploration sur l’eau avec le dinghy pour faire une visite des différents canaux. Benoit et Sarah-Maude de VICTORIA’S SECRET nous accompagne. On y observe encore plein de belles maison avec leur quais et leur bateau de luxe dans leur cour arrière.

Promenade en dinghy avec les SECRET

On va marcher encore un peu sur la belle plage d’hier. On se promène un bon deux heures comme ça avant que DEMIE-PORTION montre un problème avec son moteur hors-bord et étouffe. Je devrai nettoyer à nouveau le carburateur.

      

Quelques trésors de la mer : des Sand Dollar vivants …                             … et une étoile de mer !

09 Avril 2008: Carénage de MER ET MONDE II

Ce matin, je me lève avec une envie soudaine de faire une beauté à MER ET MONDE. Je m’attaque d’abord à la moustache, c’est-à-dire les taches jaunes sur la coque laissées par des dépôts dans l’eau. Puis, je nettoie tout le reste du franc-bord (oeuvres mortes ou parties non immergées de la coque) y compris la poupe qui devient souvent très sale à cause de la sortie d’échappement du moteur qui est à l’arrière. Ça me prend une bonne heure, mais MER ET MONDE reluit à nouveau.

Benoit vient me visiter à la nage avec son équipement de plongée. Lui, il vient de faire le carénage de sa coque qui lui a pris un bon trois heures. Le carénage est le nettoyage et la remise en état des oeuvres vives ou parties immergées du bateau. De mon côté, j’avais planifié faire une inspection visuelle, mais je ne pensais pas avoir à faire un gros carénage. Benoit plonge dans l’eau et m’annonce que nous avons nous aussi plein d’algues et de coquillages sur notre carène. La dernière fois que j’avais fait mon inspection il y a un mois, tout était parfait. Cela s’est donc développé au cours du dernier mois.

Je mets donc mon wet-suit de même que masque-palmes-tuba et je vais constater par moi-même. En effet, MER ET MONDE a besoin d’un bon coup de brosse et de grattoir sur les oeuvres vives !!! Catherine vient me rejoindre après avoir mis son équipement, car ça s’annonce une bonne job. Les algues décollent très bien et assez facilement avec une brosse vu le bon anti-fouling qu’on avait appliqué en juin dernier, mais brosser une carène alors que le bateau est à l’eau, c’est quand même érintant. Il faut retenir son souffle et revenir à la surface à tous les 30-45 secondes … Catherine pendant ce temps s’occupe de frotter la ligne de flottaison et gratte les « Barnycles » qui sont collés dans les passes-coques en se tenant après une poignée à suces, le visage à demi immergé dans l’eau. Elle peut respirer avec son tuba. Moi, je gratte les coquillages qui ont poussé sur le coupe-orain, sur le coeur de l’hélice, sur l’arbre d’hélice et sur la roulette qui me donne la vitesse du bateau. Le nettoyage dure environ deux heures et demi. Ensuite, on inspecte partout pour voir si tout fonctionne bien. Tout semble correct. Les deux anodes posées dans les Exuma sont encore en bonne condition et pourront faire le reste du voyage.  On a maintenant une carène propre et en ordre comme à notre départ !!! Ça va aussi améliorer à coup sûr la vitesse de notre bateau. Ouf, quelle journée. Je ne me rappelle pas avoir autant travaillé depuis des mois. Il faut savoir qu’il fallait profiter de l’eau cristalline des Bahamas, car en Géorgie et dans les Carolines, l’eau est brune opaque et il y a des alligators dans l’eau …

Le soir, il y a un joyeux 5 à 7 sur VICTORIA’S SECRET pour fêter l’arrivée de FIÈRE ALLURE qui ont décidé de venir rejoindre notre groupe. C’est une bonne nouvelle et on est très content !!! Nous faisons aussi la connaissance de l’équipage de SEMPER VIVENS qui voyageait avec FIÈRE ALLURE et qui viennent d’Halifax. Ils sont très intéressants, car ils ont une expérience de navigation depuis toujours, ils sont presque nés sur un bateau. En revenant sur MER ET MONDE, DEMIE-PORTION a encore un problème de moteur et étouffe. On fini le trajet à la rame. Je ne peux plus remettre le nettoyage du carburateur….

10 Avril 2008: Tour de golf car à Treasure Cay

Ce matin, opération nettoyage de carburateur du hors-bord. Ensuite, je m’attaque à la fuite de diesel du moteur du bateau. Le bobo, c’est une vis qui fuit avec laquelle je saigne le circuit. Les filets de la vis sont « strippés ». Je la fais sécher en vue de la sceller demain avec du gasket liquide à diesel. Je vais saigner le circuit par un autre endroit en attendant. Une fois rendu aux USA, je pourrai remplacer cette pièce défectueuse.

SEMPER VIVENS partent déjà ce matin, ils poussent car ils doivent rentrer tôt à Halifax et naviguerons par l’océan. Nous n’aurons donc pas la chance de les connaître mieux.

Vers 13h30, on débarque à terre avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE pour aller louer deux golf cars pour 24 heures. On est 10 personnes, donc 5 sur chacun. Ils sont électriques et silencieux. Ça ne va vraiment pas vite, mais c’est amusant pour tout le monde de se promener. On fait toutes les rues de l’île de Treasure Cay.

      

Tous le monde est prêt …                                                                                … pour une promenade en golf car !!!

              

Éric est notre chauffeur du jour !                                                                  Attention, passage de golf cars !!!

On laisse les golf cars sur le bord de la belle plage et on débarque pour aller marcher dans le sable. Les filles se baignent toutes, tandis que les gars placotent ensemble, l’eau jusqu’aux genoux tous en regardant le beau spectacle aux alentours.

      

Toute la flotille fait un arrêt à la magnifique plage de Treasure             Un complexe résidentiel dévasté par un ouragan

Cay pour se rafraîchir

 

Sur le chemin du retour, Catherine voit une très belle maison et veut débarquer du golf car pour la photographier. Elle demande à Nancy qui conduit de ralentir. En débarquant, Catherine est surprise par la vitesse du golf car qui n’est pas tout à fait arrêté, ses pieds s’emmêlent et elle se met à rouler dans la rue alphaltée comme un chat. La caméra, elle, est protégée par ses bras. Pas de casse, à peine une égratinure sur le genou ! Tous le monde reste bête au débout, puis ça finit en éclats de rire … Elle prend finalement sa photo, satisfaite !

      

Dolphin, la maison préférée de Catherine. Elle serait prêt à tout            Sur le chemin du retour à l’heure du souper. Il y a une fin à tout !

pour prendre une photo !!!

 

En revenant, c’est déjà l’heure du souper. Le restaurant de la marina organise le jeudi une soirée pizza et c’est justement jeudi aujourd’hui !!! On se commande donc chacun une pizza-frites avec une bonne bière froide. Un groupe chante de la musique bahamienne au bar et on se croit tous en vacances dans un club med !

11 Avril 2008: On frappe des balles !

Ce matin, on s’habille selon l’étiquette du parfait golfeur: casquette, souliers fermés et bas, t-shirt avec col,  jupe pour Catherine et bermudas longs pour Eric. C’est qu’on va frapper quelques balles au club de golf de Treasure en s’y rendant avec les golf cars. Catherine et moi, on est de la partie avec Benoit de VICTORIA’S SECRET et Mylène de FIÈRE ALLURE. On va d’abord manger une brioche fraiche du jour et un bon café avant d’aller chercher nos paniers de balles. Pour Catherine, elle n’avait jamais frappé de balles, et pour ma part, ça faisait très longtemps que je n’avais pas touché à ça. Les balles et le gazon partent dans tous les sens pendant une bonne heure. On aime bien notre l’expérience, mais Catherine et moi, on croit qu’on va en rester là… On va se promener ensuite jusqu’à l’heure du diner en golf car, histoire de se faire du vent pour se rafraichir puisqu’il fait vraiment très chaud. Aujourd’hui, c’est au tour à Catherine de conduire avec Mylène comme passagère, tandis que l’autre véhicule est conduit par les gars. des heures de plaisir encore !!!

On vérifie les prévisions météo par internet et il annonce une belle fenêtre météo pour le Whale Cay Passage demain. Youppi ! Dans l’après-midi, c’est donc opération ravitaillement : eau, diesel et épicerie. Je finalise la réparation de la fuite diesel, je saigne le circuit et je teste le moteur ensuite. Ça semble être bon ! On fini la journée avec un Happy Hour sur Fière Allure.

12 Avril 2008: Le Whale Cay Passage

Ce matin, on bouge ! On quitte enfin Treasure Cay pour aller à Green Turtle Cay. Pour ce, il faut sortir en mer et traverser le fameux Whale Cay Passage pour revenir ensuite sur le Little Bahamas Bank qui nous donne accès aux îles plus au nord ouest des Abaco. On lève l’ancre confiant: selon le « Abaco Cruising net » de Marsh Harbour, les cuts sont cotés 5/5 ce matin. Il y a un léger vent du SE et une houle de mer de 3-4 pieds venant du NE, mais trèsss longue, soit aux 12 secondes. On fait de la voile un bont bout, puis on part le moteur à l’entrée du Whale Cay Passage pour avoir plus de manoeuvre. Arrivé dans le passage, la vague que nous recevons à la poupe devient plus haute (4-6 pieds) et nous pousse littérallement dans le passage. On fait du « surf » avec des pointes à 7-8 noeuds ! On aperçoit des vagues déferlantes à babord et tribord où il y a des haut-fonds, mais elles sont à bonne distance de nous heureusement. Ce moment qui dure environ 20 minutes est vraiment excitant et savoureux, mais qu’est-ce que ça doit être quand il fait mauvais ! OUF !

On aperçoit enfin Green Turtle Cay et on décide d’entrer dans Blacksound, un des deux harbours protégés de l’île. Blacksound nous donne accès au beau village de New Plymouth, mais l’ancrage est qualifié de mauvais ici dans un fond herbeux. On se cherche donc un mooring et on finit pas s’en trouver un de justesse. Catherine débarque à terre pour aller se renseigner sur le propriétaires du mooring, mais elle n’arrive pas à le rejoindre (parti à la pêche). On décide tout de même de rester amarré au mooring et on verra demain. Catherine discute en anglais avec les gens de la place forts sympatiques qui la renseigne sur l’impossibilité d’ancrer dans ce harbour. En effet, nos amis de VICTORIA’S SECRET et de FIÈRE ALLURE tentent de s’ancrer depuis près d’une heure sans succès. Les villageois les regardent faire leur manège et sont prêt à lancer des paris. Catherine appellent nos amis sur la VHF et leur dit d’essayer juste en face de la marina de Blacksound. Elle a lu ce conseille dans le guide de l’Obsession-L qui est très fiable. Et comme de fait, OP !, ça marche pour les deux équipages, mais ça tient de peur … Ils devront envisager une autre solution demain, car un cold front arrive. Pour aujourd’hui, les villageois ont perdu leurs paris !

On soupe dans le cockpit ce soir avec de la bonne musique, comme nos derniers soupers d’ailleurs. Il fait encore clair et chaud jusqu’à 19h30-20h00, alors c’est agréable. Et oui, il y a des tortues vertes ici !!! On voit des têtes sortir pour venir nous dire bonsoir et quelques gros bouillons aux alentours du bateau. Enfin, Catherine me fait faire une petite promenade en dinghy juste avant la noirceur dans le Harbour de Blacksound où il y a plein de petits « racoins » à explorer. On y trouve un voilier échoué: désolant !

13 Avril 2008: Une marche à New Plymouth

Le propriétaire du mooring, Monsieur Saywer, vient nous collecter 15$ à 7h30 AM et vient nous donner la permission de rester aussi longtemps qu’on le souhaite. Bonne nouvelle ! D’autant plus qu’on annonce un gros cold front et que nous sommes en attente à Green Turtle Cay d’une fenêtre météo pour quitter les Bahamas et naviguer plusieurs jours dans le Gulf Stream.  Nos amis de la flotille, eux, vont finalement s’installer à la marina de Blacksound qui charge des prix intéressants. Je vais faire un tour en dinghy le matin pendant deux heures pour visiter l’autre harbour, Whitesound, afin de voir si on pourrait pas se trouver mieux. Je reviens avec la conclusion qu’on est bien ici et que le déplacement n’en vaut pas tant la peine, même s’il y a des bateaux à l’ancre de l’autre côté.

On débarque avec FIÈRE ALLURE à terre vers 13h, même si le temps est gris. En route, il se met à pleuvoir et on se cache dans une église en construction pendant 20 minutes pour laisser passer l’averse. Ensuite, il fait beau et on peut se promener dans le village. Le beau temps attire VICTORIA’S SECRET à terre et on fini notre marche tous ensemble. New Plymouth est un tout petit village pittoresque de descendants loyalistes. Les bâtisses sont de style quelque peu britannique. On va voir le Loyalist Memorial Sculpture Garden, un jardin qui recèle 25 bustes en bronze de loyalistes et d’esclaves qui ont joué un rôle important dans les îles bahamiennes. Il y a aussi une statut et une plaque commémorative commentant la lutte des habitants pour coloniser les Bahamas. C’est tout un événement, car c’est une des premières fois que l’on voit un parc de ce genre aux Bahamas avec celui en l’honneur de Christophe Colomb à Long Island. On y passe vite. Et on ne voit personne dans les rues de toute l’après-midi ! PERSONNE ! Mais où sont-ils ????? Le village est tellement calme qu’on dirait un village fantôme. C’est probablement parce que les loyalistes sont très pratiquants. Ils donnent priorité à la famille le dimanche. On a remarqué le même phénomène dans d’autres îles des Bahamas.

      

Le mouillage de Blacksound à Green Turtle Cay. MER ET MONDE             Le couple d’amoureux dans un joli parc de New Plymouth

est le deuxième bateau à partir de la droite

 

      

Voici une belle maison typique de New Plymouth                                        On peut apercevoir le village du haut d’une colline

      

De belles fleurs après la pluie !!!                                                                    Les bananiers fleurissent eux aussi !

      

Le Loyalist Memorial Sculpture Garden                                                       ATTENTION !!! Traverse de tortues !

On s’en retourne au bateau après une longue marche vers 17h, puis on reste tranquille dans notre bateau-cocon.

14 Avril 2008: Le bal … chassé !!!

Le matin, Stéphane de FIÈRE ALLURE vient sur MER ET MONDE pour recevoir une petite formation sur l’intreprétation des fax météo. Benoit arrive entre temps en dinghy pour venir porter à Catherine le profondimètre portatif qu’il nous avait emprunté. Catherine remarque alors qu’un bateau a chassé et qu’il n’est qu’à trois pieds à l’avant de notre voisin de tribord qui est à mooring. Ni un, ni l’autre ne sont sur leur bateau. Benoit, Stéphane et moi, on saute immédiatement dans nos dinghys. Je monte à bord du bateau qui chasse, Stéphane pousse le bateau avec son dinghy et Benoit s’occupe de me voyager les ancres. On repositionne son bateau et on lui jette ses deux ancres. Quand le propriétaire du bateau qui a chassé revient, un anglophone, je vais lui raconter tout ce qui s’est passé. Il est si content de notre intervention qu’il nous donne une grosse bouteille de vin blanc. Il vient aussi discuter un bout avec Catherine et lui raconte qu’il est encore ébranlé, car il vient de briser sérieusement son voilier en s’échouant dans la roche dans un chenal d’entrée à Grand Bahamas et est en attente des réparations. Il a un voilier de location en attendant. Catherine le met en garde sur le fait que l’ancrage est très mauvais où ses ancres sont mouillées et qu’un cold front approche.

On va au village en après-midi pour se dégourdir les jambes avec nos amis. Aujourd’hui, le village regorge de monde et d’activités. On visite quelques sites et un musée très intéressant qui parle de l’écologie des Bahamas (tortues, queen conchs, langoustes, Nassau groupers, etc …) et de l’industrie d’éponges de mer qui était très florissante aux Bahamas dans la deuxième moitié des années 1800 et le début des années 1900. On apprend aussi que New Plymouth était le seul village des Bahamas a avoir connu du succès avec l’industrie de la pêche aux requins. Aussi, le premier a avoir été millionnaire en Floride serait natif de New Plymouth !!! On va dans un « liquor store » en fin de journée où il y a un mini-bar à même le magasin. On se fait recevoir comme des rois. Un client coloré de la place et sa femme discutent avec nous de tout et de rien et on se fait offrir des Margaritas et des hors-d’oeuvres par le propriétaire du bar. Ça vire finalement en Happy Hour et on y reste une bonne heure. On en apprend plus sur les habitudes des gens de la place.

       

       

                   

       

Paysages de New Plymouth

Eric aimerait bien avoir cet horaire de travail …

Au retour, on prend un verre du vin blanc qui nous a été offert ce matin sur FIÈRE ALLURE. Ensuite, MER ET MONDE reçoit tout le monde pour le dessert et soirée karaoké. Puisqu’on a maintenant un vrai micro, la soirée est encore plus un grand succès. Surtout pour les enfants qui se font un fun fou à chanter ensemble. Ensuite, c’est au tour des adultes après le dessert. On a bien du plaisir jusqu’à minuit.

C’est le calme plat au couché. Pas une graine de vent, NIET. Le harbour est une marre d’huile. On se demande bien où est passé le cold front annoncé pour aujourd’hui de 25-30 noeuds du nord …

À 2h30 AM, le vent se lève soudainement. On se réveille en sursaut Catherine et moi: il y a des rafales à 30-35 noeuds. Je regarde par le hublôt et je vois un voilier francais chasser à côté de nous à babord. Je donne un bon coup de corne de brûme pour les réveiller. Le bateau français est rendu dans une bien mauvaise posture: au fond de la baie, accoté à un quai privé. Catherine me passe la lumière un million de chandelles.  Je les éclaire et je vois enfin des têtes sortir. Je comprends donc que le capitaine est maintenant réveillé. Je tente de les guider avec ma lumière. Ils essaient de se réancrer, mais sans succès. Ils vont finalement s’amarrer à la marina … Pendant ce temps, Catherine s’aperçoit que notre capitaine de ce matin qui avait chassé chasse encore et elle lui envoie un coup de corne de brûme. On s’aperçoit qu’il est dans son cockpit, mais qu’il est lui aussi dans une mauvaise position, c’est-à-dire qu’il est échoué dans un haut-fond. Notre voisin de mooring de tribord prend son dinghy et va l’aider à se dépêtrer de là. Catherine appelle à la VHF nos amis à quai et c’est Benoit qui répond. Pour eux, tout va bien, mais le vent souffle fort. Il nous informe qu’un autre bateau français qui était à l’ancre a chassé proche de la marina et qu’il tente de se repositionner actuellement.

Il n’y a plus de bateau à l’ancre dans notre coin maintenant, alors ça devrait aller pour nous pour le reste de la nuit. Je prends du temps à me ré-endormir, car j’ai eu un peu d’adrénaline pour eux. On sait ce que c’est que de chasser la nuit et je m’imaginais à leur place… Les vents soufflent très forts toute la nuit et on dort léger même si on est à mooring: rafales à 30-35 noeuds .

15 Avril 2008: 5 à 7 avec les chasseurs !

Le matin, je prends la météo sur internet, on prend des nouvelles de nos copains et on se recouche jusqu’à midi puisque le vent s’est calmé.

Dans l’après-midi, je m’occupe d’aller à terre pour remplir mon réservoir et mes bidons de diesel en vue de la traversée en mer. Je croise les trois équipages qui ont chassés durant la nuit et je leur demande de leurs nouvelles. Ils sont vraiment reconnaissants d’avoir eu de l’aide et nous invitent Catherine et moi à un 5 à 7 pour nous remercier. À 16h30, je vais chercher Catherine au bateau, puis on s’entasse tous dans le carré du bateau français AMOUL SOLO pour faire la connaissance d’équipages ontariens, français et américains. C’est une véritable cacophonie à l’intérieur et il y a de la joie qui s’en dégage. On ne sait plus qui parle français et qui parle anglais parce qu’il y a beaucoup de monde, alors Catherine et moi on discute dans les deux langues en même temps. Catherine se retrouve avec plaisir pendant un moment à faire de la traduction anglais-français et français-anglais entre les équipages pour que tous le monde se comprennent, très drôle !!!  C’est toujours une expérience enrichissante ces moments-là. On voit que en tant que naviguateurs, peu importe d’où l’on vient et quelle langue on maîtrise, on est tous passionné par une même chose: la navigation. On retourne au bateau vers la brunante avec plein de crampes dans les mâchoires et le ventre.

16 Avril 2008: Dernières préparations en vue du jour J !

Je prends les prévisions météo long terme par internet et par fax ce matin.  Une fenêtre météo se confirme pour notre grande traversée du Gulf Stream vers les USA pour les prochains jours. Notre plan est de partir demain matin de Green Turtle Cay pour aller jeter l’ancre à Fox Town dans Little Abaco. Puis le lendemain, nous quitterons ce mouillage pour aller coucher à Great Sale Cay, la dernière île protégée à l’ouest des Abaco avant de se lancer dans la traversée. Cette île est à 60 milles nautiques de Green Turtle Cay. Dans trois jours, on quitte donc les Bahamas !!!

On reçoit Stéphane de FIÈRE ALLURE qui vient nous voir en dinghy ce matin. On lui sert un bon café et on pique ensemble une longue jasette jusqu’à l’heure du diner. En après-midi, Catherine et moi on va faire une épicerie afin d’avoir tout ce qu’il faut pour la traversée.

Au retour au bateau, on entreprend de finir ce qui reste à faire de notre « checklist » de préparation pour prendre la mer. On change les batteries dans les lampes de poches, on vérifie l’état de nos harnais, on arrime bien tout ce qu’il y a à arrimer sur le pont et on enlève ce qui peut être enlevé. On inverse aussi tout ce qu’il y a dans la chambre arrière pour le mettre dans la chambre avant. Il y a moins de place pour dormir dans la pince avant, mais c’est plus tranquille pour faire nos quarts de repos puisque le bruit du moteur est moins fort. Catherine prépare toute la bouffe et les grignotines pour qu’elles soit facilement accessibles durant la navigation. Quand on prend la mer, Catherine s’organise pour faire plusieurs repas d’avance afin que l’on puisse se nourrir facilement. Tout deux, on doit grignoter quelque chose environ aux deux heures quand il y a de la vague pour lutter contre le mal de mer. On ne peut d’ailleurs imaginer, si on ne l’a pas vécu, à quel point faire la cuisine à bord d’un voilier en route peut relever d’un tour de force acrobatique parfois. Il faut être parfois à la fois trapéziste, funambule ou équilibriste pour arriver simplement à se faire un bon café chaud sans s’ébouillanter ! D’autant plus lorsque le bateau gîte du côté babord (notre cuisine est du côté tribord), il est tout simplement tordant de voir Catherine essayer de faire des sandwichs tout en maintenant tranches de pain, couteau, pot de mayonnaise (et j’en passe) en place sans que le tout aille valser sur la table à carte…  Bref, on est prêt !

17 Avril 2008: Une belle journée à voile

On se lève à 6h ce matin. C’est la dernière fois qu’on a la possibilité de vérifier la météo à l’aide d’Internet avant la traversée, alors je prends toutes les informations pertinentes avant de partir. La fenêtre météo se confirme à nouveau et c’est donc un GO pour samedi en mer. YOUPPI !!! On quitte Green Turtle Cay à marée haute, soit 7h AM.

Aujourd’hui, on a 30 milles nautiques à parcourir pour aller mouiller l’ancre à Fox Town. On fait uniquement de la voile afin de ne pas dépenser nos réserves de diesel. Il fait très beau, on a un vent léger du SE et on avance en moyenne à 4 noeuds. On doit se parler à quelques occasions pour ne pas partir le moteur quand le vent refuse et que la vitesse réduit à 2.5-3 noeuds … C’est un plaisir de naviguer comme ça dans le calme tout en essayant de graver dans notre mémoire cette eau turquoise et ces derniers doux moments passés aux Bahamas.

         

Eric profite de la belle eau turquoise                          FIÈRE ALLURE pose fièrement pour nous

Voici notre petit « concon » dans la pince avant du bateau qui sert

d’air de repos

 

Notre flottille arrive à Fox Town vers 14h. On dine. On lit, on écoute de la musique, on se lave et on se repose. Catherine prépare encore un peu de bouffe: oeufs à la coque, cretons maison, etc … On relaxe en vue d’être en forme pour le passage en mer. On ne débarque pas au village pour visiter, car VICTORIA’S SECRET, qui font leurs commissions à terre, nous signale par VHF que cela n’en vaux pas vraiment la peine.

Le beau mouillage de Fox Town comporte plusieurs îles et petits îlots

18 Avril 2008: On se positionne en vue du grand départ !

À 9h AM, l’ancre est remontée. Destination: Great Sale Cay ! Il reste un dernier 30 milles nautiques à parcourir pour y parvenir. Les conditions météo sont semblables à celles d’hier et la navigation à voile seulement est tout aussi paisible. La canne à pêche est à l’eau et on espère de tout coeur pouvoir partir des Bahamas avec une belle dorade comme trophé ! Pour ce, Catherine va fouiller dans les appâts qu’il nous reste. Elle décide d’y aller en grand avec un Rapala MAGNUM qui attire tous les gros poissons: thon, marlin, wahoo, dorade, etc … En chemin, la ligne à pêche se met à dérouler très rapidement. C’est Catherine qui attrape la canne à pêche en premier et tente de resserrer le tensionneur. C’est à ce moment que la canne décroche et manque de partir à l’eau. Catherine tente de retenir la canne de toute ses forces tout en me criant à tue-tête de venir vite la prendre. Je trouve qu’elle exagère un peu et prend mon temps à sortir dans le cockpit, mais quand je reprends la canne, je constate qu’effectivement, c’est gros … très gros … Ce qui est au bout de la ligne reste au fond de l’eau et nage de gauche à droite sans arrêt. Je réussis à quelques reprises à ramener la ligne de quelques pouces, mais « la chose » tire 10 pieds de son côté à chaque fois. Finalement, je décide de le laisser se fatiguer au bout de la ligne. Au bout d’une heure de combat, le monstre tire un gros coup et la ligne se sectionne immédiatement, emportant avec lui 200 pieds de fil à pêche et notre meilleur appât qui nous a coûté 20$ … Notre hypothèse est qu’on avait peut-être un requin au bout de la ligne ?!? Est-ce une histoire de pêche ? En tout cas, la bête a gardé le contrôle de la situation tout au long et c’est pour cela qu’on pense que c’était un requin. Alors, pour la dorade, ce sera pour une autre fois !

FIÈRE ALLURE, qui a une vitesse moindre que nous, sort son beau spi dans l’après-midi durant une bonne heure pour tenter de gagner de la vitesse. C’est vraiment de toute beauté de voir cette grande voile-parachute de toute les couleurs se gonfler au vent ! À la fin de la journée, c’est finalement MER ET MONDE qui arrive à la ligne d’arrivée en premier, suivi de VICTORIA’S SECRET de près ! Bon, ok là, j’avoue que leur 35 pieds est désavantagé par vents faibles …

             

Navigation en ciseaux pour MER ET MONDE                                                FIÈRE ALLURE a vraiment une fière allure avec beau spi coloré !!!

      

VICTORIA’S SECRET tente par tous les moyens de ne pas perdre              La preuve est là : on a gagné !!! (observez Sarah-Maude qui tente

du terrain: voyez les draps de lit sortit …                                                   de gonfler le génois)

 

Il y a de la fébrilité dans l’air !

Une fois ancré pour la nuit, nous débarquons tous sur une petite plage avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE tout près du mouillage pour saluer ensemble une dernière fois les magnifiques îles des Bahamas et les remercier de nous avoir procuré tant de bonheur et d’émerveillement. On fait notre aurevoir en levant tous nos cannettes de champagne à la santé de notre belle tranche de vie aux Bahamas pour marquer ce moment émouvant. Après avoir effectué notre « rituel de passage » de groupe qui nous aidera à passer plus facilement à une autre étape de notre voyage, on retourne souper chacun de notre côté à nos bateaux.

     

L’équipage de MER ET MONDE font un dernier adieu au paradis terrestre qu’à été les Bahamas durant quatre mois ! SNIF ! SNIF !

          

La famille SECRET …                                                        … et la famille ALLURE

À 20h30, les capitaines se rassemblent sur MER ET MONDE pour la réunion des barreurs.  Toutes les cartes sont étalées sur la table du carré pour pouvoir faire des scénarios, établir notre stratégie de navigation et convenir de l’heure du départ. C’est décidé, on part. demain matin à l’aube après une bonne nuit de sommeil. C’est évident que Catherine et moi, on a jamais été aussi fébrile que maintenant avant d’effectuer une navigation et on n’en peut plus d’attendre. On a vraiment hâte de se lancer dans le Gulf Stream !!! Va-t’on réussir à dormir cette nuit ?

       

La réunion des barreurs, ou plutôt, des capitaines 10 heures avant        Quel beau dernier coucher de soleil bahamien n’est-ce pas ???

le départ

 

19-20-21 Avril 2008: 60 heures dans l’océan atlantique !!!

Le réveil sonne à 5h45 AM. On a bien dormi tous les deux et on se sent en forme, prêt à faire le grand saut ! Le départ s’effectue à 6h30 AM avec le reste de notre flotille que nous commençons à baptiser : LES JOYEUX NAUFRAGÉS. Stéphane de FIÈRE ALLURE a pris l’habitude dernièrement de nous faire jouer à la VHF le matin la chanson-thème de la télésérie de GILLIGAN. Il fait beau et on a un vent faible ce matin, soit 5 à 10 noeuds venant du SE. On lève les voiles en ciseaux, mais le moteur est nécessaire pour garder une vitesse de croisière de 5 noeuds sur le fond durant toute la journée. Nos quarts à Catherine et moi commencent dès le matin où on se relait à barre environ aux quatre heures. L’autre peut vaquer à ses occupations: lecture, sieste, bronzage sur le pont où tâches quelconques.

Catherine au lever du jour aide à lever l’ancre et les voiles avant

d’aller se recoucher !

 

On quitte le Little Bahama Bank de même que son eau turquoise par le Matanilla Shoal vers 17h pour gagner le détroit de Floride. On doit faire environ 20 milles nautiques avec un cap WNW avant de pouvoir profiter de la force de courant du Gulf Stream (jusqu’à 3.5 noeuds en son centre !). On change ensuite de cap pour se diriger plein N en se laissant porter par le courant. Le vent quant à lui vire au S tout en soufflant à 10-15 noeuds et on garde les voiles en ciseaux. Le moteur est éteint et on file à une vitesse respectable de 7-8 noeuds, YOUPPI !!!  Quand le soleil se couche, la lune prend le relais aussitôt et brille de toute sa splendeur et ce, pour toute la nuit: c’est la pleine lune ! Comme on est chanceux ! On peut donc bien voir la houle et les vagues de même que le pont du bateau briller. Au cours de la nuit, Catherine constate que notre vitesse augmente à 8-9 noeuds !!! En surfant, le GPS enregistre même une pointe à 12.4 noeuds, et ce toujours en navigant à voile en ciseaux !!! En milieu de nuit, le vent vire un peu au SW et forci à 15-20 noeuds, tandis que la vague est d’environ 4 pieds. On a l’impression que le bateau se déplace trop vite: il dépasse sa vitesse de coque et devient mal équilibré et instable. On change donc d’allure pour le grand large. On perd un peu de vitesse, environ un noeud, mais le bateau redevient plus stable. À la fin de la nuit, le génois dégonfle tout le temps et fait du bruit pour Catherine qui dort, alors j’enroule le génois. On ne fonctionne plus qu’avec la grand-voile jusqu’à l’aube. On roule tout de même à 8 noeuds !

       

Au coucher du soleil, on croise un paquebot-voilier: du jamais vu !           Lever de lune dans le Gulf Stream: c’est comme dans un rêve !!!

Lorsque le soleil se lève, le vent vire à l’W et forcit à 20 noeuds. On constate aussi que la vague monte à 6-8 pieds de hauteur. On reçoit la vague sur le babord arrière, ce qui fait « surfer » le bateau dans la vague de gauche à droite et rend l’intérieur moins confortable …. On doit prendre deux ris puis trois dans la grand-voile et sortir le génois avec deux ris pour que le bateau se comporte mieux. Heureusement qu’au bout de 24 heures, Catherine et moi, on se sent amariné et on n’a pas de mal de mer ni un ni l’autre ! Une vague sur 10 nous semble plus grosse et semble vouloir déferler. Certaines se cassent sur la coque et pousse latéralement le bateau, ce qui fait un bruit infernal à l’intérieur: difficile de dormir dans la pince avec tout ce brasse-camarade ! Il faut « essayer » de dormir sur le dos et il faut s’entourer de coussins tout autour de nous pour ne pas rouler dans le lit ! Desfois, on lève même de quelques pouces dans les airs … Le spectacle que nous offre les vagues du Gulf Stream nous impressionne vraiment ce matin. On devient pendant quelques heures à la fois fasciné, et à la fois nerveux …   On se demande quand la vague va arrêter de se gonfler … On se dit que ce n’est vraiment pas un terrain de jeu ici, ni une place pour les débutants. Nous avons de belles conditions et nous sommes très impressionnés, alors qu’est-ce que ça doit être lorsqu’il y a des vents du nord ou même lorsqu’il y a une tempête ici ???  On écoute la météo de la côte est par VHF et je regarde mes fax météo. La force du vent est supposée réduire en cours de matinée, OUF ! On se sent rassuré. Un frond froid doit arriver dans 24 heures, alors nous pouvons progresser encore. SURPRISE sur l’heure du diner !!! Le vent tourne au NW et souffle à 15 noeuds … Que se passe-t-il ??? Le front froid arrive-t-il plus vite que prévu ??? On réécoute tous les postes météo WX sur la VHF et les prévisions ne sont pas changées. Mais pourquoi ce vent du nord ? Il n’y a pas de grain en vue. Nous savons tous que le Gulf Stream peut être intraitable par vent du nord à partir de 12 noeuds. On décide alors d’un commun accord avec les deux autres équipages d’y aller pour la prudence et on change notre cap, passant du franc nord à l’ouest afin de sortir de l’effet du courant du Gulf Stream en direction de la côte est des USA. Vers l’heure du souper, on pert l’avantage du courant et le calme plat s’installe. Le vent revire à l’W … Est-ce qu’on aurait pu ou dû continuer encore dans le Gulf un peu ? Personne ne le saura jamais ! Donc, ce détour change quelque peu notre destination espérée au départ … On décide de prendre l’inlet de Brunswick en Géorgie classé « A » et, si nos calculs sont bons, nous gagerons la terre demain en après-midi. On pourra aller se reposer dans une marina et laisser passer le front froid. On annonce trois jours de beaux temps par la suite …

MER ET MONDE au lever de soleil: WOW !!!

On termine le trajet à voile et moteur avec des vents faibles provenant toujours de l’W. On passe une autre nuit étoilée grâce à la présence de la lune presque pleine. Catherine et moi, on réussit à dormir un bon huit heures cumulés chacun au cours de la nuit. On a l’impression qu’on aurait pu tenir le coup encore plusieurs jours à naviguer comme ça. On sait maintenant qu’on arrive à s’adapter au rythme particulier d’une longue navigation en continue par beau temps. Quand la mer est bonne avec nous, on voudrait que ça ne s’arrête jamais jamais …

Il faut passer toutes les oranges avant d’arriver aux État-Unis :

les douanes !!!

 

On entre dans l’inlet de Brunswick sans histoire et en forme. Une belle navigation de 60 heures et de 344 milles nautiques avec une vitesse moyenne de 6 noeuds dans l’océan atlantique, c’est vraiment fantastique !!! On est tellement fière de nous ! On a vraiment dépassé nos objectifs  fixés au départ de notre voyage. Quelle satisfaction d’avoir repoussé nos limites ! Et on se sent préviligié d’avoir navigué avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE avec qui on s’est senti en confiance. Aussitôt arrivé à la Brunswick Landing Marina, on rencontre les douaniers qui se déplacent à nos bateaux. On baigne dans la chance !!! Notre douanier a un âge respectable de 81 ans et est très gentil. Aucune fouille, très peu de question et plusieurs blagues plus tard, le douanier nous quitte et on est soulagé. On est maintenant libre de circuler sur les terres des États-Unis d’Amérique ! Nous les douanes, ça nous rend toujours nerveux, même si on a rien à se reprocher.

          

Après 60 heures de navigation, on rentre les              Le pont à l’entrée de Brunswick

voiles                                    

 

TERRE, TERRE !!!!!!!!

Après une bonne et lonnnnngue douche chaude, on fête notre réussite avec nos copains. Une bonne bière et des pizzas commandées chez Domino, rien de mieux ! La marina, qui est bien organisée, possède des salles communautaires climatisées et c’est dans l’une d’elles qu’on fini la soirée. On est tous surexcité, mais la fatigue finit par nous gagner et on va tous se coucher à minuit. Le sommeil est très très profond …

Dégustation de bières et pizzas à la salle communautaire de la marina:

quel plaisir !!!

 

P.S. Une carte de notre trajet  effectué est inséré dans l’onglet « Journal de bord » au bas de la page.

22 Avril 2008: Le retour en Amérique du nord !

Nous avons dormit Catherine et moi comme des bébés et ce, sans se réveiller une seule fois, de minuit à 11h du matin. On se lève en pleine forme ! On consate qu’il n’y a pas beaucoup de différence de température d’avec les Bahamas pour le moment et on en est bien content ! Aujourd’hui, on décide de profiter de la journée et des facilités de la marina pour faire plein de petit travaux. Premièrement, on a de la bonne eau potable gratuite !!! On est maintenant conscient à quel point cette eau est précieuse. Catherine est aux anges, elle qui a souffert plus que moi de la qualité de l’eau durant nos quatre mois passé aux Bahamas. En effet, l’eau consommable des Bahamas est de l’eau salée traitée par un processus d’osmose inversée. Ce processus laisse un goût désagréable à l’eau et enlève aussi malheureusement les bons nutriments essentiels à notre santé. À cause de cela, il faut boire beaucoup plus d’eau pour se sentir hydraté. On peut bien sûr trouver de l’eau en bouteille, mais elle se vend hord de prix … Je change donc toute l’eau des réservoirs et des bidons pour de la bonne eau neuve. Je lave aussi tout l’extérieur du bateau en enlevant tout le sel de mer partout, partout. Je remplis même mon réservoir septique d’eau pour donner plus de poids à la proue du bateau, car depuis qu’on a inversé les chambres avant et arrière pour les dodos en mer, le bateau est devenu mal équilibré. Ensuite, je pose le « Y valve » pour la toilette. Pendant quatre mois aux Bahamas, on a pu envoyer notre toilette directement à la mer, mais de retour aux USA, il faut se reconformer à leurs lois. De son côté, Catherine fait de nombreux va-et-viens du bateau à la buandrie pour faire des brassées de lavage. Elle lave tout ce qu’on a, y compris les cousins et les couvertures, tout ! Ça fait du bien et ça sent bon !

MER ET MONDE se fait refaire une beauté à la marina de Brunswick

On a la chance en après-midi de voir un « manathee » de proche et même de le toucher !!! Le manathee, qui s’appelle lamantin en français, est un mammifère gris, innofensif, qui vit dans l’eau. On en trouve beaucoup sur la côte sud-est des USA. Il a un nez qui ressemble un peu à une trompe d’éléphant et a une queue qui fait penser à celle du castor. Il est herbivore et c’est pourquoi il est surnommé « vache de mer ». C’est une espèce menacée, car ils sont fréquemment blessés par les bateaux ou pris dans des filets de pêche. Les lamantins sont très curieux et affectueux. Ils aiment se faire toucher et ils se tournent sur le dos pour se faire gratter la bedaine, ce que Catherine et Benoit ont la chance de faire avec plaisir ! Le notre broute un peu d’algues en dessous du bateau de VICTORIA’S SECRET avant de repartir.

     

Un lamantin vient nous rendre visite: il est très chatouilleux !

En fin d’après-midi, on va aux commissions avec les autres équipages. On doit recommencer à marcher de bonnes distances à pied pour avoir accès aux différents services. On s’arrête d’abord au West Marine où on veut tout acheter et on va faire ensuite une épicerie, où encore là, on veut de tout. Quel choc on a tous de voir l’abondance et le choix de nouriture devant nos yeux !!! De vrais fous ! Surexcités, on court partout dans les allées et surtout devant le comptoir des  fruits et légumes. On aurait aimé avoir une caméra vidéo pour retenir ce moment très particulier qui ne peut être vraiment compris que par ceux qui ont déjà vécu la privation. Les clients de l’épicerie se demandent vraiment ce qui nous arrive: des touristes parlant français et riant aux éclats en pointant tous les aliments qu’ils rencontre !!! On donne un véritable « show » pendant une bonne demie-heure. Après, on arrive à se calmer un peu et on réussit à ne pas tout acheter ce qui nous tombe sous la main. On se prend de quoi se faire un bon souper pour ce soir: de beaux gros steaks, salade césar, crevettes et une douzaine de beignes pour dessert qu’on partagera tous ensemble.

La flotille des JOYEUX NAUFRAGÉS se rassemblent encore une fois à la salle communautaire de la marina à la fin de la journée pour se faire un barbecue. On passe une autre belle soirée à partager notre excitation d’être revenu en amérique ! On se rend compte de ce qui nous a manqué le plus aux Bahamas: eau de même que fruits et légumes frais.

23 Avril 2008: Encore des petit travaux à Brunswick

Le matin, on va courir à 8h30 AM Benoit, Stéphane et moi. On va jusqu’au West Marine qui est à 1.5 kilomètre pour aller chercher une pièce que j’ai commandé hier: un combinateur de batteries. Ça fait quatre mois que j’en cherchais un aux Bahamas et je n’en avais pas trouvé. On va ensuite déjeuner au McDo et on revient au bateau vers 11h AM. Catherine, elle, fini tout son lavage et son séchage. Ensuite, je pose mon combinateur de batteries. Pour leur part, FIÈRE ALLURE fait de l’époxy, tandis que VICTORIA’S SECRET pose sa toilette neuve.

Nous larguons tous les amarres vers 15h pour se déplacer au mouillage de Fort Frederica à une quinzaine de milles plus au nord. On y découvre le paysage de la Géorgie avec ces marécages, ses alligators et ces arbres géants bien fournis, paysage qu’on peut retrouver dans le film de FORREST GUMP avec Tom Hanks. Le mouillage est tout simplement superbe, il y a une agréable odeur de fleurs et de verdure qui flotte dans les airs, on entend plein d’oiseaux et on voit un raton-laveur se laver les pattes sur le bord de l’eau. Tous nos sens sont en éveil, car nous avons été privé de paysage en hauteur, d’odeurs et de faune aux Bahamas et c’est agréable de les retrouver.

      

Mylène de FIÈRE ALLURE à la barre franche                                               Notre superbe mouillage en nature à Fort Frederica

Catherine concocte un bon souper: spaghetti aux légumes frais avec pesto et parmesan frais, notre nouvelle recette préférée, apprise de l’équipage de SOLUNA. On lève d’ailleurs notre verre à SOLUNA qui terminait leur voyage en voilier aujourd’hui au Lac Champlain: bon retour SOLUNA !

On lève notre verre à nos amis SOLUNA qui finissent leur voyage

24 Avril 2008: Visite du parc de Fort Frederica

En posant mon combinateur de batteries, j’ai perdu l’alimention automatique de mon fan d’aération moteur et de mon compteur d’heures moteur quand le moteur tourne. Ce que je veux, c’est qu’ils fonctionnent en même temps que le moteur tourne. Ce matin, je dois trouver un moyen de les reconnecter. En passant un fil, je trouve un autre moyen de m’alimenter automatiquement quand le moteur est en marche. Et comme d’habitude, passer un fil dans un bateau, c’est pas évident … Vers midi, je réussis enfin. Comme d’habitude, Catherine et Benoit planifient la navigation ensemble de leur côté pour le prochain passage en mer et choisissent l’inlet de sortie. C’est pas nécessairement évident, car à part une liste sommaire des inlets classés « A » dans le dernier annexe du Skipper Bob: Anchorage along the Intacostal Waterway, ils n’ont aucune documentation sur les inlets. En effet, les trois Waterway Guide de la côte Est procurent uniquement de l’information sur la navigation à l’intérieur des terres. On sait que les inlets sont parfois imprévisibles. Avoir su qu’on ferait autant de passages en mer, Catherine aurait bien aimé s’être procurée le Inlet Chartbook: Southeastern United States de Steeve Dodge, document qu’elle n’a pas trouvé en route. Ce sera pour une autre fois !

Catherine prépare un lunch et, aussitôt mon travail terminé, on débarque à terre avec les deux autres équipages pour aller se promener dans le parc historique de Fort Frederica.

On fait une course de dinghy avec FIÈRE ALLURE !!!

Nous commençons d’abord par pique-niquer sous les beaux grands arbres du parc. On est entouré de verdure, de chants d’oiseaux et de senteurs de toutes sortes: comme c’est agréable ! Nous allons voir ensuite les vestiges des installations, mais c’est plutôt décevant de ce côté-là. Il ne reste que certaines fondations et il faut imaginer le reste …  Nous dégourdir les jambes et être en pleine nature et ce, en bonne compagnie, a tout de même comblé notre après-midi.

   

   

   

 Un très bel après-midi passé au parc historique de Fort Frederica avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE

Le soir, alors qu’on était en train de souper dans le cockpit, on voit au loin quelque chose monter dans le ciel à toute allure. On pense immédiatement tous les deux à la navette spaciale qui était supposer décoller aujourd’hui, le 24 avril, de Cap Canaveral. Ce décollage avait été remis déjà à plusieurs reprises durant notre voyage. Cette fois-ci, ça y est !!! Catherine se dépêche d’aller chercher l’appareil photo. On est ben énervé. La navette monte, monte, monte … pour ensuite se stabiliser et voler au-dessus de notre tête … OUPS … Ce sera encore pour une autre fois !!!

   

Notre « navette spatiale » …                                   … OUPS …

C’est la belle n’est-ce pas ?

25 et 26 Avril 2008: Direction Charleston en passant par la mer

On quitte notre site de mouillage enchanteur ce matin à 8h30 AM avec comme destination Charleston en Caroline du sud. On roule d’abord 15 milles statuaire dans les marécages de l’intracostal. On aperçoit au passage une bonne dizaine d’alligators qui se tiennent sur le bord de l’eau et qui nous surveillent d’un oeil. Ça donne un peu froid dans le dos ! Ensuite, on prend la direction de l’inlet de Dobey Sound. Tout ce passe bien et il y a assez d’eau sous la quille, même si il n’y a que 7 pieds d’eau à marée basse à un certain endroit à la sortie. Bon, c’est fait ! On dit un beau bonjour à la Géorgie en sortant et on est bien content d’avoir eu un bain de nature.

      

OH! OH! … Un alligator …                                                                               Paysage des marais de l’Intracostal en Géorgie

Une belle petite houle de mer nous attend au large pour nous bercer. Il fait beau et chaud, on a un vent du S-SE de 10-15 noeuds et on peut faire tantôt de la voile, tantôt de la voile-moteur. La nuit nous plonge dans le noir sans la brillance de sa lune, mais la mer est calme et nous permet de récupérer à tour de rôle.

     

La flotille des JOYEUX NAUFRAGÉS en mer                                                On aperçoit VICTORIA’S SECRET alors que le soleil se prépare à

                                                                                                                          se coucher

 

Coucher de soleil en mer capté par VICTORIA’ SECRET

Durant le trajet, je vois des gros bancs de raies.  Je vois environ 10 bancs d’une quinzaine de raies à chaque fois et ce, sur une période de 3-4 heures. Incroyable, non !!! Malheureusement, Catherine dort à poings fermés, mais je tente de prendre des photos. Je me demande bien quel est ce comportement. Peut-être font-ils une migration ou chassent-ils en groupe ???  Catherine a de son côté la chance d’avoir la visite de dauphins à l’étrave qui lui tiennent compagnie un bout de temps. Après une navigation de 25 heures sans anicroche, 142 milles nautiques et une vitesse moyenne de 5.5 noeuds, on arrive à Charleston vers 9h du matin. On va se remplir de diesel à la City Marina et ensuite, on s’ancre en face de la marina dans Ashley River. Le mouillage en est un de beau temps, mais pour le moment, les conditions météos nous permettent de nous installer ici.

      

Des bancs de raies se déplacent vers le nord …                                            … Très impressionnant, non ?       

On fait une petite sieste pour récupérer et on débarque à terre en amoureux vers les 14h après avoir diné. Cette ville est absolument MAGNIFIQUE !!! On se dirige vers le « Downtown » en gambadant dans les rues et en se promenant avec un esprit de voyageur. Les rues sont remplies de superbes boutiques de toutes sortes et de resto-bar-terrasses. On est samedi et il y a de l’ambiance dans l’air. On remarque rapidement que c’est une ville très chic, propre et où tous le monde est beau et bien habillé. Aux États-Unis, on a maintenant de la difficulté à dire si l’on préfère la ville de St-Augustine ou celle de Charleston … Avec notre VHF portative, on réussit à contacter nos amis et on se retrouve pour le souper dans un super beau bistro-terrasse qui sert de la bière microbrassée. On déguste plusieurs sortes de bières et on mange des côtes levées. Après s’être tous empifrés, on marche dans les rues pour faire descendre le tout. Certaines boutiques sont encore ouvertes et les filles en profitent bien sûr pour se remplir les yeux. Puis, on retourne au bateau vers 22h00. On remarque que les rues et les maisons sont toutes éclairées avec des lanternes de style ancien au gaz, ce qui donne un aspect vraiment mystérieux à la ville. Quelle journée magnifique dans cette charmante ville qui respire la mer !!!

          

La bande des JOYEUX NAUFRAGÉS à Charleston      Dégustation de bières microbrassées dans un bistro-terrasse du

                                                                                         Downtown de Charleston

 

27 Avril 2008: Poursuite de la visite de Charleston

Catherine et moi, on retourne explorer Charleston de 13h à 15h. Catherine veut prendre quelques photos de certaines maisons aujourd’hui. On croise une demoiselle qui a deux magnifiques chiens et Catherine va lui parler tout en flattant son golden retriever et son labrador noir. Comme notre chienne Maggie nous manque !!! En jasant avec elle, celle-ci nous indique la rue où l’on peut retrouver les plus belles maisons de la ville qui est tout près d’ici et un parc à visiter sur le bord de l’eau. On s’y rend donc et on tombe malade tellement le quartier résidentiel est beau. Le style des maisons de Charleston nous fait un peu penser au quartier anglais dans Arvida au Saguenay, mais les résidences sont plus luxueuses ici. WOW !!! On veut venir s’installer ici et on veut acheter toutes les maisons que l’on voit !!! Comme il a l’air de faire bon vivre ici ! Charleston est un endroit qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie !

          

      

              

            

Voici de très belles résidences et de beaux jardins à Charleston … On veut toutes les acheter !!!

On veut être à Goergetown pour demain, toujours en Caroline du sud. On lève l’ancre à 16h pour faire une quinzaine de milles statuaires dans l’Intracostal. On prend donc de l’avance pour avoir une moins grosse journée de navigation à faire demain. Il nous restera 50 milles statuaires à parcourir. On ancre pour la nuit dans une « unnamed creek » près du mille statuaire 455 soit, en plein milieu de nulle part dans les marécages. C’est la première fois qu’on trouve qu’on est autant au millieu de nulle part … Il n’y a rien à faire et n’y rien à voir ici … pas un arbre, pas une maison, que de la vase, de l’herbe et des alligators … La protection contre le vent est aussi assez douteuse, mais pour le moment, les vents ne sont pas trop forts.

28 Avril 2008: Journée maussade dans l’Intracostal en Caroline du sud

Ce matin, on lève l’ancre à 8h AM dans une température très maussade : nuageux, pluvieux et très froid. On doit sortir les mitaines, la tuque et le chandail chaud. On sent bien maintenant la différence de température avec les Bahamas et ça nous donne un choc … Et oui, la chaleur du sud est maintenant derrière nous ! Aussitôt partis, VICTORIA’S SECRET s’échoue dans la vase. Avec leur quille à aillettes, il est bien difficile de se déprendre … On tente à plusieurs reprises de le remorquer en le tirant avec une amarre, mais sans succès. On décide finalement tous ensemble d’attendre la marée montante et on s’ancre proche d’eux. FIÈRE ALLURE fait de même. Les remorqueurs de BOAT US sont appellés au cas où. Vers 9h30 AM, VICTORIA’S SECRET se déprend finalement tout seul et on reprend la route.

VICTORIA’S SECRET échoué dans l’Intracostal …

On roule dans l’Intracostal toute la journée. Ça demande constamment de la vigilance pour ne pas s’échouer ou éviter des obstacles et on s’ennuie de la navigation en mer dans ce temps-là. On décide finalement de s’ancrer vers 16h au mouillage de Minnim Creek, un peu avant Georgetown. On annonce un cold front pour cette nuit et on préfère le passer ici plutôt qu’à Georgetown, puisque l’ancrage n’y est pas très solide (vase molle). En fin de journée, je vais aider VICTORIA’S SECRET à solutionner son problème de gouvernail. Ensuite, je vais voir FIÈRE ALLURE pour le conseiller pour son problème de transmission qui va de mal en pis et on convient de refaire des tests quand son moteur sera froid. Catherine fait sa super recette de Guacamole qu’elle partage avec les autres. Ça console après une journée comme aujourd’hui, n’est-ce pas ? Le chauffage au diésel marche à plein régime pour toute la nuit …

Scène fréquente lors de navigation dans l’Intracostal

29 Avril 2008: Fondue chinoise à Georgetown

Ce matin, on se réveille à 9h AM après une belle et longue nuit de sommeil. On regarde dehors par les hublots et … OUPS !,  nos amis sont en train de lever l’ancre … On leur parle à la radio VHF et ils nous disent que ça fait plus d’une heure qu’ils essaient de nous prévenir qu’ils veulent partir … On leur dit qu’on est désolé, de ne pas nous attendre et qu’on va les rattraper à Goergetown. Catherine et moi, quand le cadran n’est pas programmé, on peut dormir trrrès longtemps … Mais, quand on a un rendez-vous, on met le cadran et OP ! On est toujours les premiers prêts ! C’est comme ça !

On lève l’ancre vers 10h, toujours avec tuques et mitaines. Avec ces vents du nord, la température a drastiquement baissée depuis deux jours … On arrive au mouillage de Georgetown après trois heures de navigation. On s’ancre exactement en face de l’horloge comme le recommande Skipper Bob. On décide de mouiller deux ancres « à la bahamienne » (à 180°), car il y a des bateaux à mooring autour de nous. On débarque à terre après diner vers 14h30 à la recherche d’un cable-rallonge USB et d’un tuyau pour le drain de cockpit qui fuit. Catherine a une épicerie à faire de son côté. On retrouve les deux autres équipages en ville. Catherine trouve les filles à l’épicerie et je croise les capitaines dans un Radio Shack où je trouve mon cable USB. Au chemin du retour, je réussis aussi à trouver tout ce qu’il me faut pour faire la réparation de mon drain de cockpit.

     

Sans commentaire …                                               OUPS, MER ET MONDE aura encore besoin d’un bon nettoyage !

Une belle résidence typique de la ville de Goergetown !

Ce soir, FIÈRE ALLURE nous invite avec VICTORIA’S SECRET à souper à bord de leur 27 pieds pour une fondue chinoise. Il y a du rosbif et du poulet coupés minces par Mylène (il n’y a pas de viande à fondue aux USA !?!), des crevettes, des saucisses, des légumes, des fromages, du riz et du pain frais. Le tout, bien arrosé de vin rouge et de Nassau Royal et ce, en excellente compagnie. Hummm, Quel festin après avoir mangé plusieurs mois des conserves …

            

Fondue chinoise sur FIÈRE ALLURE: très belle soirée !!!                           Les enfants mangent aussi leur fondue dehors dans le cockpit

30 Avril 2008: Il faut dire aurevoir à FIÈRE ALLURE, SNIF, SNIF !!!

Ce matin, je travaille sur mon drain de cockpit jusqu’à 13h. La réparation me satisfait et pourra être permanente, selon moi. Il ne devrait plus y avoir d’eau qui s’introduit dans la chambre arrière quand on navigue à partir de maintenant …

Ensuite, je vais voir FIÈRE ALLURE pour son problème d’hélice et de transmission. On examine ensemble le problème et on confirme que le lousse vient de l’hélice en découplant le « cuppling » de transmission. FIÈRE ALLURE n’a pas le choix: il faut qu’il sorte le bateau de l’eau. De toute façon, il n’est même pas pensable ici de plonger à cause de l’eau opaque très polluée et des alligators (il y a des pancartes partout indiquant de ne pas nourrir les alligators ici) … Heureusement, il y a une marina en face du mouillage de FIÈRE ALLURE avec tous les services dont il a besoin. Le bateau sort donc de l’eau dès 14h30 et il est déposé sur des pattes. SURPRISE !!!, le « shaft » est mangé, le « cutless bering » est fini et l’hélice est « slaque » comme prévu. C’est majeur ! Il faut qu’il commande les pièces. C’est donc cale sèche pour FIÈRE ALLURE pour au moins une semaine … Les fière alluriens sont un peu démontés, mais demeure tout de même positifs.

De notre côté, on décide avec VICTORIA’S SECRET de poursuivre notre route tel que prévu demain matin. Une belle fenêtre météo se pointe pour demain pour prendre la mer, avec comme destination, Beaufort en Caroline du Nord. Il y a beaucoup d’imprévus pour FIÈRE ALLURE et ça peut être long avant qu’ils se remettent à flot. VICTORIA’S SECRET, avec une date précise de fin de voyage qui arrive sous peu, ne peut se permettre d’attendre. C’est une dure et triste décision à prendre, car on aime beaucoup FIÈRE ALLURE avec qui ont formait la belle flotille des JOYEUX NAUFRAGÉS. Les affinités étaient présentes dès le début et la complicité était bien s’installée. Pour ce qui est de l’équipage de MER ET MONDE, on se console en se disant qu’ils vont réussir à nous rattraper, puisqu’on va s’attarder dans la Cheasapake Bay quelques temps pour aller visiter Washington. MER ET MONDE reçoit tout le monde vers 20h30 pour un café-dessert pour se dire: CE N’EST QU’UN AUREVOIR !!! SNIF ! SNIF !

« Ce n’est qu’un aurevoir » pour FIÈRE ALLURE !!!

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Mars 2008

par le 30 Mar, 2008, catégorie 03-Mars 2008

01 Mars 2008: Ménage de la pince avant

Ce matin, on travaille sur le journal de bord et ont fait de la lecture. Les enfants de VICTORIA’S SECRET doivent faire l’école aujourd’hui, car ils n’en ont pas fait depuis presqu’une semaine.

MER ET MONDE se planifie donc une journée dans le bateau afin de faire plein de petites choses que l’on reporte depuis longtemps. On vide toute la pince avant du bateau, là où toutes nos choses sont entreposées. On les fait aérer dehors sur le pont pour faire sortir l’humidité. Ça sèche très rapidement avec les gros vents d’aujourd’hui ! On nettoie toute la pince au Pine Sol et on réoganise notre approvisionnement afin placer le plus de chose possible dans les coffres et équipets du bateau. Notre pince se vide tranquillement. À la fin de la journée, il ne reste plus qu’une grosse boite de carton, deux grosses boites de biscuits soda et 12 pots de conserves d’un litre dans la pince, YOUPPI ! Nous en sommes à notre dernier mois aux Bahamas, alors il est normal que nos approvisionnement baisse. Cela est très bienvenu, car ça fait plus propre et il y a plus d’espace pour vivre  !

          

Il ne reste que peu d’approvissionnement                     Un bon ménage, ça fait du bien !

dans la pince avant !

 

Ce soir, on est invité à un souper-spaghetti sur VICTORIA’S SECRET. On passe une belle soirée en compagnie de la famille Beauregard qu’on appelle désormais « les SECRET’S ».

02 Mars 2008: Visite d’une grotte fascinante à Salt Pond, Houuuuuu !!!

Ce matin, Catherine donne une fois de plus du temps à la construction de notre site web. Benoit vient nous voir vers 10h30 AM pour faire un échange de photo pour leur site web à eux.

À 13h00, on se rend à terre en dinghy avec VICTORIA’S SECRET dans le but de visiter une grotte sous-terraine. Cette grotte se situe à Salt Pond en face de Flat Cay, à environ un mille nautique au sud de notre emplacement de mouillage. La grotte est bien indiquée sur la carte et l’entrée est balisée. Il faut laisser notre dinghy sur la plage d’un terrain privé. Armé de nos lampes de poche (une par personne absolument) et de nos coupe-vents pour nous protéger, on entre tous dans cette fascinante grotte qui devient rapidement très très noire et épeurante … On aperçoit rapidement des centaines de petites chauve-souris au plafond qui dorment en groupe, toute recroquevillées sur elles-mêmes. Il y en a quand même quelques unes en éclaireurs qui volent autour de nous et nous frôlent de peu à chaque fois … 

      

Une belle grotte avec des puis de lumière à certains endroits                   Catherine et Nancy reprennent leur souffle après avoir vu leurs

                                                                                                                           premières chauves-souris !

 

Nous trouvons ce qui nous semble être une grosse entrée. Catherine et Nancy, toutes deux bien courageuses, foncent en premier dans le gros trou noir bien emmitouflés dans leur imperméable, car il y a des centaine de coquerelles géantes d’environ un pouce et demi qui se déplacent dans tous les sens à cause de la lumière des lampes de poche. WOW, cette entrée nous mène à un espace immense où il semble y avoir plusieurs chemins et sections. Nous nous approchons de quelques unes de ces sections, mais restons toujours groupés dans l’espace principale pour ne pas se perdre. Il fait tellement noir que Catherine a de la difficulté à prendre des photos, car l’appareil ne veut pas faire de focus. On avance donc tous ensemble tranquillement en quadrillant la grotte de nos lampes de poche. Soudain, on aperçoit quelques crabes qui se sauvent à notre approche, d’une drôle d’apparence. Le clou de la journée est lorsqu’on trouve un serpent qui demeure complètement immobile au sol malgré notre présence et la lumière. Il est vraiment gros et impressionnant et on le garde à bonne distance. Par la suite, on redouble de vigilance pour ce qui est de où l’on dépose nos pieds …

          

Un beau spectacle qui provient des noirceurs !            Cette grotte est vraiment très grande et on y voit presque rien, même

                                                                                           avec nos lampes de poches !

 

             

Cliquez sur la photo pour l’agrandir: vous y verrez de nombreuses          Des résidents de la grotte qui nous semblent être des grosses

petites chauves-souris qui font dodo …                                                         coquerelles d’un pouce et demi !          

 

      

On croise quelques crabes de cavernes qui ont peur de nous                     La surprise du jour: un très gros serpent qui est complètement

                                                                                                                           indifférent à notre présence. Est-ce un boa ?!?

 

Donc, on est partagé entre le goût d’avancer et le goût de s’enfuir à toutes jambes. À un moment, on arrive à un endroit où la grotte se rétrécit en largeur, mais devient vraiment très très haute et tourne vers la gauche. Je m’aventure tranquillement le premier en explorateur, suivit de Sarah-Maude. Les autres nous regardent s’engouffrer dans le noir avec les yeux tout équarquillés. J’entends un bourdonnement sourd, mais n’en fait pas trop de cas. Soudain, j’entends le bourdonnement s’amplifier et descendre sur moi. Je lève la tête et aperçoit un immense nuage foncé de chauves-souris qui volent au-dessus de ma tête. Il doit y en avoir plusieurs centaines, peut-être mille !!! Je perds tout mon courage et prend mes jambes à mon coup pour sortir de là au plus vite … OUF !!!  Quelles sensations fortes ! Bien-sûr, on décide de ne plus avancer, mais c’est de valeur parce que cette partie de la grotte devait être très intéressante.

                    

Regardez comme la grotte se rétrécit et devient                         C’est une expérience riche en émotions !!!

plus haute: on arrête ici, car il y a des centaine

ou milliers de chauves-souris au plafond. AHHHHHH !!!

 

On revient facilement sur nos pas en prenant des photos et on trouve qu’on en a eu pour notre argent (même si ça n’a rien coûté !). On a vécu plein de sentations et beaucoup, beaucoup d’émotions. TRIPPANT !

       

Beau spectacle à la sortie de la grotte !                                                         Quelle belle journée !

Ensuite, on va en ville un peu, mais on n’avait pas réalisé qu’on est dimanche et que tout était fermé. Il faudra revenir une autre fois pour les commissions. On prend un chemin qui mène à la plage de Salt Pond côté océan. Les guides indiquent que c’est une plage à coquillages et les filles ont beaucoup d’espoir d’en trouver des gros … Catherine en rêvait même. Quelle déception !!! On ne trouve rien de rien. Je suis le seul à trouver un Lucky Bean et un Hamburger Bean.

03 Mars 2008: Attente à Thompson Bay Long Island

La météo ne nous permet toujours pas de penser à partir de Long Island. Les vagues sur l’océan sont de 7 à 8 pieds encore aujourd’hui. On reste donc à Thompson Bay où l’on attend patiemment notre prochaine fenêtre météo. Nous nous rendons à l’évidence aussi que nous ne pourrons pas visiter les îles alléchantes à l’est de Long Island comme Rum Cay et Conception Island, car il n’annonce pas d’assez longues périodes de beaux temps et le temps file à vu d’oeil … Il faut remonter au nord maintenant … Nous faisons donc notre deuil de tout ça aujourd’hui et décidons qu’à la prochaine fenêtre météo, il faudra amorcer notre remontée vers le nord. Et oui, il faut retourner chez nous maintenant ! On décide avec VICTORIA’S SECRET et l’équipage d’ESPERANTO qu’on a connu récemment que notre prochaine destination sera Cat Island dans les Out Islands. Nous ne reviendrons donc pas dans les Exumas pour notre remontée. On s’est toujours dit Catherine et moi qu’on aime pas vraiment repasser aux même endroits, alors nous sommes bien contents et avons hâte de continuer à explorer des nouvelles îles. C’est une bonne façon de ne pas sentir que notre voyage est terminé !

En après-midi, Benoît et moi allons à terre pour quelques commissions. En autres, on fait le plein d’eau, de diesel et ont fait une petite épicerie. On aurait aimé acheter du poisson, mais il n’y a personne à la poissonnerie du coin.

Catherine reçoit la famille SECRET ce soir avec un souper mexicain: tacos et nachos, hum hum … On s’amuse ensuite avec le Karaoké et on écoute en fin de soirée le spectacle de Star Académie 2003 avec eux. On se saurait cru au Québec en plein hiver un dimanche soir !!!

       

Quelques trouvailles de Catherine à Long Island  …                                    …  Noix de coco, fèves géantes, coquillages, conche-reine, coraux,

                                                                                                                            éponges de mer, seas beans, etc …

 

04 Mars 2008: Retour au paradis: Calabash Bay

Ce matin, VICTORIA’S SECRET communique par radio VHF avec ESPERANTO qui est toujours mouillé au nord de l’île. Benoit s’informe de la météo plus détaillée que reçoit Christian par e-mail ondes courtes. De mon côté, mes fax météo annoncent encore du 15 noeuds pour les trois prochains jours avec 4 à 5 pieds de vagues sur l’océan. C’est limite. Vers 10h AM, on apprend que la météo sera propice à faire une traversée océanique vers Cat Island demain. Ce qui veut dire qu’il faut bouger aujourd’hui pour rejoindre le nord de l’île afin d’être près à partir tôt demain matin.

À midi, on lève l’ancre pour aller mouiller à Calabash Bay, 22 milles nautiques plus au nord. Catherine réalise qu’elle tourne les pages de ses cartes de navigation pour la première fois depuis notre voyage de gauche à droite, ce qui est signe que c’est la remontée ! Dès le départ, on navigue avec des vents portants qui nous font ouvrir bien grand toutes nos voiles. On fait même du ciseaux pendant un bon bout. Il y a très longtemps qu’on a fait du grand largue et du ciseaux et on se sent un peu « rouillé ». La navigation est très différente: avec les vents dans le dos, c’est beaucoup plus calme et le bateau roule de gauche à droite (roulis) plutôt que de taper d’avant-arrière (tangage). Catherine est vraiment aux anges, elle adort le roulis qui l’a berce. Elle a aussi moins le mal de mer dans le roulis que dans le tangage. Mais attention, il faut demeurer très vigilant en tout temps par vents portants pour ne pas faire un empannage non contrôlé (la bôme qui passe violemment d’un bout à l’autre par vent arrière), ce qui pourrait être dangereux pour nous et le pour tout le gréement. On se met de la belle musique et MER ET MONDE nous berce toute l’après-midi. On évite de justesse durant toute la navigation des grains qui passent juste à côté de nous: chanceux va ! Le vent diminue à la fin de la journée et on part le moteur. C’est pour signe pour nous, car la mer va s’applatir cette nuit ! Quelle belle après-midi : naviguer nous rend tout le temps heureux !!!

          

VICTORIA’S SECRET navignant en ciseaux …               … De même que MER ET MONDE                  

On arrive à Calabash Bay à 17 heures. La plage et l’eau sont tous aussi magnifiques qu’à notre premier passage ici. On regarde le beau coucher de soleil sur l’océan de notre bateau en se faisant bercer par une petite houle de mer bien agréable qui nous fera bien dormir ce soir. On entend bien les vagues se casser sur la plage: c’est digne de l’appellation PARADIS ici !

       

On assiste au beau coucher de soleil à Calabash Bay                                 Une des plus belles plages que l’on ait vu à date: elle est blanche et

                                                                                                                            on entend les vagues se fracasser sur la plage

 

05 Mars 2008: Cat Island, l’île de Catherine !

On se lève à 6h15 AM pour un départ à 7h. Avec VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO qui nous devance de peu, nous sommes trois équipages à faire la traversée à Cat Island. La journée est très belle et propice à faire une navigation en mer aujourd’hui. Encore des beaux vents portants avec une mer assez calme. On fait d’abord de la voile-moteur et on file à notre vitesse de coque. On ferme le moteur dans les trois dernières heures de la navigation tout en gardant notre vitesse. Je jette la ligne à l’eau et on pêche toute la journée. On peut prendre de très gros poissons en mer et notre rêve est d’attraper une grosse dorade ou Mahi-Mahi. Au début de la journée, on prend un beau Yellowtail qui est dans la catégorie des Snappers, long de 15 pouces. En mer, il y a beaucoup d’algues flottantes toute la journée et on fait au moins cinq bonnes prises de « salade » qui me font travailler autant que si j’aurais remonté du poisson. On ne perd pas espoir encore pour la dorade et on continue à pêcher. En entrant dans le bank de Cat Island à la fin de la journée, on prend un autre Yellowtail, mais cette fois-ci, de 20 pouces de long. Un très beau poisson et on adore le Snapper !

      

Regardez la couleur saphir de l’océan !                                                       La pêche est très bonne pour Éric en ce qui concerne les algues !

             

Un beau Yellowtail de la classe des Snappers de 20 pouces: Hum !          Les Snappers sont les poissons préférés de Catherine !!!

On arrive à notre mouillage à New Bight, Cat Island, à 15h. On fait une petite sieste pour récupérer. Faire de l’océan nous fatigue toujours plus qu’on pense, même quand toutes les belles conditions de navigation sont réunies.

Le soir, ESPERANTO et MER ET MONDE partagent les prises de la journée pour souper sur VICTORIA’S SECRET. ESPERANTO a prit une belle grosse dorade et un Jack. VICTORIA’S SECRET pour sa part fournit le bateau et le riz … On passe une belle soirée à manger du bon poisson plus que frais accompagné d’un bon vin rouge. Catherine et moi, on se surprend à préférer le Snapper au Mahi-Mahi qui a une chair moins tendre. Ça ne nous empêchera pas de continuer à rêver d’en prend un …

06 Mars 2008: Visite de l’Hermitage du père Jérôme

Le matin, c’est lecture, écriture et un peu de « taponnage » dans mes fils en ce qui concerne l’alternateur du bateau. Pour les deux autres équipages, c’est l’école ce matin.

On débarque les trois équipages à terre vers 11h avec nos lunchs. On va voir le plus haut mont des Bahamas: le mont Como qui fait 206 pieds ou 63 mètres de haut. Ce mont a été rebatisé Alvernia par le père Jérôme, un britannique, qui a construit un hermitage sur son sommet en 1939. Une piste mène à un portail en pierre qui marque l’entrée d’un sentier accidenté où l’on gravit une colline qui représente un chemin de croix. Une quinzaine de minutes seulement nous mène tout en haut. On se rend compte rendu au sommet que l’hermitage est minuscule, alors qu’il paraissait gigantesque d’en bas ! L’hermitage est fait tout en pierre d’un beau style médiéval. Le père Jérôme, qui était aussi architecte, a joué un rôle important pour les bahamiens et a contribué à construire plusieurs églises aux Bahamas dont la belle église catholique que nous avons visité à Clarence Town (Long Island: la St. Peter & Paul’s Catholic Church. C’est ici que le père Jérôme est enterré sans cerceuil dans une grotte à environ trente pieds sous l’hermitage. On visite les installations et on admire tous le beau panorama circulaire qu’offre le sommet de cette colline. On dine sur place et on se sucre le bec avec du sucre à la crème de Benoit, une de ces spécialités. On redescent ensuite la colline pour aller voir quelques minutes des ruines qui restent de la plantation Armbrister. Le domaine principal a été incendié lors d’une révolte d’esclaves à la fin des années 1700.

       

Une ruine faisant partie de la plantation Armbrister crée en 1780          En route vers l’hermitage du père Jérome

          

Le Mont Como ou Alvernia qui fait 206 pieds              Le chemin de croix qui demande 15 minutes

de hauteur                                                                       de marche !

 

      

L’hermitage de Cat Island qui vaut le détour !                                              Paysage de Cat Island vue du Mont Como

 

         

La construction a débuté en 1939 par le                    Vue sur l’océan de l’intérieur de l’Hermitage

père Jérome

 

          

Sarah-Maude fait sa prière …                                        … Et Éric signe le registre des passants

 

      

C’est le temps du sucre à la crème avec VICTORIA’S SECRET et                 C’est maintenant le temps de redescendre !

ESPERANTO

 

En après-midi, il fait vraiment chaud, alors on se baigne tous à la plage de notre mouillage. Catherine cherche intensément des coquillages et elle en sort plusieurs, dont des grosses conches et des sand dollards. Je l’aide et réussi à lui en trouver des beaux aussi. Catherine est aux anges, car c’est la première fois qu’elle en trouvent autant au même endroit et d’aussi gros. Elle sort de l’eau après deux heures et demie de pataugage … sur le bord de l’hypothermie ! Elle grelotte à ne plus se comprendre, alors on rentre au bateau … Dire qu’elle n’aimait pas se baigner avant !!!

07 Mars 2008: Le complexe hotellier de Ferdinandez Bay

On quitte le mouillage de New Bight ce matin, car on a terminé la visite du coin. On met le cap sur Ferdinandez Bay où il y a un superbe complexe hotellier pour les touristes. On fait encore de la superbe voile aujourd’hui. C’est tout près alors dès midi, on est ancré. On débarque à terre avec VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO pour aller diner au resto de la place. C’est vraiment très beau et apaisant ce site. La salle à diner est superbement bien décorée avec de beaux meubles en bois, des peintures et des gros coquillages sur les étagères. Il y a des jeux partout pour les enfants. Les filles vont faire les boutiques bien sûr ! Ils ont un système ici basé sur l’honneur: on prend ce qu’on veut comme boisson au bar ou comme souvenir dans la boutique et on va payer à la caisse du resto quand on est prêt. Il n’y a personne qui surveille. Ça c’est bien à l’image des bahamiens qui n’ont pas une once de méfiance en eux. On marche ensuite un peu sur la plage. Il fait très très chaud, alors on va ensuite se baigner Catherine et moi autour du bateau pour finir la journée et laver la coque du bateau.

      

Le resto du complexe hôtellier de Ferdinandez Bay                                    La plage de Ferdinandez Bay. On peut y voir les voiliers MER ET

                                                                                                                           MONDE, VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO mouillés dans la baie

 

      

Nous sommes en bonne compagnie avec VICTORIA’S SECRET et                 … Et les enfants !

ESPERANTO …

 

On remarque depuis quelques jours que la température monte de plus en plus et qu’on commence à prendre des coup de soleil, ce qui est nouveau. C’est le printemps bientôt !!!     

08 Mars 2008: Internet et plongée

On découvre qu’on a du bon Internet à partir du bateau alors ce matin, on s’en donne à coeur joie. Ça fait si longtemps !!! Catherine travaille d’abord sur le site web pendant que moi je fais des appels à ma famille par Skype. Une fois le site prêt, on change de rôle et Catherine appelle sa famille et ses amis pendant que moi j’envoie le site web sur internet. Tout ça nous prend plusieurs heures.

En après-midi, on va faire un petit tour près du bateau en dinghy pour faire de la plongée-tuba et de la pêche à la sling. Catherine plonge pour la première fois avec une ceinture de poids et arrive à descendre jusqu’à 8-10 pieds d’eau. Elle n’arrive cependant pas à équilibrer ses oreilles et ne peut descendre plus bas. La pression dans les tympans devient forte à partir d’environ 6-8 pieds d’eau et il faut se souffler dans le nez pour se déboucher les oreilles, ce qui demande un apprentissage. Alors, c’est un bon début ! Les coraux sont tout petits ici et on n’y voit aucune langouste. Par contre, je prends un Schoolmaster (Snapper) qui se retrouve dans notre assiette pour souper le soir venu !

09 Mars 2008: Naviguation sportive

Cette nuit, la houle de mer nous empêche de dormir dur. Catherine réussit mieux à dormir que moi par contre puisqu’elle supporte mieux le roulement du bateau. Le front froid débute à 4h AM, et lorsque le vent vire soudainement de 180º, MER ET MONDE s’approche alors de TRÈS TRÈS près de VICTORIA’S SECRET (10 pieds !!!). Heureusement, je me lève à ce moment et je vois les « Secret » qui sont sur le pont en train de donner du cordeau pour s’éloigner de nous. Pour ma part, j’en reprends un peu alors tout est beau, on peut aller se recoucher ! La pluie s’installe à partir de ce moment.

Au matin, je vérifie la météo et les prévisions demeurent comme prévues: il annonce 12 noeuds du NE, de la pluie et une couverture nuageuse à 100% pour la journée. Aujourd’hui, nous avons à naviguer dans le bank de Cat Island et faire un petit bout dans l’océan atlantique pour aller s’ancrer à Little San Salvador. Dès notre sortie de la baie, le vent est de 20 noeuds. On monte tout de suite la « guenille » (les voiles) et on fait du près serré pour aller rejoindre notre route GPS à 5 noeuds de vitesse. On se fait dépasser par VICTORIA’S SECRET et par ESPERANTO qui a un voilier très rapide, un CS 30. Après une heure de près serré, on change le cap de 10 degrés à babord pour faire du près bon plein et on augmente notre vitesse moyenne à 6,5 noeuds, soit notre vitesse de coque. Le vent augmente encore pour rester ensuite stable à 25 noeuds du NE avec des rafales à 30 noeuds. Vive les prévisions météo ! On doit arriser le génois et la grand-voile au deuxième ris. Par contre, impossible garder le génois arrisé, car il se redéroule sans arrêt. Il faudra que je regarde cela … Nous sommes donc un peu trop voilé et le bateau est ardent (il veut tout le temps remonter le vent). La barre est donc dure à tenir. On file le reste de notre route avec une bonne houle de mer de 6 pieds qui se présente en gros rouleaux sur notre hanche tribord. La proue de MER ET MONDE pique complètement du nez dans la vague et des paquets recouvrent le pont jusqu’à l’écoutille avant … C’est de toute beauté ! À un moment, l’ancre décroche du davier et pend dans le vide … juste au moment où Catherine regarde par là ! Je me dépêche d’aller à la proue pour remonter l’ancre et la chaine qui a eu le temps de se dérouler d’environ cinq pieds, OUF !, juste à temps …  Il faudra aussi cadenasser l’ancre dans le futur. MER ET MONDE roule gaiement de gauche à droite, mais ça demeure assez confortable. Aucun mal de mer ! Il vente tellement que les vagues formées par le bateau s’envole en milliers de goutellettes au vent. Ça arrive pas souvent qu’on voit ça ! À un moment, je reçois une TRÈS grosse vague salée qui emplit le cockpit, comme ci on m’avait envoyé deux ou trois sceaux d’eau par la tête … Catherine était dans le bateau en train de me parler et je suis resté là, sans bouger, avec le regard accroché dans les yeux de Catherine pendant que je me faisais doucher pas à peu près !  … Elle s’est bien marrée de cet événement ! Aujourd’hui, on se serait vraiment cru au Québec, dans le Golfe St-Laurent. Une journée sportive, très maussade, venteuse et pluvieuse avec des grosses vagues.

       

Éric qui parle à la VHF. Regardez l’eau s’envoler au vent à l’arrière         MER ET MONDE se fait bercer par de belles grosses vagues !

plan !

 

En arrivant dans la baie de notre mouillage, on y voit un très gros bateau de croisière. Little San Salvador est une île privée et un point d’arrêt pour les bateaux de croisière. Les touristes débarquent sur l’île à l’aide de bateau-taxi où ils peuvent profiter de l’eau bleue, de la plage et de toutes les activités organisées sur l’ile: dériveurs, sea-doo, plongée-tuba, équitation, etc … Les propriétaires de l’île demandent aux équipages comme nous d’attendre que les touristes aient quitté l’île avant de débarquer à terre. Le bateau de croisière est immense à comparer aux notres. Cela faisait longtemps qu’on avait vu de gros bateau cela. La dernière fois, c’était au port de Miami. On passe derrière le bateau de croisière afin de prendre des photos de proche et on entend trois coups de corne nous indiquant qu’il est en train de reculer. Il était pourtant encore ancré avant qu’on s’engage en arrière de lui. Oups ! Vite, vite !

On s’ancre pour la nuit. Il y a un bon fond ici dans 12 pieds d’eau. On range tout le bateau, car après une grosse navigation comme aujourd’hui, le bateau est sans dessus-dessous. On se paye ensuite une belle sieste d’une heure trente. On se rend compte alors qu’on était vraiment brûlé de notre super naviguation !

Et savez-vous quoi ??? le soir, on part le chauffage diésel afin d’enlever toute l’humidité du bateau même s’il fait 22 degrés à l’intérieur.

10 Mars 2008: L’île de Little San Salvador

Ce matin, c’est une matinée taponnage pour ma part. Je répare ce qui est à réparer dans le bateau. Je me lève quelque fois comme ça, bien motivé après une bonne nuit de sommeil en voyant clair dans tout ce que j’ai à faire. Première étape: l’enrouleur qui ne barre plus pour prendre des ris. Je change l’angle d’attaque de la corde sans fin et BINGO !, il remarche. J’avais changé l’angle de la corde avant de partir en voyage à cause de mes bidons sur le pont et c’est donc pour cette raison que l’enrouleur ne fonctionnait plus bien. Ensuite, je teste mon alternateur en « bypassant » mon isolateur. BINGO !, j’ai tout d’un coup 30 ampères qui entrent dans mes batteries au lieu de cinq ! Il faut un voltage haut pour que les ampères passent. Il me faut donc un combinateur au lieu d’un isolateur. Laval d’OCÉANITE me l’avait dit. La journée commence bien …

      

Les bateaux de croisière à Little San Salvador                                           Des touristes font de l’équitation sur la belle plage blanche

Ensuite, je fais du ménage avec Catherine toute la matinée. L’air très humide d’hier a rendu nos couvertures et coussins mouillés, alors on étend nos choses dehors pour faire sécher. On fait cela jusqu’à 13h, mais ça ne marche pas fort, car l’air est encore chargé d’humidité et il y a encore des petites averses. Deux gros bateaux de croisières partent vers 15h, ce qui nous laisse l’île et ses installations pour nous tout seul. On débarque à terre avec VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO pour prendre une marche. On circule dans les sentiers d’équitation. Ensuite, on va voir les installations qui sont plus au sud de la baie. Il y a tout ce qu’il faut pour répondre au besoin de plusieurs centaines de personne ici. Mais il n’y a personne, c’est complètement désert et ça fait tout drôle. Ça nous fait un peu penser ici aux décors qu’on a vu à Universal Studio, Orlando. Les enfants vont se baigner dans les glissades et nous, on profite des hamacs et des tables de massages. C’est de valeur qu’il ne fasse pas beau et un peu frisquet.

Pour le souper, on se fait inviter sur ESPERANTO avec VICTORIA’S SECRET. On mange un bon poulet aux arachides avec du bon vin. Une autre très agréable soirée.

11 Mars 2008: On s’amarre aux arbres à No Name Harbour !

Ce matin à 9h AM, ESPERANTO communique avec nous par radio VHF. La météo a changé et on va recevoir une bonne houle du sud si on demeure une autre journée de plus à Little San Salvador. Il est déjà tard pour aller au prochain site de mouillage prévu à Rock Sound, Eleuthera. Christian d’ESPERANTO propose un endroit intéressant qui est plus proche: No Name Harbour, toujours à Eleuthera (30 milles nautiques). L’ancrage est par ailleurs assez particulier: il faut s’attacher à des arbres, car le fond est trop dur à cet endroit. Les vents annoncés sont faibles pour les prochaines 24  heures, alors on décide d’aller s’amarrer là-bas pour la nuit. On est tous bien déçu de ne pas pouvoir rester plus longtemps à Little San Salvador, car il y a une belle plage côté océan à visiter et les têtes de corail sont vraiment extraordinaires ici. Un paradis pour la plongée-tuba et la pêche à la « sling » !

Je pars avec les gars à la pêche pour une petite heure avant de partir dans un site absolument magnifique du côté de la mer. Les poissons y sont tous énormes !!! Il fait nuageux et on a une faible luminosité, mais c’est quand même un des plus beaux sites de plongée que j’ai vu jusqu’à date. Je vois une belle raie et même un Ocean Sunfish (poisson-lune) ! Ce poisson est vraiment spécial: de forme presque ronde, il a une nageoire principale sur le dos et une sur le ventre plutôt que deux sur les côtés. Il peut atteindre trois mètres de long et on peut le voir dans l’océan partout dans le monde. Je ne prends rien à la sling, car la moitié du temps, je suis trop émerveillé et je regarde partout au lieu de chasser. Christian réussi pour sa part à prendre deux gros poissons: un Nassau Grouper et un Tiger Grouper, le chanceux va ! Catherine reste au bateau pendant ce temps pour faire cuire un bon poulet qu’elle a décongelé hier et préparer une salade de poulet pour diner. On revient de la pêche et Catherine s’en mord les doigts lorsqu’elle apprend que j’ai vu ce poisson-lune, c’est son rêve d’en voir un !!!

On se prépare pour la navigation et on lève l’ancre à 11h30 AM. On fait une navigation océanique aujourd’hui que Catherine appelle une navigation de « pépère »:  voile-moteur, pilote automatique, vent et vagues faible, beau soleil !!! La naviguation est donc très confortable et MER ET MONDE se balance doucement de gauche à droite. Catherine fait un bon ménage du cockpit et des coffres, pendant que moi je frotte la rouille sur le stainless du bossoir. On passe donc l’après-midi à s’occuper de notre bateau et on ne voit pas les heures passer.

       

Regardez cette belle eau bleue saphir de l’océan !!!                                     Eleuthera, nous voici !

Arrivée au mouillage à Eleuthera, le chenal d’entrée de No Name Harbour est étroit  et on doit naviguer à vue. Surprise à l’arrivée au site d’ancrage: on se retrouve dans une sorte de petit lac en plein bois avec plein de causarinas (sorte d’arbres conifères) et aussi des No Seehums … C’est un petit trou d’eau qui a été dragué, car il y a déjà eu un projet de marina qui est maintenant abandonné. On se croirait à Partridge Harbour au Lac Champlain ! L’ancre n’accroche pas du tout et on doit s’attacher avec une amarre à l’avant et une amarre à l’arrière, toutes deux autour d’un arbre dans le bois. C’est un endroit tranquille, charmant et bien protégé pour ce qui est des vents. Les No SeeHums nous attaquent dès notre arrivée malgré nos moustiquaires. Avant souper, on débarque à terre Catherine et moi pour aller marcher sur la plage et chercher des coquillages. La plage est très riche en surprises de toutes sortes ici et on trouve plusieurs conches roses ou blanches de grosseurs moyennes, des cônes et des Sand Dollars en forme de miches de pain. Je trouve quelque chose de plus rare: une grosse conche espagnole. Elle est un peu abimée et cassée, mais je la garde ! Je commence à prendre goût aussi à la cueillette de coquillages, car c’est le fun de trouver des trésors !

      

Eric attache les cablots et les ancres aux causarinas                               Une petite pause bien méritée pour les gars après s’être amarré

      

L’entrée étroite de No Name Harbour                                                          C’est un endroit paisible une fois bien amarré … à part les No Seehums !

12 Mars 2008: MER ET MONDE perd des morceaux !

La matinée est très tranquille dans notre petit lac intérieur ce matin qu’on a baptisé No SeeHums Harbor pour s’être fait mordre toute la nuit … On dirait qu’on a attrapé la picote ce matin ! VICTORIA’S SECRET chasse sur son ancre avant dans la matinée. Je vais l’aider avec Christian d’ESPERANTO et nos dinghys. Le siens a un moteur hord-bord de 25 forces, alors Benoit est sorti du trouble assez rapidement. On va porter son ancre avant dans le bois, comme l’on a fait pour nous hier. Je nettoie un peu la ligne de flottaison. Ensuite, les équipages se préparent à partir. Des ancres amarrées à terre, ça tient bien, mais c’est bien compliqué lorsqu’on veut appareiller. On s’entraide tous et on réussit à quitter le mouillage à 14h après un peu de tricotage. Il ne faut surtout pas faire un spaghetti en s’emmêlant tous ensemble dans nos cablôts et nos ancres ! Nous avons le soleil dans le visage, mais on réussit bien à voir et à sortir du chenal étroit avec des lunettes-soleil polarisées.

On se dirige d’abord vers la marina de Cape Eleuthera tout près pour faire le plein de diesel et d’eau. Ça fait très longtemps que nous nous sommes amarré à un quai de service ou des quais de marina, alors je suis plutôt nerveux de m’approcher d’un quai avec le bateau. Nos défenses et nos amarres n’ont pas servit depuis Nassau, soit depuis presque trois mois. Tout ce passe bien, on fait le plein et on repart une heure plus tard. Petite anecdote: en remplissant un bidon de diesel avec l’aide de Catherine, il arrive un petit accident et Catherine se retrouve aspergée de diesel de la tête aux pieds … Il y en a aussi sur le pont. Pendant que Catherine essait de réparer les dégâts du mieux qu’elle peut, je lave le pont. Quelle surprise !!! Je trouve une pièce du vit-de-mulet cassée sur le pont, juste au-desous de la bôme (ferrure qui sert à unir la bôme au mât).  Je m’aperçois donc que ma bôme de grand-voile était en train de nous lâcher ! Pas question d’ouvrir la grand-voile dans ces conditions bien-sûr ! Donc, il c’est un mal pour un bien. Si je n’aurais pas aspergé Catherine et le pont de diesel, je n’aurais pas vu cette pièce trainer sur le pont. Et qui sait …

       

Reprendre les cablots est toute une tâche pour ne pas s’emmêler !           L’eau est cristalline à l’entrée de la marina de Cape Eleuthera

À la sortie de la marina, on pointe le cap sur Rock Sound pour environ deux heures de navigation à voile-moteur. Le mouillage est immense et désert. Il est pour nous tout seul. Le fond et la protection sont vraiment excellents ici. Aussitôt ancré, Catherine prend une bonne douche au savon à vaiselle Joy pour se dégraisser et les vêtement y passent aussi !

13 Mars 2008: Centre d’achats à Rock Sound

Ce matin, je veux travailler à regagner ma grand-voile, alors j’embarque dès 10h AM sur le machinage d’une nouvelle pièce pour réparer le vit-de-mulet. Cette pièce sera en stainless, alors c’est très long à travailler. Cela me prend près de trois heures pour fabriquer un bout de tuyau de un pouce et demi. Le résultat me semble être excellent. Seul le temps nous dira si la pièce est fonctionnelle.

       

Petit atelier de réparation à bord de MER ET MONDE !                               Les deux pièces sont fort semblables non ?

Le vit-de-mulet étant maintenant réparé,

voici le résultat final

 

Nous sommes très bien ancré et protégé dans notre mouillage ici. Le village de Rock Sound est à deux milles de notre mouillage et c’est loin pour les dinghys. On convient avec VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO d’embarquer tous ensemble sur un seul voilier pour se rendre en ville. On choisit VICTORIA’S TAXI, car avec l’aller-retour à moteur, leurs batteries seront rechargées et nos oreilles seront épargnées du bruit de leur génératrice rebaptisée « Caterpillar » pour le vacarne qu’elle fait dans un mouillage lorsqu’elle fonctionne …

              

Eric s’amuse bien à tester le génois de VICTORIA’S            VICTORIA’S TAXI !

SECRET !!!

 

Une fois VICTORIA’S SECRET ancré du côté ville, nous n’avons qu’à marcher une vingtaine de minutes pour se rendre au Market Place de Rock Sound pour acheter différentes choses et faire une belle épicerie. Oui oui, vous avez bien lu: un centre d’achat ! C’est le premier que l’on voit depuis Nassau. Il comporte quatre commerces (épicerie, quincaillerie, pièces d’auto et liquor store). Il est petit, mais on y trouve pas mal ce qui nous manquait depuis un certain temps. On se sent revenir à la civilisation progressivement.

Après la deuxième partie de la croisière sur VICTORIA’S TAXI et le rangement de nos achats, on fait un 6h à 10h sur MER ET MONDE avec nos deux équipages préférés. C’est la première fois qu’on reçoit ESPERANTO sur notre bateau.

14 Mars 2008: Le Ocean Hole de Rock Sound

Ce matin en se levant, on a un très beau paysage. C’est le calme plat et l’eau est comme un miroir. Le cordeau d’ancre est complètement lousse et on dirait que le bateau est immobile dans l’eau sagnante. Catherine en profite pour prendre quelques photos des bateaux, car l’eau réflète les images inversées à la perfection. Christian d’ESPERANTO et moi, on va aider Benoit à arranger son presse-étoupe. Celui-ci coule depuis un certain temps, il est au bout de ses filets et sa pompe de cale part de plus en plus. On travaille donc ensemble sur cela jusque vers 11h30 AM.

                    

Matinée calme au mouillage de Rock Sound                               Bel effet miroir n’est-ce pas ?

Ensuite, on se rassemble tous encore une fois sur VICTORIA’S TAXI vers midi et on part s’ancrer en direction du village de Rock Sound. On débarque et on va diner chez Samy’s Place Restaurant de 13h à 15h. Les plats sont succulants et on goûte à leur spécialité bahamienne: conches, côtes levées et peas « n » rice. Catherine et moi, on s’échange la moitié de nos assiettes. Hummm …

       

Un bon repas chez Samy’s Place Restaurant en bonne compagnie            Les jardins sont tout en fleurs à Rock Sound !

Par la suite, les femmes et les enfants se promènent dans les rues et font les boutiques, tandis que nous allons entre gars voir le Ocean Hole tous près. C’est un trou bleu sur l’île qui communique avec l’océan et qui est profond de 183 mètres. De loin, on dirait un étang, mais quand on se penche au-dessus du trou, on consate bien vite que c’est un trou sans fond qui donne le vertige car il n’y a aucune transition entre la berge et le trou. De gros poissons tropicaux y nagent calmement… On pensait peut-être y patauger aujourd’hui puisqu’il fait vraiment très chaud, mais l’eau verdâtre nous décourage même si les bahamiens s’y baignent, eux.  Un parc est bien aménagé autour du trou et on peut y circuler.

       

Des enfants bahamiens font des pirouettes pour la caméra !                     Le Ocean Hole de Rock Sound, profond de 183 mètres …

En fin d’après-midi, pendant que les femmes vont voir le Ocean hole à leur tour, on prend entre hommes une bière sur VICTORIA’S SECRET en les attendant. VICTORIA’S TAXI revient vers 18h à son très bon mouillage de l’autre côté de la rive.

15 Mars 2008: Le charmant village de Governor’s Harbour

On lève l’ancre à 9h du matin pour se rendre à Governor’s Harbour qui est le siège du gouvernement d’Eleuthera. Au début de la colonisation des îles bahamiennes, c’était même la capitale des Bahamas. Il pleut à notre départ, mais cela s’éclaircit par la suite. On fait de la voile-moteur, car le vent est faible.

On arrive à Governor’s Harbour pour l’heure du diner. On pensait avoir des moorings, mais il n’y en a plus de disponible. On s’ancre alors dans la baie de Governor’s Harbour et on doit s’y prendre par deux fois, car le fond n’est pas bon ici (herbes). Il n’annonce pas de gros vents pour les prochaines 24 heures, alors la tenue de notre ancre est acceptable dans ses conditions.

Surprise, il y a du bon internet ici !!! On prend nos messages et on dine. Vers 15h, on descend à terre avec VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO qui eux, vont faire leur lavage. Catherine et moi, on va de notre côté explorer le village. On marche dans les rues et on s’achète une bonne bière froide: une Kalik Gold à 7% d’alcool qui est la bière officielle des Bahamas. On la met dans un sac de papier brun et on la boit tout en marchant comme le font tous les bahamiens ici. Elle est très bonne, mais elle nous tombe dans les jambes avec cette chaleur. La marche dans les rues escarpées de Governor’s Harbourg est plus ardue par la suite … Ici, les maisons sont bien entretenues et les terrains ont de beaux aménagements paysagers. Une partie du village possède de charmantes maisons de style anglais avec des jardins tout fleuris. C’est le printemps bientôt à Eleuthera aussi !!!

       

La baie de Governor’s Harbour                                                                       On peut apercevoir un bahamien qui marche dans l’eau pour aller

                                                                                                                           rejoindre son bateau moteur qui est à mooring dans la baie

 

       

La Kalik: la bière des Bahamas (elle est très bonne !)                                  Eric et Christian sirote leur bière pendant que Catherine va faire

                                                                                                                            une boutique !                 

 

             

Les jolies maisons bien aménagées avec de beaux jardins de                   Une vieille église du village: la St.Patrick’s Anglican Church                  

Governor’s Harbour. Celle-ci a un style anglais

 

      

Governor’s Harbour est tout en fleurs aussi !!!                                            Voici plusieurs plantes que l’on peut retrouver chez Rona, mais en

                                                                                                                          plus petit !                   

 

Après notre visite d’un des plus beaux villages des Bahamas qu’on ait vu à date, on revient au bateau vers les 17h30. On se lave au Joy à l’eau salée et ensuite, on se rince à l’eau douce avec la douche solaire, car on a vraiment eu chaud cette après-midi. On se rend compte que le soleil est de plus en plus fort et qu’on commence à prendre des coups de soleil. On passe une soirée au bateau à faire du internet et des téléphones par Skype.

16 Mars 2008: ESPERANTOWING !

On se lève dans la baie de Governor’s Harbour ce matin avec un soleil radieux. Il annonce très chaud aujourd’hui et les journées rallongent: c’est le bonheur!

Catherine travaille au journal de bord ce matin, pendant que je fais toutes sortes de petite choses (déjeuner, vaiselle, ramasser le bateau, etc.). On lève l’ancre à 13h en direction d’Alabaster Bay qui est tout près d’ici, à six milles nautiques. ESPERANTO doit aller à l’immigration pour se faire extentionner leur permission d’être aux Bahamas et il y aurait un bureau à l’aéroport. En cours de route, Sylvie d’ESPERANTO nous avertit que nous devons aller fermer toutes nos écoutilles rapidement, car sinon … Quelques minutes après, ESPERANTO nous attaque avec leur boyau d’arrosage et des ballounes d’eau. VICTORIA’S SECRET réplique avec un ou deux oeufs, mais MER ET MONDE décide d’y aller avec des morceaux d’oranges parce qu’on frotte encore des oeufs collés de la dernière bataille … On s’en tire sans dommage et rafraîchit, l’eau faisant finalement du bien !

ESPERANTO passe à l’attaque !

On mouille dans cette belle baie en milieu d’après-midi. Le fond n’est pas très bon ici par ailleurs et on ne pourra y rester très longtemps. Les trois équipages débarquent à terre après avoir fait une longue route en dinghy pour aller à l’aréoport. Rendu sur place, on nous répond qu’il n’y a pas d’agent d’immigration ici et qu’ESPERANTO devra retourner à Governor’s Harbour, où on était ce matin … L’agent sera peut-être là en après-midi … On goûte au rythme bahamien !

En revenant, Catherine fait la cueillette de quelques coquillages sur la place, ce qui fait que les deux autres équipages partent juste un peu avant nous. Notre DEMI-PORTION tombe en panne en chemin. Les autres sont rendus loin devant, car leurs dinghys vont bien plus vite et on a pas notre VHF portative pour les appeller. Pendant que j’essaie tant bien que mal de repartir le hord-bord, Catherine jète l’ancre marguerite du dinghy et la relève à plusieurs reprises. Rien à faire, le moteur est mort et il ne nous reste qu’à ramer le mille et demi qui nous sépare de MER ET MONDE … Le vent s’est levé et la vague de deux pieds est contre nous. Au bout de 15 minutes, on a pas avancé d’un pouce, alors on remet l’ancre et on attend que nos amis s’inquiètent de nous. Heureusement, Benoit remarque qu’on ne bouge pas fort au loin. C’est Christian d’ESPERANTO qui arrive avec ESPERANTOWING (il appellait déjà son dinghy comme ça, Hi Hi !!!) et son moteur de 25 HP. On embarque tous dans ESPERANTOWING et DEMI-PORTION se fait trimbaler à l’arrière à plus de 10-15 noeuds de vitesse. Notre dinghy n’a jamais été aussi vite de sa petite vie !

En arrivant au bateau, je fais un nettoyage de carburateur et je change la bougie. Tout va bien par la suite avec DEMI-PORTION. On place une deuxìème ancre pour la nuit, car on annonce des vents de 20 noeuds. On a eu chaud aujourd’hui et on aimerait bien se baigner, mais il y a plein de méduses ici, alors on oublie ça.

Le soir, on est invité sur ESPERANTO pour la fête au Capitaine: Christian. On arrive chacun avec des desserts et ça donne un gros buffet-dessert qui fait la joie de tous. On avait mangé moins pour le souper pour avoir encore de la place pour goûter à tout. Il y a de la fondue au chocolat, des petites boules de chocolat, des brownies, du gateau Excellent (c’est le nom) et de la tarte au coconnut. Notre taux de sucre est à son comble à la fin de la soirée !

      

Hummm, quel beau buffet-dessert pour la fête de Christian !                     La belle assiette n’est-ce pas ?

17 Mars 2008: La baie de Hatchet Bay

Ce matin, ESPERANTO nous quitte pour retourner à Governor’s Harbour pour ses papiers d’immigration. Nous, on prend notre temps ce matin et on lève l’ancre à 10h AM avec VICTORIA’S SECRET. Il fait maussade et très venteux aujourd’hui: 20 à 25 noeuds du nord avec des rafales à 30. On fait de la super belle voile, car MER ET MONDE fait du travers. On doit prendre dès le début deux ris dans la grand-voile et trois ris dans le génois. Et oui !, notre enrouleur de génois tient le coup aujourd’hui avec le nouvelle angle que j’ai donné à la corde de l’enrouleur. Le bateau est confortable et bien équilibré. On file à la vitesse de coque pour les 10 milles qui nous séparent de Hatchet Bay.

Le beau mouillage d’Alabaster Bay

On doit passer l’entrée d’Hatchet Bay qui est très étroite mais profonde entre deux murs de roche pour aller s’ancrer à l’ouest de la baie. Le fond est constitué d’herbes. On constate que la baie est bien protégée des vents et de la houle, mais que le fond n’est pas très bon. Les guides disent qu’il y a des emplacements où le tenue est bonne, mais il faut les trouver et que c’est un coup de chance quand on y arrive. On réussit à s’ancrer correctement après avoir chassé sur notre ancre pendant 1000 pieds !!! VICTORIA’S SECRET pour leur part réussit à prendre le dernier mooring disponible de la baie qu’il utilise à ses risques et périls, puisque les moorings ne sont pas entretenus ici. Il faut aussi faire attention, car plusieurs moorings inutilisables trainent dans le fond depuis le passage de l’ouragan Andrew. ESPERANTO nous rejoint un peu plus tard dans le mouillage et eux aussi ont de la difficulté avec l’ancrage. Catherine débarque à terre dans le petit village de Alice Town avec Nancy et Benoit pour faire une reconnaissance des lieux, tandis que moi je reste sur le bateau pour surveiller et prendre confiance en notre ancrage. Catherine revient de sa reconnaissance en ayant trouvé l’endroit pour faire le lavage de demain et ramène une queen conch comme bonus à mon grand désespoir … Je ne sais plus où entreposer les coquillages dans le bateau !

Voici l’entrée étroite de Hatchet Bay qui nous mène à Alice Town

18 Mars 2008: Fête déguisée sur ESPERANTO !!!

Ce matin, c’est opération lavage. On est vraiment dû: la dernière corvée remonte à il y a trois semaines … Tout notre linge est à laver, de même que notre lit qui est plein de sable. On a trois grosses poches de linge quand on sort du bateau à 10h AM. Je vais porter Catherine à la buandrie du village d’Alice Town avec ses paquets. Nancy de VICTORIA’S SECRET accompagne Catherine. On se débarasse aussi de nos déchets. On rencontre sur notre parcours un beau petit chiot qui nous suit et qui veut jouer avec nous. Il ressemble à notre chienne Maggie quand elle était petite. Il est vraiment crocable, mais on se rend compte qu’il a une colonie de petites bibittes qui se promène dans son poils, alors on le trouve un peu moins mignon … Laissant Catherine au lavage, je m’occupe du ravitaillement en eau. Je rejoinds Catherine et Nancy pour le diner à la buandrie, elles sont en train de placoter et lire des livres. Il y a une portion casse-croute à la buandrie et on mange de bonnes ailes de poulet apprêtées à la bahamienne. Les meilleures qu’on ait mangées !!! Après diner, on plit tout le linge et on ramène le tout au bateau. On étend le linge qui reste à sécher.

Je remarque avec mes fax météo qu’il y a des vents dans l’Océan Atlantique de force ouragan (65 noeuds) accompagnés de vagues gigantesques de 35 pieds !!! Ce n’est pas que c’est proche de nous, mais ça reste que c’est plus ou moins courant d’avoir une tempête de cette force là à ce temps-ci de l’année dans l’Atlantique. Je surveillerai cela.

En fin de journée, on se prépare pour la fête de Janie d’ESPERANTO qui a 11 ans aujourd’hui. Elle a demandé comme cadeau qu’on fasse un souper  et une soirée déguisée. Alors, Catherine et moi on prépare nos costumes avec ce qui nous tombe sous la main dans le bateau. Pour Catherine, c’est en poubelle qu’elle se déguise, tandis que moi, c’est en énergie !!!

              

Kate la poubelle !                                                                   Eric est très illuminé ce soir !

Arrivés sur ESPERANTO, on constate que tout le monde a beaucoup d’imagination et on se bidonne bien: agent d’immigration, gitane, blessée, etc… … Sylvie d’ESPERANTO fait le menu préféré de Janie, soit un immense paté chinois avec un Bonne fête Janie ! d’écrit dans les patates pillées. On passe une très belle soirée encore une fois sur ESPERANTO à rire et à faire des jeux que les enfants animent.

Bonne fête Janie !!!

19 Mars 2008: Journée tranquille

Catherine se retrouve avec un gros mal de tête et de cou ce matin. Sûrement une mauvaise position de sommeil. Je taponne donc toute la journée pendant que Catherine se repose et dort. Je colle en autres la porte en teck de notre salle de bain qui est fendue de haut en bas. Ensuite, je pompe de l’eau salée avec du vinaigre dans le circuit d’eau qui va à notre pompe d’eau de mer près du lavabo de cuisine. Avec le temps, le tuyau se met à sentir mauvais (ça sent les oeufs pourris) et le vinaigre nous enlève cette senteur si on le laisse tremper une demie-journée. J’enlève aussi au balcon avant le support en plastique de la deuxième ancre et qui était un peu embarrassant. La deuxième ancre est trop souvent utilisée depuis qu’on est aux Bahamas, alors je laisse celle-ci dans le puit d’ancre.

En fin d’après-midi, Catherine fait de la lecture sur l’île d’Eleuthera et fait des trouvailles intéressantes. Il semble que certaines plages d’Eleuthera du côté océan sont réputées être les deuxième meilleures au monde pour faire du surf. Il faut se rendre particulièrement à Surfer’s Beach (entre Gregory Town et Alice Town) et à James Citern Beach dans le village de James Citern pour voir des vagues déferler jusqu’à trois mètres de hauteur. Paraît-il que des surfeurs partout dans le monde, particulièrement d’Australie et d’Hawaï, convergent ici pour pratiquer leur sport préféré !!! Avec les vents de force ouragan qu’il y a dans l’Atlantique, il y aura demain de très grosses vagues assurément sur les plages d’Eleuthera. On organise donc avec VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO une exploration des plages pour demain. Pour ce, il faut louer une van, car on ne peut parcourir les distances à pieds. YOUPPI!

20 Mars 2008: La chasse aux vagues !!!

Ce matin en recevant les fax météo, les cartes météo m’indiquent que les vents de force ouragan en Atlantique Nord nous amènent des vagues de 12 à 14 pieds du côté océan de l’île d’Eleuthera aujourd’hui. Parfait, parfait !!! Aujourd’hui, c’est confirmé ! On part à la chasse aux vagues !!!

Benoit et Christian s’occupe de louer une mini-van. On embarque les trois équipages dans la van vers 9h30 AM. On décide de se diriger au nord de l’île d’abord pour ensuite redescendre tranquillement afin d’explorer les endroits intéressants. Première destination: Glass Windows, l’endroit le plus étroit de l’île. En chemin, les passagers de derrière la van se plaignent rapidement d’une odeur d’essence insupportable. On arrête sur le bord de la route pour découvrir qu’il y a une fuite d’essence importante: ça coule à flot au sol !!! On ne peut bien sûr plus reprendre la route dans ses conditions ! Benoit ce fait aider par un résident qui l’amène chez lui dans la boite de son pick-up. Il passe un coup de fil à la compagnie de location qui lui dit qu’il ne peut venir nous chercher et n’a pas d’autre van à nous louer pour aujourd’hui. Ça va bien … On voit un garage tout proche à Gregory Town. Un mécano regarde la fuite et nous dit que ce n’est pas réparable sans commander une pièce. Alors, on laisse la van là. Et voilà, on se ramasse à pied ! Aucune compagnie de location d’auto aux alentours et on est à 5 milles terrestres de Hatchet Bay !!! On respire par le nez: on se débrouillera bien …

La van avec la fuite d’essence qu’on peut apercevoir en dessous…

Les filles vont faire les boutiques de Gregory Town. À une des boutiques du nom de Rebecca’s Beach Shop, nous faisons la connaissance du célèbre surfeur américain Surfer Pete et de son épouse Rebbeca qui sont venus s’installer à Gregory Town il y a longtemps à cause de ses belles plages. Ils tiennent une boutique avec toutes sortes d’objets inimaginables à vendre comme des dents et des machoires de requins et louent des planches de surf pour 2$. Pete nous raconte qu’aujourd’hui, les vagues sont extrêmement dangereuses et que personne ne va surfer par des conditions pareilles.

Notre rencontre avec Surfer Pete. Observez les

dents de requins à son comptoir …

 

Le ventre commence à nous gargouiller et on se trouve un bon endroit pour diner, le Cambridge Villas, qui ressemble plus à un motel avec piscine creusée qu’à un restaurant. Les propriétaires sont une famille sympatique qui nous servent tous. Nous sommes les seuls clients ce midi et on sent qu’ils nous reçoivent comme chez eux, dans leur maison. La cuisine bahamienne est vraiment délicieuse partout où l’on va ! Après diner, on placote longtemps avec eux et on essait des chapeaux qui servent de costumes pour la Junkanoo (défilé bahamien le 26 décembre).

       

Catherine porte une partie d’un costume                Une petite sieste après diner !

de la Junkanoo

 

Après notre repas, on se dirige à la plage accessible de Gregory Town qui représente environ 2 milles à pieds aller-retour: Holiday Beach. WOW !!! C’est absolument fou comme la mer est forte. De belles grosse vagues se forment et déferlent sur la plage. D’autres offrent un spectacle inoubliables: elles explosent litérallement de plusieurs mètres de hauteur avant de mourir à nos pieds. Catherine tente de prendre des photos qui ne représentent malheureusement pas toute la splendeur du spectacle.

      

      

Les belles grosses vagues de Holiday Beach

On essaie de redescendre vers le sud par la plage en espérant rejoindre Surfer’s Beach, là où les vagues sont les plus belles. Mais après une heure de marche infrutueuse dans les coraux accidentés, on rebrousse chemin et on revient au point de départ, des falaises de plus en plus abrutes séparant les deux plages. Il fait très chaud, on a les jambes qui tremblent et on a tout bu nos réserves de liquide.

 

     

Les vagues viennent éclater sur les falaises …                                           … Et se frayent un chemin parfois !

De retour à Gregory Town, on passe par une petite épicerie pour acheter un gallon d’eau qu’on s’empresse de boire. Ha là là, ça fait du bien !!! Immédiatement après, un camion qui conduit des touristes à Surfer’s Beach se dirige vers nous. On lève tous le pouce … et OP ! Tous dans la boite du camion en moins de deux ! On se rend compte de toute la distance à parcourir, nous n’aurions jamais pu le faire à pied …  Le conducteur nous offre d’aller nous porter jusqu’à Surfer’s Beach. Ça nous tente vraiment, mais il est déjà proche de cinq heures alors, ce n’est pas raisonnable. On débarque tous. En débarquant, on remarque un taxi stationné juste de l’autre côté de la rue à une maison privée. Benoit va voir. Le chauffeur de taxi peut nous amener à Hatchet Bay pour 20$. On monte les 10 dans la mini-van. Catherine, Sarah-Maude et moi, nous prenons place dans le coffre-arrière tous embarqués un sur l’autre et on trouve cela bien drôle. En moins de deux, on arrive à destination ! Benoit et Christian réussissent sans problème à aller se faire rembourser les 75$ qu’on a déboursé ce matin pour la location de la van. Quelle journée d’aventure n’est-ce pas ???

       

La flotille est contente de se trouver un taxi: on s’y entasse tous !             Quoi de mieux que de se réhydrater après une grosse journée sous

                                                                                                                            les rayons du soleil !

 

21 Mars 2008: La puissance de la mer

Ce matin, un défi nous attend. Impossible de lever l’ancre ! Nous sommes ancrés dans 25 pieds d’eau trouble où l’on ne peut bien voir le fond. Je frappe la chaine sur le taquet et Catherine essaie de faire décrocher l’ancre à l’aide du moteur en donnant un élan au bateau. Elle essaie par trois fois dans le sens inverse de l’ancrage, sans résultat. Le nez du bateau pique abruptement dans l’eau et l’ancre ne bouge pas d’un yota. Catherine essaie ensuite à 90 degrés de l’ancrage et … BINGO ! Ça marche ! On sent par contre quelque chose de pesant lâcher dans le fond. Espérons que ce n’est pas notre ancre ! J’essaie ensuite de remonter l’ancre … et j’en suis incapable. Trop pesant ! Ça doit être une grosse motte de glaise. Alors, je demande à Catherine de rouler dans le mouillage pour faire diluer la motte qu’il y a probablement au bout. Une seconde tentative pour remonter l’ancre ne donne aucun résultat. Je demande alors à Catherine d’avancer dans 15 pieds d’eau pour que l’ancre et la motte de glaise puissent faire des embardées dans le fond. Je refais une troisième tentative et ça ne remonte toujours pas. Que faire ? Réfléchissons … Je m’installe comme il faut dans le puit d’ancre et je tire de toutes mes forces, tellement que je vois des étoiles. L’ancre remonte de deux pieds … Je sais alors que c’est possible, mais je suis tellement au bout de mes force que mon dos me dit qu’il dépasse ses limites. Je continue (pas le choix) en prennant des poses de 2 à 5 minutes entre les remontées. Je finis par entrevoir l’ancre avec ce qu’il y pend au bout. Je ne saisis pas c’est quoi, mais ce n’est pas de la glaise … Je remonte l’ancre jusqu’à fleur d’eau, et là, j’identifie ce que c’est: un tapon de chaînes avec une amarre provenant d’un ancien mooring, tout rouillé et emmellé. L’ancre est pris au milieu de ce tapon. Je prends la gaffe et je réussis à enlever la chaîne, mais l’amarre reste enroulé autour de l’ancre. Je fixe un couteau à steak avec du « tape » au bout de la gaffe et j’arrive à couper la corde avec mon nouvel outil en y allant doucement. Tout lâche et l’ancre est libre et intacte. FIOU !, on peut partir. Tout cela nous prend un bon 45 minutes pendant que VICTORIA’S SECRET nous attend en faisant des ronds dans la baie. Catherine avait lu dans les guides que quelque chose de semblable pouvait nous arriver, car Hatchet Bay a été victime du passage d’ouragans qui ont décimé la baie, laissant des mooring au fond de l’eau à l’abandon. La pêche a été bonne pour nous !!!

On sort enfin de Hatchet Bay et direction de Glass Windows, l’attraction de la journée. On n’a pu le voir par la terre, alors on fait un détour pour aller voir ça par la mer avant d’aller mouiller pour la nuit à Royal Island. On mouille avec VICTORIA’S SECRET dans une petite baie tranquille proche du pont, puis on part à pied explorer les lieux. Il y a déjà eu ici un pont rocheux naturel qui reliait les terres de cette partie très étroite de l’île, mais qui a été emportée par la mer en 1918, séparant l’île d’Eleuthera en deux. Un pont a été construit par la suite de main d’homme pour faire à nouveau les frais de la mer en 1991, lors de l’ouragan Andrew. Le pont a été déplacé de 7 pieds par les fortes vagues et n’a pas été reconstruit par la suite. Une seule voiture peut passer à la fois sur le pont qui surplombe un petit passage où l’eau de l’océan passe du côté bank à marée haute. Les vagues passent par-dessus le pont par mauvais temps. Aujourd’hui, c’est spectaculaire à voir ! D’ailleurs, on a entendu aux nouvelles d’hier qu’une voiture a été projetée hors de la route dans la journée. Et bien, quelle surprise de voir aujourd’hui la petite voiture abandonnée sur le côté de la route. On parle même au propriétaire qui attend de faire remorquer son auto qui est passablement endommagée. On imagine facilement la vague arriver par la droite et passer par-dessus l’escarpement. Assez dangereux cet endroit par mauvais temps ! L’entretien du pont ne nous dit rien de bon non plus …

       

Une auto a été emportée par une vague hier à l’entrée du pont …            Voyez le pont qui a été dévié de 7 pieds vers la droite par l’ouragan

À gauche le bank et à droite l’océan                                                             Andrew en 1991. À gauche l’océan et à droite le bank

 

                   

La puissance des vagues est impressionnante !                        L’entretien du pont est plutôt douteux …

 

 

      

 

Les vagues de l’océan entrent ici pour passer le pont à gauche                Paysage de Glass Windows                                                                             

 

On désancre ensuite pour se rendre à notre mouillage pour la nuit. Il faut pour ce faire passer le Current Cut qui nous permettra d’avoir accès aux îles plus au nord sans faire un énorme détour, puisqu’il y a beaucoup de haut-fonds dans ce secteur. Le Current Cut est un passage étroit entre le bank et l’océan. Dans cette ouverture, une quantité phénoménale d’eau y passe à chaque changement de marée et il peut avoir de 5 à 7 noeuds de courant dans le plus fort. Ce qui en fait le cut avec le plus fort courant de tous les Bahamas. De là son nom: le Current Cut. Il paraît aussi que c’est une des plus belles places pour faire de la plongée sous-marine, les plongeurs se laissant dériver dans le courant pour y voir de gros spécimens.  Il faut planifier judicieusement notre passage pour ne pas être déporté sur les bancs de sable. Aussi, un voilier voulant aller contre-courant risque de faire du surplace ou même de naviguer à reculons dans le pire des cas … Nous calculons donc notre parcours pour pouvoir traverser ce cut à l’étale de la marée basse où pendant un court moment, il n’y a pas de courant.

En chemin, un bébé dauphin nous tient compagnie pendant un bon deux heures. Il est timide au début et reste à distance en tournant autour du voilier. Puis à la fin, il nage à la proue d’où Catherine peut l’observer de près et presque le toucher. Il nous fait de belles pirouettes dans les airs et nage à l’envers en nous montrant son petit ventre rose avant de nous dire bonjour et s’en aller. Quel moment délicieux !!!

Notre approche du Current Cut est plutôt délicate puisqu’il fait nuageux et que nous ne pouvons pratiquement pas faire de navigation à vue. On baisse toutes les voiles et on part le moteur. On avance très lentement en évitant les têtes de corail et les haut-fonds de chaque côté du bateau. Arrivé au cut, nous avons la chance d’être pile à l’étale et il n’y a aucun courant. Le passage du Current Cut se fait donc en douceur pour nous: les deux doigts dans le nez !

Ensuite, on met le cap en direction de Royal Island pour une dernière heure de navigation en hissant toutes les voiles pour une troisième fois. On arrive à Royal Island fatigué de notre journée bien remplie. Pour ceux qui savent l’énergie que ça demande d’hisser et d’affaler les voiles, c’est un bon exercise de faire toutes ces manoeuvres trois fois dans une même journée. Surtout par vents frais comme c’est le cas aujourd’hui (20-25 noeuds) ! Le soir venu, on s’endort rapidement …

22 Mars 2008: Spanish Well: The golf car city !

Royal Island a déjà été un endroit prisé et était considéré comme un « Hurrican Hole » à l’épreuve des ouragans. Malheureusement, tout a été détruit ici part l’ouragan Andrew en 1991. Il n’y a donc rien à faire ici. On part vers 9h00 AM à marée montante en direction de Spanish Well. On n’a pas long à faire, donc on est rendu en moins d’une heure. Il est défendu d’ancrer dans le harbour ici et il n’y a plus de place à mooring, alors on prend une marina. Cela fait trois mois qu’on ne s’est pas amarré à une marina, alors c’est la fête !!! On redécouvre le plaisir de l’électricité, d’internet, de l’eau douce et d’une douche chaude interminable jusqu’à ce que l’eau chaude manque. C’est une belle marina ici et il y a une dizaine d’autres voiliers ou catamarans. On placote en anglais avec certains après s’être amarré.

On doit se dépêcher à faire des commissions, car les magasins ferment à midi en raison du congé de Pâques. Catherine va faire une épicerie avec le groupe, pendant que je cherche une piece électrique dans deux magasins marins. Je ne trouve rien et reviens au bateau pour faire un peu d’internet et diner.

En après-midi, on va faire le tour de l’île Catherine et moi en amoureux, main dans la main. On trotte pendant trois bonnes heures pour se remplir de la beauté de cette île. Mon mal de dos causé par le désancrage d’hier persiste et m’oblige à m’assoir quelques fois durant cette marche. Nous rencontrons principlement des descendants de loyalistes qui sont blonds aux yeux bleux avec la peau toute tachetée de points de rousseur. Ils sont très faciles à identifier. Ici, c’est une des îles les plus riches des Bahamas où les habitants vivent en grande majorité de la pêche qui semblent être très fructueuse. Un pêcheur de cette île gagne facilement 40 000$ par année.  Les maisons sont toutes très coquettes, les cours sont propres et bien aménagées. Des fleurs bourgonnent partout, car c’est le printemps à Spanish Well aussi ! On trouve que les résidents sont très sympatiques: on nous salue, on nous offre un « lift » en golf car ou de l’aide spontanément. Ils sont chaleureux et calmes. Les hommes promènent leur femme en golf car (on finit par les revoir passer plusieurs fois au même endroit …). Malheureusement, c’est la fin de semaine de Pâques et presque tout est fermé en après-midi, sauf quelques commerces. On aurait aimé voir les pêcheurs ramener leurs prises et les voir travailler à l’usine. Décidément, Catherine déclare que c’est l’île qu’elle préfère des Out Islands et qu’elle déménage ici sans problème ! 

     

     

     

     

         

     

                   

Paysages de la très belle communauté de Spanish Well

On retourne au bateau vers 16h00. Catherine regarde les emails, tandis que moi je prends une bière avec les capitaines de VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO. Une fenêtre météo s’annonce pour demain afin de se rendre à la très belle île d’Harbour Island en passant par le redouté Devil Backbone. Christian, qui a déjà fait le trajet à deux reprises sans encombre, nous  transmet les points GPS du Devil Backbone. J’essais une bonne partie de la soirée de transférer ces points GPS automatiquement dans mon locigiel MaxSea, mais je ne réussis pas. Vers 21h00, on convient Catherine et moi de les rentrer tous manuellement et de se vérifier par deux fois. Il y en a 34. C’est long, mais nécessaire et ça nous prend une bonne heure. Ensuite, nous allons prendre chacun une douche chaude à la marina. Notre dernière vraie douche remonte au 27 décembre 2007 à Nassau … Petit moment de douceur véritable. Catherine reste sous le pommeau de douche une bonne demie-heure !!!

À 23h, on ne dort toujours pas. Benoit non plus d’ailleurs et vient nous voir pour placoter. On doit se rendre à l’évidence, il faut planifier la fin de notre voyage aux Bahamas … On conclut qu’il serait peut-être mieux de penser à traverser aux Abacos tout de suite, plutôt que d’aller visiter Harbour Island. On ne devient plus sûr de rien, alors on remet notre décision à demain matin. C’est sûrement les prévisions météo qui vont trancher comme d’habitude !!!

23 Mars 2008: Traversée du redouté Devil Backbone

Catherine se dépêche à sortir dehors ce matin lorsqu’elle entend des dauphins nager dans la marina. Il y a trois dauphins qui tournent autour de notre bateau. Elle court sur le pont du bateau à babord … à tribord… à babord … et cela me réveille ! Il faut se lever de toute façon, car on a une décision importante à prendre ce matin. On regarde la météo par Internet. La fenêtre météo est bonne pour faire le Devil Backbone ce matin. De plus, il n’y a pas de fenêtre météo avant une semaine pour pouvoir traverser aux Abacos.  Alors, on préfère passer la semaine à Harbour Island où il y a plein d’activités à faire qu’à Spanish Well où l’on a déjà fait le tour. Notre décision prise, on fait quelques téléphones par Skype pour souhaiter Joyeuses Pâques (Happy Easter) à nos familles avant de décoller.

La route du Devil Backbone se situe entre Spanish Well et Harbour Island et représente six milles nautiques à parcourir. Portant bien son nom, le Devil Backbone est un court passage a effectuer dans l’océan au nord d’Eleuthera qui a donné au cours de l’histoire bien des casse-têtes aux navigateurs. Plusieurs navigations se sont d’ailleurs soldées par un naufrage dans le passé, comme en témoignent les nombreuses épaves sur cette route. C’est que le trajet est exposé aux vents et à la houle du nord et est parsemée de barrières de corail d’un côté et de plages où se cassent les vagues de l’autre côté. Il faut naviguer très proche des plages pour éviter les coraux. Quand il fait mauvais, les bateaux peuvent être déportés sur la plage et s’échouer. Il faut donc que plusieurs conditions soient obligatoirement réunies pour ciculer dans ce passage: navigation à vue (idéalement de 11h à 15h si on va vers l’est et de 9h à 13 si on va à l’ouest), de même que faible vent et houle qui ne proviennent surtout pas du nord. Il est écrit dans les guides qu’il est recommandé de louer les services d’un pilote expérimenté de Spanish Well pour faire ce bout de chemin. Nous, on a notre pilote expérimenté : ESPERANTO ! On appareille à 11h AM. Il fait ensoleillé avec passages nuageux, on a une petite brise qui souffle du sud et on peut bien naviguer à vue. La houle est douce et longue. Les conditions sont réunies pour effectuer la traversée du Devil Backbone quoi !

Donc, ESPERANTO est bien sûr le premier, suivit de VICTORIA’S SECRET et de MER ET MONDE en dernier à cause de notre grand tirant d’eau et de notre pilote automatique qui n’est pas interfacé avec notre GPS comme les deux autres équipages. Il faut expliquer que le pilote automatique de MER ET MONDE suit un cap, mais non une route. Le vent, les vagues et le courant nous font dévier de notre route et il faut donc souvent corriger manuellement notre pilote pour rester sur la route établit. Ceci n’est pas trop irritant quand on navigue dans de grands espaces, mais pour une route comme aujourd’hui, c’est important d’être bien concentré. Je me jure d’étudier davantage mon pilote automatique et voir à l’interface aussitôt que j’en aurai le temps, car avec une navigation délicate, je prends conscience de l’importance d’avoir un pilote qui corrige la route. Tout ça pour dire qu’on suit religieusement notre navigation planifiée la vieille. Catherine passe de l’ordinateur qui est installé aujourd’hui sur le capôt de la descente et la proue pour naviguer à vue, tandis que moi je suis à la barre. On suit les autres équipages à la trace. Tout ce déroule sans anicroche et on trouve cela moins pire que ce que l’on avait imaginé, et ce que l’on avait lu dans les guides. Il y a deux petits bouts vraiment délicats: il faut passer pour le premier dans un passage étroit entre deux barrières de corail où les vagues déferlent de chaque côté que Catherine a bien identifié bien à vue, et il faut rouler à environ 50 pieds d’une plage aux vagues déferlantes pour le deuxième. Arrivés à Harbour Island, on doit se faufiler entre deux haut-fonds où il y a juste assez d’eau sous la quille pour les mer & mondistes. On est très fiers de nous: on l’a fait !!! Mais attention aux naviguateurs: chacun doit connaître ses propres limites ! Nous, on ne l’aurait jamais fait sans un bon guide comme ESPERANTO. On se met à l’ancre devant la ville qui semble très charmante vers 14h00 et on se repose de nos émotions en après-midi.

            

On se suit de près à la queue leu-leu dans le Devil Backbone                   Regardez comme on passe près de cette belle plage où les vagues

                                                                                                                         déferlent !!!

 

On reçoit la visite des ados SECRET’S vers 16h30. On fait différentes choses, dont un dessert pour la soirée, des dessins, du nettoyage, etc … On est invité à souper ensuite sur VICTORIA’S SECRET pour le souper de Pâques. On mange « les boulettes à Mamie » qui sont délicieuses: Merci Mamie ! Puis, on retransfert sur MER ET MONDE pour visionner le DVD du spectacle de Denis DeYoung que Benoit a acheté juste avant de partir en voyage. C’est un vrai délice avec le bon système de son de MER ET MONDE ! En plus, c’est un spectacle son et lumières puisque de gros éclairs éblouissent le ciel noir au loin. Les prévisions météo nous informent qu’il annonce un avertissement de trombes dans les îles des Abacos (tornades d’eau). Ce n’est pas supposé nous toucher puisque c’est à 60 milles au nord de Harbour Island. Nous avons une pensée pour des amis qui sont à cet endroit en ce moment …

 

On met la main à la pâte pour le dessert de Pâques !

      

Notre bon souper chez la famille SECRET  …                                                … Joyeuses Pâques à tous !!!                                

À 22h00, en plein visionnement de spectacle, un gros orage éclate accompagné de rafales de vents de 30-35 noeuds. On arrête le visionnement et je m’aperçoie qu’on chasse sérieusement !!! Benoit saute dans mon habit de pluie et s’en va tout de suite à son bateau pour vérifier si le sien chasse aussi. Tout semble correct pour son bateau. Le reste de la famille SECRET reste sur MER ET MONDE en attendant que ça passe. Je parts le moteur immédiatement, tandis que Catherine me passe mon coupe-vent. Elle part les instruments et l’ordinateur pour que l’on puisse visionner notre position GPS sur les cartes Explorer. Surprise ! Catherine calcule que nous avons chassé d’environ 300 pieds dans le temps de le dire et sommes en bien mauvaise position: une marina est à 50 pieds derrière nous. Je me rends vite compte que le bateau est échoué et que la vague et les rafales nous poussent vers la marina. Les bateaux amarrés au quai de la marina dansent dans tous les sens dans la vague et se battent fortement contre leurs amarres, spectacle assez impressionnant à nos yeux. Je tente dans un premier temps de stabiliser le bateau nez au vent à moteur pour ne pas continuer d’être propulsé vers la marina. Ce n’est plus l’ancre qui nous tient, mais la quille qui est enfoncée dans le sol. De plus, Catherine m’annonce qu’on est à pleine marée haute, ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle quand on est échoué … C’est vraiment un tour de force de garder l’équilibre d’un bateau échoué et je perds le contrôle quelques fois. C’est comme si je dois réapprendre à conduire un bateau d’une façon complètement différente.  Entre deux rafales, je demande à Catherine d’aller vérifier l’état de l’ancre à l’avant. Elle me dit que tout est mou. Je lui demande de me ramener si elle est capable tout le cordeau d’ancre qu’elle peut pour ne garder à l’eau que les 60 pieds de chaine. Si elle réussit, je pourrai déplacer le bateau sans avoir peur de prendre le cordeau d’ancre dans l’hélice du moteur. Elle revient en me disant que c’est règlé ! Super, car Catherine n’aurait pas pu garder la barre seule dans ses circonstances pour que j’aille moi-même remonter l’ancre. Je peux donc maintenant rediriger le bateau dans l’eau plus profonde. Je mets la barre bien droite et les gaz à fond entre deux rafales pour essayer d’avancer. BINGO !!! Ça marche ! Catherine me confirme que j’avance à l’aide des instruments. Le bateau recommence à flotter et se retrouve avec l’ancre à l’arrière avec 60 pieds de chaine. Notre bateau mesurant 31 pieds, l’ancre se situe donc à 30 pieds derrière. Je veux aller porter l’ancre à l’endroit où elle était à l’origine. Je perds le contrôle du bateau à nouveau à cause d’une grosse rafale. Le bateau se retrouve de côté au vent et se remet à reculer vers la marina … Sauf que l’ancre s’agrippe au fond cette fois-ci et on se retrouve ancré avec le nez au vent. OUF ! Il y a un petit bateau de pêche qui est à mooring tout près, mais pour le moment, ça ira … La tension redescend d’un bon cran. Il faut attendre que l’orage se calme, mais nous ne sommes plus en situation de danger pour le moment. Benoit vient chercher ses trois femmes pour les ramener sur VICTORIA’S SECRET, qui n’a pas bougé. Vers minuit, tout est calme et je remets l’alarme d’ancrage. Nous avons eu Catherine et moi quelques émotions fortes aujourd’hui et l’adrénaline redescend peu à peu, mais pas totalement. On trouve qu’on s’en est bien sorti tout les deux et Catherine me dit que MER ET MONDE a un très bon « Capt’n ». Le sommeil est très léger et on surveille de temps en tant le petit bateau de pêche qui s’appelle TOP CAT !!!

24 Mars 2008: La chance nous sourit à nouveau avec un Mary’s Bean !

On se lève à l’aube pour vérifier notre ancrage. On est encore tout près de TOP CAT. Sauf que le vent a viré et je peux donner 50 pieds de cablôt de plus pour que MER ET MONDE soit plus à son aise. On se recouche ensuite jusqu’à 10h AM afin de rattraper le sommeil perdu.

Le TOP CAT, un petit bateau de pêche de Harbour island

Vers le diner, on s’aperçoit qu’on chasse à nouveau tranquillement et qu’on drague le fond d’herbes avec notre ancre. Décidément, on est pas bienvenue ici … Moi, avec ma superstition légendaire, je déclare aux autres équipages que nous sommes punis d’avoir trouvé trop facile la traversée du fameux Devil Backbone hier … Ça nous rappelle qu’il faut toujours rester humble par rapport aux forces de la nature … On lève donc le camp d’ici et on se dirige plus au nord à Man Island pour s’ancrer dans un mouillage plus approprié pour passer le cold front qui s’annonce cette nuit. En moins d’une heure, on est ancré dans un meilleur fond et abrité des vents du nord. On met deux ancres: une principale sous tension (CQR) et une secondaire (Danforth), testée comme la première, mais qui n’est pas sous tension. Enfin, Catherine et moi on peut relâcher la vigilance d’un cran, mais … Chat échaudé craint l’eau froide !!!

Il fait nuageux et froid, il n’y a rien à faire ici à part aller marcher sur la petite plage qui mène à une autre côté océan, à l’est. C’est ce que Catherine fait en fin d’après-midi. Elle revient de sa marche au bout d’une heure à la pluie battante (un grain de courte durée). Elle est très fière de ses trouvailles: trois Sea Beans. Un Hamburger Bean, un Lucky Bean et … un Mary’s Bean ! Le Mary’s Bean, ou Crucifixion Bean, est très rare. Il a une forme de croix gravée dans la fève d’un côté. Tous les « beachcombers » disent que c’est LE Sea Bean à trouver et le recherche ardamment. Il semble qu’il porte chance et une légende dit que le Mary’s Bean serait transmis de génération en génération pour protéger et faciliter la famille ! Alors, c’est sûrement de bonne augure pour la suite de notre voyage !

La chance nous sourit à nouveau ! À gauche, un Sand Dollar, et à

droite de haut en bas, des Sea Beans : Un Lucky Bean, un Hamburger

Bean et un Mary’s Bean

 

25 Mars 2008: On grelotte à Man Island !

Journée taponnage. Je veux connecter mon pilote automatique à mon GPS pour qu’il puisse naviguer tout seul et garder sa route. Les autres équipages ont tous ce petit gadget et leur quotidien est plus facile lorsqu’ils naviguent. Après vérification, SURPRISE !!! Je m’aperçois qu’il est déjà interfacé pour le mode navigation !!! J’avais toujours pris pour acquis qu’il n’était pas interfacé, mais il l’était ! Comme on dit, il n’est jamais trop tard. Je fais des tests au mouillage et je confirme en effet que ça fonctionne. La prochaine navigation sera très le fun à faire et j’ai hâte d’essayer mon nouveau jouet …

En fin d’après-midi, les mer et mondistes débarquent à terre à marée basse avec les deux autres équipages pour prendre une marche sur la plage nord de Man Island, toujours côté océan. Il vente fort et il fait froid. On est en T-Shirt et bermudas avec nos coupe-vents et on grelotte … Il pluviotte de temps en temps. Catherine et moi, on marche longtemps et on va le plus loin que l’on peut à pied en contournant tous les obstacles. Ce n’est pas vraiment de belles plages ici, mais les Lucky Beans y abondent. Encore plein de chance … Après trois heures au vent, on revient au bateau pour se réchauffer et s’emmitouffler avec des couvertes chaudes. On est presque tanté de partir le chauffage au diesel mais on se resaisit, on est aux Bahamas quand même!!! Ça va bien dormir cette nuit …

On remarque au mouillage de Man Island qu’il y a beaucoup de raies. On en voit sauter à plusieurs reprises hors de l’eau pour retomber dans un grand fracas en faisant un « flat ». Assez impressionnant !

26 Mars 2008: Souper succulent à Harbour Island

Je fais encore quelques petits travaux ce matin sur le bateau. On dirait que de ces temps-ci, le travail est plus facile. C’est encourageant de garder le bateau fonctionnel et ne pas prendre de retard sur les réparations. Je réussi à installer Fugawi dans l’espoir de pouvoir télécharger des waypoints de mon ordinateur à mon GPS. Ça ne fonctionne pas. J’ai mis beaucoup de temps sur ça, alors je finis par laisser cela de côté. Pour l’instant, je décide de rentrer mes points GPS à la main. De son côté, Catherine travaille de façon régulière à tous les matins depuis un bon bout à compléter sa partie du journal de bord et faire toutes les corrections. Elle choisit aussi les photos à publier sur le site. Une gestion et une sélection est à faire puisqu’elle aime beaucoup prendre des photos … On espère rester à jour aussi pour ça et ne plus prendre de retard comme ça a été à l’automne …

Après diner, une pêche à la sling s’organise. Les trois capitaines sont de la partie avec Catherine, Sarah-Maude et Marika qui nous accompagnent. On plonge en apnée dans 15-20 pieds d’eau où il y a de toutes petites têtes de corail. L’eau est très laiteuse et on voit bien seulement lorsqu’on est à quelques pieds des coraux. C’est trop profond pour les filles. Décidément, ce ne sont plus les belles eaux cristallines des Exumas … On ne savait pas à quel point les eaux des Exumas étaient exceptionnelles: un vrai trésor !!! On pensait que la plongée en apnée dans les Bahamas étaient partout comme aux Exumas. Et bien non ! Christian d’ESPERANTO, qui est vraiment un excellent pêcheur, prend deux belles grosses prises: des énormes Mutton Snapper. Benoit de VICTORIA’S SECRET attrape un Nassau Grouper pour sa part. On est tous gelé puisqu’il fait encore froid aujourd’hui. On abrège donc la pêche. De retour au bateau, Catherine est invitée sur ESPERANTO pour avoir un cours privé donné par Christian: comment faire de vrais beaux filets de poisson comme les professionnels ! La technique n’est pas si facile à apprendre, mais ça vaut le coup surtout pour les gros poissons. Elle revient sur MER ET MONDE avec les gros Mutton Snapper en cadeau à partager avec VICTORIA’S SECRET. WOW ! Quel cadeau ! Tous les Snapper sont nos poissons préférés ! La famille SECRET sont donc invités à venir manger du Mutton et le Nassau Grouper pêché par Benoit servi avec spag au pesto et salade. Quel goût ces succulents poissons frais !!! On fini ensuite le spectable de Denis De Young (STYX) qu’on avait commencé à notre arrivée à Harbour Island.

27 Mars 2008: Visite à pied de Harbour Island

On déplace le bateau ce matin pour aller au mouillage de Harbour Island. J’ai établit une route GPS au préalable pour les trois milles nautiques de distance à parcourir. Incroyable !, le pilote suit tous les segments de la route et la barre vire toute seule au bon moment. On a qu’une touche à enfoncer pour confirmer les changements de cap. Je capote ! Dire que j’aurais pu utiliser ce gadget depuis quatre ans …

On fait un peu d’internet et MER ET MONDE débarque seul à terre. On se ravitaille en eau et diesel, car la fenêtre pour traverser aux Abacos se confirme pour être le 29 mars au matin, soit dans deux jours. On en profite après pour faire une reconnaissance de l’île et voir si ça vaut la peine de se louer un golf car pour la journée de visite de demain. On magasine les prix des locations. Finalement, en marchant sur l’île, on décide de ne pas louer de golf car, car on peut très bien faire la viste à pied. On fini la journée en allant voir la fameuse plage de sable rose de Harbour Island longue de cinq km du côté océan, classée parmie les plus belles du monde. Et bien oui, c’est vraie qu’elle est magnifique et que le sable est rose !

      

Les rue de Harbour Island sont pleines de golf car !                                   Le cimetière Ste-Catherine de Harbour Island

         

Une belle plante araignée !                                            Eric pose pose devant des marche faites en bouteilles de vitre de

                                                                                          toutes sortes

 

      

La cour originale d’un bahamien                                                                  Un resort qui débouche sur l’océan

         

Une petite escalier mène à la fameuse plage               Une fin d’après-midi sur la plage …

rose de harbour Island: la Pink Sand Beach

 

Le soir, on profite du Internet pour faire des appels téléphoniques par SKYPE. Catherine nous fait une crème de poisson avec les restants d’hier. Elle vire la cuisine à l’envers, mais quelle bonne soupe !!! Il en reste tout plein qui sera distribué aux autres équipages.

28 Mars 2008: Poursuite de l’exploration à pied de Harbour Island

On débarque Catherine et moi vers les 11h pour poursuivre notre visite de l’île à pied. Au fur et à mesure qu’on monte vers le nord des Bahamas, on se rend compte qu’il y a de plus en plus de civilisation. Il y a beaucoup de circulation dans les rues ici, pour la plupart avec des golf car mais il y a aussi des autos. Il faut regarder tous les temps partout autour de soi en circulant ici, car les rues ne sont pas dotées de trottoir. La végétation est aussi beaucoup plus luxuriante ici et on peut admirer à Harbour Island de beaux arbres et pleins de plantes fleuries. Les maisons sont plus grosses et luxueuses. Il y a aussi beaucoup de boutiques locales qui vendent des produits des Bahamas: articles divers tressés, coquillages, étoiles de mer, poissons, carapaces de tortues séchées, etc… Notre guide touristique nous indique aussi d’aller faire un tour à Girls’s Bay où l’on peut y admirer un gros arbre mort sur la plage qui fait la joie de tous les photographes. Effectivement, le coin est très beau. La plage de sable blanc à marée basse s’étend sur une bonne distance et on peut marcher longtemps dans l’eau avant d’en avoir jusqu’aux genoux. On prend quelques clichés de l’arbre avant de réaliser que c’est maintenant l’heure du diner. 

   

Quelques scènes de Harbour Island

         

La belle plage de Girls’s Bay …                                     … Et son fameux arbre. Quel beau paysage hein ?

On se rend à notre rendez-vous avec VICTORIA’S SECRET et ESPERANTO à 12h30 dans un beau resto bahamien sur le bord du rivage ouest de l’île avec vue sur le harbour. On s’est planifié un diner aujourd’hui pour souligner notre séparation d’avec l’équipage d’ESPERANTO. Ils leur reste encore plusieurs semaines de vacances dans les Bahamas et ceux-ci recoivent bientôt de la visite à Eleuthera. Pour notre part, il faut penser à remonter aux Abaco … On navigue avec ESPERANTO depuis Long Island et ça a été un réel plaisir de faire un de bout de chemin avec eux. On lève tous notre verre à tous ce bon temps passé ensemble !

Après diner, on va marcher sur la Pink Sand Beach un bon deux heures et on en parcourt une bonne partie. On se trouve en chemin un peu d’ombre sous un parasol aux feuilles de palmiers afin de se reposer un peu à l’ombre. En fin d’après-midi, il fait toujours très chaud et on a oublié d’amener nos costumes de bain … On fini notre visite de l’île en prenant de belles photos. On découvre un immense arbre avec des lierres à la librairie du village qui fait la joie de bien des jeunes qui s’amusent à jouer à tarzan. On ne croyait pas pouvoir observer ce genre d’arbre ici, c’est vraiment impressionnant !

         

Les gens laissent leurs sandales ici avant                  La plage de Pink sandy Beach. Du vrai sable rose !

d’aller à la plage

 

      

Une petite maison à louer pour passer les vacances ?                               Des bahamiens retournent chez eux après leur journée de travail

      

Un magnifique arbre à lierres à la librairie du village                               Catherine profite un peu de l’ombre de l’arbre !

De retour au bateau on prend chacun une bonne douche salée au Joy puis rincé à l’eau douce pour se laver, mais aussi pour se rafraichir. À 17h, on dit un dernier ce n’est qu’un aurevoir à ESPERANTO. Puis, on va se position plus haut à l’ancrage d’hier à Man Island pour être fin prêt à partir demain matin à 8h AM. Les prévisions météo nous indiquent toujours une bonne fenêtre pour refaire le Devil Backbone, puis faire la traversée océanique en direction des Abaco de 60 milles nautiques.

29 Mars 2008: La traversée vers les Abaco

La météo n’a pas changé, YOUPPI ! Départ à 8h AM comme prévu. On doit d’abord retraverser le Devil Backbone avant de prendre le cut de North Eleuthera qui nous mène à l’océan. Le vent provient du SE et est léger, il y a une petite houle et la marée est au début de la montante. On manque un peu de lumière par contre pour lire le fond, mais on roule très tranquillement et on repasse sur notre trace laissée par le GPS à l’allée. Tout ce passe aussi bien qu’à l’aller, mais on passe plus proche de la plage puisqu’on est à marée plus basse cette fois-ci, ce qui nous procure un peu d’adrénaline quelques instants …

Passé le cut, la mer produit une longue houle de 6 pieds, soit aux 9 secondes. On sort toute la guenille pour ne naviguer qu’à voile. On reçoit la vague sur la hanche arrière tribord, ce qui fait bercer agréablement le bateau de gauche à droite. On est aux anges, aucun symptôme de mal de mer se pointe à l’horizon, ce qui rend la navigation beaucoup plus plaisante !!! C’est une navigation océanique très facile. Une autre qualifiée par Catherine de « pépère ». On aime bien ce genre de navigation … Le pilote suivant maintenant la route et non pas juste le cap, on a presque rien à faire comme navigation de la journée à part ajuster un peu les voiles et faire la vigie. On pique-nique sur le pont pour diner, on lit, on fait une sieste, on fait de menus travaux, on pêche, etc… Au début, on ne va pas très vite: 5 noeuds. Le courant est contre nous. Vers 14h30, le courant commence à changer de bord et se met à nous aider: on fait donc du 6 noeuds pour la dernière portion. On avait entendu dire qu’on aurait un courant d’environ 1 noeud qui nous aiderait tout le long de notre trajet. Mais finalement, on constate que le courant a suivi la marée dans notre cas. À marée montante, il nous a nuit et à marée descendente, il nous a aidé !

On arrive dans le cut de Little Harbour aux Abaco à 18h30. On est bien content de passer ce cut avant la noirceur. On se fait pousser dans le cut et le passage ce déroule très bien en suivant bien les points GPS, mais les vagues cassantes de chaque côté sont assez impressionnantes … Après avoir ancré dans un sol herbeux plutôt douteux, on prend un petit verre de bière en regardant le soleil se coucher en amoureux. On prend le temps de réaliser que nous sommes maintenant aux Abaco, dernière portion de notre voyage aux Bahamas. Félicitations pour cette très belle traversée !

30 Mars 2008: Le très beau village de Hope Town

Ce matin, on tricote à voile à travers plusieurs obstacles sur 22 milles nautiques pour se rendre à Hope Town. On se serait cru dans une course avec toutes ces manipulations et ses ajustements de voile à faire. On entre à Hope Town sur l’heure du midi. Le chenal d’entrée est peu profond et c’est très juste comme profondeur pour notre tirant d’eau, mais on ne touche pas le fond nulle part. On arrive dans ce beau harbour bien protégé où il y a environ 75 bateaux à mooring. Il y a un beau phare et on se croirait arriver dans un coin du maine. On n’est plus habitué à cette proximité entre les bateaux et cela nous frappe en arrivant. VICTORIA’S SECRET avait réservé d’avance deux moorings et il en reste justement seulement deux de libre. On est bien content, car on aurait été obligé de changer de village sinon.

Après diner, on commence par la visite du phare avec VICTORIA’S SECRET qui impose sa hauteur dans la place. On a vraiment une belle vue de là haut sur le harbour, l’océan et le Little Bahamas Bank. Les filles s’en donne à coeur joie, car il y a de belles photos à prendre ici. Ensuite, on va marcher dans petites rues de ce village assez unique. Les maisons sont tous très originales, coquettes et portent toutes un nom. Il faut dire par contre que ce sont en majorité des maisons à louer pour les touristes. Les rues sont principalement piétonnières ou pour les golf car et il y a des bacs à fleurs de même que des poubelles peinturées un peu partout. On est dimanche et tous les commerces sont fermés. Il doit y avoir une autre ambiance la semaine et on se promet de revenir faire un tour demain.

   

    

   

    

       

     

Paysages du très coquet village de Hope Town

31 Mars 2008: Poursuite de la visite à Hope Town

Quand ça fait des mois qu’on mouille l’ancre pour la nuit et qu’on ne dort jamais totalement tranquille, un mooring représente une sécurité bien appréciée. Bien sûr, j’ai testé hier le mooring avec le moteur à reculons comme je le fais d’habitude avec l’ancre et OP !, on a dormi comme des bébés !!!

Ce matin, on retourne visiter le coquet village de Hope Town. On est lundi, alors tout est ouvert et il y a plein de monde partout qui circule à pied ou en golf car. Les filles en profitent pour faire les boutiques.  Ce midi, j’amène manger ma douce en amoureux dans un bar-terrasse. C’est très bon on trouve le service très rapide. Trop rapide. On n’est plus habitué à ce faire servir aussi vite … La vie aux Abaco ressemble plus à notre mode de vie américain. On redécouvre donc peu à peu le rythme rapide avant de revenir sur la côte est américaine. Le mode de vie bahamien est devenu le nôtre assez vite et on voudrait le garder le plus longtemps possible … Snif Snif…

       

Un bel hibiscus rose                                                                                          Le harbour de Hope Town avec son phare en arrière plan

En après-midi, on veut se rendre au sud de l’île pour aller voir la Tahiti Beach qui, paraît-il, vaut vraiment le détour. On tente de se louer un golf car avec VICTORIA’S SECRET, mais en vain. Il n’y en a plus de disponible. On change donc les plans. Les filles restent sur l’île pour continuer à se promener et faire les boutiques. Pendant ce temps, Benoit et moi on va visiter les baies en dinghy et on va prendre une bière sur MER ET MONDE en attendant les filles. Catherine invite VICTORIA’S SECRET à manger des tacos sur MER ET MONDE pour souper. Puis, on écoute des vidéos et de la musique jusqu’à tard …

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Février 2008

par le 28 Fév, 2008, catégorie 02-Fevrier 2008

01 Fev 2008: Festival à Little Farmer Cay

Ce matin, Catherine se lève avec une intuition: elle a la conviction qu’on va retrouver Benoit et Geneviève de l’équipage de SOLUNA au festival de Little Farmer Cay aujourd’hui. Encore plus : elle affirme que ce soir, on mange avec eux du spaghetti végétarien au pesto avec du parmesan frais !!! C’est plus fort qu’elle, elle en est certaine ! C’est à suivre …

On lève l’ancre à 10h le matin en direction de Little Farmer Cay avec MAYA X, FIÈRE ALLURE et KERGUELEN. Toujours sans utiliser le moteur, on fait une super belle voile durant notre parcours. On fait une course amicale avec les autres équipages un bout de temps. DEVINEZ : en chemin, on reçoit un appel sur la VHF : MER ET MONDE, MER ET MONDE, ici SOLUNA, répondez !!! On capote, on est très content !!! Catherine le savait, bien sûr ! Ça faisait trois semaines qu’on ne s’était pas vu et on s’ennuyait beaucoup d’eux. Ils étaient descendus plus bas à Georgetown avec APOTHÉOSE (les parents de Geneviève) pour recevoir de la visite. Le timing est incroyable puisqu’ils sont en route pour Little Farmer Cay eux aussi et ils arriveront un peu avant nous. On se donne un point de rencontre.

On se saute dans les bras en se voyant et on va sur l’île ensemble voir les activités de la journée tout en ce mettant à jour sur nos aventures respectives. On croise sur la route BORN FREE, de sympatiques jeunes québécois sans enfant, tout comme SOLUNA, MAYA X et nous. Nous allons prendre une bière tous ensemble à l’aéroport de l’île, là où les régates de voiles ont lieu. C’est un lieu de rencontre pour de nombreux équipages québécois qu’on connait et on placote toute l’après-midi avec le groupe. Catherine et moi, on se commande un plat de ribs sur le BBQ, les meilleures qu’on est mangé !

            

De gauche à droite: Marie-Claude et Sébastien (BORN FREE), Benoit       Rassemblement de plusieurs équipages québécois sur la plage

et Geneviève (SOLUNA) et nous même

             

L’événement de l’année à Little Farmer Cay: régates de dériveurs                     Regardez comment ils s’y prennent pour faire

classe C                                                                                                                 la contre-gîte: assis sur des planches de bois !

 

 

Un bahamien prépare une salade de conches sous

un arbre

 

On va ensuite de l’autre coté de l’île pour voir ce qui se passe comme activités. Au Ocean Cabin, le bistro de la place, on tombe sur des discours soporifiques et on décide de s’en retourner au bateau avec SOLUNA. Le happy hour se fait sur SOLUNA et on se fait finalement inviter à souper. Devinez ce qu’on mange : du spaghetti végétarien au pesto avec du parmesan frais !!! C’est le destin ! Catherine nous donne la chaire de poule avec ses prédictions ! Les discussions avec SOLUNA sont si variées, faciles et agréables ! On trouve qu’ils nous ressemblent beaucoup et leur compagnie nous fait toujours un grand bien.

Lisez bien les heures d’ouverture du Restaurant Ocean Cabin: tordant !!!

(cliquez sur la photo)

 

Le soir, on va voir un party de bahamiens avec SOLUNA, BORN FREE et MAYA X de 20h à 22h. Cette expérience assez unique. Voir les bahamiens fêter ensemble nous en apprend encore une fois un peu plus sur leur mode de vie. On se sent tous gênés par contre de les regarder et on ne danse pas avec eux, car la sexualité est assez explicite dans leur danse …

02 Fev 2008: Souper de langoustes et crabes sur la plage

Hier, on a parlé de pêche pendant une heure au moins avec l’équipage de BORN FREE. Tout deux, Sébastien et Marie-Claude sont de vrais mordus de pêche et ils ont tellement de succès qu’ils partagent leurs trucs et leurs prises avec d’autres équipages. Ce matin, on s’organise plusieurs équipages et on va à la pêche à la sling hawaïenne vers 9h AM. C’est plutôt froid le matin, mais quand on est rendu dans l’eau, l’émerveillement prend toute la place et c’est partit ! Pour des raisons de sécurité, il vaut mieux ne pas être 10 personnes au même endroit avec des sling crinqués. On fait équipe à deux pêcheurs par tête de corail. Je fais donc équipe avec Benoit de SOLUNA. Catherine plonge avec nous deux en spectatrice, car elle veut observer les mammouths à l’oeuvre. Elle est là aussi pour identifier les poissons comestibles. Benoît et moi, on détecte tout de suite chacun une langouste et on réussit à les avoir. C’est ma première pêche aux langoustes et c’est pareil pour Benoit. C’est formidable de vivre ça ! Je dois m’assoir un peu dans le dinghy pour réaliser que je viens de prendre ma première langouste à vie ! Ça faisait plusieurs semaines que j’en rêvais … Par la suite,  je trouve un crabe que je réussis à sortir en plusieurs morceaux détachés de son trou … Benoit sort deux beaux poissons pendant ce temps que Catherine avait détecté au préalable : des Bluestriped Grunts. On change de tête de corail ensuite et on décide d’essayer celle où étaient MAYA X et FIÈRE ALLURE quelques minutes avant. Ils ne sont plus là. Benoit et moi, on travaille en équipage et on réussit à sortir deux autres langoustes ensemble. Benoit sort aussi un Margate, préalablement identifié par Kate. On agace MAYA X et FIÈRE ALLURE avec nos prises sur cette tête de corail, car eux, ils n’ont rien prit à cet endroit…

     

Éric et Benoit nage sur une petite tête de corail qu’on peut aper-           Après seulement deux minutes, Benoit remonte sa première langouste

cevoir en noir                                                                                                 à la sling hawaïenne, bravo !

 

      

Félicitations pour le beau travail d’équipe !                                               Les prises de la journée: langoustes, crabe, Bluestriped Grunts et

                                                                                                                         Margate

 

Arrivé sur SOLUNA, on montre nos prises à Geneviève et on prend quelques photos. Ensuite, Catherine et moi on va diner sur MER ET MONDE. Benoit vient nous rejoindre ensuite, car c’est maintenant le temps d’arranger tout ça ! Malgré que ce soit nos premières langoustes, Benoit a eu une petite formation donnée par BORN FREE, alors il sait comment s’y prendre pour préparer les langoustes à la cuisson et nous le montre.

            

Benoit nous donne un cours sur la préparation des langoustes                       Hummm, ça va être délicieux !!!

Le moteur hors-bord de SOLUNA va mal. Benoit et moi, on fait plusieurs vérifications et du graissage, mais on ne trouve rien. Je lui demande de me faire faire un tour de dinghy pour me montre le problème. Je comprends alors que c’est que son hélice qui prend de l’air et tombe dans le vide, ce qui fait partir son moteur en fou. On ajuste son pied de moteur avec un meilleur angle … et c’est règlé !!! Il est très content !

On se repose et on relaxe une heure. On reçoit comme bien d’autres la visite de l’armée bahamienne et on espère que ce n’est pas pour vérifier nos prises bien qu’on ait rien à se reprocher. Ils sont trois à débarquer sur notre bateau et ils vérifient avec beaucoup de sérieux si tout nos papiers sont en règle. Tout ce passe bien et ils nous souhaitent une belle continuité de voyage.

On se dirige ensuite vers la plage où tous ceux qui ont pêché ce matin amène leur prises. BORN FREE, qui a déjà fait un souper communautaire sur une plage, prend l’initiative d’organiser un gros repas de langoustes et crabes qui doit nourrir 18 personnes !!! Tous le monde met la main à la pâte car on doit trouver du bois pour se faire de la bonne braise. Il y a au moins une langouste pour chacun et des pattes de crabe à volonté. Avec un accompagnement de riz et des légumes, le tour est joué !!! C’est vraiment un délice tout ça, surtout la langouste. La soirée est très agréable sur la plage où on placote tous avec une bière. Ça fait d’ailleurs très longtemps qu’on rêvait Catherine et moi de se faire un beau feu et on en avait pas encore eu l’occasion. La soirée finit vers les 23h00 et on retourne se coucher satisfait d’avoir vécu cette expérience unique ! Comme on est chanceux !!!

        

Une petite pause pour Geneviève et Kate après avoir fait le feu                  Les pêcheurs du jour: Benoit (SOLUNA), Michel (EPSILON), Sébas et

                                                                                                                             Marie-Claude (BORN FREE), Christian (MAYA X), Éric et Stéphane

                                                                                                                             (FIÈRE ALLURE): Félicitations !

 

        

Sébastien (BORN FREE) s’occupe de bouillir les pattes de crabes                 Les queues de langoustes sont cuits sur une bonne braise   

      

Hé voilà, le tour est joué. Quelle assiette !!!                                                  On passe une vraie belle soirée en bonne compagnie !!!

03 Fev 2008: Souper de Schoolmasters

Ce matin, on a le goût de changer de décor. On part vers 10h30 AM avec SOLUNA, APOTHÉOSE et BORN FREE pour aller à White Point qui est un peu plus au nord de Little Farmer Cay. On réussit à « crinquer » SOLUNA pour faire la course. Ils partent devant.  On a un vent de travers et MER ET MONDE adore cette allure, c’est sa préférée ! On file à la vitesse de coque et on réussit à les rattraper. YOUPPI !!! On gagne la course ! SOLUNA s’explique en disant que c’est à cause de son dinghy qu’il traîne à l’arrière … Ils ont raison, car cela réduit d’au moins un demi noeud la vitesse du bateau, mais on les agace en leur disant qu’ils cachent leur défaite derrière des excuses, etc … On a bien du plaisir à se taquiner les uns les autres comme ça.

      

MER ET MONDE sous pleine voile au près                                                     On a des preuves, on arrive à rattraper SOLUNA !!!

En après-midi, tout le monde veut retourner à la pêche. Il y a un effet de groupe qui nous pousse à y aller nous aussi. Catherine et moi, on va sur des têtes de corail tout près du bateau, pendant que les autres vont à un mille du mouillage. Les têtes de corail sont très belles et tous plus uniques les unes que les autres. À chaque fois qu’on change de tête, il y a des variétés différentes de poissons à observer. On n’y voit aucune langouste. Catherine identifie des poissons comestibles et moi je tente de les attraper. Ça devient un véritable travail d’équipe. Catherine se sent encore plus à l’aise dans l’eau aujourd’hui. Je « sligne » quatre beaux poissons jaunes pour le souper que Catherine croit être des Snappers. On trouve un crabe, mais on le laisse vivre, car je n’ai pas vraiment aimé les pattes de crabes de la veille. Arrivée dans le bateau, Catherine se dépêche de chercher dans ses livres d’identification et EURÉKA ! Ce sont bien des bons Snappers qu’on a pêché et ce sont plus spécifiquement des Schoolmasters. Food Value: Excellent ! Catherine démontre vraiment une bonne mémoire visuelle, car il y a plus de 250 espèces de poissons à identifier dans les eaux tropicales des Bahamas. C’est bien, car on tient vraiment à pêcher seulement ce que l’on peut consommer et à ne pas prendre des poissons qu’on ne pourrait mettre dans notre assiète …

À la fin de l’après-midi, on se montre nos belle prises (APOTHÉOSE,

BORN FREE, SOLUNA et MER ET MONDE)

 

Le soir on se fait un souper en amoureux avec au menu: Schoolmasters, petit riz et légumes. Quel plaisir de manger notre pêche fraîche du jour !

           

Les belles prises du jour                                                   Un Schoolmaster de plus près: succulent !

04 Fev 2008: Plongée en apnée avec SOLUNA

On se déplace avec SOLUNA ce matin pour aller s’ancrer à Little Bay, juste au sud de Black Point. C’est une petite navigation de moins d’une heure à la voile. En après-midi, on met tous nos wetsuits et on va explorer toutes les têtes de corail du coin. Elles sont un peu ordinaires ici par rapport à ce qu’on a vu jusqu’à date et on n’y voit aucune langouste. Par contre, on observe des choses différentes et plein de nouvelles sortes de poissons. Benoit et moi, on se pratique à plonger dans de plus grandes profondeurs d’eau: 15-20 pieds. C’est très impressionnant de voir toute cette eau au-dessus de nous quand on est dans le fond et qu’on regarde vers le haut. Pour Catherine, c’est la première fois qu’elle patauge à cette profondeur avec une vague d’environ 1-2 pieds, alors c’est une nouvelle étape pour elle aussi. Geneviève lui enseigne comment plonger en lui montrant des trucs et elle réussit à faire quelques plongées de 6 à 8 pieds dans l’eau. Elle remonte quand ses oreilles lui font mal à cause de la pression. C’est un très bon début ! On a pas acheté de ceinture de plongée pour Catherine et celle-ci commence à le regretter parce qu’elle prend sérieusement goût à la plongée en apnée ! Puisque l’on flotte beaucoup dans l’eau salée avec nos wetsuits, plonger sans ceinture demande beaucoup d’efforts pour se maintenir sous l’eau. En fin de journée, Catherine et moi on arrive à pêcher deux Schoolmasters et un Bluestriped Grunt, histoire d’avoir un peu de poisson à manger à défaut de langoustes. De toute façon, on aime autant le poisson que les langoustes dans notre assiète …

      

La pêche du jour: encore des Schoolmasters                                              Un gros Bernard-L’Hermite a élu domicile dans un coquillage de conche

Ce soir, on invite en grand nos amis Benoit et Geneviève à souper sur MER ET MONDE. En nettoyant les poissons, Éric échappe le Grunt qui lui glisse d’entre les mains, chouuuuuuuuu… On décide finalement de manger les Schoolmasters demain parce qu’on a faim et qu’il est tard. SOLUNA amène une très délicieuse entrée végétarienne: des aubergines gratinées, miam, miam ! Catherine fait sa spécialité de spaghetti aux fruits de mer qu’elle réussit à merveille avec des conserves de saumon, de palourdes et de marctres de Stimpson (ça provient de la Côte-Nord). C’est une très belle soirée qu’on passe encore en compagnie de SOLUNA, soirée remplit de belles discussions, de bonne musique, de bon vin et de bien des rires.

05 Fev 2008: Visite de Great Guana Cay avec SOLUNA

On se lève ce matin avec une bonne houle dans la baie qui berce le bateau. On devient un peu vert. On écoute la météo et on conclue que la fenêtre météo pour aller à Georgetown se dessine de plus en plus pour les prochains jours et qu’il faudra amorcer notre descente vers le sud bientôt. On doit attendre de bonnes conditions météo puisqu’on devra naviguer dans l’Exuma Sound durant toute une journée pour s’y rendre. En grande partie, on peut naviguer  dans les Exumas à l’intérieur du « Great Bahamas Bank » (10-20 pieds d’eau) sans grande inquiétude, mais la portion sud des Exumas qui mène à Goergetown doit se naviguer par l’océan, ce qu’on appelle l' »Exuma Sound » (1000 pieds et plus). Pour ce faire, on doit aussi passer un « cut » à l’étale. C’est un passage étroit entre deux îles qui nous fait passer du Bank au Sound et où le courant est fort et les vagues sont souvent désordonnées. Les conditions de navigation sont donc plus difficiles et il faut faire une bonne planification de cette traversée.

On sort avec joie de notre « machine à laver » vers 13h pour aller se dégourdir les jambes sur l’île en face de nous: Great Guana Cay. On y découvre avec SOLUNA plein de belles choses du côté de l’Exuma Sound, dont une belle petite plage avec des escarpements d’un blanc éblouissant. Le paysage est toujours époustoufflant du côté de l’océan. On y passe beaucoup de temps et on fait une bonne scéance-photo.

     

     

     

       

       

Trip-photo à Great Guana Cay avec Benoit et Geneviève de SOLUNA: beaux paysages n’est-ce pas ?

Au retour de cette belle promenade, on se fait inviter à un 5 à 7 sur SOLUNA. On jase encore intensément avec nos amis et déguste une délicieuse entrée de petites pizzas assaisonées à la Geneviève. On fait des échanges de photos et on se donne plus d’informations sur les places à visiter dans les Exumas. Force est de constater que l’on devra se séparer malheureusement demain. Eux vont passer du temps dans le Bank, tandis que nous on va descendre jusqu’à Goergetown, le point le plus au sud de notre voyage. Snif ! Snif ! On se dit aurevoir en se disant que l’on va se retrouver dans environ trois semaines pour terminer les Bahamas ensemble, car ils ont les mêmes plans que nous. Leur voyage à eux s’arrêtera par contre en Floride.

06 Fev 2008 Vers White Point :

La houle est encore plus tanante ce matin. On part à 9h30 AM pour se déplacer à White Point où la houle est moins présente. Catherine passe plusieurs heures à travailler sur le journal de bord et à choisir les photos. Moi, je lis beaucoup aujourd’hui.

En milieu d’après-midi, on va sur la plage marcher un peu dans les environs pour faire un peu d’excercice. Catherine ramasse plein de petits coquillages sur la plage. On remarque des trous partout dans le sable et on cherche durant un moment qui en sont les résidents. Après avoir fouillé dans une bonne vingtaine de trous avec un baton, on y voit enfin un locataire: le crabe des sables ! Satisfaits de notre fouille, on retourne au bateau.

En soirée, on entâme la 5 ième saison de 24 heures Chrono (Jack Bauer). Ça, c’est vraiment une journée de repos !

07 Fev 2008: Entrée de conches

On se lève et la houle est assez inconfortable, donc on décide de partir tôt. À 9h30 AM, on lève l’ancre pour aller s’ancrer tout près de Galliot Cut. On sera prêt pour partir tôt demain matin vers Goergetown dans l’Exuma Sound. Arrivé sur place, on jète l’ancre dans un fond plutôt douteux. Heureusement, l’île de Little Galliot Cay nous protège contre la houle et il ne vente presque plus. Plusieurs bateaux viennent s’ancrer au fur et à mesure autour de nous. Ils attendent tous aussi à demain pour faire la traversée.

On dine et on part ensuite en dinghy à la chasse aux conches. On veut goûter à ce molusque, car SOLUNA nous a expliqué comment les apprêter. On cherche longtemps les conches et Catherine se met régulièrement la tête à l’eau avec son masque pour tenter d’en repérer. Au bout d’une heure : EURÉKA !!! On trouve un champ de conches de grosseur moyenne. On remplit notre chaudière avec sept conches en moins de deux. Catherine en remonte la moitié elle-même en plongeant dans 6 à 8 pieds d’eau. En revenant, Catherine aperçoit aussi plusieurs grosses étoiles de mer. Elle décide d’en remonter une le temps de prendre une photo et elle plonge encore dans 8 pieds d’eau. Fantastique ! C’est vraiment très beau. Après les photos, elle la remet à l’eau et … elle flotte. Je tente de la couler, mais rien à faire ! L’étoile de mer part à la dérive et on espère qu’elle se regorgera d’eau pour recouler au fond de l’eau …

         

Une belle trouvaille pour Catherine …                          … Une belle étoile de mer !

Ensuite, il faut arranger tout ça si on veut y goûter. OUF ! Le travail !!! On doit se mettre des gants et on doit frapper sur le haut du coquillage à l’aide d’un marteau pour faire une petite incision sur le long. Ensuite, avec un couteau, on doit couper le lien qui relie le mollusque au coquillage. Ensuite, il faut tenter de sortir le mollusque de là et c’est là que c’est difficile. Je dois prendre des pinces à long nez et un tournevis ordinaire pour y arriver, mais je ne pense pas que c’est la vraie technique … C’est autant de travail de sortir les bibittes de leur coquillage que de les appprêter après. Catherine doit couper le mollusque en petits carrés et ne garder que ce qui est blanc. La chaire est dure et ça glisse tout le temps … Catherine prépare une salade avec ça en les faisant mariner au préalable dans du jus de citron et d’orange avec des épices.  On trouve ça bon, ça a le goût d’un légume croustillant ?!? Mais on trouve que pour tout le travail que ça demande, on n’en pêchera pas souvent !

     

     

         

Les différentes étapes pour la préparation d’une salade de conques !

08 Fev 2008: La communauté de Georgetown

À 5h15 AM, l’arrivée d’un bon grain nous réveille. À 5h30, notre alarme d’ancre se met à crier: l’ancre glisse et le bateau chasse sur 150 pieds !!! Heureusement, on est debout et on part le moteur. L’ancre se réanfouit toute seule dans le sable. On constate qu’on est pas les seuls à s’être promenés. D’autres voiliers n’ont pas la même position qu’hier soir …  On se fait un café et on déjeune tôt. On se dit qu’on apprécie notre alarme d’ancre qui nous a toujours bien averti les quelques fois où nous avons chassé jusqu’à date.

On part à 6h45 AM. Dans le Galliot Cut, il y a environ trois noeuds de courant contre nous et on avance à seulement deux noeuds de vitesse … Tout ce passe bien et nous n’avons pas de vagues désordonnées.

    

Le cut de Galiott Cut à l’aube

On sort toutes nos voiles. Au début, il y trois pieds de houle, ce qui est quand même confortable. Un grain s’abat sur nous en début d’avant-midi qui nous amène du vent d’ouest. Merveilleux ! MER ET MONDE adore le vent de travers ! La vague s’applatit ensuite, ce qui nous permet de filer à notre vitesse de coque pendant deux bonnes heures. Je mets ma ligne à pêche à l’eau en espérant prendre du Mahi-Mahi (dorade), le meilleur poisson qu’on ait mangé à date. Il se pêche habituellement en mer dans l’eau profonde. Tout ce qu’on remonte est un Great Barracuda d’environ 3 pieds. On peut manger seulement ceux en bas de cinq livres, car les plus gros peuvent contenir la Ciguatera, un poison pouvant être mortel. On ne prend pas de chance et on le rejète à l’eau après avoir pris des précautions pour ne pas se faire mordre … Nous avons trouvé un truc qui fonctionne bien: lorsqu’on met une serviette sur les yeux du poisson, il se calme. 

Voici ce qu’à l’air un Great Barracuda : un poisson prédateur

avec une gosse machoire et de grosses dents !

 

On croise en mer une boule blanche et on se demande si c’est une bouée de pêcheur. Mais non, c’est une boule de mooring avec son cordeau à la dérive … Pas très rassurant !!! Je teste toujours les moorings avec le moteur à reculons quand on s’amarre à l’un deux, alors ça me confirme que c’est une bonne idée …  À trois milles de l’arrivée, on tente d’appeller VICTORIA’S SECRET sur la VHF, car ils sont à Goergetown depuis trois semaines. Ils finissent pas répondre, et devinez quoi … Ils sont à voile et se dirigent en notre direction, coïncidence !!! Ils vont passer une nuit dans une marina luxueuse avec leur visite pas loin d’ici, alors on les verra plus tard. On est vraiment content de les retrouver et on se faire plein de signes en se croisant, YOUPPI ! À très bientôt VICTORIA’S SECRET !!!

On arrive à 14h30 à Goergetown et on conclue que notre traversée s’est très bien déroulée. On s’installe à Volleyball Beach dans Elisabeth Harbour, là où tous se passe apparamment. En fait, Volleyball Beach est sur l’île de Stocking Island, en face de Great Exuma Island où se situe Goergetown. Il y a ici au moins 250 bateaux et on doit se faufiler à travers tous ce beau monde. Assez impressionnant ! On se fait aussitôt accueillir par les gens de la place. On nous dit qu’il y a environ 20% de francphones ici, mais presque tout se déroule dans la langue anglaise. Plusieurs viennent nous voir à tour de rôle pour nous expliquer comment ça marche à Goergetown; les petits règlements de la « Communauté de Goergetown » (ex: on ne peut ancrer sur deux ancres) et les activités nombreuses à faire : ateliers de yoga, de stretching, de tressages de paniers, de bridge ou de fabrication de bijoux, tournois de volley-ball, séminaires de météo, etc … À tous les matins à la VHF, de 8h à 9H AM, un animateur dit la météo puis la communauté peut passer des annonces ou poser des questions. Ouf ! On devient tout étourdi … Pour comprendre ce qui se passe ici, il faut savoir de que nombreux équipages viennent s’installer à Goergetown pour l’hiver. C’est l’endroit idéal ici pour rencontrer des gens, organiser et participer à des activités de groupe et ne pas avoir à se préoccuper trop de son ancrage grâce au bon fond de sable et à la bonne protection pour les vents du nord. Il y a de tout pour se ravitailler ici, malgré que le coût de la nourriture est aussi élevé qu’à Nassau. Par contre, la beauté de l’endroit plutôt discutable et l’eau polluée dans tous le mouillage qui nous empêche de nous baigner représentent de grand inconvénients à notre sens … Il faut se déplacer côté océan pour se baigner, voir des têtes de corail et pêcher. Il faut donc s’intégrer à la « Communauté de Goergetown » pour passer un beau séjour ici. On aime ou on aime pas !

En fin de journée, je vais seul en ville pour aller chercher un code internet et explorer les endroits de ravitaillement.

09 Fev 2008: Visite de Georgetown

Au matin, je m’applique à faire un beau nettoyage de la coque du bateau. C’est vraiment dû, car des coquillages et des algues se sont formés sous la ligne de flotaison depuis quelques semaines. J’appréhendais ce nettoyage. Je pensais que ce serait dur, car plusieurs en parlent comme étant une bonne job. Je cherche donc un moyen de gratter ça … Je pense au revers de ma brosse au bout de ma gaffe. J’attache le dinghy avec des amarres à l’avant et à l’arrière de la coque du bateau pour avoir une bonne prise. Mon système fonctionne bien et ça se fait assez rapidement. Je suis bien content de retrouver MER ET MONDE tout propre à la ligne de flotaison. La prochaine fois, je n’attenderai pas aussi longtemps ! Catherine pendant ce temps travail sur le journal de bord. On rattrape de plus en plus notre retard.

En après-midi, on va en en ville: Goergetown. Il faut traverser tout Elisabeth Harbourg en dinghy sur un mille nautique. Il paraît que c’est imanquable, on arrive toujours trempé de la tête aux pieds en ville. On consate que c’est vrai … On visite un peu les lieux. Chacun des commerces est une visite, car les articles sont disposés d’une façon différente de chez nous. C’est une expérience de découvrir comment les bahamiens s’organisent et voient les choses de leur point de vue. En plein milieu de notre visite, le ventre nous gargouille. On se cherche alors une place pour diner. On s’informe et on va voir à trois restaurants. Les trois ne nous plaisent pas vraiment, mais on a faim … Il faut se lancer, alors on va à celui qui nous semble le moins pire. Il n’y a qu’un plat au menu et on n’arrive pas à comprendre l’anglais de la dame au comptoir (chicken sauce ?!?). On lui explique qu’on lui fait confiance et qu’on va goûter à sa spécialité. C’est finalement une soupe au poulet très épicée qu’on mange avec beaucoup d’os de poulet desquels on peut grignoter un peu de viande. La soupe est vraiment délicieuse et est servie avec du bon pain maison bahamien. Voilà pour la « chicken sauce » !

          

Un carrefour à Goergetown                                             Le « computer shop » du village: ça change de chez nous !

Ensuite, Catherine remarque un petit marché très sympathique sur le bord d’une rue où il y a des bijoux et des souvenirs à vendre, tous fait localement. Je la laisse en profiter et vais me trouver un coin tout près dans un parc pour faire du internet. Je réussis à appeler ma belle-soeur Karine. Catherine revient avec un bel ensemble collier/boucles d’oreilles fait avec des queen conchs (conches reines) qu’elle s’est offert. La bahamienne qui lui a vendu cet ensemble l’a fait elle-même et elle était très honorée que Catherine lui achète. Les queen conchs sont des coquillages précieux aux Bahamas. Catherine s’éloigne ensuite vers le parc pour prendre des photos d’enfants bahamiens qui jouent. Les enfants s’intéressent tout de suite à son appareil photo et veulent tous faire un essai. On les laisse prendre des photos avec beaucoup de surveillance, et ils sont très surpris de l’expérience. Assez touchant !!!

      

Shelly: Une bahamienne très fière de ses créations                                     Éric fait du internet sous le gazebo d’un parc

      

De jeunes bahamiens posent pour nous dans un parc …                            … Et ils s’amusent bien avec notre caméra !

Ensuite, on passe au guichet. C’est la première fois qu’on reprend notre carte de guichet depuis six mois. Arrivé devant le guichet, je dois réfléchir à mon NIP pendant une minute … C’est que depuis le début du voyage, on roule avec des chèques de voyage et jamais je n’avais utilisé notre carte de guichet encore ! D’ailleurs, il faut que je vous dise que j’ai mal prévu nos besoins en argent liquide depuis Nassau et on en a manqué durant le dernier mois et demi dans les Exumas. Je n’ai pas pensé qu’on ne pourrait pas avoir d’argent liquide nul part dans ce beau coin de paradis. Nous avons dû emprunter de l’argent par deux fois à d’autres équipages en échange de chèques. J’ai raté ma planification là-dessus….

Ensuite, on va faire une épicerie. Il y a deux épiceries à Georgetown qui sont très bien. On ne manque de rien dans le bateau, mais Catherine est bien contente de pouvoir prendre une pause pour la fabrication de pain maison. Les fruits et légumes frais font aussi notre bonheur.

On retourne au bateau avec nos toutes nos commissions, complètement détrempés. Il paraît que c’est toujours comme ça ici, car on a un bon mille à rouler pour retourner au bateau, soit environ 30 minutes à chaque voyage. On va voir WINDCHIME et TIR NA NOG qu’on a croisé au Bassin Louise à Québec pendant notre séjour d’une semaine. On les salut et ils nous parlent d’un sentier qui mène à la mer du côté du Sound tout près. On s’y rend jusqu’au coucher du soleil.

10 Fev 2008: VolleyBall Beach

Mon réflexe de navigateur, à force de voyager, est de relaxer une fois que le bateau est plein et en règle. En tout cas, je pense que c’est pareil pour plusieurs. Alors, j’entâme un aller-retour à Georgetown afin de m’occuper du remplissage d’eau douce, de diesel et d’essence. Je reviens donc le dinghy bien chargé de cinq jerricans bien pesantes. Je roule tranquillement pour ne pas qu’il y est trop d’eau et de vagues qui entrent dans le dinghy, mais celui-ci est très stable quand il est pesant. Voilà, je peux enfin relaxer !

En après-midi, Catherine et moi on va découvrir la fameuse plage de Volleyball Beach. Cette plage est la place centrale où tout le monde vient faire des activités ou participer aux ateliers. On y retrouve principalement des navigateurs américains, ontariens et québécois. On peut aussi en rencontrer qui viennent de plus loin: France, Suisse, Allemagne, etc … Quelques minutes après être débarqué sur la plage, on voit arriver en dinghy nos grands amis VICTORIA’S SECRET !!! Ça fait trois semaines qu’on ne les a pas vu. Ils ont de la visite et débarquent avec eux sur la plage pour l’après-midi. On se sautent dans les bras, on s’embrasse fort et on fait connaissance avec les parents de Benoit. Le volleyball m’attire et je joue quatres parties très le fun avec plein de gens que je ne connais pas. Pendant ce temps, Catherine regarde des femmes tisser des paniers avec des feuilles de palmier et s’informe sur les activités à faire à Volleyball Beach. Durant l’après-midi, une rage de frites tenaille l’estomac de Catherine et elle va chercher deux hamburger-frites au bistro de la place: le Chat « N » Chill. Le bistro est plus qu’ordinaire et l’hygiène y est plus que discutable, mais la bouffe est vraiment bonne !!! On prend une bonne bière avec l’équipage de VICTORIA’S SECRET et on met notre bla bla à jour. On échange aussi avec plusieurs autres qui sont là et on se fait encore de nouveaux amis.

      

Une petite partie de volleyball à Volleyball Beach !                                    Un atelier de tressage de paniers sous les arbres

      

On placote avec VICTORIA’S SECRET pour se mettre à jour                        Une jolie bahamienne et son petit frère pose pour nous dans un hamac

      

Le Chat « N » Chill est assez achalandé sur l’heure du diner …                  Kiosque de conches en plein-air (on aperçoit un tas de coquillages

                                                                                                                          vide à droite)

 

On apprend aussi que ce matin, il y a eu un accident de plongée sous-marine et une personne est décédée, un québécois.  L’accident en question s’est produit lorsque deux plongeurs avec bonbonnes ont décidé d’explorer un « blue hole » (grotte sous-marine) proche de notre mouillage. Le blue hole a 180 pieds de profond par environ deux milles de long (Jacques Cousteau l’aurait exploré et ne se serait jamais rendu au bout) avec plein d’embranchements. On a jasé avec des gens qui ont plus de 120 plongées à leur actif et ils n’auraient jamais plongés dans cette grotte qui est dangereuse. Les deux plongeurs, inexpériementés semble-il, l’ont appris à leur dépend. Triste événement … Cela nous bouleverse et ça nous rappelle que des accidents peuvent arriver aussi ici, même si on est dans un endroit paradisiaque !

11 Fev 2008: Arrivée d’un gros front froid

Un gros front froid est annoncé. Il a commencé à pointer son nez au cours de la nuit dernière nuit. Donc, aujourd’hui on reste dans le bateau pour surveiller si notre ancrage tient bien. La température est très maussade. Il y a des grains à de nombreuses reprises au cours de la journée et il pleut à boire debout. On a des vents de 25 à 30  noeuds. C’est très rare qu’il pleut comme ça aux Bahamas, alors on regarde ça d’un oeil presque nouveau.  On entend à la VHF que cela faisait deux ans qu’il n’avait pas fait aussi mauvais.

Grains sur Goergetown: on y voit rien !

On s’occupe dans le bateau : lecture, bouffe, ménage, écriture du site web, film : Thunderball (James Bond, 1971).

La nuit venue, je ne suis pas tranquille et je suis en mode veille. Catherine elle, dort à poings fermés pendant ce temps. Je me lève souvent pour regarder notre position sur le GPS. Bien qu’on ait une alarme d’ancre, les bateaux sont vraiment très proches les uns des autres ici et cela m’inquiète. Je ne crois pas avoir le temps de réagir assez vite s’il arrive quelque chose. De plus, je ne connais pas encore comme il faut la qualité du fond ici.

Aux bahamas, le vent augmente habituellement la nuit au contraire d’au Québec où le vent diminue la nuit. Les bahamiens nous expliquent le phénomène à leur façon. Ils disent que quand Dieu se couche le soir, puisqu’il a fait chaud durant le jour, il part son ventillateur pour se faire un peu d’air frais afin de mieux dormir …

12 Fev 2008: Encore le front froid …

Catherine prend la relève de la vigie en fin de nuit, et là, je m’endords plus solide jusqu’à 9h AM. Ensuite, durant la fin de la matinée, on fait Catherine et moi une petite sieste pour être en forme pour la prochaine nuit qui s’annonce encore pire. Ensuite, on dine. J’essaie de faire du internet sans trop de succès et Catherine fait des muffins. Le bateau tangue vraiment beaucoup aujourd’hui et ça fait un vacarne, car le vent provient maintenant du sud est et nous n’avons pas de protection de ce côté là. La vague lève de plus en plus dans le mouillage. Dans l’après-midi, on n’en peut plus. Catherine a un bon mal de coeur. Elle est verte et moi je ne suis pas fort non plus … Pas moyen de rien faire à part rester couché. On décide alors de laisser notre bateau s’amuser tout seul dans la vague et on va sur Volleyball Beach relaxer un peu. Plusieurs autres équipages québécois que nous ont la même idée et on placote tous ensemble sur la plage en surveillant souvent du coin de l’oeil notre bateau qui se promène dans tous les sens.

13 Fev 2008: Toujours le cold front …

On a passé une autre longue nuit sur la corde à linge. Quelques bateaux ont chassé sur leur ancre autour de nous depuis deux jours et on est encore aux aguets. C’est la première fois qu’on se fait brasser autant et aussi longtemps durant un cold front. C’est vraiment notre record de tangage à l’ancre. On reçoit toujours le vent du côté non protégé de la baie aujourd’hui.  La houle qui entre dans le mouillage est d’environ 3 pieds. En après-midi, on décide d’aller prendre encore une pause de la machine à laver en retournant sur la plage de Volleyball Beach quelques heures, car on est en train de virer au vert foncé …

14 Fev 2008: St-Valentin à Georgetown

Le vent a diminué et on peut enfin sortir du bateau pour aller explorer à terre, YOUPPI ! On a beaucoup travaillé sur le site web dernièrement et on aimerait bien en faire profiter à notre famille, nos amis et notre « fan club ». J’ai acheté en arrivant ici un forfait d’une semaine sur une antenne Wi-Fi tout près de la marina de Goergetown, mais on arrive pas à se connecter sur MER ET MONDE. On est trop loin de la ville. On part donc Catherine et moi à Georgetown, du côté opposé de Elisabeth Harbour, pour aller sur le bateau de  MAYA X qui est amarré à la marina. En traversant, un gros grain nous suit de près derrière. On réussit à le semer et on arrive 30 secondes avant la douche sur MAYA X …

J’essaie de me connecter sur MAYA X, mais ça ne marche pas, toutes les connexions sont utilisées. Je ré-essaie pendant une heure et décide finalement d’aller retrouver Benoit de VICTORIA’S SECRET qui fait du bureau à distance à un service internet d’une rapidité hors du commun pour les Bahamas, le Exuma Business Center. La facture est salée (15$/heure !), mais très rapide. Je profite de ce service pendant une heure trente. Je mets le site à jour, prends nos emails et la météo et vérifie notre compte de banque. Une fois internet terminé, on va diner Catherine, Benoit et moi au resto. Benoit nous amène là où nous avions levé le nez il y a quelques jours pour diner, chez Eddies. C’est que l’on avait pas vu la salle à manger à l’arrière du bar. Je mange un bon snapper, et Catherine un poulet-frites. C’est bien de luncher dans un resto et de se faire servir un peu … Après le diner, Benoit retourne à son bateau. Catherine et moi, on entâme nos commissions. On découvre un super magasin général, le Top II Bottom. C’est un tout petit magasin, mais il y tellement de stock qu’on devient rapidement étourdit ! Il y a du stock partout partout: les étagères partent du sol et montent jusqu’au plafond. Il y a même des articles sur le plancher et accrochés au plafond !!! Ça vaut le détour ! On y trouve presque tout ce qu’on a besoin.

       

Le « Dinghy Dock » à Goergetown: il faut passer sous un pont pour            Notre resto préféré à Goergetown: chez Eddie’s

entrer dans Lake Victoria

 

De retour à notre bateau, on reçoit une invitation à souper sur VICTORIA’S SECRET. Ils ont un gros problème: celui d’avoir trop de boeuf frais pour le souper et doivent absolument tout passer ce soir ! Raison très douteuse, mais très appréciée !!!  Pour finir la soirée, on va sur Volleyball Beach pour la soirée St-Valentin organisée par le bar Chat « N » Grill. Tout ceux qu’on connaît y sont et on s’amuse bien. Je fais danser Catherine sur quelques « slows » sur la plage avec la lune qui nous éclaire …

15 Fev 2008: Georgetown Hots-dogs à la plage des nudistes

Aujourd’hui, Benoit de VICTORIA’S SECRET organise un diner communautaire sur une plage avec les équipages québécois. Il connait la plus belle plage de Georgetown où il y a des installations pour se faire un barbecue. Par contre, il y a un petit détail problématique pour ce qui est des enfants. C’est une plage pour les nudistes … Benoit appelle par radio VHF la personne responsable de cette plage pour savoir si la plage sera utilisée par des nudistes aujourd’hui. Le champ est libre, alors on va passer l’après-midi là.

Cette plage est très belle et l’eau y est moins poluée qu’à Volleyball Beach. Les hommes et les enfants jouent au ballon dans l’eau pour s’ouvrir l’appétit. Pendant ce temps, les femmes préparent le diner et Christian de MAYA X s’occupe du barbecue. Les hots-dogs sont au menu. On mange tous ensemble et on placote toute l’après-midi. Il fait beau et le vent qui traverse les arbres nous rafraichit.

      

Christian de MAYA X s’occupe du BBQ                                                          HUMM, un bon repas en plein-air en bonne compagnie !

En fin d’après-midi, on va voir des installations érigées par les adeptes de nudisme.

      

La plage des nudistes de Goergetown                                                           Un campement érigé par les nudistes: gazebo, bar, jeu

                                                                                                                           de dars, toilettes, etc..

 

Les amoureux au coucher du soleil

16 Fev 2008: Georgetown Souper d’adultes sur MER ET MONDE

Notre lavage est vraiment dû. Catherine et moi allons en ville et on en profite pour faire une liste de petites commissions en même temps. On fait aussi un peu d’internet, l’épicerie et on se débarasser de nos vidanges. Cela occupe toute notre après-midi.

De retour sur le bateau, Catherine fait un ménage afin de recevoir FIÈRE ALLURE et VICTORIA’S SECRET à souper. Les enfants des deux équipages se sont organisés une soirée cinéma sur VICTORIA’S SECRET, alors on en profite pour se faire une soirée d’adultes. Ce n’est jamais arrivé, ni pour eux, ni pour nous qui les recevont. Ça fait du bien à tout le monde. On peut parler et faire des blagues sans retenue et c’est bien agréable. Après avoir mangé un bon vieux spaghetti, on fait un peu de Karaoké. Puis, on danse dans le bateau et dans le cockpit et on rit jusqu’à tard. FIÈRE ALLURE goûte aux fameux partys légendaires sur MER ET MONDE et ils sont bien contents. Quelle belle soirée !!!

       

Souper-spag avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE                            Un peu de Karaoké pour commencer la soirée

17 Fev 2008: Cueillette de Sand Dollars

Ce matin, Catherine organise avec les filles de VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE une expédition de coquillages à marée basse. Elles vont sur une plage réputée pour avoir des Sand Dollars et la plage s’appelle Sand Dollar … Elles y vont toutes la matinée et Catherine revient avec ses trésors: cinq beaux Sand Dollars. Après les avoir fait bouillir dans une petite quantité d’eau de javel, ils deviennent très blancs. Elle les manipule avec soins puisque c’est très très fragile.

Pendant ce temps, je reste au bateau à travailler sur l’ordinateur d’un équipage suisse du nom de KOBOLD. L’ordinateur est neuf, mais ne fonctionne pas bien. Je travaille une bonne partie de la journée sur leur problème. Je n’arrive à rien. Le problème semble être hardware…

En fin de journée, Catherine et moi on répond à l’invitation d’un équipage provenant de Québec qui s’appelle BOFIXE. C’est une famille de quatre avec deux belles filles de 10 et 12 ans. Ils nous reçoivent en 5 à 7 et on placote sur nos expériences respectives de navigation dans le fleuve St-laurent. Pour leur voyage, ils ont navigué toutes les maritimes pour atteindre les États-Unis et nous disent que c’est une très belle expérience, mais exigeante. On passe une soirée agréable avec eux.

      

La plage de Sand Dollar                                                                                 Camille et Catherine de FIÈRE ALLURE nous montre leurs prises

                                                                                                                           du jour

 

18 Fev 2008: Encore des coquillages !

Ce matin, c’est une première pour moi. Il y a quatre gars de notre « communauté québécoise » qui courent sur la plage pour se mettre en forme et ce, un matin sur deux. Je décide donc d’essayer cela ce matin. Les gars font un trois kilomètres. Je réussis pour ma part à faire 2,5 kilomètres ce matin. Pour une première fois, c’est bon ! Les autres ont plus d’entraînement que moi. Je suis en bonne forme musculaire, mais pas cardio-vasculaire. Je suis brûlé de cette course et cela affecte le reste de ma matinée. Je dois donc faire une sieste.

En après-midi, Catherine et moi on va sur la plage côté océan avec VICTORIA’S SECRET dans le but de faire un sentier dans la portion sud de l’île. Les filles se ne rendent jamais au sentier car en chemin, elles découvrent un trésor sur la plage: des milliers et des milliers de tout petits coquillages qui forment une plage. Elles se remplissent les poches et des sacs Ziplocs. Benoit et moi, on continue à marcher et ont fait le sentier en question qui est intéressant.

       

       

De beaux paysages de la plage côté Sound de Goergetown

          

Une belle trouvaille …                                                      … une plage de millions de mini-coquillages; Catherine s’en réjouie !!!

Catherine fait une autre « soupe aux coquillages » à l’eau de Javel en revenant pour éliminer tout risque de bibittes dans le bateau. On manque de propane sur notre deuxième réservoir. Je vais pour ma part la porter en ville en fin de journée en espérant que les remplissages aurions lieu bientôt !

Soupe aux coquillages pour souper !

19 Fev 2008: Buffet de fruits de mer sur Hamburger Beach

Les gars de plusieurs équipages ont lancé un appel à la pêche hier. Alors ce matin, je parts pour la pêche à 6h30 du matin avec les autres gars, tandis que Catherine dort encore. Pourquoi si tôt ? Il paraît que les langoustes sortent de leur trou la nuit, et qu’au petit matin, on peut les voir nager dans le fond de l’eau avant qu’elles aillent se cacher dans des trous. On arrive sur le site de pêche qui est du côté océan et les coraux sont à 20 pieds de profond. C’est plus que tout ce que je suis habitué comme profondeur d’eau jusqu’à maintenant. Cela me prend un bon 20 minutes pour réussir à atteindre le fond.  Je pensais même, dans les premières minutes, ne pas être capable d’y arriver tellement c’est difficile. Mais à force de me pratiquer, je vais de plus en plus profond. Il y trois problèmes pour m’empêcher d’aller loin en profondeur. Le premier est celui de retenir longtemps ma respiration, le deuxième est la pression intense dans mes oreilles qu’il faut que j’équilibre 3 à 4 fois par plongée, et la dernière, la nervosité. Plus on est nerveux et plus on consomme de l’air. Alors, il faut que j’apprenne à relaxer et me calmer, même si je trouve qu’il y a pal mal épais d’eau au-dessus de moi. Plusieurs autres gars font de même aujourd’hui.

Éric qui part à la pêche avec sa sling

Je manque une langouste de peu à une reprise. Elle marche sur le fond et est complètement à découvert. Je l’aperçois en plongeant et je la « slingne » … à quelques millimètres à côté ! CHOUUUU !!! Je la rate donc par nervosité … J’attrape ensuite un gros Perrotfish, un beau poisson rouge et blanc que je prend pour un Grouper. Il n’est malheureusement pas commestible, comme tous les poissons perroquets d’ailleurs. Si Catherine aurait été avec moi, elle me l’aurait dit avant que je le sligne.  Plusieurs attrapent de la langouste et d’autres gros poissons aujourd’hui, assez pour faire un beau souper communautaire. Guy de KERGUELEN attrape un Hogfish, un beau poisson plutôt rare, recherché et succulent, humm humm … Pour mon Perrotfish, je vais le donner à un gars itinérant qui reste à l’année sur son petit voilier à Goergetown et qui pêche le requin avec des apâts de ce genre. Il se montre très heureux. Encore un belle expérience que cette plongée dans 20 pieds d’eau !!!

                    

Un Hogfish pêché par KERGUELEN                                              Voici un Trigglerfish attrapé par BOFIXE

En après-midi, Catherine aide BOFIXE à faire des filets avec un de leur poisson qui est très difficile à arranger: un Queen Triggelfish. Ça lui prend plus d’une heure et le poisson dégage une odeur forte. Pas invitant d’en pêcher … Elle montre ensuite à VICTORIA’S SECRET comment préparer les langoustes pour la cuisson. Pendant que je fais une petite sieste, Catherine va ensuite avec d’autres filles trouver du bois sur la plage de Hamburger Beach pour le feu que l’on va se faire ce soir. KOBALD vient chercher son ordinateur en fin d’après-midi. J’ai établit après avoir pu tester leur disque dur et leur mémoire que le problème matériel est la carte maîtresse de l’ordinateur. Il n’est pas chanceux, car son ordinateur était neuf … L’eau salée et l’humidité sont très durs pour les ordinateurs.

À 17h,  on va tous sur la plage pour déguster notre festin autour d’un bon feu. Christian de MAYA X a fait une crème chowder digne de ce nom, il y a du riz et des salades de nouilles, de la langouste et plusieurs sortes de poissons à déguster sur la table: Hogfish, Tiger Grouper, petit Great Barracuda ) les moins de 5 livres ne sont pas toxiques), Queen Trigglerfish, Rock Hind, etc … Un vrai délice !!!

        

Éric part le feu avec les enfants                                                                       Une excellente crème showder fait par Christian

                                                                                                                              MAYA X)

 

       

La cuisson des poissons dans le feu sera à point                                         HA ! C’est prêt !

                    

Mylène de FIÈRE ALLURE s’occupe des langou-                           Le souper est un véritable buffet de produits de la mer en plein-air !

stes bouillies

 

       

La belle assiette de dégustation !                                                                   Catherine déguste son repas avec les deux filles de BOFIXE

20 Fev 2008: Randonnée à Monument

Ce matin, Catherine me rase les cheveux au « clipper » parce que j’ai vraiment trop chaud. Je vais ensuite courir sur la plage avant diner, tandis que Catherine fait de l’écriture. Je suis seul aujourd’hui et je cours à mon rythme. Je réussis à faire le trois kilomètres au complet cette fois-ci. Non sans mal, mais j’ai réussit !

En après-midi, Catherine et moi on va faire une randonnée pédestre en amoureux à Monument sur l’île de Stocking Island. On voulait le faire dès le début, mais il y avait trop d’activités organisées et on repoussaitde jour en jour depuis notre arrivée cette visite là . Monument est le plus haut mont du coin (37 mètres !). D’en haut, on a une superbe belle vue sur 360 degrés. On voit tous les mouillages et les plages de la région de Georgetown.

      

Un paysage de Elisabeth Harbourg                                                               La belle plage blanche du P & P Beach Club

      

Le sentier menant à monument est assez à pic                                            YOUPPI, on est arrivé !!!

       

L’île de Stocking Island du côté océan (vue vers le sud-est)                         Toujours la même île du côté de Elisabeth Harbourg: on voit au bout

                                                                                                                            Volleyball Beach et notre mouillage (vue vers le sud-est)

 

       

Le mouillage de Monument dans Elisabeth Harbourg (vue vers le sud)      La continuité du mouillage de Monument dans Elisabeth Harbourg

Au loin, la ville de Goergetown sur Great Exumas Island                            (vue vers le nord-ouest)

 

Le soir, on reste juste les deux ensemble, Catherine et moi au bateau. On fait tout le temps des activités de groupe depuis qu’on est ici et on aime de temps en temps se retrouver seul en couple pour une soirée tranquille.

21 Fev 2008: Journée sur la plage !

Ce midi, nous sommes invité à manger une chaudrée de poisson sur VICTORIA’S SECRET avec FIÈRE ALLURE qui est fait par Nancy. Catherine et moi, on mange sans arrêt des fruits de mer à notre plus grand plaisir !

On se déplace tous ensuite sur la plage du côté Sound (océan) avec nos équipements de plongée. Benoit et moi, on espère pouvoir pêcher à la sling, malgré que l’on ait pas les dinghys. On enclenche notre chasse sous-marine. La mer est assez houleuse et il faut tenter de progresser vers le large malgré les vagues qui nous repoussent au bord. On cherche des têtes de corails, mais on se rend bien compte que c’est trop dur, on ne nage pas assez vite pour progresser. On se rend à l’évidence et on décide finalement de nager pour le plaisir et la découverte. On ne pêche rien. Pendant ce temps, on perd de vue pour le reste de l’après-midi Catherine et Nancy qui sont parties en exploration pour trouver de beaux coquillages sur la plage. Benoit et moi, on finit par attendre les filles avec un rum punch sur VICTORIA’S SECRET et elles arrivent enfin juste avant le coucher du soleil avec DEMIE-PORTION que nous leur avions laissé pour qu’elles puissent revenir à Volleyball Beach. La pêche a été bonne pour elles, tellement qu’elles n’ont pas vu le temps passer … Leurs yeux pétillent de bonheur !

Donc, une fois les filles sur VICTORIA’S SECRET, on fait un petit 5 à 7 avant de retourner sur MER ET MONDE.

Des touristes font du cerf-volant surf sur la plage côté océan

22 Fev 2008: La spécialité de Catherine: le spag aux fruits de mer !

Le rendez-vous pour courir avec les gars ce matin est à 8h30 AM. La marée est pleine haute, alors on va se retrouver à courir dans la portion molle du rivage. Il y a un coureur de marathon (42 kilomètres) avec nous et il nous dit que cela nous demande deux fois plus d’efforts dans ces conditions et qu’il fait habituellement la moitié de la distance dans ce temps-là. On fait donc environ deux kilomètres au lieu de trois ce matin.

Par la suite, Catherine traverse à Goergetown avec Stéphane de FIÈRE ALLURE pour faire des commissions et une épicerie. Moi, je reste au bateau pour faire la vaisselle et écrire un peu de nos aventures sur le site web.

Le soir, MER ET MONDE reçoit l’équipage de VICTORIA’S SECRET pour un super souper de spaghetti aux fruits de mer. Nos invités confirment la fameuse réputation du spag de Catherine. On passe une très belle soirée. Catherine joue à des jeux de société avec les enfants. Juste avant de partir, Sarah-Maude dort à poing fermés. On propose de la garder à coucher et les parents acceptent. Durant la nuit, elle se réveille toute perdue, mais est très contente d’être sur le bateau de titi Cathou et tonton Éric !

Sarah-maude fait dodo comme un ange sur MER ET MONDE

23 Fev 2008: Sarah-Maude et Laurence sur MER ET MONDE

On se réveille avec notre invitée Sarah-Maude à bord. Je fais un bon déjeuner omelettes: oeufs-bacon-oignon-fromage-sirop d’érable. Catherine dit que les déjeuners sont ma spécialité ! On passe toute la journée avec Sarah-maude à bord. Catherine lui coupe les cheveux en matinée et ensuite Catherine se coupe elle-même ses cheveux, ce qui est plus long. L’objectif était de couper un pouce et l’histoire c’est terminée finalement par trois pouces de moins … Catherine aussi a très chaud avec sa chevelure épaisse et elle doit l’amincir beaucoup pour être bien.

Pendant ce temps, je joue au rommy avec Sarah-Maude. Ensuite, je l’a pends au bout d’une écoute accroché à la bôme au-dessus de l’eau pour l’amuser, ce qui fonctionne à merveille ! Sarah-Maude est toujours prête pour un peu de cascades et d’activités physiques. Catherine prépare ensuite un super nachos avec Sarah-maude qui aime bien assister le cuisinier. En fin d’après-midi, on demande à Laurence de venir nous rejoindre et on fait une sélection de films pour la soirée. Catherine fait un super souper aux filles et elles nous quittent vers 21h après avoir regardé un film et demi. Elles auraient bien aimées restées encore et encore. C’est une belle expérience d’avoir des enfants à bord toute la journée !

          

Sarah-Maude a beaucoup de plaisir à faire                On déguste un super nachos avec les enfants

des cascades

 

24 Fev 2008: Rencontre avec l’équipage d’ALLÉGORIA

Benoit vient me chercher à 8h AM pour aller courir sur la plage. Il me prend un peu par surprise, car je n’ai pas déjeuné. J’y vais quand même et je trouve que d’avoir le ventre vide est plus facile pour courir. Je reviens et on reçoit la visite de l’équipage d’ALLÉGORIA, un couple sans enfants dans nos âges qui viennent tout juste d’arriver à Goergetown. Ils ont vu et lu notre site web l’an passé et on a communiqué avec eux par e-mail durant le voyage, mais on ne les avaient encore jamais rencontré. On les invite pour un 5 à 7 ce soir. Ensuite, je finis mon livre de Micheal Connely. C’est mon quatrième livre de Connely en un mois !!! Ensuite, j’attaque Forteress Digital de Dan Brown en fin d’avant-midi. C’est vraiment un plaisir de lire quand on a du temps !

En après-midi, Catherine et moi, on se déplace sur la plage côté océan avec VICTORIA’S SECRET. On amène tout notre équipement de plongée. On y retrouve là-bas tout nos autres équipages québécois. On passe le reste de l’après-midi à placoter avec le groupe, à jouer au ballon dans l’eau, à patauger dans l’eau avec nos masque-tuba et à lire. Il fait nuageux, mais très chaud et l’eau est vraiment bonne. L’océan est calme, alors on peut nager assez loin vers le large aujourd’hui.

Rassemblement de québécois sur la plage côté océan

On reçoit ensuite ALLÉGORIA pour un 6 à 9. On invite aussi VICTORIA’S SECRET afin de leur faire partager cette nouvelle connaissance. Pleines de bonnes choses se retrouvent sur la table du cockpit et on placote sans arrêt. On apprend qu’ALLÉGORIA vient tout juste de passer deux semaines en compagnie de SOLUNA, ils les ont rencontré la journée où nous, nous les avons quitté. Que le monde est petit ! Ils sont vraiment très gentils, on espère avoir l’occasion de naviguer un bout avec eux. On leur explique par contre qu’on prépare notre départ pour Long Island pour après demain avec VICTORIA’S SERCET.

25 Fev 2008: Préparation pour le départ de Goergetown

On prévoit quitter Georgetown demain avec VICTORIA’S SECRET et on doit quitter avec tout ce qu’il nous faut. D’autres équipages disent vouloir venir nous rejoindre après le cold front annoncé dans les prochains jours. On part à l’aventure et on n’a pas de parcours tout tracé d’avance pour remonter vers le nord et se rendre à Eleuthera. En gros, on se déplace à Long Island qui est à l’est des Exumas dans les Out Islands. Par la suite, on a le choix de revenir à l’ouest aux Exumas pour renaviguer dans moins de 25 pieds d’eau dans le Great Bahamas Bank qui procure une navigation facile, mais connue. Ou on décide de remonter par les îles de l’est, les Out Islands, de suberbes îles exotiques, très différentes des Exumas, très peu fréquentées par les navigateurs, mais où il y a plus de population bahamienne. Ce deuxième choix représentent un défi supérieur au niveau de la naviguation. C’est une naviguation océanique entre chaque île, les protections pour les mouillages sont moins nombreuses et les îles sont distancées les unes des autres. On ne pourra aussi se fier que sur mes compétences pour ce qui est d’interpréter les données fax-météo, car il n’y a pas de météo par VHF dans les Out Islands. Peu importe notre décision, ce sera la bonne, mais dame nature sera le principal argument pour trancher. Alors, on verra au fur et à mesure.

Une chose qu’on a apprit en voyage est que quand on a l’occasion d’acheter quelque chose, même si on peut attendre encore quelque jours, et bien il vaut mieux acheter quand même. Un exemple: on a eu l’occasion de se faire remplir nos bombonnes de propane à Staniel Cay et on l’a pas fait. On s’est dit que ça pouvait attendre encore et on nous avait dit que se serait plus facile à Georgetown. Et bien, ça fait deux semaines que j’ai laissé mes réservoirs de propane complètement vides en ville ici et on attend depuis. On nous dit en ville qu’il on des problèmes avec l’approvisionnement en propane et la date est reportée comme ça de jour en jour: revenez demain, ce sera prêt !  Par chance, VICTORIA’S SECRET nous prête une des siennes en attendant, mais il est presqu’à court aussi, comme une bonne partie du mouillage ici. C’est pour dire comme on ne sait jamais …

Alors, aujourd’hui on va donc se ravitailler avec VICTORIA’S SECRET à Goergetown. On a une bonne liste de choses à faire aujourd’hui. Je commence par faire du internet jusqu’à midi. Je réussis à appeler à Long Island pour apprendre que nous pourrons nous procurer du propane à l’intérieur de 24-48 heures: YOUPPI ! On part ! Pendant ce temps, Catherine va faire une brassée de lavage. Ensuite, on retourne diner chez Eddies avec Benoit et Nancy. Les filles vont ensuite acheter des souvenirs bahamiens dans un marché public pendant que Benoit et moi, on s’occupe de récupérer nos réservoirs vides de propane et de se faire rembourser. On a payé d’avance et c’est toute une histoire pour récupérer notre argent ! Je m’occupe de remplir deux jerricans d’eau et une jerrican d’essence. Je vais chercher ensuite de la bière et du vin. Puis, les filles font l’épicerie et on retourne au bateau vers 16h30. Le dinghy est vraiment très plein et l’eau rentre à l’intérieur à coup de chaudière: spectacle assez drôle ! Cela nous fait penser à Titusville en Floride quand on a fait nos grosses épiceries.

Achats de souvenirs au marché de Goergetown

Benoit vient en catimini sur MER ET MONDE pour faire un gateau forêt noire avec Catherine en l’honneur de la fête de Nancy demain. 

La préparation du gâteau de fête de Nancy en catimini

On soupe et ensuite on va sur Hamburger Beach où tous nos amis québécois sont rassemblés autour d’un feu. On fait la surprise à Nancy de son gâteau pour souligner sa fête. On salue tous le monde, car on ne sait jamais si on va les recroiser ou non. « Ce n’est qu’un aurevoir » est plus facile à dire ! Pour ce qui est de EPSILON et MARIE-GALLANTE, c’est un adieu, car ils partent pour un temps X vers le sud.

        

Bonne fête Nancy !!!                                                                                           Ce n’est qu’un aurevoir Goergetown et nos amis québécois !

26 Fev 2008: La merveilleuse plage blanche de Calabash Bay

Ce matin, on lève l’ancre après 18 jours passés à Georgetown. On est fébrile et très content de partir à l’aventure avec VICTORIA’S SECRET. On estime qu’on est resté environ quatre jours de trop ici, et le propane est la raison principale qui nous a retenu dans Elisabeth Harbour dans les derniers jours. Nous avons aimé Goergetown pour le repos que nous avons pu y prendre et pour les activités de groupe organisées avec tout nos amis québécois, les plages du coin facilitant les grands rassemblements et les soupers communautaires. On part donc plus que rassasié de Goergetown à 8h15 AM après avoir écouté la météo sur le Net de Goergetown (VHF 72). Catherine fait des salutations générales de la part de MER ET MONDE par radio VHF et on se fait aussi saluer par plusieurs équipages.

On aperçoit VICTORIA’S SECRET en avant plan du mouillage de

Volleyball Beach

 

Notre objectif de la journée est Tompson Bay à Long Island. On sort de Goergetown à l’aide de plusieurs points GPS et segments à faire avant de prendre le cut à l’est de Elisabeth Harbour. On fait quelques milles nautiques en mer et la progression est vraiment lente: avec le vent dans le nez, on fait trois noeuds de vitesse à moteur ! Benoit propose de changer de cap pour ne plus avoir le vent dans le nez et de faire de la voile. On acquiesce et on met le cap sur Calabash Bay qui est plus au nord. Nous sommes en vacances, alors pourquoi ne pas suivre le vent ? On sort toute la guenille et on se met à faire de la très belle voile. On imite pour la première fois VICTORIA’S SECRET en se mettant de la belle musique (Katie Melua) avec le son dans le fond tout en navigant. Extra comme sensation !!!

Tout en serpentant à travers les têtes de corail qui ne sont pas indiquées sur les cartes (il faut absolument naviguer à vue dans la baie), on se trouve un ancrage dans la très très belle baie de Calabash Bay avec sa plage d’un blanc immaculé. C’est un spectacle parfait ! On retrouve la belle eau cristalline qu’on connaissait des Exumas. On tente de s’ancrer les deux premières fois sans succès, car il y a des plaques de sable dur partout et l’ancre ne fait que se déposer au fond de l’eau. On s’approche du bord où il y a du sable plus mou et OP ! du premier coup, ça fonctionne. Même si l’ancre tient avec le moteur à reculons à 2900 tours, en allant voir l’ancre avec le sceau à fond transparant, on voit bien si on est en sécurité ou non pour la nuit … Là, je vois bien avec le sceau que l’ancre est bien enfouie dans le sable. Il faut absolument ce type de sceau pour savoir si on est bien ancré aux Bahamas.

Afin de se dégourdir les jambes, on débarque sur la plage blanche avec VICTORIA’S SECRET et on marche sur l’île. On y trouve une route et on va voir le bateau québécois ESPERANTO que VICTORIA’S SECRET a connu dans un autre mouillage. Il est ancré dans Joe’s Sound, une toute petite place très bien protégée où il y a du courant et des magroves. Le spectacle est vraiment magnifique, mais le cut pour y accéder est difficile. ESPERENTO nous donne beaucoup de renseignements sur l’île et nous donne l’idée de se louer une auto. Long Island est une grosse île longue de 130 km et où il y plein d’activités à faire. On trouve l’idée bonne et excitante. Il fait vraiment très très chaud, on est déshydraté et la marche du retour est pénible. Avant d’aller aux bateaux, on plonge tous dans l’eau en face du mouillage. Comme c’est rafraichissant !!! L’eau est vraiment exquise et le sable fait rêver ! On s’amuse longtemps dans l’eau, jusqu’à en être gelé.

Souper sur MER ET MONDE le soir pour la fête à Nancy. On mange du bon poulet avec patates et un pudding chomeur, et Catherine joue à des jeux avec les enfants, mais tous dorment debout à 21h, alors on va se coucher. Quand on navigue, le grand air nous fatigue, qu’on le veule ou pas …

Une très belle photo de Laurence et Sarah-Maude sur MER ET MONDE

27 Fev 2008: Direction Tompson Bay pour passer le cold front

On se lève avec un ciel gris foncé et un grain s’abat sur nous à 8h AM. On est pas habituer de se lever avec un temps aussi maussade. On prend la météo pour voir s’il y a du changement. Et non, tout est comme prévu. C’est juste un grain et tout devrait revenir à la normal bientôt. On se prépare et on lève l’ancre à 8h45 en direction de Thompson Bay, au sud de notre mouillage. Nous pourra y passer le cold front annoncé, car cette baie offre une bonne protection.

Les premiers milles nautiques se font avec beaucoup de vigilance, car il y a beaucoup de têtes de corail et de hauts-fond de sable. On se met ensuite de la belle musique tout en faisant de la voile et on est aux anges toute la journée. Je suis à la barre et c’est Catherine et du réglage des voiles aujourd’hui tout en continuant à faire la navigation.  Catherine fait des tests avec les voiles et relâche beaucoup plus les voiles que moi afin d’avoir moins de gîte et ça nous permet d’aller plus vite que d’habitude … On file à la vitesse de coque durant tout le parcours, soit 6.5 noeuds, YOUPPI ! On s’ancre facilement au mouillage de Tompson Bay à 14h. Nous avons un vent d’ouest et il y a 2-3 pieds de vagues dans la baie, mais c’était prévu. Quand le vent va tourner au nord ce soir, la baie nous donnera un belle protection du front froid annoncé.

       

VICTORIA’S SECRET sous voiles dans les belles eaux cristallines              Arrivée à Thompson Bay

On dine et moi, je fais une petite sieste de 30 minutes. Ensuite, je vais chercher Benoit, car on doit aller porter nos réservoirs de propane pour les faire remplir au Long Island Petroleum. On trouve l’endroit pour le propane, ensuite on va s’acheter une crème glacée pour le retour à pied. Sur notre chemin, on va voir le quai où il se fait les déchargements d’un bateau-courrier et un magasin marin. On trouve qu’ici, l’île est plus civilisée, plus riche et mieux organisée qu’à Georgetown, malgré que Georgetown soit plus grosse en population. La flore est aussi plus abondante que tout ce qu’on a vu aux Bahamas jusqu’à maintenant et il y a de beaux gros palmiers.

On revient ensuite au bateau vers les 17h30 et Catherine m’aide à remonter le zodiac sur le bossoir, car il y a beaucoup de vagues et ça brasse. Je regarde avec Catherine le travail qu’elle a fait durant mon absence. Catherine a étudié tous les guides pour trouver les attraits de Long Island et a fait une longue liste qui lui a pris presque plus de deux heures à faire. Cela semble très excitant et on communique notre enthousiasme à VICTORIA’S SECRET qui salivent à leur tour. On veut se louer une auto pour deux jours en espérant pouvoir tout visiter à partir de notre mouillage. On soupe et on se couche vers 20h30. Le bateau tangue violement et claque, alors on somnole seulement. À 23h45, le front froid arrive. Il y a un grosse pluie et le bateau tourne sur son ancre de 180 degrés en l’espace de deux minutes. On part le moteur et pour retester notre ancrage. Elle décroche de quelques pieds et s’agrippe à nouveau dans le sable. La vague s’applatit en moins d’une demie-heure. On peut maintenant dormir sur nos deux oreilles ! 

Le cold front qui arrive bientôt, vu du mouillage de Thompson Bay

28 Fev 2008: Expédition en auto à Long Island (jour1)

Ce matin, on se lève à 7h AM pour capter les fax météo par radio ondes courtes qui ont un horaire de transmission. Un cold front avec des vents du nord de 20 noeuds est toujours prévu pour les deux prochains jours. On a confiance en notre ancrage et la baie nous protège très bien du cold front ici, alors on est pas nerveux de quitter le bateau pour une longue période. Le débarquement à terre avec VICTORIA’S SECRET se fait à 8h45 AM.

On se loue une mini-van chez  Fox Car Rental et on l’obtient en négociant à 140$ pour deux jours. Pas si mal ! Aujourd’hui, c’est Benoit qui conduit et se sera mon tour demain. On doit conduire à gauche aux Bahamas et notre auto louée a un volant à gauche, comme chez nous au Québec. Ce qui fait que le conducteur se situe du côté terre-plein et doit estimer la largeur de l’auto lors des rencontres avec les autos de l’autre sens. Ouf … Au début, on fait le saut à chaque fois qu’on croise une voiture. Il faut faire aussi attention aux chèvres en liberté qui traversent les rues de temps en temps. La dernière fois qu’on est embarqué en voiture est à Orlando et on trouve que le paysage défile très vite !  Sans compter que nos réflexes ne sont plus aiguisés … Bref, ça demande une certaine adaptation, et juste ça, c’est une aventure en soi !

       

On se prépare à partir, vite, vite !!!                                                                Les bahamiens conduisent à gauche, toute une adaptation !

On commence en se rendant d’abord complètement au nord de l’île à Cape Santa Maria. On débute par la visite du site du Columbus Monument. La route pour s’y rendre en auto est digne d’un 4X4, mais on a un bon conducteur. Un monument a été érigé en l’honneur de Christophe Columb qui aurait posé le pied au Nouveau Monde pour la première fois ici, sur Long Island aux Bahamas. Il y a une vue vraiment imprenable sur l’océan et les vagues se brisent sur d’impressionantes falaises blanches. On se déplace ensuite à Newton Cay en passant par le village de Seymour’s. Pour accéder à cette île, il faut traverser à pied une passerelle de béton en ruines et marcher dans les bois pendant un bout. On atterrit sur une plage qui nous mène au bout à d’autres falaises blanches et une petite baie où le paysage est aussi magnifique. Le spectacle est cependant terni par une quantité phénoménale de déchets sur la plage qui sont amenés par la mer par les vagues et les courants de l’océan; c’est vraiment désolant …

           

      

Paysages de Cap Santa Maria et de ses belles falaises blanches

      

Le Columbus Monument …                                                                               … en l’honneur de Christophe Colomb

       

Sur l’île de Newton Cay …                                                                                 … Catherine est bien contente d’y trouver de gros cerveaux !

Après une petite cueillette de trésors sur la plage, on s’en retourne, car il est déjà l’heure de diner. On va diner dans un complexe hotellier absolument magnifique et exotique: le Stella Maris. Il y a des villas très luxueuses à louer ici sur le bord de la plage de sable blanc et tout semble neuf. On y mange très bien et les prix sont bons. On savoure le fait de manger dans un resto aussi beau, ça faisait longtemps …

      

             

Le complexe hotellier de Long Island : le Stella Maris …                           … Et sa superbe plage !

Après diner, on marche un peu dans le complexe hotellier en prenant des photos pour digérer. On se rend ensuite voir un autre site très recommandé par les guides touristiques: le King Bay Resort de McKann’s où il paraît y avoir la plus belle plage de l’île du côté océan. Mauvaise surprise: le Resort est presqu’abandonné et en ruine, la plage est vraiment d’une laideur avec des déchets partout … On se vire de bord assez vite, puis, on va visiter à Simms la plus vieille prison de l’île, de même que le poste de police et sa cour magistrale qui date de 1782. Les bâtisses sont bien conservées et à l’image des Out Islands. On passe ensuite en vitesse à Millertons chez un marchant de pailles et les filles achètent des beaux napperons en forme de poisson faits en feuilles de palmier.

      

La plus vieille prison de l’île à l’image des Outs Islands …                       … Et sa cour magistrale qui datent de 1782

On finit la visite guidée organisée par Catherine par l’exploration à Salt Pond d’une très vieille église: la St.Joseph’s Anglican Church. Le paysage est digne d’une carte postale et on voit nos voiliers en arrière plan au coucher du soleil, WOW … On y trouve ici un arbre qui mue et qui a des fèves géantes séchées, longues d’environ 2 pieds. Leurs textures ressemblent au bois tellement elles sont dures. On s’en prend quelques unes en souvenirs. Petit mot sur les églises de l’île: il y en a de toutes les sortes, de toutes les âges et de toutes les religions et c’est ce qui en fait en partie la beauté des paysages ici. Les habitants de l’île de Long Island se disent tous bahamiens, mais leurs origines sont très variées: britanique, française, hispanique, irlandaise, etc… En plus des bahamiens noirs, il y a donc sur l’île une importante population, soit blanche, soit « bright » pour désigner ceux d’ascendances mixtes. L’île est donc multi-culturelle.

      

La St.Joseph’s Anglican Church …                                                                 … Et son arbres aux fèves géantes !

Avant de retourner au bateau, on va voir si nos réservoirs de propane sont arrivés. Et non, ce sera pour demain. On complète la journée avec une petite épicerie au plus gros magasin général de l’île et de tous le sud-est des Bahamas (épicerie et hardware): le Hardings Supply Center. Les prix sont très raisonnables et il y a du choix. On s’achète un gros plat de crème glacé qu’on mange sur le quai tous ensemble avant de s’en retourner chacun « chez nous ».

          

Des immenses aloès abondent sur Long Island                      De la crème glacée, c’est quelque chose de rare

                                                                                                     pour des navigateurs comme nous, Yummmm !!!

 

On se couche tôt, car on a encore une autre merveilleuse journée qui nous attend demain !

29 Fev 2008: Expédition en auto à Long Island (jour 2)

Après la réception des fax météo de 7h à 8h30 AM, le scénario prévu est toujours le même: forts vents du nord et mer de six à sept pieds, ce pour au moins les trois prochains jours.

On part pour notre deuxième journée avec la voiture à 8h45 AM. On va jeter nos déchets aux ordures, gonfler les pneus de la mini-van et on est en route pour le premier site d’exploration. C’est moi qui conduit aujourd’hui et ça fait depuis Deltaville dans la Chesapeake que je n’ai pas tenu un volant. Je trouve que je m’adapte assez facilement malgré tout. On descend aujourd’hui au sud de l’île. Notre premier arrêt de la journée est à Deadman’s Cay où l’on est supposé y trouver un cultivateur qui vend des beaux légumes, des ananas et des éponges de mer. On prend un embranchement qui nous mène sur Apple Drive. Surprise ! Toutes les maisons de la rue sont décorées généreusement d’objets de toutes sortes. Les filles sont toutes excitées et décident de marcher dans la rue pour prendre des photos des maisons et de leurs aménagements pendant que les gars roulent à basse vitesse avec la van. Une des maisons possède un arbre qui ressemble à un sapin et la propriétaire y a accrochée pleins d’objets, ça ressemble vraiment à un arbre de Noël. C’est vraiment un bizarre de spectacle. On tombe sur la maison de Mrs Iris Cottage et on jase avec une dame qui est en train de faire un peu de ménage dans sa cour. Elle nous explique qu’elle a ramassé depuis des années ce que l’océan rejète sur la plage et qu’elle s’est servie des objets qu’elle a trouvé pour décorer tout son jardin. Elle ne le fait plus depuis peu, mais sa fille a pris la relève et c’est le terrain qu’on a vu plus tôt avec l’arbre de Noël. La femme est vraiment très accueillante et on placote un bout avec elle pour en apprendre plus sur son mode de vie. Ensuite, on trouve enfin notre cultivateur qui s’appelle Roland McHardy et avec qui on peut admirer son champ de bananiers et de palmiers. Ses bananiers sont malheureusement petits, car sa plantation a été détruite lors d’un ouragan l’an dernier. Il nous explique qu’il n’a plus d’éponges de mer à vendre, mais il nous offre de goûter au jus des deux sortes de noix de coco jaunes qu’il cultive, des « gold coconuts ». C’est vraiment très délicieux et on se délecte tous les babines. Il nous en donne même trois pour rapporter au bateau en nous expliquant comment les ouvrir avec une machette. Il refuse un cinq dollars qu’on veut lui remettre pour le remercier. Il dit que cela lui fait plaisir de donner, que cela le rend heureux. Ils sont vraiment touchants ces bahamiens et ont beaucoup à nous apprendre … On devine aussi que les gens sur cette île sont mieux nantis. Ça s’explique sûrement par le fait qu’ils peuvent vivre de leur agriculture et de leur élevage, car l’île a une faune abondante ici.

        

Un bel arbre de Noël, version bahamienne                                                      Des bouteilles et des bouées servent de décoration sur les terrains !

         

Madame Iris nous parle fièrement de ses                    L’entrée de la maison de Madame Iris

trouvailles sur les plages côté océan

 

         

Monsieur Roland McHardy, agriculteur, nous parle de ses « golden              …  et de son champ de bananiers et de palmiers  

nuts » …                 

 

      

Dégustation de noix de coco: c’est vraiment délicieux !!!                            On repart avec des trésors, gracieuseté de Roland !

      

On est vraiment content de vivre cette expérience                                      Visite guidée de Apple drive mi-à pieds, mi-en voiture

Ensuite, on part les mains pleines de noix de coco pour le Wild Tamarind Pottery and Gallery dans la ville de Petty’s. Paraît-il qu’il ne faut pas manquer cette galerie d’art tenue par M. Dennis Knight pour y voir des objets de toute sorte représentant la culture bahamienne. Arrivés sur place, on rencontre un couple bien nantis où l’homme vient de l’Angleterre, et la femme, de Long Island. Ils tenaient effectivement une belle galerie d’art, mais sont à leur retraite depuis deux ans vu leur âge. Ils sont par ailleurs très acceuillants et sympathiques et on discute avec eux une bonne demie-heure pour en apprendre encore plus sur la vie des bahamiens sur Long Island. La dame possède des terres et une grande maison ici qui lui ont été léguées en héritage par son père, mais nous explique qu’aujourd’hui, les terres sont hors de prix pour des étrangers et se vendent dans les sept chiffres !!!

On est rendu à l’heure du diner et toutes ses belles rencontres nous donnent faim. Catherine conseille Clarence Town pour diner, alors on va voir les restaurants qui sont sur nos cartes. On choisit le Harbourg Rest Restaurant qui n’est pas vraiment invitant de l’extérieur, mais où ils font de la cuisine typiquement bahamienne. On mange encore une fois un très bon repas où l’on découvre de nouvelles saveurs. Catherine aime particulièrement les bananes de plantin bien apprêtée, un vraie délice !!!

      

Le Harbourg Rest Restaurant de Clarence Town                                        Une cuisine typiquement bahamienne: une expérience !

La visite suivante est la belle église de style grec de St. Peter & Paul’s Catholic Church, toujours à Clarence Town. Il faut monter dans les tours de l’église pour admirer le paysage de la ville, car on peut voir 360 degrés autour de nous. Les tours sont très à pic et étroites et il faut grimper dans de petites échelles faites en bois. Il vente fort, et plus on monte, plus on se fait décoiffer ! C’est toute une expérience, faut surtout pas avoir le vertige ! Arrivé en haut, on remarque que l’océan qui est déchaîné et on est bien content d’être à terre. Le ciel est couvert et c’est très venteux aujourd’hui. Le paysage est très beau, mais on s’imagine ce que ça doit être quand s’est ensoleillé !

      

La St. Peter & Paul’s Catholic Church à Clarence Town vu de                 … Et vu de l’intérieur

l’extérieur …

 

             

Éric qui admire le paysage de Clarence Town                  On aperçoit la marina et le harbourg de Clarence Town

vu de haut !

 

        

 Un des clochers de l’église                                                                             C’est très à pic pour circuler dans les tours !!!

                       

Vision de la tour de l’église                                           Les marches de l’église

Après l’église, notre autre objectif est de trouver le trou bleu (ou « blue hole ») à Petty’s . C’est le trou d’eau le plus profond du monde et qui recèle la 8ième caverne sous-marine en importance sur la planète. Jacques Cousteau y a fait une expédition. Notre but est d’aller le voir pour faire de la plongée en apnée à la surface seulement. On prend un chemin de terre, puis on marche un bon bout à pied dans le bois. Après presqu’une heure, on ne réussit toujours pas à le trouver … On est pas à la bonne place et les panneaux indicateurs, ça n’existe pas aux Bahamas ! On croise un couple de navigateurs de notre mouillage qui dit avoir trouvé pleins de « Sea Beans » sur les plages, plus particulièrement des « Hamburger Beans » et des « Lucky Beans » sur la plage. Ce sont de très grosses fèves qui sont amenées sur les plages du côté océan et qui sont dures et polies par la mer. Elles proviennent d’Afrique et d’Amérique du sud et sont transportées par les gros courants sur les plages des Out Islands aux Bahamas. Elles sont très recherchées pour faire des bijoux et sont difficiles à trouver. Il faut être patient et ouvrir grand les yeux ! Les filles passent un bon moment sur les plages et ne veulent pas revenir à l’auto ! Elles se sont remplies les poches de trésors et sont toutes fières, YOUPPI !!!

La pluie commence à tomber et on met une croix sur la recherche du trou bleu. On passe à la dernière activité de la journée qui est de trouver une grotte terrestre où on peut y entrer avec nos lampes de poche à Hamilton. Encore là, on cherche, on cherche, et on trouve pas. On s’arrête sur la route pour demander les instructions. On découvre qu’un résident organise des tours guidés. On s’y rend, mais on ne trouve personne. Les habitants ne veulent pas nous indiquer où la grotte se situe, car ils veulent protéger l’homme qui vit du revenu des visites de cette grotte. La troisième personne à qui on parle finit par nous en dire un peu plus … On prend donc un sentier avec la mini-van qui mériterait encore un 4X4 pour s’y rendre. On débarque à la fin d’un sentier qui mène à une plage côté océan et on cherche la grotte sans la trouver. On va alors chercher des Sea Beans à nouveau et il y en a plus sur la plage ici. Il y a aussi beaucoup plus de déchets, spectacle toujours plus désolant … Catherine trouve en tout 36 Lucky Beans, 8 Hamburger Beans, et 4 autres de couleur beige qu’elle n’arrive pas à identifier, SUPER ! Après la cueillettte sur la plage, on retourne à l’auto. Soudain, j’aperçois la grotte au loin ! Il est maintenant tard et on devrait retourner l’auto au plus vite, car 17h00 approche. Mais, j’insiste sur le fait qu’on est tout à côté et qu’ayant manqué le trou bleu, il serait triste de manquer aussi cette grotte. Je vais voir en courant et reviens en disant à tout le monde qu’on peut y jeter un coup d’oeil en 15 minutes en courant un peu … Benoit me met responsable des conséquences de ramener l’auto louée en retard, ce que j’accepte ! On va visiter cette belle grotte au pas de course. Il y a des stalagtites et des stalagmites, des araignées et il fait très chaud dans la grotte. On prend quelques photos rapido presto et OP !, de retour à la van en moins de deux.

              

Le groupe en exploration dans la grotte, Ouuuuuu !!!                                 Les grottes d’Hamilton                                                                                  

              

 L’entrée de la grotte est immense !                                                                À Hamilton, une plage côté océanique: quelle désolation de voir

                                                                                                                           tout ces déchets …, mais riche en Seas Beans !

 

Durant le chemin du retour, on va remplir le réservoir d’essence de la mini-van et, bonne nouvelle, nos réservoirs de propane sont prêts, alors on les ramasse en passant. On arrive au garage essouflé pour rendre la voiture à 17h20. Le gars d’origine ispanique n’arrête pas de dire: « Ya, Man ! Everything is fine man !!! »  On constate donc que le 17h00 bahamien est élastique …

Le soir, on se fait des steaks de boeuf qu’on a acheté congelés la veille. HUMMM, Ça fait du bien de manger de la bonne viande fraiche !

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Janvier 2008

par le 01 Jan, 2008, catégorie 01-Janvier 2008

01 Janv 2008: Bonne année et bon lendemain de veille !!!

On se lève tard en ayant mal aux cheveux … Le matin, il y a une pêche aux langoustes qui s’organise dans le mouillage. O’BLEU veut enseigner à notre flotille comment s’y prendre. Je ne file pas du tout pour avoir exagéré sur la boisson sans prendre d’eau. Il faut dire que j’ai l’estomac plutôt fragile … Je suis malade vers 11h AM et vais me recoucher pour quelques heures. Catherine fait de la lecture pendant ce temps en jetant un coup d’oeil de temps en temps sur moi. Je me lève vers 13h et Catherine me fait une bonne soupe Lipton « pour remonter son homme ». Ça va mieux déjà !!! Patrick de MIGO passe nous montrer son trophé, une belle grosse langouste ! On est jaloux …

 

Patrick surveille sa langouste pour ne pas qu’Éric l’a lui vole !

 

En fin d’après-midi, je vais voir en dinghy avec le profondimètre portatif pour vérifier la profondeur d’eau autour du bateau. Malheureusement, lorsque le bateau tournera au passage du cold front qui s’en vient cette nuit, nous n’aurons pas assez de profondeur d’eau partout.  On ne peut donc rester ancré à cet endroit et on doit se réancrer en fonction de la direction des vents annoncés. On lève l’ancre et on se trouve un secteur un peu à l’écart des autres voiliers qui sont tous entassés les uns près des autres, à droite de l’avion-épave. Il y a de la profondeur et un bon courant à cet endroit (environ 2 noeuds). On met nos deux ancres (CQR et Danforth), placées en V à 60 degrés.

Ensuite, en fin d’après-midi, Catherine et moi allons faire un petit tour en amoureux sur une île et sur une plage pour se dégourdir un peu les jambes.

 

           

Scéance de photos: on en profite, il n’y a pas beaucoup de palmiers sur les îles des Exumas …

 

      

Mouillage de Normand’s Cay au loin                                                            Paysage de Normand’s Cay à l’approche du frond froid


Le soir, on mange les restes du bon souper d’hier sur MER ET MONDE, on reste tranquille et on se couche tôt.

02 Janv 2008: Front froid qui s’abat sur nous

Le front froid s’abat sur nous vers 7h AM et nous réveille. Le vent passe du sud au nord dans le sens des aiguilles d’une montre en moins d’une minute et le bateau vire de 180º sur ses deux ancres. On se lève tous les deux immédiatement pour aller voir si les ancres tiennent bien dans le sol. Tout semble être en règle. Il vente maintenant très fort, des vents du nord de 25-30 noeuds avec des rafales à 35. Très impressionnant de vivre ce changement radical de météo qui se déroule toujours très rapidement. Dans le mouillage, les équipages sont tous confinés dans leurs bateaux pour faire le guêt.

Catherine commence à faire du pain vers 10h AM et tous les autres bateaux font la même chose aussi. Cela occupe Catherine pour la moitié de la journée.

 

          

 

Et bien oui: Éric lave les vidanges … On ne                  Catherine commence à faire son pain-maison

trouvera pas de conteneurs de vidanges avant

longtemps ici, alors …

 

Le vent ne lâche pas du tout. Le bateau se bat contre les courants forts et les vents forts qui ne vont pas dans la même direction. Le bateau est gîté d’environ 5-10 degrés, il brasse et vibre fortement. Ça fait un vacarne du tonnerre … Vers 21h, notre ancre Danforth finit par chasser de 100 pieds avant de reprendre. La CQR prend bien la relève à elle seule, mais cela nous rend nerveux. On ne peut pas dormir et laisser le bateau sans surveillance, on se sent être dans un équilibre fragile. On décide donc de faire des quarts de veille durant la nuit chacun notre tour. On vérifie notre position avec le GPS aux 15-20 minutes. Catherine et moi ne dormons presque pas même s’il ne se passe pas d’autres incidents par la suite. Finalement, cet ancrage n’est pas notre meilleur coup pour passer un cold front et on a hâte de se réancrer …

 

          

Notre ancrage avec deux ancres en « V »                         Front froid qui s’abat sur Normand’s Cay: on est loin de nos amis …

 

03 Janv 2008: Réancrage dans 25-30 noeuds de vent

Au matin, on continue de faire des quarts de surveillance et on essaie un peu de rattraper notre sommeil en faisant une sieste chacun notre tour. On reçoit la visite de Benoît de VICTORIA’S SECRET qui brave le vent et les vagues avec son dinghy pour venir nous voir. Cela nous fait du bien de voir enfin quelqu’un. Je discute avec Benoit du problème notre ancrage. Il voit bien à quel point notre mouillage est inconfortable et confirme que notre problème est le courant où nous sommes ancrés. Ceux qui sont ancrés plus à l’ouest ne vivent pas ce problème et ont passé une assez bonne nuit…

 

Catherine sourit encore malgré notre nuit blanche !

 

En après-midi, il vente encore du 25-30 noeuds du nord. On va se réancrer plus près des autres, légèrement à gauche de l’avion-épave. Le fond y est de meilleure tenue et le courant y est moins fort. Cela nous prend presque deux heures et demie pour se réancrer, car ce n’est vraiment pas évident de garder le bateau dans la position choisie et de jeter la pioche avec ces forts vents. Une fois ancré, on sent que le bateau ne se bat plus autant dans tous les sens à notre nouveau mouillage. OUF ! Bonne nouvelle ! La tension diminue donc d’un cran et cela s’annonce pour une meilleure nuit.

 

 

Vestige des anciens trafficants de drogues: une avion-épave dans

le mouillage (il faut s’ancrer à gauche de celle-ci …)

 

Les autres équipages de la flotille vont tous à terre pour visiter des ruines et aller au resto-bar le MacDuff’s. Nous, on ne veut pas quitter le bateau, car on vient tout juste de se réancrer et on veut vérifier si tout tient bien. On reste encore le reste de la journée dans le bateau. On lit, on se repose et on se couche de bonne heure.

 

04 Janv 2008: MacDuff’s et échouage en règle !!!

Il ne fait vraiment pas beau encore aujourd’hui: ciel couvert et grains à intervales réguliers. Ça fait maintenant trois jours qu’il vente « à écorner les boeufs » sans que la force du vent ne diminue d’un cran. Pour les Bahamas, il fait aussi très froid selon des équipages d’expérience.

Catherine et moi, on a besoin de sortir du bateau pour se dégourdir les jambes. On va donc à terre en après-midi et on va visiter les ruines situées à l’ouest de l’île, traces du passage des trafficants de cocaïne et de marijuana dans les années ’70 et ’80. Les multiples bâtiments de bois abandonnés nous donnent une petite idée de ce qui s’est passé ici. On peut y voir des traces de balles dans les murs. C’est Carlos Lehder qui est venu s’installer sur l’île et a finit par l’acheter au complet (marina, aéroport, batiments, etc…) pour y opérer son traffic de drogues. Il faisait régner la terreur ici apparamment. Sur un des murs de la batisse principale, on fait comme d’autres équipages et on y grave notre nom de bateau pour laisser une trace de notre passage aux Bahamas.

On laisse la trace de notre passage sur le mur d’une batisse en ruines

Par la suite, on se rend au resto-bar MacDuff’s pour aller rejoindre les autres équipages de la flotille qui y sont déjà (MIGO, VICTORIA’S SECRET, SOLUNA, APOTHÉOSE). WOW !!! Quel bel endroit ! C’est une place magnifique et c’est vraiment inattendu compte tenue que nous sommes sur une île quasi-déserte. Il y a un superbe jardin, tout le resto est fait avec du beau bois luxueux et la terrasse vaut le déplacement. Des tables et des chaises en bois, des gros coussins, une belle décoration exotique, des revues qui trainent partout … On peut commander et aller se prélasser sur la terrasse tout en faisant du internet. On placote donc avec les autres et on se met à jour dans nos e-mails. On commande un hamburger de dorade (mahi-mahi) qui est un vrai délice. Catherine goûte à l’assiète de Sofia qui comporte des crevettes et des conches crues, HUMMM !!! On rentre à la noirceur, car on est trop bien ici.

      

On se prélasse au resto-bar MacDuff’s                                                         Les enfants font la lecture sur la terrasse

      

Scéance intensive d’internet: les occasions sont très rare !!!                     Un plat typique aux Bahamas: crevettes et conches crues: Yum Yum !

De retour au bateau, le vent tourne à l’est et souffle à 20-25 noeuds. À 21h, un grain s’abat sur nous et la vague monte à 2-3 pieds. Le bateau s’échoue sur un haut fond de sable et se met à gîter de 15 degrés. La vague et le vent nous pousse dans le haut fond. La marée est descendante pour encore trois heures.  Il pleut à l’horizontal et fait un noir d’ancre et on n’y voit strictement rien. ÇA NE VA VRAIMENT PAS BIEN, LÀ !!! Il faut ABSOLUMENT se sortir de là AU PLUS VITE!!! Catherine part le moteur et se met à la barre, tandis que je vais à la proue pour tenter de réduire les cordeaux d’ancre. Le bateau est vraiment pris dans le sable et le safran ne tourne plus. Catherine me crie de revenir, elle n’y arrive pas et a peur de briser le safran en le forçant trop. J’utilise le mouvement des vagues pour faire avancer le bateau et j’arrive finalement après un temps à nous déprendre de là, de peine et de misère… Catherine reste à la barre pour garder le bateau dans l’eau profonde pendant que je réduis encore la longueur des cordeaux d’ancre.  Avec la force des vents et des vagues, et l’absence de points de repère dans le noir, le bateau s’échoue une seconde fois … Je reviens à la barre pour déprendre le bateau et c’est plus facile cette fois-ci. Je remets la barre à Catherine et retourne à la proue. Je réussis à diminuer les cordeaux de 200 à 150 pieds. Ça va mieux déjà, il y a plus de profondeur d’eau sous le bateau. Je réduis encore jusqu’à 100 pieds et nous avons maintenant assez d’eau autour de notre ancrage. OUF !!! Nous n’avons pas besoin de nous réancrer dans cette noirceur ! C’est tout une expérience, mais nous avons gardé notre calme et nous avons bien réagit. Ça n’empêche pas les rotules de Catherine de « chécker » un peu HI ! HI !. Les autres équipages qui suivent notre périple sur la VHF sont tous soulagés aussi. Nous ne pouvions demander leur aide qu’en extrême urgence puisqu’ils auraient pu eux aussi se mettre en danger en venant nous aider en dinghy avec cette mauvaise température.

J’aimerais glisser une petite parenthèse sur les techniques d’ancrage. Même après avoir ancré plus de 150 de fois à date, les Bahamas nous apprennent à ancrer encore bien plus méticuleusement en raison des conditions d’ancrage variées qui sont loin d’être toujours idéales. J’ai pu apprendre trois choses au cours des derniers jours. Premièrement, il vaut mieux faire travailler une seule ancre à la fois. On doit en jeter deux dans les forts courants qui font pivoter le bateau à 180 degrés « à la bahamienne » (une à l’avant et une dans le sens opposé dont les cordeaux partent tout deux de la proue) et aussi on en jète une deuxième lors de forts vents dans le même axe que la principale, mais qu’on ne met pas sous tension. Deuxièmement, j’avais l’habitude de mettre plus que 7 pour 1 de touée. Et bien, c’est cela qui nous a fait échouer aujourd’hui, car il n’y a pas de grandes zones d’évitage disponibles aux Bahamas. Il ne faut donc pas trop mettre de cordeau par insécurité. Troisièmement, l’ancre de backup doit être testée à l’aide du moteur mis à reculons à 2800 tours comme on fait toujours avec l’ancre principale. Au début,  j’avais tendance à faire mordre « à bras » l’ancre de backup, mais c’est une erreur …

Ces derniers jours nous on fait vivre des expériences et on en ressort avec des leçons … C’est ce genre d’événements qui nous rendent de bien meilleurs marins, paraît-il …

05 Janv 2008: Paradis sur terre à Shroud Cay

Ce matin, APOTHÉOSE lève l’ancre seul pour se rapprocher de Georgetown. Ils reçoivent leurs enfants là-bas dans quelques jours et doivent amorcer leur descente vers le sud rapidement. Pour SOLUNA qui vont aussi à Goergetown rejoindre la famille, la descente se fera un peu plus lentement et ils restent donc avec nous aujourd’hui.

MIGO annonce qu’ils veulent descendre à Waderwick Wells aujourd’hui qui est à environ 25 milles nautiques au sud de Norman’s Cay. De notre côté, on veut rester sur place. Après discussion, nous convenons de changer d’ancrage, mais d’aller à Shroud Cay qui est tout près et de faire un 5 à 7 d’adieu. Nous savons que notre séparation d’avec MIGO approche drôlement et on veut bien le souligner. MIGO compte descendre rapidement les Bahamas d’ici la fin janvier et ensuite se diriger vers les antilles. Ils sont partis en voilier pour quelques années. Ce qui fait que le rythme qu’ils ont n’est plus le notre. MER ET MONDE est arrivé à destination et dispose de quatre mois pour visiter les Bahamas.

Nous levons donc l’ancre pour aller à Shroud Cay avec MIGO, VICTORIA’S SECRET et SOLUNA. C’est une toute petite navigation de 6 milles nautiques. Nous essuyons trois grains en une heure (rafales de vents forts et de pluie forte qui durent environ 20 minutes), il y a de l’action ! Le temps est maussade et pluvieux avec quelques petites éclaircies. Arrivés sur place, il y a des moorings nouvellement installés de cette année. MER ET MONDE est bien content et on s’amarre à un de ces moorings. Vu les ancrages mouvementés des derniers jours, on décide de prendre une pause pour quelque nuits pour refaire nos réserves de sommeil.

Un grain se dirige sur nous, on le voit bien à l’arrière !

 

Dans l’après-midi, on débarque sur l’île de Shroud Cay avec SOLUNA. On grimpe un sentier et un paysage magnifique nous attend en haut de l’île. On va visiter un puit naturel d’eau douce, le plus gros apparemment des Exumas. On est forcé de constater que le sol des îles dans les Exumas est entièrement fait de roches de corail et qu’il y a des trous et des caves partout dans le sol dont certaines communiquent ensemble. Il faut vraiment regarder constamment où l’on met les pieds. La végétation est sommaire et basse puisque le sol est peu fertile (très peu d’eau douce et de terre). Il y a donc très peu de palmiers ici au contraire de ce qu’on pourrait penser …

                  

  Catherine pose fièrement devant un gros cactus !                Voici un exemple du sol à Shroud Cay (comme bien d’autres îles

                                                                                                       des Exumas): attention à la marche !!!

 

 

     

Paysage du haut d’une colline à Shroud Cay                                           Nos premières randonnées pédestres sur les iles avec SOLUNA

Par la suite, on repart avec SOLUNA en dinghy plus au nord et on entre dans une rivière marécageuse (mangroves en anglais), celle qui est au centre de l’île. Elle nous mènera à l’océan de l’autre côté de l’île. On avance dans ces eaux peu profondes qui serpentent avec un bon contre-courant pendant une heure et demie. Il faut parfois ramer ou sortir du dinghy pour avancer, car il y a des hauts-fonds à certains endroits. L’effort en vaut la peine: on peut apercevoir plein de poissons dans l’eau et on croise un requin de 4 pieds. Le paysage est vraiment unique !

     

     

Images des mangroves de Shroud Cay  

Tout à coup, la rivière débouche sur un lagoon entre deux montagnes. WOW WOW WOW !!! Les vagues de l’océan déferlent, l’eau est d’un bleu magnifique et les plages sont d’un sable si fin et si blanc qu’on est complètement émerveillés. On a jamais vu un paysage aussi beau de notre vie à date !!! On se sent sur l’île de Robinson Crusoé et on voudrait bien être perdu ici ! En marchant, on y trouve sur le sommet d’une butte rocheuse le t-shirt qu’une famille a laissé avec un message écrit dessus disant qu’ils ne veulent plus rentrer à la maison: comme c’est bien dit ! C’est vraiment une belle après-midi partagée avec SOLUNA aujourd’hui.

        

      

     

C’est vraiment un paradis sur terre l’île de Shroud Cay !!!

On trouve un beau message d’une famille qui vient de passer ici et

nous sommes bien d’accord avec eux: On reste ici pour toujours !!!

 

On refait le chemin inverse en 20 minutes seulement, car le courant et la marée qui nous aide maintenant.

Ensuite, c’est le 5 à 7 d’adieu à MIGO. On se rejoint les quatre équipages (SOLUNA, VICTORIA’S SECRET et MER ET MONDE) sur MIGO. L’atmosphère est à la fête et la joie y est présente. MER ET MONDE amène une bouteille de champagne et des canapés au saumon et câpres. Je fais un petit discours pour MIGO devant tout le monde pour souligner notre trois mois de bonheur avec eux et leur souhaiter bonne continuité de voyage. Il y a des larmes qui se versent et on se serre très fort. On sait qu’on va probablement se voir encore quelques jours, mais au moins, on aura souligné notre bout de chemin ensemble de façon mémorable !

06 Janv 2008: Voile et plongée abord de MIGO

SOLUNA nous quitte ce matin pour descendre vers Goergetown. On est très confiant de les revoir dans quelques semaines lorsqu’ils vont remonter dans les Exumas, car la si belle amitié qui s’est installée entre nous ne peut que se maintenir.

MIGO invite la flotille des MINI-WEATS (VICTORIA’S SECRET et MER ET MONDE) pour un forfait voile et plongée sur leur voilier Bénéteau de 44 pieds. C’est la première fois que les MINI-WEATS se retrouvent tous ensemble sur un même bateau (10 personnes). Ça fait longtemps qu’on en rêve et MER ET MONDE veut bien en profiter avant la séparation.

     

Éric fait des ajustements sur le beau Bénéteau de 44 pieds                    Vous ne trouvez pas que ça respire le bohneur ???

La journée est très belle et propice à cela. On fait de la voile pour aller à un site de plongée afin de pêcher la langouste près de Wax Cay. Cette île est en dehors du parc protégé des Exumas. C’est complètement différent comme expérience et je peux faire l’expérience de nouveaux équipements et gréements. Je suis complètement absorbé par le bateau et je découvre comment un Bénéteau se comporte. Il est vraiment génial et fantastique. Il ne gîte presque pas et file à tout allure. On fait du 8 noeuds facilement. Les filles et les enfants quant à eux se font dorer au soleil en placotant et se laissent conduire par les gars. Pour ce qui est de Catherine, ça ne lui est jamais arrivée d’être un voilier sans lever le petit doigt et elle en profite au maximum aujourd’hui.

Éric fait encore du rodéo aujourd’hui !!!

         

Catherine prend du bon temps avec les enfants …                                           … C’est vraiment une journée difficile aujourd’hui !

Arrivés à destination, on dîne et ensuite les gars de même que Joana et Sarah-Maude vont en plongée. Les filles restent au bateau pour s’échanger des recettes. Ce site de plongée est vraiment le plus beau que j’ai vu à date. On y voit des centaines de poissons de toute les couleurs et le fond est profond, 25 pieds environ par endroits. Il y a beaucoup de courant et il faut nager tout le temps pour rester sur place. On est tellement absorbé par le paysage sous-marin qu’on ne voit pas tout de suite le gros banc de barracudas qui est derrière nous. Ils sont glaçants, mais restent à bonne distance. Aujourd’hui, je réussis à plonger et à bien équilibrer la pression dans mes tympans. Pour les langoustes, ce n’est pas un succès, mais la plongée à elle seule est vraiment une belle expérience pour moi !

 

Les MINI-WEATS partent à la pêche à la sling hawaïnenne !

De retour sur MIGO, on lève l’ancre et on retourne à voile au site de mouillage de Shroud Cay pour la nuit. Encore du beau 7 à 8 noeuds de vitesse. Les trois gars s’occupent de faire les virements de bord. Les filles capotent sur notre synchronisme. On forme une équipe du tonnerre !!! Un fois à l’ancre, Patrick nous offre de monter dans le mât. Ce que j’accepte avec joie de même que Benoit de VICTORIA’S SECRET. La vue du haut d’un mât de 60 pieds est absolument incroyable. MER ET MONDE a 50 pieds, donc il y a une bonne différence. J’en profite pour prendre des photos. On termine cela avec une bonne bière tous ensemble et l’équipage de MER ET MONDE retourne à son bateau à la brunante.

       

Vue de MIGO à 60 pieds de hauteur. Regardez la belle eau turquoise       On peut apercevoir VICTORIA’S SECRET au crépuscule !

et Catherine qui fait bye bye couchée sur le pont !

 

Cette journée est très mémorable et très agréable. Vivre une expérience sur un autre bateau pour des navigateurs est très enrichissante. Un gros merci à MIGO pour cette belle faveur.

07 Janv 2008: Le Camp Driftwood

On se lève tranquillement avec un beau soleil, de la lecture et un bon café. C’est vraiment un des plaisirs de notre voyage de pouvoir lire le matin et de prendre un bon café en plein-air dans notre cockpit.

Avec MIGO et VICTORIA’S SECRET, on retourne en matinée au puit d’eau douce et à la plage où on était allé avec SOLUNA il y a deux jours. MER ET MONDE veut explorer plus en profondeur le site, car Catherine a lu qu’il y avait un hermite qui y a déjà vécu dans les années soixante, Monsieur Scholtes et que le site s’appelle le Camp Driftwood. Il y aurait des vestiges de son passage comme des meubles, des coquillages, etc… C’est aussi un endroit où l’on peut laisser des messages à d’autres, ce qui explique le t-shirt qu’on a vu à cet endroit. En dinghy, on prend cette fois-ci la creek du nord qui est plus profonde. On s’y rend plus facilement par cette rivière avec les deux autres équipages. Puisqu’on a tous amené notre lunch, on se fait un pic-nic sur place. Catherine et moi, on fouille tout le site pour trouver des vestiges de l’hermite, mais on y découvre que du défrichage et des sentiers. Ce n’est pas grave, le site est absolument fantastique et le paysage est à couper le souffle vu du haut de la colline. Ça vaut vraiment le détour quand même !!! Le fait qu’il y ait des petits palmiers sur cette île rajoute beaucoup à sa beauté par rapport aux autres îles qui ont une végétation basse. Les MINI-WHEAT y passent quelques heures à marcher sur la plage, jouer dans le sable et prendre des photos. MER ET MONDE y laisse cette fois-ci une bouteille de champagne avec un message dedans qui marque le passage des MINI-WEATS au camp Driftwood.

                

Le puit d’eau douce de Shroud Cay                             Ici, nous sommes dans le magnifique parc protégé des Exumas

 

           

Paysage du haut de la colline où se situe le Camp Driftwood                 Notre paradis sur terre: une belle île déserte !!!

         

On est vraiment heureux d’être ici !                             Le paysage de Shroud cay est vraiment le plus beau qu’on a vu de

                                                                                         notre vie à date !

 

      

Une petite étoile de mer                                                                                  Regardez ce beau sable blanc et les couleurs de l’eau !

         

Éric est prêt pour aller luncher                                   Joana de MIGO fait un très beau cheval dans le sable blanc

      

Les MINI-WEATS pique-niquent sur la plage                                                Notre flotille laisse une trace de notre passage dans une bouteille

                                                                                                                          de champagne : les MINI-WEATS sont passés ici (janv 08) !!!

 

On retourne à nos bateau en milieu d’après-midi les yeux remplis de belles images. C’est une très très belle journée encore passée en compagnie de bons amis.

08 Janv 2008: Promenade à Hawksbill Cay

Matinée très relaxe. Lecture et rédaction du journal de bord. VICTORIA’S SECRET part à Black point ce matin pour aller se ravitailler. On convient de se retrouver avec MIGO à Waderwick Wells.

Levé de soleil au petit matin: Catherine se

réveille tranquillement avec son café

 

On quitte le mooring à voile et on va faire des ronds près de MIGO qui nous prend en photo. On navigue ensuite avec eux une toute petite heure seulement, car la prochaine île est tout près: Hawksbill Cay.

          

On peut apercevoir au loin MER ET MONDE                 Vue imprenable sur le haut d’une colline de Hawskbill Cay

On se met à l’ancre et ensuite on va explorer avec MIGO la plage et la colline en face de notre mouillage où il y a une belle vue. L’altitude est très basse aux Bahamas et une petite colline d’à peine 100 pieds de haut représente un record ici. Ensuite, on change de plage et on va explorer les vestiges de plantations de cotton et les ruines des Loyalistes datant des années 1700. Lorsque que l’Amérique c’est séparée de l’Angleterre, les loyalistes ont quitté les terres américaines pour aller s’installer aux Bahamas dans le but de rester loyal à l’Angleterre (les Bahamas appartenaient encore à l’Angleterre à ce moment). On peut donc voir sur l’île des vestiges très rudimentaires de maisons et de quelques installations. On trouve le site quelque peu ordinaire. Même si on est dans une portion des Exumas où il y a un parc protégé, le Exumas Land and Sea Park, il n’y a aucune interprétation du site et on ne peut donc apprécier ce qu’on y voit.

      

 Des ruines des Loyalistes datant des années 1700                                   MER ET MONDE au coucher de soleil à Hawksbill cay

09 Janv 2008: Site paradisiaque à Warderick Wells

On lève l’ancre en matinée après avoir fait de la lecture. Nous allons aujourd’hui à Warderick Wells avec MIGO. La navigation se fait uniquement à voile et c’est sublime encore une fois. On ne dépense presque pas de diésel depuis notre arrivée à Nassau !!!

Le site de Warderick Wells est vraiment un endroit paradisiaque. Nous sommes toujours ici dans le parc protégé et c’est sur l’île de Warderick Wells que le quartier général est situé. Il est interdit ici de jeter l’ancre, alors on s’amarre à un mooring en face du quartier général et de la plage qui donne accès aux sentiers de l’île. On se repose un peu et Catherine décide d’aller faire un tour de dinghy toute seule. Aussi, elle met son équipement de plongée et tente de faire un peu de plongée-tuba autour du bateau. Malheureusement, le courant est trop fort ici et elle abandonne le projet. Ce sera pour un autre jour.

        

      

Catherine barbotte avec son équipement de plongée dans le beau site de mouillage de Warderick Wells !

Après avoir fait un petit ménage, on reçoit Migo pour un 5 à 8 ½ sur MER ET MONDE. Ça nous permet de placoter avec eux pour une des dernières fois. La soirée est très agréable.

10 Janv 2008: Boo Boo Hill, la colline fantôme !!!

Ce matin, Patrick de MIGO me propose de partager son accès Internet en fin d’avant-midi. Ce que je fais pendant une heure, mais la connexion est lente, alors je fais le stricte minimum (e-mails, et mise à jour texte du site internet). Catherine fait de la lecture pendant ce temps.

En après-midi, VICTORIA’S SECRET vient nous rejoindre à Warderick Wells et se prend aussi un mooring. Toute la flotille des MINI-WEATS part ensuite en exploration sur l’île. On va d’abord au quartier général du parc où on peut nourrir de petits oiseaux qui viennent manger des grains de sucre dans notre main. Il y en a une dizaine à la fois qui picossent dans la main de Catherine, elle trouve l’expérience amusante. Ensuite, on va voir les « blowholes » de Boo Boo Hill. Ce sont des dizaines de trous sur le bord de la rive Est de Boo Boo Hill qui ont été formés par la mer et qui font des canalisations de toutes sortes dans la roche. À marée haute (surtout avec un vent d’Est), les vagues entrent dans ces trous. L’eau et l’air s’y amplifient au passage pour ressortir dans les airs avec une force incroyable. Il y a de ça longtemps, les navigateurs pensaient qu’il y avait des fantômes sur l’île qui faisaient de bizarres de sons (Booooooooooo Boooooooooooooo), d’où le nom de Boo Boo Hill. Par contre, actuellement nous sommes à marée basse et on ne peut observer le phénomène dans toute son ampleur. On se met le visage au-dessus des trous et on sent l’air sortir avec force, mais rien de plus. On s’amuse bien et les filles se font de belles coiffures … Il faut vraiment revenir ici à marée haute ! Ensuite, on va sur une autre colline juste à côté où une centaine de morceaux de bois entassés sont gravés de noms d’équipage qui veulent marquer leur passage. On découvre quelques noms de bateaux qu’on connaît et MER ET MONDE y laisse sa trace aussi, encore une fois.

           

Les petits oiseaux à suc des Headquarters                                         

         

On peut apercevoir MER ET MONDE amarré à un mooring de                        Randonnée pédestre avec la flotille des MINI-WEATS

Warderick Wells

 

          

 Boo Boo Hill et ses blowholes                                                                             Cath s’amuse bien avec les effets des blowholes !!!

          

Les naviguateurs laissent leurs traces sur des bouts de bois à Boo                … Ce que fait MER ET MONDE

Boo Hill …

 

Après cette attraction, le groupe veut retourner au bateau, mais Catherine et moi, on a encore des fourmis dans les jambes. On fait donc quelques autres sentiers en amoureux jusqu’au coucher du soleil. On y découvre de beaux paysages et plusieurs belles plages toutes plus désertes les unes que les autres. Le repos commence à se faire sentir. On se surprend à jaser à de nouveaux projets ensemble. C’est signe que nos têtes sont tranquilles et que nos idées sont bien classées. C’est un bon début….

11 Janv 2008: Plongée-tuba et randonnée pédestre à Emerald Rock

Ce matin, MIGO et VICTORIA’S SECRET ont des fourmis dans la quille et veulent aller sur une autre île. Catherine et moi, on trouve qu’on est loin d’avoir fait tout ce qu’il y a à faire sur cette magnifique île et on décide de rester encore. VICTORIA’S SECRET est amarré à un mooring juste au-dessus de l’épave d’un voilier qui a brûlé et coulé à cet endroit il y a quelques années. Un Nurse Shark de cinq pieds a élu son domicile dans l’épave et Catherine et moi tentons de le voir avec un sceau à fond transparant. Nous ne l’apercevons pas, il doit être parti se promener. C’est tout de même spécial de voir cette épave. Deux Lemon Shark de cinq pieds s’appelant Boo Boo et Harbormaster et un Barracuda de quatre pieds du nom de Bubba ont aussi élu domicile dans la zone de mouillage et sont paraît-il sans danger, mais nous ne les avons pas rencontré. 

Épave au mooring #9 du mouillage de Waderwick Wells

VICTORIAS’S SECRET et MIGO partent en fin d’avant-midi. On se fait une belle journée de découvertes et d’aventures ensemble, tous les deux. On commence par une plongée-tuba à Emerald Rock où il y a quelques petites têtes de corail. Ça vaut le déplacement ! On nous avait bien dit que ce qui est le plus aux Bahamas est en dessous de l’eau, et c’est bien vrai !!! Les coraux sont très colorés et il y a vraiment beaucoup beaucoup de poissons, TRÈS GROS et multicolores. Ça s’explique sûrement par le fait que nous sommes en parc protégé. Catherine commence à ce sentir beaucoup plus à l’aise dans l’eau et en profite plus maintenant, incroyable ! Nous pouvons observer un gros Nassau Grouper nager près autour de nous d’environ 30-35 pouces qui impressionne beaucoup Catherine. Elle fait des va-et-vient de la tête de corail au dinghy pour se calmer et finit par s’habituer à sa présence (c’est par la suite que Catherine confirme que c’est un poisson inoffensif et même excellent à déguster). C’est tout un apprentissage d’identifier ce qu’il y a sous l’eau et Catherine s’en donne à coeur joie avec ses livres de référence … Ensuite, on se dirige sur une plage dans une belle petite baie refermée sur elle-même. Bien sûr, cette plage est encore déserte et on en prend possession pour toute l’après-midi. Ensuite, on se promène dans deux sentiers et on y découvre encore des ruines de Loyalistes et un très long mur fait de roches bord en bord de l’île sur toute sa largeur. On traverse l’île en longeant ce mur pour aller voir l’océan. C’est de toute beauté. On aperçoit un Hutia dans les boisés, le seul mammifère originaire des Bahamas. C’est un petit rongeur qui ne ressemble en rien à ce qu’on a déjà vu. Il y en a très peu sur les îles, tout comme le reste de la faune qui est très sommaire ici. On revient en fin d’après-midi avec le sentiment d’avoir passer une très belle journée en amoureux. On adore être en groupe, mais cela faisait plusieurs mois que l’on n’avait pas fait une activité de couple. On y reprend goût très vite !

      

Notre petite plage déserte                                                                              Côté Est de l’île: les vagues se cassent sur les belles falaises rocheuses

      

À Warderick Wells, il y a des puits très très profonds un peu partout     Un petit Hutia se pointe le bout du nez, le temps d’un instant !

             

Un mur de pierre érigé par les Loyalistes fait toute la largeur de            Les ruines d’une maison de Loyalistes

l’île et nous mène à des sentiers

 

 

         

Les amoureux                                                                  Il faut retourner au bateau avant le coucher du soleil !

À notre retour au bateau, on prend une bonne bière froide ensemble en regardant le coucher de soleil et en savourant ce beau moment. On se fait un bon souper pour terminer la journée.

12 Janv 2008: Randonnée pédestre sur Bell Rock

On flane au lit et on se lève très tranquillement. On peut se le permettre dans les Bahamas, car rien ne presse et on n’a pas beaucoup de milles nautiques à faire pour se déplacer d’un endroit à un autre.

On part vers midi pour aller à l’île suivante, soit Cambridge Cay rejoindre VICTORIA’S SECRET et MIGO. On se prend un mooring dans la baie, car nous n’avons toujours pas le droit de s’ancrer près de cette île protégée du parc.

Ensuite, tous les MINI-WEATS débarquent sur l’île de Cambridge Cay pour faire une randonnée pédestre. Un chemin balisé nous mène en moins d’une demie-heure à Bell Rock. C’est un rocher très haut et très abrute qui a un trou. Ça fait penser un peu au roché percé. La montée est plutôt difficile, mais la vue est vraiment imprenable !!! Catherine part à la recherche de coquillages et il y en a vraiment de très beaux sur cette île. Elle en ramasse beaucoup, mais malheureusement, ne peut les emmener car il est interdit de prendre quoi que ce soit dans le Exumas Land and Sea Park. Elle les prend en photos et les laissent sur la plage à contre-coeur.

      

Bell Rock: le petit rocher percé des Bahamas !                                            Victoire: on y est arrivé !!!

      

Quel paysage !                                                                                                  Toute la flotille s’amuse bien sur la plage

De beaux coquillages ramasés sur la plage

Les équipages soupent chacun dans leur bateau. On se rejoint ensuite sur VICTORIA’S SECRET pour un dessert et pour le visionnement de nos trois derniers mois sur vidéo. On est tous très nostalgique et on a du plaisir à voir tout ces souvenirs.

13 Janv 2008: Mouillage en solitaire à Pipe Cay

On reprend la navigation ce matin pour aller ancrer à l’île suivante, soit à l’ouest de Compass Cay. À partir de cette endroit, nous ne sommes plus dans le Exumas Land and Sea Park. On tente de s’ancrer, mais ça ne va pas. L’ancre ne tient pas bien et le courant y est très présent. MIGO et VICTORIA’S SECRET veulent descendre 10 milles plus bas. Il y a quatre îles ici à explorer et des grottes à voir, alors MER ET MONDE décide qu’on ne continue pas la descente avec eux. On souhaite rester ici pour quelques jours et en profiter. Cette fois-ci, on croit que ce sont de vrais adieux avec MIGO. On se sert dans nos bras, on verse quelques larmes et on les regarde partir avec VICTORIA’S SECRET. On sait que pour VICTORIA’S SECRET, ce n’est qu’un aurevoir.

Par contre, il faut se réancrer ailleurs. En plus, un petit front froid est annoncé pour demain. On se choisit donc un autre site tout près, à l’ouest de Pipe Cay. Pour s’y rendre, on doit naviguer dans un chenal dragué par la marina de Compass Cay qui est vraiment peu profond et étroit. On est presqu’à marée haute, alors on se lance et le courant nous pousse dans le chenal large de 15 pieds. On a du 6 pieds de profondeur, OUF, c’est juste ! On navigue à vue, mais on voit assez bien les limites du chenal de chaque côté. On entre ensuite dans la passe qui longe l’ouest de Pipe Cay et le courant y est vraiment très fort, on l’estime à trois noeuds. On ne pourrait même pas virer de bord tellement c’est étroit. On continue en se croisant les doigts que ça va se calmer. Plus on avance, plus la passe s’agrandit et le courant diminue. On s’ancre « à la bahamienne » avec deux ancres placées à 180 degrés l’une de l’autre dans un fond de sable. Ça tient très bien malgré le courant d’environ 1.5 noeuds. Ça, c’est de l’action n’est-ce pas !!!

On se rend ensuite à la plage sur l’île de Pipe Cay, histoire de se dégourdir un peu les jambes et sortir du bateau. Il n’y a aucun vent et il fait très très chaud.

En revenant, une idée me trotte dans la tête. Puisqu’on est sortit du parc protégé depuis ce matin, on peut maintenant faire des feux. Nos vidanges de papiers sont à brûler. Je débarque donc sur l’île de Pie Cay avec les vidanges. Cela me prend une heure. Pendant ce temps, je me fais manger par des « No Seehum ». Ce sont de très très petits moustiques avec des dents qu’on ne voit pratiquement pas. Il y en a aux États-Unis et ici. Catherine, qui est dans le cockpit du bateau, se fait manger tout rond elle aussi. Puisqu’il n’y a pas de vent aujourd’hui (ce qui est très rare aux Bahamas), les moustiques s’en donnent à coeur joie. Même avec nos moustiquaires et les lumières éteintes, les No Seehum entrent dans le bateau durant la nuit.

Scène assez particulière : Éric qui brûle les vidanges en se faisant

mordre par les No Seehum …

 

14 Janv 2008: Les magnifiques grottes de Rocky Dundas

Aujourd’hui, on se lève avec  l’intention de visiter les deux grottes des Rocky Dundas. On part vers 10h le matin pour arriver à l’étale, juste avant la marée haute de 12h30 (le courant se calme à ce moment là). Les grottes sont accessibles en tout temps, mais à marée haute, il faut plonger dans l’eau et faire une douzaine de pieds comme avoir accès à une des deux grottes. Arrivés devant la première grotte, on s’amarre à un des moorings de dinghy qui sont entretenus par le parc. Je me lance à l’eau et doit nager pour rester sur place à cause d’un courant qui est présent même à l’étale. Catherine me regarde avec des gros yeux, elle hésite à y aller … Je vais voir seul la première grotte de plus près et … c’est absolument fantastique à voir !!! J’encourage Cath à se mettre à l’eau: « vient-en vite, c’est beau !!! ». Elle se dépêche à enfiler son wetsuit et son « kit » de plongée, et en lui tenant la main, elle me suit dans la grotte. Le courant nous pousse dans le trou et on plonge de quelques pieds … puis WOW WOW WOW !!! C’est vraiment une expérience hors du commun. C’est une suberbe grosse caverne creusée par la mer et qui a des puits de lumière de même que des stalagtites et des stalagmites. On peut se hisser hors de l’eau et se promener sur un fond de roche. On pourrait même se faire un pic-nic ici. Nous reprenons le même manège dans la deuxième caverne qui est semblable à la première, mais qui est plus facile d’accès. On doit se donner une bonne poussée pour sortir de là puisque la vague déferle dans la grotte, mais ça ce fait bien. Encore une fois, un beau défi que Catherine a surmonté.  Elle a repoussé ses limites et est bien fière d’elle encore une fois. Comme elle dit: « ça me prend une maudite bonne raison pour me mettre à l’eau », et bien, elle en a plein des bonnes raisons ici !!! Jamais j’aurais imaginé qu’elle ferait toutes ces expériences dans l’eau. Heureux, on dîne dans notre dinghy devant les grottes. On observe un équipage de six adultes sur un catamaran Allemand faire la même chose que nous et on les entend crier de plaisir dans les grottes.

L’emplacement des grottes de Rocky Dundas

Ensuite, on repart en dinghy pour aller faire le tour d’une autre belle île qui a des escarpements et on reprend le chemin du retour.  On débarque sur une belle plage dans la partie ouest de Compass Cay où un gros siège en pierre y a été aménagé par quelqu’un. Un gros lézard a élu son domicile à cet endroit et il le signifie à Éric qui essait de le chasser pour pouvoir s’assoir. On essait chacun notre tour la chaise et on se prend pour un roi ou pour une reine qui règne dans son royaume.

     

Notre nouvel ami lézard                                                                                Éric voudrait bien s’assoir sur la chaise du roi, mais il a peur de la

                                                                                                                         bibitte …

 

Catherine joue à la reine dans son royaume le temps d’une pose !

On repart et on décide d’aller voir la marina de Compass Cay et y prendre de l’information sur les activités à faire. C’est une île privée et il y a des frais pour y accéder. La marina est sublime et l’eau y est très profonde et transluscide. Il y a aussi des têtes de corail dans le bassin de la marina. On y aperçoit une gigantesque raie d’environ 8 pieds par 5 pieds, de très gros poissons et de nombreux requins nurses. C’est la première fois qu’on voit des requins depuis notre arrivée aux Bahamas, alors on est tout excités. On est impressionné par ce bel aquarium naturel et ça nous prend au coeur. On apprend qu’une journée n’est même pas assez pour tout faire et voir et que l’on peut nager dans cet aquarium sans danger. Ils nourissent les requins et les poissons deux fois par jours et ceux-ci sont, semblent-ils, apprivoisés. Ils les appellent leurs « pets » (animaux de compagnie). Il y a un coût de 8$ par personne, alors on convient d’y revenir demain pour toute une journée. On a déjà hâte à demain et Catherine est bien décidée à aller voir ces requins de plus près …

De retour sur le bateau, Catherine fait du pain de blé et moi j’entretiens mon stainless sur le bateau tout l’après-midi. On a reçu de MIGO comme cadeau de Noël un produit miracle pour nettoyer et faire briller le stainless. Ça fonctionne super bien. Cela faisait longtemps que j’avais travaillé sur le bateau.

Le soir, on écoute un demi-film et on se couche de bonne heure. En période de repos, Catherine et moi on est beaucoup porté à écouter des films pour se détendre. C’est une activité qu’on aime tous les deux.

Notre nuit est mouvementée à tous les deux, car nos piqûres de No Seehum nous démangent sans arrêt et on a envie de se gratter jusqu’au sang. On s’aperçoit qu’on a une centaine de piqures chacun, surtout dans la région des articulations et sur les jambes. Il paraît que ces moustiques injectent leurs oeufs sous notre peau et que c’est ça qui commence à nous démanger au bout de 24 heures … Ça va durer comme ça quelques jours. C’est vraiment DÉGUEULASSE !!! Il y a aussi le câblot d’une des ancres qui s’enroule autour de la quille au cours de la nuit et qui me tiens éveillé une bonne heure. Catherine, qui avait finalement réussit à s’endormir, ne se rend compte de rien.

      

Voici les dégâts des No Seehum sur Éric …                                                   Catherine garde le sourire même si ça pique !!!

15 Janv 2008: Petite baignade avec les requins

Encore une autre belle journée ensoleillée. Décidément, il fait TOUJOURS beau ici, ça change de la météo du Québec !!!

Aujourd’hui, on va explorer l’île de Compass Cay. On se fait un lunch et un sac-à-dos avec tout ce qu’il nous faut pour la journée. On débarque sur l’île et on décider du programme de la journée avec les cartes fournies par la marina. Il y a beaucoup de sentiers pédestres à faire et on choisie la plus longue randonnée de l’île, celle qui nous fera longer la partie escarpée de l’île avec vue sur l’océan (le Exuma Sound) et qui nous mènera à un phénomène naturel: le « Bubble Bath », sorte de bain tourbillon. Le phénomène peut être observé à marée montante, et nous allons heureusement y arriver juste à temps. Il faut par ailleurs marcher vite ! Les sentiers sont décorés et balisés de façon humoristique, c’est assez unique. C’est une bonne marche et cela nous prend environ une heure et quart pour s’y rendre. D’un côté, on a comme paysage l’océan avec les vagues qui viennent frapper les parois rocheuses, et de l’autre, des mangroves qui serpentent à travers l’île. Au bout de l’île dans sa partie nord, on aperçoit enfin le phénomène de la Bubble Bath: SUPER !!! C’est un petit lagoon intérieur au bout d’une mangrove, formée par les vagues de l’océan. La couleur du bain tourbillon, dans les tons de vert pâle, est indescriptible. À marée montante, il y a un effet entonnoir entre deux hauts caps de roche qui fait que la vague se gonfle, déferle par dessus une paroie rocheuse et se déverse dans le lagoon en faisant de la broue. On est rendu à marée haute et les vagues défèrlent avec force. Le spectacle est de toute beauté. Paraît-il que l’on peut se baigner dans ce bain tourbillon, mais on ne se risque pas, les vagues sont trop fortes pour nous à marée haute. On observe qu’environ 3-4 vagues sur 20 défèrlent avec beaucoup plus de force et les vagues nous pousseraient dans le fond du bassin … On contemple ce beau spectacle tout en dinant pendant une grosse heure. Ensuite, on s’en retourne très tranquillement en regardant tout ce beau paysage qui défile devant nous. On va visiter une ancienne maison en ruine, on dirait qu’un ouragan est passé ici. On aperçoit une plage magnifique fait d’un sable blanc sans aucune impureté qui est longue de plus d’un mile et qui est faite en forme de croissant de lune. On a mal aux pieds, alors on l’a contemple assis sous un petit gazebo qu’on trouve sur notre route. Un paysage de carte postale, comme on en rêve …

     

Les sentiers sont agrémentés de décorations originales !                         Bon, vers où l’on va ? Il y a vraiment du choix ici !

      

Le fameux phénomène du Bubble Bath qui vaut le détour                          Un petit spa ?

On rencontre un couple de québécois avec une petite fille sur notre chemin du retour. Ce sont les seules personnes que l’on a croisé aujourd’hui. Pendant quelque minutes, Catherine leur parle en anglais jusqu’à temps qu’elle leur demande d’où ils viennent et là, on réalise qu’on est tous  des québécois francophones. Très drôle … C’est signe que Cath s’améliore en anglais …  Ils sont en vacances pour une semaine à Staniel Cay et se sont loués un petit bateau moteur pour se promener dans les îles environnantes. Ils capotent un peu sur notre histoire du fait qu’on est un an en vacances de notre côté !

                   

       

       

Paysages de la merveilleuse île de Compass Cay

De retour à la marina, c’est maintenant le temps de nager avec l’aquarium naturel. Ce bassin est ouvert sur la mer et aucun des poissons n’est captif. Catherine a vraiment très hâte. On apprend que la dizaine de gros requins qui se promènent dans le bassin de la marina sont des Nurse Sharks et qu’ils se nourissent principalement d’invertébrés. Après quelques consignes de sécurité telles que ne pas leur tirer la queue ni se mettre la main dans leur gueule (ce qui va de soit pour nous …), nous sommes rassurés … Il faut donc s’imaginer que ce sont des vaches qui broutent de l’herbe et BINGO ! on saute à l’eau !!! Je réussis à en toucher un sur le dos avant d’entrer dans l’eau. Le requin n’en fait pas de cas. Ils sont super rugueux et froids. J’y vais en premier et aussitôt que je saute à l’eau, la peur s’évanouit automatiquement. J’y nage complètement à l’aise et je les regarde comme les autres poissons. Quand je les approche, ils se déplacent plus loin tout simplement. Ils se tiennent dans le fond de l’eau sans trop bouger. Leurs yeux sont jaunes et les pupilles sont une barre verticale comme les serpents. Il y a aussi plein d’autres gros poissons de couleur et de beaux coraux à voir. C’est maintenant le tour de Catherine (on a juste un masque-tuba qu’on se partage, Cath a perdu le sien dans le courant). Elle se met à l’eau tranquillement, puis se met ensuite la tête  dans l’eau et on entend plein de petits cris dans son tuba. C’est très drôle de voir Catherine plonger à chaque fois. Elle est fébrile et nerveuse au début, mais toujours émerveillée. Elle réagit à tout avec de petits cris dans son tuba et son corps se crypse puis se détend à chaque fois qu’elle fait une nouvelle expérience. La fois où elle est le plus surprise est quand un requin vient l’observer à deux pieds de son visage, je vois les deux palmes se retrousser assez vite !!! C’est un spectacle que je contemple avec un large sourire à chaque fois. Finalement, Catherine n’est plus sortable de l’eau et elle reste plus longtemps que moi avec les requins …

         

Les requins sont prêts à acceuillir Éric !                                                          Catherine ne veut plus sortir de l’eau: elle

                                                                                                                               s’est fait des nouveaux amis !

 

De retour sur le bateau, on relaxe. VICTORIA’S SECRET nous appelle. Ils ont besoin d’aide, car leur moteur va de mal en pis. Benoit croit que c’est un problème avec sa pompe diésel et nous en avons justement une veille à bord. Entre bateau HUNTER, on peut s’aider ! On convient donc que nous allons les rejoindre à Sampson Cay demain pour qu’il en fasse l’essai.

Quelle belle journée mémorable !!! On aime beaucoup la randonnée pédestre dans les îles et cela nous dégourdit les jambes. De plus, on a l’impression qu’on prend plus le pouls de toutes ces belles places.

16 Janv 2008: Sampson Cay

Comme à presque tous les matins, on se lève et je prends la météo. Il faut se lever à 7h15 AM pour partir la réception des fax météo par ondes courtes et enregistrer la météo vocale de 8h AM à la VHF à la voie 06. La météo vocale nous annonce une météo interprétée comportant la direction et la force des vents qu’il fera le matin, l’après-midi et au cours de la nuit. Les prévisions s’étendent pour les cinq jours à venir. La météo par fax ondes courtes nous montre la situation météorologique globale à l’aide de cartes météo et on peut y voir la progression des systèmes de hautes et basses pression à travers l’Amérique du nord. Il faut par contre interpréter les cartes nous-même. Je pourrais m’en tenir aux prévisions de la radio VHF, mais les cartes météo apportent un supplément d’informations, surtout quand il annonce du mauvais temps, et je veux continuer à me pratiquer à interpréter les cartes météo afin de devenir meilleur dans ce domaine. Je m’intéresse beaucoup à la météo.

Je fais différentes choses le matin. Je remets un cinq gallon de diésel, et je vérifie l’huile et le prestone dans mon moteur. Je vérifie et nettoie aussi ma vieille pompe diésel que j’ai pour faire l’essai sur le moteur de VICTORIA’S SECRET.

On lève les ancres vers 10h15 AM. La marée sera haute à 13h00. On a le chemin inverse dans le chenal peu profond et étroit à faire et un autre bout tout aussi peu profond à traverser avant de retrouver le Bank. On a pas le choix, il faut bien sortir d’ici … Si le bateau s’échoue, on pourra avoir la marée montante pour se déprendre. C’est un principe de base à voile à ne jamais oublier. On se lance. Le profondimètre indique 6 pieds et on sent la quille draguer légèrement le fond à quelques reprises. La naviguation est uniquement à vue (« eyeball » qu’ils disent en anglais). Il vente fort et le courant nous pousse encore dans les chenaux à environ 1.5-2 noeuds. Je dois mettre le moteur en sens inverse pour nous ralentir … OUF !!! On se retrouve dans l’eau plus profonde enfin après environ 45 minutes de naviguation. On a eu quelques émotions et de l’adrénaline, c’était un peu cow-bow cet endroit pour notre tirant d’eau de 6 pieds !!! C’est ce qu’on a fait de plus rock-and-roll aux Bahamas jusqu’à date. Mais je fais entièrement confiance à Catherine qui a démontré ses capacités à décider des plans de navigation. Elle prend des risques calculés.

On ouvre le génois. Il vente 15 à 20 noeuds ENE ce midi. La vague est de trois pieds et on file à la vitesse de coque par vent arrière. On fait cette allure pendant 30 minutes et c’est hyper confortable. On tourne de 90 degrés bâbord et on monte au près pendant une heure. Là, on reçoit la vague de côté et quelques paquets sur le pont. YAYOU !!! Une fois arrivé devant Sampson Cay, on vire de 45 degrés bâbord et on se retrouve face au vent, toujours dans trois pieds de vagues. On part le moteur et on avance à pas de tortue à 3,5 noeuds. C’est pas grave, on a pas long à faire. Trente minutes plus tard, on est arrivé, mais dans cette baie, il y a peu d’eau. On réussit tout de même à se trouver un petit trou de neuf pieds de profondeur et on met l’ancre dans un bon fond de sable qui prend tout de suite. On peut mettre une ancre seulement à cet endroit car, le courant y est très faible et ne fait pas tourner le bateau. On préfère toujours ça comme ça.

On fait une petite sieste dans l’après-midi. VICTORIA’S SECRET est invité sur MER ET MONDE pour le Happy hour. On met nos aventures à jour. Le soir on se fait un spag en amoureux et on termine un film.

17 Janv 2008: Mouillage à Big Majors Spot

Ce matin, j’écris un peu de journal de bord pendant que Catherine lit. On fait ensuite un échange de photos avec VICTORIA’S SECRET. Ceux-ci décident de s’avancer tout de suite vers Staniel Cay, tandis que nous, nous allons visiter Sampson Cay avant de quitter. Catherine fait une pizza avec sa propre pâte ce midi, un vrai délice. On débarque après diner à la marina de Sampson Cay pour y remplir trois réservoirs de carburant (deux de gaz et un de diésel). On marche un peu sur l’île. C’est vraiment une belle marina luxueuse ici et le personnel bahamien y est très gentil. Catherine placote avec plaisir avec eux pendant une bonne heure et se fait compter plein d’histoires de pêche. Ils se rendent compte que deux des employés auront leur fête d’anniversaire demain comme elle, c’est vraiment spécial ! À la marina, on admire longtemps un très gros voilier deux mâts de 60 pieds et on rencontre deux équipages américains qui font la même chose que nous. On discute une bonne demie-heure avec eux pour apprendre qu’ils sont ancrés dans Pipe Creek pour deux mois. C’est la région où l’on était ancré avant d’arriver ici. Ça fait plusieurs années qu’ils viennent aux Bahamas et c’est l’endroit qu’ils préfèrent. Catherine et moi, on se rend compte que notre anglais s’est encore amélioré et que l’on tient des conversations plus longtemps. On se promet d’aborder plus souvent les américains qui sont vraiment gentils, malgré les préjugés qui sont entretenus sur eux.

La belle marina de Sampson Cay

Ensuite, on lève l’ancre pour aller s’ancrer à Big Majors Spot en face de Staniel Cay pour rejoindre nos amis. On fait une très belle voile encore une fois, mais trop courte. On va s’ancrer dans un TRÈS bon fond de sable devant la « plage aux cochons ». Il n’y a pas vraiment de courant ici.

Le soir, on est invité a un 5 à 9 sur MIGO avec sauce au thon, huîtres fumées, nachos gratinés, etc … On y rencontre l’équipage très gentil de BEACH MAGIC qui en sont à leur troisième voyage aux Bahamas en catamaran. On placote et ils nous donnent plusieurs informations intéressantes.

18 Janv 2008: Une très belle journée de fête pour Catherine

On se lève avec un beau: BONNE FÊTE CATHERINE !!!!!

Aujourd’hui, on se concentre sur l’amirale de MER ET MONDE: Catherine. Un très beau programme au menu. Avec les équipages de VICTORIA’S SECRET, MIGO et BEACH MAGIC, on commence par la visite à 9h30 AM de la fameuse grotte de Thunderball en face de Staniel Cay. C’est l’un des plus populaires attraits des Bahamas. C’est là que s’est filmé un des premiers films de James Bond en 1971: Thunderball. L’accès est plus facile que ce que l’on avait imaginé et Catherine se sent donc parfaitement à l’aise. On a pas besoin de plonger pour entrer dans la grotte à marée basse, mais on peut y entrer par des tunnels sous-marins aussi. Nous sommes à marée basse à l’étale et les courants y sont tout de même relativement forts. Il faut se tenir aux parois à certains endroits. Cette grotte est vraiment vraiment très belle. Encore plus belle que les deux grottes des Rocky Dundas. Les jeux de lumière dans l’eau sont magiques. Il y a cinq entrées dans cette grotte, dont certaines sont sous-marines. Il y a donc cinq puits de lumière qui entrent à l’intérieur en plus des puits de lumières venant du toit de la grotte. L’eau est donc éclairée et y voit bien les poissons multicolores. On leur donne des biscuits soda et il viennent en troupeaux autour de nous.  On peut y voir beaucoup de Queen Angelfish qui sont les plus beaux poissons tropicaux que l’on a jamais vu (bleu royal, noir et jaune fluorescent). Catherine se régale les yeux …

      

Au retour de notre plongée (on voit l’équipage de BEACH MAGIC               La grotte de Thunderball vue de l’extérieur (le plus beau est sous l’eau !!!)

à gauche)

 

Ensuite, on va à la « plage aux cochons » sur l’île de Big Majors Spot en face de notre mouillage. Il y a déjà eu une ferme il y a quelques année de ça ici qui a passé au feu. Les animaux y survivent grace aux touristes qui les nourrissent. Ils mangent de tout, même des poubelles … Il faut bien faire attention de débarquer de notre dinghy avant d’arriver à la plage, car si non, ils embarquent dedans avec leurs 300 livres … On passe vite !

          

Éric s’est fait un nouvel ami !                                         Ils se font dorer leur couenne au soleil, l’estomac bien rempli !

On visite ensuite le catamaran de 38 pieds du jeune équipage québécois BEACH MAGIC. C’est une famille qui en sont à leur troisième année aux Bahamas. C’est une expérience en soi cette visite, car Catherine et moi, on a jamais mis les pieds sur un catamaran. Il y a beaucoup d’espace de vie sur un catamaran. C’est une révélation pour nous cette visite et nous allons devoir considérer dans l’avenir d’essayer un catamaran pour notre prochain choix de bateau. Leur 38 pieds est presque grand comme deux voiliers de 28 pieds vu les deux coques et la pièce centrale. Incroyable comme expérience!

Dans l’après-midi, MIGO quitte pour descendre plus bas. C’est sûrement cette fois-ci qu’on se quitte pour de bon. Nous, on se déplace en dinghy à Staniel Cay avec VICTORIA’S SECRET. En partant, DEMIE-PORTION se met à aller mal. On retourne l’amarrer à MER ET MONDE et on embarque dans le dinghy de VICTORIA’S SECRET. On débarque à terre et on va dans au bistro du Staniel Cay Yatch Club qui est très populaire ici. Catherine observe pendant un moment des pêcheurs qui ramènent leurs prises de la journée et qui font des filets avec leurs gros poissons. Ils jètent à l’eau les restants à des requins nurses qui s’en régalent … On voit bien qu’ils ont de bonnes dents finalement …  Il y a du Internet par satellite ici, alors c’est la joie !!! On s’assoit avec VICTORIA’S SECRET à une table, les portables ouverts. On prend nos messages, on met le site à jour et Catherine échange sur MSN avec son papa. Ils sont bien contents de pouvoir s’écrire quelques mots en ce jour de fête pour Catherine. On fait tout cela en prenant la bière officielle des bahamiens: la Kalik. Elle est est très bonne et ça ressemble à la Sol. On grignote les spécialités de l’endroit: un hamburger de conches (un mollusque qui vit dans un gros coquillage) et des Grouper Fingers (doigts de poisson dans une friture): absolument sublime !

      

Le beau bistro du Staniel Cay Yacht Club: un lieu de rassemblement       Session d’internet et lunch avec VICTORIA’S SECRET

pour les équipages en voilier

 

On revient à la brunante et la soirée se passe sur VICTORIA’S SECRET. Catherine est fêtée ce soir et le menu plait vraiment à la jubilée: quatre variétés de poissons tropicaux pêchés par Patrick de MIGO et Benoît de VICTORIA’S SECRET la veille. Bien sûr, on boit du bon vin et on échange toutes sortes de belles histoires intéressantes. C’est une très belle soirée !

      

Dégustation de plusieurs sortes de poisson tropicaux au menu !             HAPPY BIRTHDAY Catherine !!!!!!!!!!!!!!!!!

19 Janv 2008: Visite de Staniel Cay

On se lève avec un: BON PU BONNE FÊTE CATHERINE!!!!   On fait toujours ça les lendemains de fête ….

Ce matin, il faut que je fasse une opération chirurgicale à DEMIE-PORTION pour le remettre sur pieds. VICTORIA’SECRET part ce matin, donc on sera seul et il nous faut absolument un dinghy fonctionnel. Je démanche le carburateur et y trouve ce que je pensais comme problème: une belle grosse graine dans le pointeau. Je remonte tout cela et déplace un filtre à gaz qui sert pour un réservoir externe que je n’ai pas. J’ai toujours trouvé cela bizarre qu’il n’y ait pas de filtre à essence pour le réservoir interne du moteur. Alors là, j’en mets un et cela ne devrait plus se reproduire. Le trouble m’était arrivé à Rose Island près de Nassau, mais la graine avait fini par passer. Je remets le moteur après le dinghy et fait un test … qui est concluant! YOUPPI !!!

Catherine pendant ce temps travaille sur le journal de bord.

Ensuite, on met nos trois sacs de vidange du dernier mois dans le dinghy et on se prépare pour aller les porter au dépotoir de Staniel Cay. Catherine a fait une bonne gestion pour répartir les déchets, car il y a vraiment peu de place pour les déposer dans les Exumas. On doit brûler tout ce qui est brûlable sur les plages, on doit jeter la nouritture par dessus-bord (les poissons s’en occupent) et on doit laver les déchets qui ne se dégradent pas comme le plastique et le métal pour les conserver dans le bateau en attendant d’en disposer. Imaginez vous la senteur que ça aurait si on ne lavait pas nos déchets au bout d’un mois avec cette chaleur …

On débarque donc près de la « dump » et y on y croisent un couple de new-yorkais qui sont eux-aussi en voilier. On jase avec eux une vingtaine de minutes et on pratique encore notre anglais. Ensuite, on prend une marche sur une route déserte avec nos vidanges pour les abandonner dans un dépotoir à ciel ouvert qui ne semble pas être géré. Il fait extrêment chaud et ça ne sent pas vraiment la rose …

      

On promène nos vidanges vers la dump de Staniel Cay …                          La fleur offcielle des Bahamas

On va ensuite visiter le village de Staniel Cay toute l’après-midi. Les gens de la place sont souriants, sympatiques et nous saluent tous spontanément. Les rues ne sont pas larges, alors on a presque l’impression de se promener dans leur cour. On va voir l’église, l’école, la clinique médicale de la place. Tout est rudimentaire, mais ils ont l’air heureux. On veut faire une petite épicerie de denrées fraiches. On doit faire les trois mini mini épiceries du village (grandes comme une chambre à coucher) pour seulement trouver quelques petites choses: oignons, bananes, tomates et tranches de fromage Kraft. Des bateaux qui partent des Etats-Unis approvisionnent les Bahamas d’articles frais aux huit jours et on ne tombe pas dans un bon moment aujourd’hui: il ne reste pratiquement rien … Je félicite Catherine pour la planification de l’approvisionnement faite aux États-Unis, car nous ne sommes pas du tout mal pris de toute façon. Dans une des épiceries, on achète un masque et un tuba à Catherine à bon prix, elle est très contente de remplacer ceux qu’elle a perdu dans le courant. C’est vraiment une expérience à vivre ! On vit dans l’abondance et on a tout à portée de la main au Québec !

     

Une des trois jolies épiceries …                                                                     Le très petit aéroport …

     

L’église du village …                                                                                      La clinique médicale St-Lukes …

     

Une maison typique de Bahamien à Staniel Cay                                        Le cimetière de la place !

On revient avant le coucher du soleil, on se fait un bon souper et on regarde un film en soirée.

20 Janv 2008: Une journée « à la maison »

Aujourd’hui, on a le goût de rester au bateau. Après avoir fait quelques jours d’exploration sur des îles, on a le goût de rester « à la maison ». De plus, un front froid arrive supposément en après-midi et on veut rester sur place.

On commence la journée par repositionner MER ET MONDE dans le mouillage, car on est trop près du sympathique trowler PENDRAGON. Ensuite, Catherine entâme la préparation de pain maison pendant que moi je fais un changement d’huile du moteur principal du bateau. Cela nous mène vers 13h00.

Ensuite, Catherine nous fait une bonne soupe poulet et nouilles et je vais plonger sous le bateau afin d’y poser deux nouvelles anodes sur le « shaft » de l’hélice. On y voit clair, et avec mon expérience de plongée avec les poids, cela se fait très bien. J’ai par contre un ami avec moi. C’est un Sharksucker de trois pieds. C’est un poisson avec une grosse ventouse sur le dessus de la tête qui lui permet de se faire remorquer par les requins. Il se colle à notre coque et patauge sous notre bateau bien tranquillement. Il m’approche et m’observe, mais pas à plus de trois pieds. Catherine plonge aussi pour aller le voir, mais on n’arrive pas à l’identifier tout de suite. C’est plus tard dans la journée, quand je mets ma ligne à l’eau parce que ça saute partout autour du bateau, que le Sharksucker voit mon leurre et se prend à l’hameçon. Catherine identifie le poisson: il n’est pas comestible ! Alors, c’est pas une bonne nouvelle. Je le décroche en essayant de ne pas trop le blesser pour le relâcher.

Voici le Sharksucker: Regardez la ventouse

sur sa tête (à droite) !

 

Nous profitons aussi pour faire notre toilette chacun au savon à vaisselle « Joy » qui mousse très bien dans l’eau salée. Ensuite, on se rince avec un peu d’eau douce qui provient de nos douches solaires.

En fin d’après-midi, c’est le très gros méchant front froid qui arrive au loin. Il est gris foncé et on y voit une nette ligne de front. Je mets ma deuxième ancre à l’eau dans le même axe que la principale. On remonte DEMIE-PORTION sur le bossoir et on est prêt: on l’attend ! À 17h30, c’est le calme plat. Et en moins d’une minute, le vent passe de l’O au N à 20 noeuds de vent. On démarre le moteur du bateau et on refait bien prendre les deux ancres qui sont maintenant dans un axe inverse à la manoeuvre du matin. C’est une bonne habitude à prendre de refaire le test sur les deux ancres (moteur à 2800 tours en marche arrière), car on dort beaucoup mieux sur nos deux oreilles … On garde notre ancre principale tendue (CQR avec 60 pieds de chaîne) et l’ancre secondaire sans tension (Danforth). Cela nous permet de savoir si l’ancre principale lâchera.

On distingue très bien ici la ligne de démarcation du méchant front

froid qui arrive !

 

21 Janv 2008: Lit conjugal

On reste toute la journée dans le bateau, car il vente trop fort pour sortir en dinghy et laisser le bateau sans surveillance.

Catherine donne un gros coup pour avancer le journal de bord. Par la suite, elle entreprend un gros ménage dans le bateau pour reclasser l’approvisionnement. On espère libérer notre couchette arrière au complet pour retrouver notre lit conjugal … Elle jète plusieurs boites de cartons et met des choses dans des sacs ziplocs pour gagner de l’espace.

Vers 18h, c’est mission réussit !!! Ce soir, on recommence à dormir ensemble enfin !

22 Janv 2008: Belle navigation à voile

On doit vraiment gagner Black Point aujourd’hui, car on a étiré nos réserves d’eau au maximum. L’eau du village est potable et facile d’accès. On peut aussi y laisser nos vidanges sans frais.  Il est par contre de mise de laisser un montant d’argent dans une petite boite blanche au « dinghy dock » du village pour les remercier.

Il fait vraiment beau. On lève l’ancre à midi et on arrive au mouillage de Black Point vers 14h30. On fait une vraie belle navigation à voile, sans jamais utiliser le moteur. Quand on dit qu’on se sens libre à voile, je crois que ça fait référence à une navigation comme celle que l’on a fait d’aujourd’hui …

Une fois arrivé, on débarque sur l’île pour aller faire une reconnaissance des lieux. On trouve les endroits pour l’eau potable, le dépôt des vidanges, l’épicerie et la buandrie. On sera prêt pour demain. On a hâte de discuter avec bahamiens de la place qui ont l’air très gentils.

Jolie coucher de soleil à Black point

23 Janv 2008: Corvées à Black Point

Je vais porter Catherine au Rockside Inn Laundromat, la belle buandrie du village vers 10h le matin.  De mon côté, je fais quelques voyages en dinghy pour remplir des cinq gallons d’eau et pour les vider dans le réservoir d’eau du bateau. Catherine termine son lavage vers une heure de l’après-midi et va l’étendre sur le bateau. C’est beau de voir ça quand on pense que la dernière brassée date du 25 décembre 07 … Elle entreprend ensuite un petit ménage du bateau. Pendant ce temps, je vais chez Lorraine’s Café mettre notre site web à jour et prendre nos e-mails. C’est un endroit bien sympatique.

     

On pose fièrement devant le petit poste de police de Black Point.           La belle buandrie de Black Point  

À l’arrière de la batisse, la petite prison de 50 pieds carré  …

 

En fin de journée, on reçoit l’équipage d’OCÉANITE pour la première fois sur MER ET MONDE jusqu’à six heures. Ensuite, on se fait inviter sur un autre bateau, AU GRÉ DES VENTS, pour terminer le happy hour. On visite leur voilier de 50 pieds construit entièrement des mains du propriétaire, Louis. Il y a mis cinq ans. Le bateau est vraiment très haut et grand. L’intérieur est unique: il est spacieux, bien décoré et on y retrouve tout le confort d’une maison. Louis et sa compagne Marie-Josée comptent naviguer encore pour plusieurs années et vivent du « charter », c’est-à-dire qu’ils reçoivent des touristes sur leur bateau qui sont intéressés à vivre la vie à bord quelques temps dans les eaux du sud. Avis aux intéressés !!! www.augredesvents.ca.

24 Janv 2008: La communauté de Black Point

Ce matin, on débarque à terre pour aller faire une dernière brassée de lavage. Une fois la laveuse partie, on va faire ensemble une petite épicerie au Adderly’s Friendly Market, la seule épicerie de Black Point. On se fait très bien acceuillir et l’épicerie contient tout ce dont nous avons besoin, c’est la fête ! La propriétaire est dans son jardin en train de tresser de la paille. On complimente la dame qui tient bien son épicerie et elle se montre très fière d’elle, elle est vraiment touchante ! Catherine lui achète deux beaux paniers tressés en feuilles de palmier pour l’encourager.

Une vielle dame tresse patiemment en dessous d’un arbre

En après-midi, Catherine débarque seule sur l’île, car elle veut parler aux habitants et les prendre en photo. Elle discute facilement en anglais avec plusieurs d’entre eux, les femmes assises sous un arbre en train de tresser ou les hommes sur leur balcon. Ils saluent tous les touristes qu’ils voient spontanément ! Catherine à la chance d’assister à la sortie de l’école des enfants. Ils sont vraiment tous beaux avec leurs habits propres. Plusieurs posent fièrment à la caméra pour Catherine et celle-ci reçoit de beaux calins des enfants. Je vais la rejoindre à ce moment là et Catherine me présente ces nouveaux amis. Quelques uns  nous invitent à entrer dans leur maison, mais ont ne veut pas abuser de leur bonté …

         

À la sortie de l’école, les petits bahamiens posent fièrement pour la photographe !!!

                         

 Notre première rencontre avec Willie Rolle                            Un bahamien, installé confortablement devant chez lui, parle à tous

                                                                                                      les passants

 

On croise sur notre route un dénommé Willy Rolle qui nous incite à venir chez lui voir son jardin qu’il appèle: Le Jardin d’Éden. Nous prenons une longue marche pour s’y rendre. On le retrouve chez lui en compagnie de sa femme, Betty Rolle, qui nous accueillent avec beaucoup de générosité. Depuis 30 ans, ils cultivent à l’aide de composte toutes sortes de fruits et légumes dans des trous de roche de corail. Dans ses débuts, Monsieur Rolle se faisait appeller « le vieux fou », car personne ne croyait qu’il y arriverait. Aujourd’hui, il est respecté et possède un beau jardin très varié. Il faut comprendre que les Bahamas sont des terres assez stériles et que les Rolle ont réussit un exploit. Monsieur Rolle nous fait visiter son jardin et nous fait goûter à certains fruits et légumes dont la papaye, le goya goya, des sortes de pois et de fèves typiques du sud, etc … Sa femme Betty nous montre comment ouvrir une noix de coco avec une machette et nous fait goûter (il faut sucer le jus et recracher le reste). Nous visitons aussi ses sculptures de bois et/ou de corail, il en a une centaine sur son terrain qui représentent tous quelque chose: une ballerine, un lion, le président des États-Unis, etc … Ça prend souvent un temps avant d’apercevoir ce qu’il voit dans ses sculptures, mais c’est souvent très drôle… Il se vente bien de toutes les avoir trouvées dans la nature telles quelles sans le modifier: c’est de l’art naturel ! Notre tournée se finit par une visite à l’intérieur de leur maison. Ils nous parlent fièrement de leur histoire de vie et de leurs six enfants. Nous repartons de là au bout de deux heures assez boulversés de ce bel après-midi. Nous avons découvert sur cette île des gens heureux, acceuillants et très généreux de leur personne. Catherine dit que son voyage est fait: elle rêvait vraiment de contacts comme ceux-là avec les bahamiens !!!

          

Dégustation de fruits au Jardin d’Éden                        Éric fait la ballerine avec Willie devant la statue

  

        

Willie nous montre ses beaux piments                       Betty nous fait la démonstration de sa technique pour ouvrir les

                                                                                        noix de coco

 

     

Des bananiers poussent sur son terrain, ce qui est un exploit !               Choux, maïs, patates, etc…

   

Une sorte de fève qui peut remplacer la lime     Un arbre de papayes: délicieux et poivré      Ce cactus se sert en salade

comme condiment

 

         

Voyez vous le caribou ?                                                  Betty fait la vaisselle dans sa cour arrière

De retour au bateau, il est temps d’aller sur OCÉANITE pour un 5 à 7. Les équipages de LADY M et MARIE-GALLANTE sont aussi invités. On  placote et je regarde avec Laval le gréement et les équipements de son bateau que je n’avais pas encore vu. S’en suit le traditionnel appel du coucher de soleil à l’aide d’une conche à qui ont a fait une trou au bout. Cette tradition vient de Georgetown. On s’en approche et on entend ce son de plus en plus souvent. OCÉANITE nous propose une soirée de Karaoké, ce qui accroche tout le monde. On entre tous à l’intérieur du bateau pour faire chacun nos performances, toutes plus douteuses les unes que les autres. On se rend compte cependant que Nicole d’OCÉANITE est une bonne comédienne et imite presque n’importe qui. La soirée finit tard …

25 Janv 2008: Nos estomacs font des vagues …

Ce matin, il vente d’ouest d’environ 20-25 noeuds et il y a une houle de trois pieds qui entre dans la baie. Je crois que j’ai eu trop de plaisir hier, je suis malade dès le levé ce matin. Catherine ne se sent vraiment pas bien elle non plus, mais pas à cause de la boisson. On est à peine capable de rester debout ni assis dans le bateau, alors on passe une partie de la journée sur le dos. On dort, car on est pas capable de lire. Catherine va faire des tours dehors pour prendre l’air de temps en temps … Enfin, les vagues diminuent en fin d’après-midi, car le vent tourne au nord. On se remonte le système avec une bonne soupe et des biscuits soda … Le soir, on écoute des films avec le portable.

26 Janv 2008: Ancrage entre « les deux Majors »

Ce matin, on décide de se déplacer pour avoir une bonne protection des vents d’ouest qui sont annoncés pour toute la journée demain. Un autre cold front arrive bientôt. Puisqu’on a eu une dure journée avec des vents d’ouest hier, on veut être plus confortable pour demain. Les protections pour les vents d’ouest sont rares aux Bahamas et elles ne sont pas toutes idéales. On trouve un endroit plus au nord entre les îles de Big Majors Spot et Little Majors Spot, mais le passage pour s’y rendre est plutôt difficile.

On navigue à voile vers notre destination et on termine la dernière heure à moteur. La dernière partie est délicate: on passe à l’ouest de Staniel Cay où les profondeurs d’eau sont faibles pour ensuite tourner vers l’ouest en frolant un « cut » qui nous amène un fort courant et des vagues assez désordonnées. Le chenal est étroit et on doit naviguer à vue, car il y a des tête de corail de chaque côté du bateau. On ne doit surtout pas se faire déporter sur eux, mais heureusement, on les voit bien car il fait beau soleil. La machine à laver ne dure cependant qu’une quinzaine de minutes. OUF ! tout ce passe bien encore une fois. Arrivé au mouillage, on jète deux ancres à la bahamienne. Bien qu’il n’est pas trop fort, il y a du courant qui se renverse ici.  On n’est pas satisfait à 100% de l’ancrage, car nous avons sentit en nous ancrant que les ancres avaient glissé dans un fond de sable et d’herbre. On décide de rester ici tout de même: de toute façon on n’a pas le choix, la marée est maintenant descendante et on ne pourrait rebrousser chemin.

On reçoit ensuite pour le 5 à 7 FIÈRE ALLURE pour la première fois. On fait connaissance avec ce sympatique équipage composé de Stéphane et Mylène, deux adultes dans nos âges, et deux jeunes filles: Catherine et Camille. On reste sur MER ET MONDE pendant une heure avec eux et on va ensuite rejoindre le reste du mouillage qui s’est donné rendez-vous sur une plage. Il y a OCÉANITE, LADY M, TACK SEA et MAGGY 77. On placote avec eux jusqu’à la noirceur vers 19h00. L’ambiance est à la fête !

27 Janv 2008: Danse de bateaux entre « les deux Majors »

On reste sur la bateau toute la journée. On attend que le front froid passe en après-midi. Il arrive comme prévu et on constate que notre protection est très bonne ici pour les vents d’ouest. On est pas vraiment dérangé par ceux-ci.

En fin de soirée, le vent tombe complètement à plat et les bateaux se mettent à aller dans tous les sens. Ici, lorsque le vent se met à faiblir en même temps que le courant change de direction, les bateaux ne se déplacent pas dans la même direction tous en même en temps. OCÉANITE et FIÈRE ALLURE se rapprochent trop. Tellement que FIÈRE ALLURE décide de se réancrer un peu plus loin. Il fait une nuit d’ancre et se réancrer en pleine noirceur représente un exploit, surtout que la zone de mouillage n’est pas très grande. On tente de les aider du mieux qu’on peut en les éclairant avec notre lampe un million de chandelles et ils prennent notre bouée rouge d’ancre comme point de repère. Pendant ce temps, on se rend compte que notre bateau se comporte drôlement aussi et qu’il est dans le sens contraire des autres bateaux du mouillage. On réalise qu’un de nos deux cordeaux d’ancre est enroulé autour de notre quille et que le bateau se débât. On se sort de notre situation inconfortable en moins de 10 minutes en passant l’anneau de la petite ancre du dinghy dans le cordeau d’ancre afin que celui-ci tombe dans le fond de l’eau et qu’il se déroule de sous la quille. Cette stratégie fonctionne bien, c’est la deuxième fois qu’on l’utilise. Le bateau se replace en moins de deux dans la bonne position.

Le vent se lève ensuite pour virer plus au nord vers 22h. Il forcit à 25 noeuds avec des rafales à 30 au cours de la nuit. Nous sommes moins bien protégés avec ces vents du nord que ce matin dans le mouillage. On passe la nuit à faire la vigie, car on a pas assez confiance en notre ancrage dans un fond douteux. Je prends le chiffre de 21h à 2h AM et Catherine prend celui de 2h à 7h AM. On lit et on somnole chacun notre tour en jetant des coups d’oeil régulier sur le GPS.

28 Janv 2008: Notre ancrage préféré: Big Majors Spot

Vers 8h AM, je me fais réveiller brutalement par Catherine alors que j’essayais de rattraper ma petite nuit de sommeil. Notre voisin de mouillage qui a un Trowler vient de lancer un coup de corne de brume, car il est 15 pieds de notre bateau. Il crie à Catherine en anglais que nous sommes en train de chasser sur lui. Je vais voir au GPS: on ne chasse pas du tout ! Main non, c’est encore le même phénomène qu’hier soir. J’enlève 50 pieds sur une de mes ancres et on surveille le tout.

Finalement, on n’aime pas du tout cet endroit de mouillage et on décide de lever l’ancre vers 11h AM. Tous les bateaux du mouillage veulent faire aussi de même pour aller au mouillage de Big Majors Spot. Nous avons le choix de revenir sur nos pas ou de passer par un chemin beaucoup plus court où l’on doit traverser une passe très très étroite au nord de Big Majors Spot. La seconde option est exclue par la navigatrice en chef Kate, mais voilà que TACK SEA nous dit qu’il a déjà fait cette passe et qu’il s’offre de guider ceux qui veulent le suivre. On accepte tous  avec joie. On se suit tous à la queue-leu-leu dans cette très très petite passe de moins de 15 pieds de largeur (notre bateau fait 10 pieds de largeur …) et qui a environ 10-15 pieds de profondeur. Tous se déroule sans anicroche et nous voilà en moins de deux ancré au beau mouillage de Big Majors Spot. On se rend compre finalement que c’est notre ancrage préféré à date dans les Exumas.

Une fois bien ancré, on sent tout de suite la quiétude de ce mouillage. Un bon fond de sable blanc sans renverse de courant. Le seul inconvénient est qu’il n’est pas protégé des vents d’ouest comme la plupart des autres mouillages. Catherine et moi, on se repose une heure mais sans dormir. On ne veut pas dîner trop lourdement, alors on se fait une petite soupe. On se rend ensuite au Staniel Cay Yacht Club pour manger notre lunch préféré: des Grouper Fingers. On passe l’après-midi là à jaser avec d’équipages québécois et à faire du Internet. On retrouve avec joie Christian et Caroline de l’équipage de MAXA X et on placote sans arrêt avec eux pour mettre à jour sur nos aventures respectives depuis notre arrivée à Bimini aux Bahamas.

Ce soir, tout est calme et on se couche tôt. On dort bien mieux dans notre lit que sur les divans du carré …

29 Janv 2008: Pêche à la sling hawaïenne

Ça fait du bien de dormir un belle et bonne nuit tranquille. Il fait très beau ce matin et c’est calme. On prend un bon café, on lit un peu.

Une pêche s’organise vers 13h avec d’autres gars du mouillage. Je prépare ce dont j’ai besoin pour ma pêche à la « sling ». Il faut qu’on vous explique plus en détail ce qu’est une sling : la sling hawaïenne est une longue lance en plastique avec une pointe en acier bien affilée au bout. Un élastique est fixé à l’autre bout de la lance. Lorsqu’on repère un poisson, on étire au maximum l’élastique, on vise le poisson le plus près possible et on relâche l’élastique pour donner une propulsion à la lance. Tout ça demande de la coordination et de la pratique, bien sûr … Avec la sling, on peut pêcher des poissons petits ou moyens, de la langouste et des crabes.

On dîne et ensuite les gars de plusieurs équipages partent ensemble en dinghy. Pendant ce temps, Catherine part avec DEMIE-PORTION pour aller prendre des filles des autres équipages. Elles vont toutes ensemble faire de la plongée en apnée en face de Big Majors Spot. Pour les gars, on ne trouve pas de langoustes, mais on prend tous du poisson. Je tire au moins 30 fois ma sling avant de réussir à prendre mon premier poisson. Ensuite, cela débloque et j’en ai cinq consécutifs. J’en échappe un juste sur le bord du dinghy et j’en perd un autre à force qu’il gigote et qu’il finisse par se déchirer en deux.

 

Les gars qui partent à la pêche en dinghy

C’est ma première expérience où je ramène à la sling de quoi faire un souper et je suis très fier de moi. Je me sens comme un « mammouth ramène souper maison à femme  » ! Je ramène donc trois poissons au bateau et Catherine est toute contente. Elle se dépêche d’identifier deux Big Eyes et un Squirelfish qui sont tout à fait consommables. MAYA X se joint à nous pour souper sur MER ET MONDE. Christian amène son Big Eyes et les gars nettoient les poissons. Tous ses beaux spécimens finissent en spaghetti aux fruits de mer, la spécialité de Catherine. Dé-li-cieux !!! On passe une très belle soirée en compagnie de Caroline, Christian et Shannie, leur gentille chienne Golden-Labrador qu’ils ont amené à bord. Catherine en profite pour catiner Shannie pour se consoler un peu, le temps qu’elle retrouve sa belle Maggie …

      

Éric pose fièrement avec le fruit de sa première pêche à la sling              Trois Big Eyes et un Squirelfish prêt à être cuits !

hawaïenne

 

30 Janv 2008: Grouper Fingers au Staniel Cay Yatch Club

Ce matin, je vais sur AU GRÉ DES VENTS pour l’aider à solutionner un problème informatique qu’on avait discuté ensemble hier. Je passe deux heures et demie là dessus pour en ressortir avec le problème corrigé. Catherine écrit des e-mails pendants tout ce temps sur MER ET MONDE.

Vers 14h30, on se rend en dinghy au bistro de Staniel Cay rejoindre d’autres équipages québécois. On n’a pas encore dîné, alors on se commande encore d’excellents Grouper Fingers et des bières. Le lien internet est vraiment mauvais aujourd’hui, il n’y a rien à faire. On réussis à envoyer nos e-mail, mais à peine à parler via Skype. Il y a trop de gens probablement qui sont connectés en même temps. On observe les pêcheurs qui arrangent leurs prises à la fin de leur journée sous un gazebo près du Staniel Cay Yatch Club.

        

 

Un bahamien fait des filets avec les poissons qu’il a pêché sous un            Le pêcheur donne les restants aux requins nurses qui s’en donnent

gazebo à côté du Yatch Club                                                                             à coeur joie juste sous notre nez

 

On revient au bateau à la noirceur. Je vais reconduire Catherine au bateau pour qu’elle prépare le souper et je vais imprimer un formulaire pour Catherine sur AU GRÉ DES VENTS. J’en profite pour aider Louis à installer ses cartes Explorer sur Nobeltec qui est un logiciel informatique de navigation.

On soupe ensuite en amoureux et on écoute deux émissions de 24h chrono (Jack Bauer).

31 Janv 2008: Fête sur FIÈRE ALLURE !!!

Tard ce matin, on lève l’ancre pour aller à Blackpoint. Nos amis de MAXA X, FIÈRE ALLURE et KERGUELEN font de même et nous suivent tout près derrière. On fait de la belle voile au près très serré pour éviter de faire des virements de bord, car on a le vent dans le nez. Notre HUNTER 31 se comporte bien à cette allure et remonte facilement le vent. Le bateau est donc très gîté et toute la flotille sait que c’est MER ET MONDE qui montre sa grosse bedaine comme ça, c’est rendu notre marque de commerce …

Arrivé à Black Point, on pensait faire le plein d’eau, jeter les vidanges et faire une petite épicerie pour ensuite filer à Little Farmer Cay, quand on reçoit une invitation secrète de FIÈRE ALLURE pour la fête de Mylène ce soir. On accepte donc avec plaisir et on décide de rester à l’ancre ici pour cette nuit. On fait quand même nos commissions durant l’après-midi pour être prêt à partir demain matin, car on veut participer au festival de Little Farmer Cay qui aura lieu au cours des deux prochains jours.

À 17h heures, on se rend sur FIÈRE ALLURE en dinghy en même temps que MAYA X et KERGULEN qui sont aussi de la fête. Mylène ne le savait pas et elle est agréablement surprise !!! On entâme un 5 à 7, puis Stéphane nous concocte un bon souper sur le BBQ : poulet frais, patates et légumes. La viande fraiche ne court vraiment pas les rues dans les Exumas, alors c’est la joie !!! Nous sommes 10 personnes à souper autour de la table dans un Jeanneau 27 pieds … Pour nous, c’est un record de tout les temps ! Soirée très agréable où on placote et on apprend à mieux se connaître.

BONNE FÊTE Mylène !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

          

Stéphane …                                                                       … Mylène et les enfants, Camille et Catherine de FIÈRE ALLURE

         

Guy et Lorraine de KERGUELEN                                   Nos amis Christian et Caroline de MAYA X

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