01-Janvier 2008

Janvier 2008

par le 01 Jan, 2008, catégorie 01-Janvier 2008

01 Janv 2008: Bonne année et bon lendemain de veille !!!

On se lève tard en ayant mal aux cheveux … Le matin, il y a une pêche aux langoustes qui s’organise dans le mouillage. O’BLEU veut enseigner à notre flotille comment s’y prendre. Je ne file pas du tout pour avoir exagéré sur la boisson sans prendre d’eau. Il faut dire que j’ai l’estomac plutôt fragile … Je suis malade vers 11h AM et vais me recoucher pour quelques heures. Catherine fait de la lecture pendant ce temps en jetant un coup d’oeil de temps en temps sur moi. Je me lève vers 13h et Catherine me fait une bonne soupe Lipton « pour remonter son homme ». Ça va mieux déjà !!! Patrick de MIGO passe nous montrer son trophé, une belle grosse langouste ! On est jaloux …

 

Patrick surveille sa langouste pour ne pas qu’Éric l’a lui vole !

 

En fin d’après-midi, je vais voir en dinghy avec le profondimètre portatif pour vérifier la profondeur d’eau autour du bateau. Malheureusement, lorsque le bateau tournera au passage du cold front qui s’en vient cette nuit, nous n’aurons pas assez de profondeur d’eau partout.  On ne peut donc rester ancré à cet endroit et on doit se réancrer en fonction de la direction des vents annoncés. On lève l’ancre et on se trouve un secteur un peu à l’écart des autres voiliers qui sont tous entassés les uns près des autres, à droite de l’avion-épave. Il y a de la profondeur et un bon courant à cet endroit (environ 2 noeuds). On met nos deux ancres (CQR et Danforth), placées en V à 60 degrés.

Ensuite, en fin d’après-midi, Catherine et moi allons faire un petit tour en amoureux sur une île et sur une plage pour se dégourdir un peu les jambes.

 

           

Scéance de photos: on en profite, il n’y a pas beaucoup de palmiers sur les îles des Exumas …

 

      

Mouillage de Normand’s Cay au loin                                                            Paysage de Normand’s Cay à l’approche du frond froid


Le soir, on mange les restes du bon souper d’hier sur MER ET MONDE, on reste tranquille et on se couche tôt.

02 Janv 2008: Front froid qui s’abat sur nous

Le front froid s’abat sur nous vers 7h AM et nous réveille. Le vent passe du sud au nord dans le sens des aiguilles d’une montre en moins d’une minute et le bateau vire de 180º sur ses deux ancres. On se lève tous les deux immédiatement pour aller voir si les ancres tiennent bien dans le sol. Tout semble être en règle. Il vente maintenant très fort, des vents du nord de 25-30 noeuds avec des rafales à 35. Très impressionnant de vivre ce changement radical de météo qui se déroule toujours très rapidement. Dans le mouillage, les équipages sont tous confinés dans leurs bateaux pour faire le guêt.

Catherine commence à faire du pain vers 10h AM et tous les autres bateaux font la même chose aussi. Cela occupe Catherine pour la moitié de la journée.

 

          

 

Et bien oui: Éric lave les vidanges … On ne                  Catherine commence à faire son pain-maison

trouvera pas de conteneurs de vidanges avant

longtemps ici, alors …

 

Le vent ne lâche pas du tout. Le bateau se bat contre les courants forts et les vents forts qui ne vont pas dans la même direction. Le bateau est gîté d’environ 5-10 degrés, il brasse et vibre fortement. Ça fait un vacarne du tonnerre … Vers 21h, notre ancre Danforth finit par chasser de 100 pieds avant de reprendre. La CQR prend bien la relève à elle seule, mais cela nous rend nerveux. On ne peut pas dormir et laisser le bateau sans surveillance, on se sent être dans un équilibre fragile. On décide donc de faire des quarts de veille durant la nuit chacun notre tour. On vérifie notre position avec le GPS aux 15-20 minutes. Catherine et moi ne dormons presque pas même s’il ne se passe pas d’autres incidents par la suite. Finalement, cet ancrage n’est pas notre meilleur coup pour passer un cold front et on a hâte de se réancrer …

 

          

Notre ancrage avec deux ancres en « V »                         Front froid qui s’abat sur Normand’s Cay: on est loin de nos amis …

 

03 Janv 2008: Réancrage dans 25-30 noeuds de vent

Au matin, on continue de faire des quarts de surveillance et on essaie un peu de rattraper notre sommeil en faisant une sieste chacun notre tour. On reçoit la visite de Benoît de VICTORIA’S SECRET qui brave le vent et les vagues avec son dinghy pour venir nous voir. Cela nous fait du bien de voir enfin quelqu’un. Je discute avec Benoit du problème notre ancrage. Il voit bien à quel point notre mouillage est inconfortable et confirme que notre problème est le courant où nous sommes ancrés. Ceux qui sont ancrés plus à l’ouest ne vivent pas ce problème et ont passé une assez bonne nuit…

 

Catherine sourit encore malgré notre nuit blanche !

 

En après-midi, il vente encore du 25-30 noeuds du nord. On va se réancrer plus près des autres, légèrement à gauche de l’avion-épave. Le fond y est de meilleure tenue et le courant y est moins fort. Cela nous prend presque deux heures et demie pour se réancrer, car ce n’est vraiment pas évident de garder le bateau dans la position choisie et de jeter la pioche avec ces forts vents. Une fois ancré, on sent que le bateau ne se bat plus autant dans tous les sens à notre nouveau mouillage. OUF ! Bonne nouvelle ! La tension diminue donc d’un cran et cela s’annonce pour une meilleure nuit.

 

 

Vestige des anciens trafficants de drogues: une avion-épave dans

le mouillage (il faut s’ancrer à gauche de celle-ci …)

 

Les autres équipages de la flotille vont tous à terre pour visiter des ruines et aller au resto-bar le MacDuff’s. Nous, on ne veut pas quitter le bateau, car on vient tout juste de se réancrer et on veut vérifier si tout tient bien. On reste encore le reste de la journée dans le bateau. On lit, on se repose et on se couche de bonne heure.

 

04 Janv 2008: MacDuff’s et échouage en règle !!!

Il ne fait vraiment pas beau encore aujourd’hui: ciel couvert et grains à intervales réguliers. Ça fait maintenant trois jours qu’il vente « à écorner les boeufs » sans que la force du vent ne diminue d’un cran. Pour les Bahamas, il fait aussi très froid selon des équipages d’expérience.

Catherine et moi, on a besoin de sortir du bateau pour se dégourdir les jambes. On va donc à terre en après-midi et on va visiter les ruines situées à l’ouest de l’île, traces du passage des trafficants de cocaïne et de marijuana dans les années ’70 et ’80. Les multiples bâtiments de bois abandonnés nous donnent une petite idée de ce qui s’est passé ici. On peut y voir des traces de balles dans les murs. C’est Carlos Lehder qui est venu s’installer sur l’île et a finit par l’acheter au complet (marina, aéroport, batiments, etc…) pour y opérer son traffic de drogues. Il faisait régner la terreur ici apparamment. Sur un des murs de la batisse principale, on fait comme d’autres équipages et on y grave notre nom de bateau pour laisser une trace de notre passage aux Bahamas.

On laisse la trace de notre passage sur le mur d’une batisse en ruines

Par la suite, on se rend au resto-bar MacDuff’s pour aller rejoindre les autres équipages de la flotille qui y sont déjà (MIGO, VICTORIA’S SECRET, SOLUNA, APOTHÉOSE). WOW !!! Quel bel endroit ! C’est une place magnifique et c’est vraiment inattendu compte tenue que nous sommes sur une île quasi-déserte. Il y a un superbe jardin, tout le resto est fait avec du beau bois luxueux et la terrasse vaut le déplacement. Des tables et des chaises en bois, des gros coussins, une belle décoration exotique, des revues qui trainent partout … On peut commander et aller se prélasser sur la terrasse tout en faisant du internet. On placote donc avec les autres et on se met à jour dans nos e-mails. On commande un hamburger de dorade (mahi-mahi) qui est un vrai délice. Catherine goûte à l’assiète de Sofia qui comporte des crevettes et des conches crues, HUMMM !!! On rentre à la noirceur, car on est trop bien ici.

      

On se prélasse au resto-bar MacDuff’s                                                         Les enfants font la lecture sur la terrasse

      

Scéance intensive d’internet: les occasions sont très rare !!!                     Un plat typique aux Bahamas: crevettes et conches crues: Yum Yum !

De retour au bateau, le vent tourne à l’est et souffle à 20-25 noeuds. À 21h, un grain s’abat sur nous et la vague monte à 2-3 pieds. Le bateau s’échoue sur un haut fond de sable et se met à gîter de 15 degrés. La vague et le vent nous pousse dans le haut fond. La marée est descendante pour encore trois heures.  Il pleut à l’horizontal et fait un noir d’ancre et on n’y voit strictement rien. ÇA NE VA VRAIMENT PAS BIEN, LÀ !!! Il faut ABSOLUMENT se sortir de là AU PLUS VITE!!! Catherine part le moteur et se met à la barre, tandis que je vais à la proue pour tenter de réduire les cordeaux d’ancre. Le bateau est vraiment pris dans le sable et le safran ne tourne plus. Catherine me crie de revenir, elle n’y arrive pas et a peur de briser le safran en le forçant trop. J’utilise le mouvement des vagues pour faire avancer le bateau et j’arrive finalement après un temps à nous déprendre de là, de peine et de misère… Catherine reste à la barre pour garder le bateau dans l’eau profonde pendant que je réduis encore la longueur des cordeaux d’ancre.  Avec la force des vents et des vagues, et l’absence de points de repère dans le noir, le bateau s’échoue une seconde fois … Je reviens à la barre pour déprendre le bateau et c’est plus facile cette fois-ci. Je remets la barre à Catherine et retourne à la proue. Je réussis à diminuer les cordeaux de 200 à 150 pieds. Ça va mieux déjà, il y a plus de profondeur d’eau sous le bateau. Je réduis encore jusqu’à 100 pieds et nous avons maintenant assez d’eau autour de notre ancrage. OUF !!! Nous n’avons pas besoin de nous réancrer dans cette noirceur ! C’est tout une expérience, mais nous avons gardé notre calme et nous avons bien réagit. Ça n’empêche pas les rotules de Catherine de « chécker » un peu HI ! HI !. Les autres équipages qui suivent notre périple sur la VHF sont tous soulagés aussi. Nous ne pouvions demander leur aide qu’en extrême urgence puisqu’ils auraient pu eux aussi se mettre en danger en venant nous aider en dinghy avec cette mauvaise température.

J’aimerais glisser une petite parenthèse sur les techniques d’ancrage. Même après avoir ancré plus de 150 de fois à date, les Bahamas nous apprennent à ancrer encore bien plus méticuleusement en raison des conditions d’ancrage variées qui sont loin d’être toujours idéales. J’ai pu apprendre trois choses au cours des derniers jours. Premièrement, il vaut mieux faire travailler une seule ancre à la fois. On doit en jeter deux dans les forts courants qui font pivoter le bateau à 180 degrés « à la bahamienne » (une à l’avant et une dans le sens opposé dont les cordeaux partent tout deux de la proue) et aussi on en jète une deuxième lors de forts vents dans le même axe que la principale, mais qu’on ne met pas sous tension. Deuxièmement, j’avais l’habitude de mettre plus que 7 pour 1 de touée. Et bien, c’est cela qui nous a fait échouer aujourd’hui, car il n’y a pas de grandes zones d’évitage disponibles aux Bahamas. Il ne faut donc pas trop mettre de cordeau par insécurité. Troisièmement, l’ancre de backup doit être testée à l’aide du moteur mis à reculons à 2800 tours comme on fait toujours avec l’ancre principale. Au début,  j’avais tendance à faire mordre « à bras » l’ancre de backup, mais c’est une erreur …

Ces derniers jours nous on fait vivre des expériences et on en ressort avec des leçons … C’est ce genre d’événements qui nous rendent de bien meilleurs marins, paraît-il …

05 Janv 2008: Paradis sur terre à Shroud Cay

Ce matin, APOTHÉOSE lève l’ancre seul pour se rapprocher de Georgetown. Ils reçoivent leurs enfants là-bas dans quelques jours et doivent amorcer leur descente vers le sud rapidement. Pour SOLUNA qui vont aussi à Goergetown rejoindre la famille, la descente se fera un peu plus lentement et ils restent donc avec nous aujourd’hui.

MIGO annonce qu’ils veulent descendre à Waderwick Wells aujourd’hui qui est à environ 25 milles nautiques au sud de Norman’s Cay. De notre côté, on veut rester sur place. Après discussion, nous convenons de changer d’ancrage, mais d’aller à Shroud Cay qui est tout près et de faire un 5 à 7 d’adieu. Nous savons que notre séparation d’avec MIGO approche drôlement et on veut bien le souligner. MIGO compte descendre rapidement les Bahamas d’ici la fin janvier et ensuite se diriger vers les antilles. Ils sont partis en voilier pour quelques années. Ce qui fait que le rythme qu’ils ont n’est plus le notre. MER ET MONDE est arrivé à destination et dispose de quatre mois pour visiter les Bahamas.

Nous levons donc l’ancre pour aller à Shroud Cay avec MIGO, VICTORIA’S SECRET et SOLUNA. C’est une toute petite navigation de 6 milles nautiques. Nous essuyons trois grains en une heure (rafales de vents forts et de pluie forte qui durent environ 20 minutes), il y a de l’action ! Le temps est maussade et pluvieux avec quelques petites éclaircies. Arrivés sur place, il y a des moorings nouvellement installés de cette année. MER ET MONDE est bien content et on s’amarre à un de ces moorings. Vu les ancrages mouvementés des derniers jours, on décide de prendre une pause pour quelque nuits pour refaire nos réserves de sommeil.

Un grain se dirige sur nous, on le voit bien à l’arrière !

 

Dans l’après-midi, on débarque sur l’île de Shroud Cay avec SOLUNA. On grimpe un sentier et un paysage magnifique nous attend en haut de l’île. On va visiter un puit naturel d’eau douce, le plus gros apparemment des Exumas. On est forcé de constater que le sol des îles dans les Exumas est entièrement fait de roches de corail et qu’il y a des trous et des caves partout dans le sol dont certaines communiquent ensemble. Il faut vraiment regarder constamment où l’on met les pieds. La végétation est sommaire et basse puisque le sol est peu fertile (très peu d’eau douce et de terre). Il y a donc très peu de palmiers ici au contraire de ce qu’on pourrait penser …

                  

  Catherine pose fièrement devant un gros cactus !                Voici un exemple du sol à Shroud Cay (comme bien d’autres îles

                                                                                                       des Exumas): attention à la marche !!!

 

 

     

Paysage du haut d’une colline à Shroud Cay                                           Nos premières randonnées pédestres sur les iles avec SOLUNA

Par la suite, on repart avec SOLUNA en dinghy plus au nord et on entre dans une rivière marécageuse (mangroves en anglais), celle qui est au centre de l’île. Elle nous mènera à l’océan de l’autre côté de l’île. On avance dans ces eaux peu profondes qui serpentent avec un bon contre-courant pendant une heure et demie. Il faut parfois ramer ou sortir du dinghy pour avancer, car il y a des hauts-fonds à certains endroits. L’effort en vaut la peine: on peut apercevoir plein de poissons dans l’eau et on croise un requin de 4 pieds. Le paysage est vraiment unique !

     

     

Images des mangroves de Shroud Cay  

Tout à coup, la rivière débouche sur un lagoon entre deux montagnes. WOW WOW WOW !!! Les vagues de l’océan déferlent, l’eau est d’un bleu magnifique et les plages sont d’un sable si fin et si blanc qu’on est complètement émerveillés. On a jamais vu un paysage aussi beau de notre vie à date !!! On se sent sur l’île de Robinson Crusoé et on voudrait bien être perdu ici ! En marchant, on y trouve sur le sommet d’une butte rocheuse le t-shirt qu’une famille a laissé avec un message écrit dessus disant qu’ils ne veulent plus rentrer à la maison: comme c’est bien dit ! C’est vraiment une belle après-midi partagée avec SOLUNA aujourd’hui.

        

      

     

C’est vraiment un paradis sur terre l’île de Shroud Cay !!!

On trouve un beau message d’une famille qui vient de passer ici et

nous sommes bien d’accord avec eux: On reste ici pour toujours !!!

 

On refait le chemin inverse en 20 minutes seulement, car le courant et la marée qui nous aide maintenant.

Ensuite, c’est le 5 à 7 d’adieu à MIGO. On se rejoint les quatre équipages (SOLUNA, VICTORIA’S SECRET et MER ET MONDE) sur MIGO. L’atmosphère est à la fête et la joie y est présente. MER ET MONDE amène une bouteille de champagne et des canapés au saumon et câpres. Je fais un petit discours pour MIGO devant tout le monde pour souligner notre trois mois de bonheur avec eux et leur souhaiter bonne continuité de voyage. Il y a des larmes qui se versent et on se serre très fort. On sait qu’on va probablement se voir encore quelques jours, mais au moins, on aura souligné notre bout de chemin ensemble de façon mémorable !

06 Janv 2008: Voile et plongée abord de MIGO

SOLUNA nous quitte ce matin pour descendre vers Goergetown. On est très confiant de les revoir dans quelques semaines lorsqu’ils vont remonter dans les Exumas, car la si belle amitié qui s’est installée entre nous ne peut que se maintenir.

MIGO invite la flotille des MINI-WEATS (VICTORIA’S SECRET et MER ET MONDE) pour un forfait voile et plongée sur leur voilier Bénéteau de 44 pieds. C’est la première fois que les MINI-WEATS se retrouvent tous ensemble sur un même bateau (10 personnes). Ça fait longtemps qu’on en rêve et MER ET MONDE veut bien en profiter avant la séparation.

     

Éric fait des ajustements sur le beau Bénéteau de 44 pieds                    Vous ne trouvez pas que ça respire le bohneur ???

La journée est très belle et propice à cela. On fait de la voile pour aller à un site de plongée afin de pêcher la langouste près de Wax Cay. Cette île est en dehors du parc protégé des Exumas. C’est complètement différent comme expérience et je peux faire l’expérience de nouveaux équipements et gréements. Je suis complètement absorbé par le bateau et je découvre comment un Bénéteau se comporte. Il est vraiment génial et fantastique. Il ne gîte presque pas et file à tout allure. On fait du 8 noeuds facilement. Les filles et les enfants quant à eux se font dorer au soleil en placotant et se laissent conduire par les gars. Pour ce qui est de Catherine, ça ne lui est jamais arrivée d’être un voilier sans lever le petit doigt et elle en profite au maximum aujourd’hui.

Éric fait encore du rodéo aujourd’hui !!!

         

Catherine prend du bon temps avec les enfants …                                           … C’est vraiment une journée difficile aujourd’hui !

Arrivés à destination, on dîne et ensuite les gars de même que Joana et Sarah-Maude vont en plongée. Les filles restent au bateau pour s’échanger des recettes. Ce site de plongée est vraiment le plus beau que j’ai vu à date. On y voit des centaines de poissons de toute les couleurs et le fond est profond, 25 pieds environ par endroits. Il y a beaucoup de courant et il faut nager tout le temps pour rester sur place. On est tellement absorbé par le paysage sous-marin qu’on ne voit pas tout de suite le gros banc de barracudas qui est derrière nous. Ils sont glaçants, mais restent à bonne distance. Aujourd’hui, je réussis à plonger et à bien équilibrer la pression dans mes tympans. Pour les langoustes, ce n’est pas un succès, mais la plongée à elle seule est vraiment une belle expérience pour moi !

 

Les MINI-WEATS partent à la pêche à la sling hawaïnenne !

De retour sur MIGO, on lève l’ancre et on retourne à voile au site de mouillage de Shroud Cay pour la nuit. Encore du beau 7 à 8 noeuds de vitesse. Les trois gars s’occupent de faire les virements de bord. Les filles capotent sur notre synchronisme. On forme une équipe du tonnerre !!! Un fois à l’ancre, Patrick nous offre de monter dans le mât. Ce que j’accepte avec joie de même que Benoit de VICTORIA’S SECRET. La vue du haut d’un mât de 60 pieds est absolument incroyable. MER ET MONDE a 50 pieds, donc il y a une bonne différence. J’en profite pour prendre des photos. On termine cela avec une bonne bière tous ensemble et l’équipage de MER ET MONDE retourne à son bateau à la brunante.

       

Vue de MIGO à 60 pieds de hauteur. Regardez la belle eau turquoise       On peut apercevoir VICTORIA’S SECRET au crépuscule !

et Catherine qui fait bye bye couchée sur le pont !

 

Cette journée est très mémorable et très agréable. Vivre une expérience sur un autre bateau pour des navigateurs est très enrichissante. Un gros merci à MIGO pour cette belle faveur.

07 Janv 2008: Le Camp Driftwood

On se lève tranquillement avec un beau soleil, de la lecture et un bon café. C’est vraiment un des plaisirs de notre voyage de pouvoir lire le matin et de prendre un bon café en plein-air dans notre cockpit.

Avec MIGO et VICTORIA’S SECRET, on retourne en matinée au puit d’eau douce et à la plage où on était allé avec SOLUNA il y a deux jours. MER ET MONDE veut explorer plus en profondeur le site, car Catherine a lu qu’il y avait un hermite qui y a déjà vécu dans les années soixante, Monsieur Scholtes et que le site s’appelle le Camp Driftwood. Il y aurait des vestiges de son passage comme des meubles, des coquillages, etc… C’est aussi un endroit où l’on peut laisser des messages à d’autres, ce qui explique le t-shirt qu’on a vu à cet endroit. En dinghy, on prend cette fois-ci la creek du nord qui est plus profonde. On s’y rend plus facilement par cette rivière avec les deux autres équipages. Puisqu’on a tous amené notre lunch, on se fait un pic-nic sur place. Catherine et moi, on fouille tout le site pour trouver des vestiges de l’hermite, mais on y découvre que du défrichage et des sentiers. Ce n’est pas grave, le site est absolument fantastique et le paysage est à couper le souffle vu du haut de la colline. Ça vaut vraiment le détour quand même !!! Le fait qu’il y ait des petits palmiers sur cette île rajoute beaucoup à sa beauté par rapport aux autres îles qui ont une végétation basse. Les MINI-WHEAT y passent quelques heures à marcher sur la plage, jouer dans le sable et prendre des photos. MER ET MONDE y laisse cette fois-ci une bouteille de champagne avec un message dedans qui marque le passage des MINI-WEATS au camp Driftwood.

                

Le puit d’eau douce de Shroud Cay                             Ici, nous sommes dans le magnifique parc protégé des Exumas

 

           

Paysage du haut de la colline où se situe le Camp Driftwood                 Notre paradis sur terre: une belle île déserte !!!

         

On est vraiment heureux d’être ici !                             Le paysage de Shroud cay est vraiment le plus beau qu’on a vu de

                                                                                         notre vie à date !

 

      

Une petite étoile de mer                                                                                  Regardez ce beau sable blanc et les couleurs de l’eau !

         

Éric est prêt pour aller luncher                                   Joana de MIGO fait un très beau cheval dans le sable blanc

      

Les MINI-WEATS pique-niquent sur la plage                                                Notre flotille laisse une trace de notre passage dans une bouteille

                                                                                                                          de champagne : les MINI-WEATS sont passés ici (janv 08) !!!

 

On retourne à nos bateau en milieu d’après-midi les yeux remplis de belles images. C’est une très très belle journée encore passée en compagnie de bons amis.

08 Janv 2008: Promenade à Hawksbill Cay

Matinée très relaxe. Lecture et rédaction du journal de bord. VICTORIA’S SECRET part à Black point ce matin pour aller se ravitailler. On convient de se retrouver avec MIGO à Waderwick Wells.

Levé de soleil au petit matin: Catherine se

réveille tranquillement avec son café

 

On quitte le mooring à voile et on va faire des ronds près de MIGO qui nous prend en photo. On navigue ensuite avec eux une toute petite heure seulement, car la prochaine île est tout près: Hawksbill Cay.

          

On peut apercevoir au loin MER ET MONDE                 Vue imprenable sur le haut d’une colline de Hawskbill Cay

On se met à l’ancre et ensuite on va explorer avec MIGO la plage et la colline en face de notre mouillage où il y a une belle vue. L’altitude est très basse aux Bahamas et une petite colline d’à peine 100 pieds de haut représente un record ici. Ensuite, on change de plage et on va explorer les vestiges de plantations de cotton et les ruines des Loyalistes datant des années 1700. Lorsque que l’Amérique c’est séparée de l’Angleterre, les loyalistes ont quitté les terres américaines pour aller s’installer aux Bahamas dans le but de rester loyal à l’Angleterre (les Bahamas appartenaient encore à l’Angleterre à ce moment). On peut donc voir sur l’île des vestiges très rudimentaires de maisons et de quelques installations. On trouve le site quelque peu ordinaire. Même si on est dans une portion des Exumas où il y a un parc protégé, le Exumas Land and Sea Park, il n’y a aucune interprétation du site et on ne peut donc apprécier ce qu’on y voit.

      

 Des ruines des Loyalistes datant des années 1700                                   MER ET MONDE au coucher de soleil à Hawksbill cay

09 Janv 2008: Site paradisiaque à Warderick Wells

On lève l’ancre en matinée après avoir fait de la lecture. Nous allons aujourd’hui à Warderick Wells avec MIGO. La navigation se fait uniquement à voile et c’est sublime encore une fois. On ne dépense presque pas de diésel depuis notre arrivée à Nassau !!!

Le site de Warderick Wells est vraiment un endroit paradisiaque. Nous sommes toujours ici dans le parc protégé et c’est sur l’île de Warderick Wells que le quartier général est situé. Il est interdit ici de jeter l’ancre, alors on s’amarre à un mooring en face du quartier général et de la plage qui donne accès aux sentiers de l’île. On se repose un peu et Catherine décide d’aller faire un tour de dinghy toute seule. Aussi, elle met son équipement de plongée et tente de faire un peu de plongée-tuba autour du bateau. Malheureusement, le courant est trop fort ici et elle abandonne le projet. Ce sera pour un autre jour.

        

      

Catherine barbotte avec son équipement de plongée dans le beau site de mouillage de Warderick Wells !

Après avoir fait un petit ménage, on reçoit Migo pour un 5 à 8 ½ sur MER ET MONDE. Ça nous permet de placoter avec eux pour une des dernières fois. La soirée est très agréable.

10 Janv 2008: Boo Boo Hill, la colline fantôme !!!

Ce matin, Patrick de MIGO me propose de partager son accès Internet en fin d’avant-midi. Ce que je fais pendant une heure, mais la connexion est lente, alors je fais le stricte minimum (e-mails, et mise à jour texte du site internet). Catherine fait de la lecture pendant ce temps.

En après-midi, VICTORIA’S SECRET vient nous rejoindre à Warderick Wells et se prend aussi un mooring. Toute la flotille des MINI-WEATS part ensuite en exploration sur l’île. On va d’abord au quartier général du parc où on peut nourrir de petits oiseaux qui viennent manger des grains de sucre dans notre main. Il y en a une dizaine à la fois qui picossent dans la main de Catherine, elle trouve l’expérience amusante. Ensuite, on va voir les « blowholes » de Boo Boo Hill. Ce sont des dizaines de trous sur le bord de la rive Est de Boo Boo Hill qui ont été formés par la mer et qui font des canalisations de toutes sortes dans la roche. À marée haute (surtout avec un vent d’Est), les vagues entrent dans ces trous. L’eau et l’air s’y amplifient au passage pour ressortir dans les airs avec une force incroyable. Il y a de ça longtemps, les navigateurs pensaient qu’il y avait des fantômes sur l’île qui faisaient de bizarres de sons (Booooooooooo Boooooooooooooo), d’où le nom de Boo Boo Hill. Par contre, actuellement nous sommes à marée basse et on ne peut observer le phénomène dans toute son ampleur. On se met le visage au-dessus des trous et on sent l’air sortir avec force, mais rien de plus. On s’amuse bien et les filles se font de belles coiffures … Il faut vraiment revenir ici à marée haute ! Ensuite, on va sur une autre colline juste à côté où une centaine de morceaux de bois entassés sont gravés de noms d’équipage qui veulent marquer leur passage. On découvre quelques noms de bateaux qu’on connaît et MER ET MONDE y laisse sa trace aussi, encore une fois.

           

Les petits oiseaux à suc des Headquarters                                         

         

On peut apercevoir MER ET MONDE amarré à un mooring de                        Randonnée pédestre avec la flotille des MINI-WEATS

Warderick Wells

 

          

 Boo Boo Hill et ses blowholes                                                                             Cath s’amuse bien avec les effets des blowholes !!!

          

Les naviguateurs laissent leurs traces sur des bouts de bois à Boo                … Ce que fait MER ET MONDE

Boo Hill …

 

Après cette attraction, le groupe veut retourner au bateau, mais Catherine et moi, on a encore des fourmis dans les jambes. On fait donc quelques autres sentiers en amoureux jusqu’au coucher du soleil. On y découvre de beaux paysages et plusieurs belles plages toutes plus désertes les unes que les autres. Le repos commence à se faire sentir. On se surprend à jaser à de nouveaux projets ensemble. C’est signe que nos têtes sont tranquilles et que nos idées sont bien classées. C’est un bon début….

11 Janv 2008: Plongée-tuba et randonnée pédestre à Emerald Rock

Ce matin, MIGO et VICTORIA’S SECRET ont des fourmis dans la quille et veulent aller sur une autre île. Catherine et moi, on trouve qu’on est loin d’avoir fait tout ce qu’il y a à faire sur cette magnifique île et on décide de rester encore. VICTORIA’S SECRET est amarré à un mooring juste au-dessus de l’épave d’un voilier qui a brûlé et coulé à cet endroit il y a quelques années. Un Nurse Shark de cinq pieds a élu son domicile dans l’épave et Catherine et moi tentons de le voir avec un sceau à fond transparant. Nous ne l’apercevons pas, il doit être parti se promener. C’est tout de même spécial de voir cette épave. Deux Lemon Shark de cinq pieds s’appelant Boo Boo et Harbormaster et un Barracuda de quatre pieds du nom de Bubba ont aussi élu domicile dans la zone de mouillage et sont paraît-il sans danger, mais nous ne les avons pas rencontré. 

Épave au mooring #9 du mouillage de Waderwick Wells

VICTORIAS’S SECRET et MIGO partent en fin d’avant-midi. On se fait une belle journée de découvertes et d’aventures ensemble, tous les deux. On commence par une plongée-tuba à Emerald Rock où il y a quelques petites têtes de corail. Ça vaut le déplacement ! On nous avait bien dit que ce qui est le plus aux Bahamas est en dessous de l’eau, et c’est bien vrai !!! Les coraux sont très colorés et il y a vraiment beaucoup beaucoup de poissons, TRÈS GROS et multicolores. Ça s’explique sûrement par le fait que nous sommes en parc protégé. Catherine commence à ce sentir beaucoup plus à l’aise dans l’eau et en profite plus maintenant, incroyable ! Nous pouvons observer un gros Nassau Grouper nager près autour de nous d’environ 30-35 pouces qui impressionne beaucoup Catherine. Elle fait des va-et-vient de la tête de corail au dinghy pour se calmer et finit par s’habituer à sa présence (c’est par la suite que Catherine confirme que c’est un poisson inoffensif et même excellent à déguster). C’est tout un apprentissage d’identifier ce qu’il y a sous l’eau et Catherine s’en donne à coeur joie avec ses livres de référence … Ensuite, on se dirige sur une plage dans une belle petite baie refermée sur elle-même. Bien sûr, cette plage est encore déserte et on en prend possession pour toute l’après-midi. Ensuite, on se promène dans deux sentiers et on y découvre encore des ruines de Loyalistes et un très long mur fait de roches bord en bord de l’île sur toute sa largeur. On traverse l’île en longeant ce mur pour aller voir l’océan. C’est de toute beauté. On aperçoit un Hutia dans les boisés, le seul mammifère originaire des Bahamas. C’est un petit rongeur qui ne ressemble en rien à ce qu’on a déjà vu. Il y en a très peu sur les îles, tout comme le reste de la faune qui est très sommaire ici. On revient en fin d’après-midi avec le sentiment d’avoir passer une très belle journée en amoureux. On adore être en groupe, mais cela faisait plusieurs mois que l’on n’avait pas fait une activité de couple. On y reprend goût très vite !

      

Notre petite plage déserte                                                                              Côté Est de l’île: les vagues se cassent sur les belles falaises rocheuses

      

À Warderick Wells, il y a des puits très très profonds un peu partout     Un petit Hutia se pointe le bout du nez, le temps d’un instant !

             

Un mur de pierre érigé par les Loyalistes fait toute la largeur de            Les ruines d’une maison de Loyalistes

l’île et nous mène à des sentiers

 

 

         

Les amoureux                                                                  Il faut retourner au bateau avant le coucher du soleil !

À notre retour au bateau, on prend une bonne bière froide ensemble en regardant le coucher de soleil et en savourant ce beau moment. On se fait un bon souper pour terminer la journée.

12 Janv 2008: Randonnée pédestre sur Bell Rock

On flane au lit et on se lève très tranquillement. On peut se le permettre dans les Bahamas, car rien ne presse et on n’a pas beaucoup de milles nautiques à faire pour se déplacer d’un endroit à un autre.

On part vers midi pour aller à l’île suivante, soit Cambridge Cay rejoindre VICTORIA’S SECRET et MIGO. On se prend un mooring dans la baie, car nous n’avons toujours pas le droit de s’ancrer près de cette île protégée du parc.

Ensuite, tous les MINI-WEATS débarquent sur l’île de Cambridge Cay pour faire une randonnée pédestre. Un chemin balisé nous mène en moins d’une demie-heure à Bell Rock. C’est un rocher très haut et très abrute qui a un trou. Ça fait penser un peu au roché percé. La montée est plutôt difficile, mais la vue est vraiment imprenable !!! Catherine part à la recherche de coquillages et il y en a vraiment de très beaux sur cette île. Elle en ramasse beaucoup, mais malheureusement, ne peut les emmener car il est interdit de prendre quoi que ce soit dans le Exumas Land and Sea Park. Elle les prend en photos et les laissent sur la plage à contre-coeur.

      

Bell Rock: le petit rocher percé des Bahamas !                                            Victoire: on y est arrivé !!!

      

Quel paysage !                                                                                                  Toute la flotille s’amuse bien sur la plage

De beaux coquillages ramasés sur la plage

Les équipages soupent chacun dans leur bateau. On se rejoint ensuite sur VICTORIA’S SECRET pour un dessert et pour le visionnement de nos trois derniers mois sur vidéo. On est tous très nostalgique et on a du plaisir à voir tout ces souvenirs.

13 Janv 2008: Mouillage en solitaire à Pipe Cay

On reprend la navigation ce matin pour aller ancrer à l’île suivante, soit à l’ouest de Compass Cay. À partir de cette endroit, nous ne sommes plus dans le Exumas Land and Sea Park. On tente de s’ancrer, mais ça ne va pas. L’ancre ne tient pas bien et le courant y est très présent. MIGO et VICTORIA’S SECRET veulent descendre 10 milles plus bas. Il y a quatre îles ici à explorer et des grottes à voir, alors MER ET MONDE décide qu’on ne continue pas la descente avec eux. On souhaite rester ici pour quelques jours et en profiter. Cette fois-ci, on croit que ce sont de vrais adieux avec MIGO. On se sert dans nos bras, on verse quelques larmes et on les regarde partir avec VICTORIA’S SECRET. On sait que pour VICTORIA’S SECRET, ce n’est qu’un aurevoir.

Par contre, il faut se réancrer ailleurs. En plus, un petit front froid est annoncé pour demain. On se choisit donc un autre site tout près, à l’ouest de Pipe Cay. Pour s’y rendre, on doit naviguer dans un chenal dragué par la marina de Compass Cay qui est vraiment peu profond et étroit. On est presqu’à marée haute, alors on se lance et le courant nous pousse dans le chenal large de 15 pieds. On a du 6 pieds de profondeur, OUF, c’est juste ! On navigue à vue, mais on voit assez bien les limites du chenal de chaque côté. On entre ensuite dans la passe qui longe l’ouest de Pipe Cay et le courant y est vraiment très fort, on l’estime à trois noeuds. On ne pourrait même pas virer de bord tellement c’est étroit. On continue en se croisant les doigts que ça va se calmer. Plus on avance, plus la passe s’agrandit et le courant diminue. On s’ancre « à la bahamienne » avec deux ancres placées à 180 degrés l’une de l’autre dans un fond de sable. Ça tient très bien malgré le courant d’environ 1.5 noeuds. Ça, c’est de l’action n’est-ce pas !!!

On se rend ensuite à la plage sur l’île de Pipe Cay, histoire de se dégourdir un peu les jambes et sortir du bateau. Il n’y a aucun vent et il fait très très chaud.

En revenant, une idée me trotte dans la tête. Puisqu’on est sortit du parc protégé depuis ce matin, on peut maintenant faire des feux. Nos vidanges de papiers sont à brûler. Je débarque donc sur l’île de Pie Cay avec les vidanges. Cela me prend une heure. Pendant ce temps, je me fais manger par des « No Seehum ». Ce sont de très très petits moustiques avec des dents qu’on ne voit pratiquement pas. Il y en a aux États-Unis et ici. Catherine, qui est dans le cockpit du bateau, se fait manger tout rond elle aussi. Puisqu’il n’y a pas de vent aujourd’hui (ce qui est très rare aux Bahamas), les moustiques s’en donnent à coeur joie. Même avec nos moustiquaires et les lumières éteintes, les No Seehum entrent dans le bateau durant la nuit.

Scène assez particulière : Éric qui brûle les vidanges en se faisant

mordre par les No Seehum …

 

14 Janv 2008: Les magnifiques grottes de Rocky Dundas

Aujourd’hui, on se lève avec  l’intention de visiter les deux grottes des Rocky Dundas. On part vers 10h le matin pour arriver à l’étale, juste avant la marée haute de 12h30 (le courant se calme à ce moment là). Les grottes sont accessibles en tout temps, mais à marée haute, il faut plonger dans l’eau et faire une douzaine de pieds comme avoir accès à une des deux grottes. Arrivés devant la première grotte, on s’amarre à un des moorings de dinghy qui sont entretenus par le parc. Je me lance à l’eau et doit nager pour rester sur place à cause d’un courant qui est présent même à l’étale. Catherine me regarde avec des gros yeux, elle hésite à y aller … Je vais voir seul la première grotte de plus près et … c’est absolument fantastique à voir !!! J’encourage Cath à se mettre à l’eau: « vient-en vite, c’est beau !!! ». Elle se dépêche à enfiler son wetsuit et son « kit » de plongée, et en lui tenant la main, elle me suit dans la grotte. Le courant nous pousse dans le trou et on plonge de quelques pieds … puis WOW WOW WOW !!! C’est vraiment une expérience hors du commun. C’est une suberbe grosse caverne creusée par la mer et qui a des puits de lumière de même que des stalagtites et des stalagmites. On peut se hisser hors de l’eau et se promener sur un fond de roche. On pourrait même se faire un pic-nic ici. Nous reprenons le même manège dans la deuxième caverne qui est semblable à la première, mais qui est plus facile d’accès. On doit se donner une bonne poussée pour sortir de là puisque la vague déferle dans la grotte, mais ça ce fait bien. Encore une fois, un beau défi que Catherine a surmonté.  Elle a repoussé ses limites et est bien fière d’elle encore une fois. Comme elle dit: « ça me prend une maudite bonne raison pour me mettre à l’eau », et bien, elle en a plein des bonnes raisons ici !!! Jamais j’aurais imaginé qu’elle ferait toutes ces expériences dans l’eau. Heureux, on dîne dans notre dinghy devant les grottes. On observe un équipage de six adultes sur un catamaran Allemand faire la même chose que nous et on les entend crier de plaisir dans les grottes.

L’emplacement des grottes de Rocky Dundas

Ensuite, on repart en dinghy pour aller faire le tour d’une autre belle île qui a des escarpements et on reprend le chemin du retour.  On débarque sur une belle plage dans la partie ouest de Compass Cay où un gros siège en pierre y a été aménagé par quelqu’un. Un gros lézard a élu son domicile à cet endroit et il le signifie à Éric qui essait de le chasser pour pouvoir s’assoir. On essait chacun notre tour la chaise et on se prend pour un roi ou pour une reine qui règne dans son royaume.

     

Notre nouvel ami lézard                                                                                Éric voudrait bien s’assoir sur la chaise du roi, mais il a peur de la

                                                                                                                         bibitte …

 

Catherine joue à la reine dans son royaume le temps d’une pose !

On repart et on décide d’aller voir la marina de Compass Cay et y prendre de l’information sur les activités à faire. C’est une île privée et il y a des frais pour y accéder. La marina est sublime et l’eau y est très profonde et transluscide. Il y a aussi des têtes de corail dans le bassin de la marina. On y aperçoit une gigantesque raie d’environ 8 pieds par 5 pieds, de très gros poissons et de nombreux requins nurses. C’est la première fois qu’on voit des requins depuis notre arrivée aux Bahamas, alors on est tout excités. On est impressionné par ce bel aquarium naturel et ça nous prend au coeur. On apprend qu’une journée n’est même pas assez pour tout faire et voir et que l’on peut nager dans cet aquarium sans danger. Ils nourissent les requins et les poissons deux fois par jours et ceux-ci sont, semblent-ils, apprivoisés. Ils les appellent leurs « pets » (animaux de compagnie). Il y a un coût de 8$ par personne, alors on convient d’y revenir demain pour toute une journée. On a déjà hâte à demain et Catherine est bien décidée à aller voir ces requins de plus près …

De retour sur le bateau, Catherine fait du pain de blé et moi j’entretiens mon stainless sur le bateau tout l’après-midi. On a reçu de MIGO comme cadeau de Noël un produit miracle pour nettoyer et faire briller le stainless. Ça fonctionne super bien. Cela faisait longtemps que j’avais travaillé sur le bateau.

Le soir, on écoute un demi-film et on se couche de bonne heure. En période de repos, Catherine et moi on est beaucoup porté à écouter des films pour se détendre. C’est une activité qu’on aime tous les deux.

Notre nuit est mouvementée à tous les deux, car nos piqûres de No Seehum nous démangent sans arrêt et on a envie de se gratter jusqu’au sang. On s’aperçoit qu’on a une centaine de piqures chacun, surtout dans la région des articulations et sur les jambes. Il paraît que ces moustiques injectent leurs oeufs sous notre peau et que c’est ça qui commence à nous démanger au bout de 24 heures … Ça va durer comme ça quelques jours. C’est vraiment DÉGUEULASSE !!! Il y a aussi le câblot d’une des ancres qui s’enroule autour de la quille au cours de la nuit et qui me tiens éveillé une bonne heure. Catherine, qui avait finalement réussit à s’endormir, ne se rend compte de rien.

      

Voici les dégâts des No Seehum sur Éric …                                                   Catherine garde le sourire même si ça pique !!!

15 Janv 2008: Petite baignade avec les requins

Encore une autre belle journée ensoleillée. Décidément, il fait TOUJOURS beau ici, ça change de la météo du Québec !!!

Aujourd’hui, on va explorer l’île de Compass Cay. On se fait un lunch et un sac-à-dos avec tout ce qu’il nous faut pour la journée. On débarque sur l’île et on décider du programme de la journée avec les cartes fournies par la marina. Il y a beaucoup de sentiers pédestres à faire et on choisie la plus longue randonnée de l’île, celle qui nous fera longer la partie escarpée de l’île avec vue sur l’océan (le Exuma Sound) et qui nous mènera à un phénomène naturel: le « Bubble Bath », sorte de bain tourbillon. Le phénomène peut être observé à marée montante, et nous allons heureusement y arriver juste à temps. Il faut par ailleurs marcher vite ! Les sentiers sont décorés et balisés de façon humoristique, c’est assez unique. C’est une bonne marche et cela nous prend environ une heure et quart pour s’y rendre. D’un côté, on a comme paysage l’océan avec les vagues qui viennent frapper les parois rocheuses, et de l’autre, des mangroves qui serpentent à travers l’île. Au bout de l’île dans sa partie nord, on aperçoit enfin le phénomène de la Bubble Bath: SUPER !!! C’est un petit lagoon intérieur au bout d’une mangrove, formée par les vagues de l’océan. La couleur du bain tourbillon, dans les tons de vert pâle, est indescriptible. À marée montante, il y a un effet entonnoir entre deux hauts caps de roche qui fait que la vague se gonfle, déferle par dessus une paroie rocheuse et se déverse dans le lagoon en faisant de la broue. On est rendu à marée haute et les vagues défèrlent avec force. Le spectacle est de toute beauté. Paraît-il que l’on peut se baigner dans ce bain tourbillon, mais on ne se risque pas, les vagues sont trop fortes pour nous à marée haute. On observe qu’environ 3-4 vagues sur 20 défèrlent avec beaucoup plus de force et les vagues nous pousseraient dans le fond du bassin … On contemple ce beau spectacle tout en dinant pendant une grosse heure. Ensuite, on s’en retourne très tranquillement en regardant tout ce beau paysage qui défile devant nous. On va visiter une ancienne maison en ruine, on dirait qu’un ouragan est passé ici. On aperçoit une plage magnifique fait d’un sable blanc sans aucune impureté qui est longue de plus d’un mile et qui est faite en forme de croissant de lune. On a mal aux pieds, alors on l’a contemple assis sous un petit gazebo qu’on trouve sur notre route. Un paysage de carte postale, comme on en rêve …

     

Les sentiers sont agrémentés de décorations originales !                         Bon, vers où l’on va ? Il y a vraiment du choix ici !

      

Le fameux phénomène du Bubble Bath qui vaut le détour                          Un petit spa ?

On rencontre un couple de québécois avec une petite fille sur notre chemin du retour. Ce sont les seules personnes que l’on a croisé aujourd’hui. Pendant quelque minutes, Catherine leur parle en anglais jusqu’à temps qu’elle leur demande d’où ils viennent et là, on réalise qu’on est tous  des québécois francophones. Très drôle … C’est signe que Cath s’améliore en anglais …  Ils sont en vacances pour une semaine à Staniel Cay et se sont loués un petit bateau moteur pour se promener dans les îles environnantes. Ils capotent un peu sur notre histoire du fait qu’on est un an en vacances de notre côté !

                   

       

       

Paysages de la merveilleuse île de Compass Cay

De retour à la marina, c’est maintenant le temps de nager avec l’aquarium naturel. Ce bassin est ouvert sur la mer et aucun des poissons n’est captif. Catherine a vraiment très hâte. On apprend que la dizaine de gros requins qui se promènent dans le bassin de la marina sont des Nurse Sharks et qu’ils se nourissent principalement d’invertébrés. Après quelques consignes de sécurité telles que ne pas leur tirer la queue ni se mettre la main dans leur gueule (ce qui va de soit pour nous …), nous sommes rassurés … Il faut donc s’imaginer que ce sont des vaches qui broutent de l’herbe et BINGO ! on saute à l’eau !!! Je réussis à en toucher un sur le dos avant d’entrer dans l’eau. Le requin n’en fait pas de cas. Ils sont super rugueux et froids. J’y vais en premier et aussitôt que je saute à l’eau, la peur s’évanouit automatiquement. J’y nage complètement à l’aise et je les regarde comme les autres poissons. Quand je les approche, ils se déplacent plus loin tout simplement. Ils se tiennent dans le fond de l’eau sans trop bouger. Leurs yeux sont jaunes et les pupilles sont une barre verticale comme les serpents. Il y a aussi plein d’autres gros poissons de couleur et de beaux coraux à voir. C’est maintenant le tour de Catherine (on a juste un masque-tuba qu’on se partage, Cath a perdu le sien dans le courant). Elle se met à l’eau tranquillement, puis se met ensuite la tête  dans l’eau et on entend plein de petits cris dans son tuba. C’est très drôle de voir Catherine plonger à chaque fois. Elle est fébrile et nerveuse au début, mais toujours émerveillée. Elle réagit à tout avec de petits cris dans son tuba et son corps se crypse puis se détend à chaque fois qu’elle fait une nouvelle expérience. La fois où elle est le plus surprise est quand un requin vient l’observer à deux pieds de son visage, je vois les deux palmes se retrousser assez vite !!! C’est un spectacle que je contemple avec un large sourire à chaque fois. Finalement, Catherine n’est plus sortable de l’eau et elle reste plus longtemps que moi avec les requins …

         

Les requins sont prêts à acceuillir Éric !                                                          Catherine ne veut plus sortir de l’eau: elle

                                                                                                                               s’est fait des nouveaux amis !

 

De retour sur le bateau, on relaxe. VICTORIA’S SECRET nous appelle. Ils ont besoin d’aide, car leur moteur va de mal en pis. Benoit croit que c’est un problème avec sa pompe diésel et nous en avons justement une veille à bord. Entre bateau HUNTER, on peut s’aider ! On convient donc que nous allons les rejoindre à Sampson Cay demain pour qu’il en fasse l’essai.

Quelle belle journée mémorable !!! On aime beaucoup la randonnée pédestre dans les îles et cela nous dégourdit les jambes. De plus, on a l’impression qu’on prend plus le pouls de toutes ces belles places.

16 Janv 2008: Sampson Cay

Comme à presque tous les matins, on se lève et je prends la météo. Il faut se lever à 7h15 AM pour partir la réception des fax météo par ondes courtes et enregistrer la météo vocale de 8h AM à la VHF à la voie 06. La météo vocale nous annonce une météo interprétée comportant la direction et la force des vents qu’il fera le matin, l’après-midi et au cours de la nuit. Les prévisions s’étendent pour les cinq jours à venir. La météo par fax ondes courtes nous montre la situation météorologique globale à l’aide de cartes météo et on peut y voir la progression des systèmes de hautes et basses pression à travers l’Amérique du nord. Il faut par contre interpréter les cartes nous-même. Je pourrais m’en tenir aux prévisions de la radio VHF, mais les cartes météo apportent un supplément d’informations, surtout quand il annonce du mauvais temps, et je veux continuer à me pratiquer à interpréter les cartes météo afin de devenir meilleur dans ce domaine. Je m’intéresse beaucoup à la météo.

Je fais différentes choses le matin. Je remets un cinq gallon de diésel, et je vérifie l’huile et le prestone dans mon moteur. Je vérifie et nettoie aussi ma vieille pompe diésel que j’ai pour faire l’essai sur le moteur de VICTORIA’S SECRET.

On lève les ancres vers 10h15 AM. La marée sera haute à 13h00. On a le chemin inverse dans le chenal peu profond et étroit à faire et un autre bout tout aussi peu profond à traverser avant de retrouver le Bank. On a pas le choix, il faut bien sortir d’ici … Si le bateau s’échoue, on pourra avoir la marée montante pour se déprendre. C’est un principe de base à voile à ne jamais oublier. On se lance. Le profondimètre indique 6 pieds et on sent la quille draguer légèrement le fond à quelques reprises. La naviguation est uniquement à vue (« eyeball » qu’ils disent en anglais). Il vente fort et le courant nous pousse encore dans les chenaux à environ 1.5-2 noeuds. Je dois mettre le moteur en sens inverse pour nous ralentir … OUF !!! On se retrouve dans l’eau plus profonde enfin après environ 45 minutes de naviguation. On a eu quelques émotions et de l’adrénaline, c’était un peu cow-bow cet endroit pour notre tirant d’eau de 6 pieds !!! C’est ce qu’on a fait de plus rock-and-roll aux Bahamas jusqu’à date. Mais je fais entièrement confiance à Catherine qui a démontré ses capacités à décider des plans de navigation. Elle prend des risques calculés.

On ouvre le génois. Il vente 15 à 20 noeuds ENE ce midi. La vague est de trois pieds et on file à la vitesse de coque par vent arrière. On fait cette allure pendant 30 minutes et c’est hyper confortable. On tourne de 90 degrés bâbord et on monte au près pendant une heure. Là, on reçoit la vague de côté et quelques paquets sur le pont. YAYOU !!! Une fois arrivé devant Sampson Cay, on vire de 45 degrés bâbord et on se retrouve face au vent, toujours dans trois pieds de vagues. On part le moteur et on avance à pas de tortue à 3,5 noeuds. C’est pas grave, on a pas long à faire. Trente minutes plus tard, on est arrivé, mais dans cette baie, il y a peu d’eau. On réussit tout de même à se trouver un petit trou de neuf pieds de profondeur et on met l’ancre dans un bon fond de sable qui prend tout de suite. On peut mettre une ancre seulement à cet endroit car, le courant y est très faible et ne fait pas tourner le bateau. On préfère toujours ça comme ça.

On fait une petite sieste dans l’après-midi. VICTORIA’S SECRET est invité sur MER ET MONDE pour le Happy hour. On met nos aventures à jour. Le soir on se fait un spag en amoureux et on termine un film.

17 Janv 2008: Mouillage à Big Majors Spot

Ce matin, j’écris un peu de journal de bord pendant que Catherine lit. On fait ensuite un échange de photos avec VICTORIA’S SECRET. Ceux-ci décident de s’avancer tout de suite vers Staniel Cay, tandis que nous, nous allons visiter Sampson Cay avant de quitter. Catherine fait une pizza avec sa propre pâte ce midi, un vrai délice. On débarque après diner à la marina de Sampson Cay pour y remplir trois réservoirs de carburant (deux de gaz et un de diésel). On marche un peu sur l’île. C’est vraiment une belle marina luxueuse ici et le personnel bahamien y est très gentil. Catherine placote avec plaisir avec eux pendant une bonne heure et se fait compter plein d’histoires de pêche. Ils se rendent compte que deux des employés auront leur fête d’anniversaire demain comme elle, c’est vraiment spécial ! À la marina, on admire longtemps un très gros voilier deux mâts de 60 pieds et on rencontre deux équipages américains qui font la même chose que nous. On discute une bonne demie-heure avec eux pour apprendre qu’ils sont ancrés dans Pipe Creek pour deux mois. C’est la région où l’on était ancré avant d’arriver ici. Ça fait plusieurs années qu’ils viennent aux Bahamas et c’est l’endroit qu’ils préfèrent. Catherine et moi, on se rend compte que notre anglais s’est encore amélioré et que l’on tient des conversations plus longtemps. On se promet d’aborder plus souvent les américains qui sont vraiment gentils, malgré les préjugés qui sont entretenus sur eux.

La belle marina de Sampson Cay

Ensuite, on lève l’ancre pour aller s’ancrer à Big Majors Spot en face de Staniel Cay pour rejoindre nos amis. On fait une très belle voile encore une fois, mais trop courte. On va s’ancrer dans un TRÈS bon fond de sable devant la « plage aux cochons ». Il n’y a pas vraiment de courant ici.

Le soir, on est invité a un 5 à 9 sur MIGO avec sauce au thon, huîtres fumées, nachos gratinés, etc … On y rencontre l’équipage très gentil de BEACH MAGIC qui en sont à leur troisième voyage aux Bahamas en catamaran. On placote et ils nous donnent plusieurs informations intéressantes.

18 Janv 2008: Une très belle journée de fête pour Catherine

On se lève avec un beau: BONNE FÊTE CATHERINE !!!!!

Aujourd’hui, on se concentre sur l’amirale de MER ET MONDE: Catherine. Un très beau programme au menu. Avec les équipages de VICTORIA’S SECRET, MIGO et BEACH MAGIC, on commence par la visite à 9h30 AM de la fameuse grotte de Thunderball en face de Staniel Cay. C’est l’un des plus populaires attraits des Bahamas. C’est là que s’est filmé un des premiers films de James Bond en 1971: Thunderball. L’accès est plus facile que ce que l’on avait imaginé et Catherine se sent donc parfaitement à l’aise. On a pas besoin de plonger pour entrer dans la grotte à marée basse, mais on peut y entrer par des tunnels sous-marins aussi. Nous sommes à marée basse à l’étale et les courants y sont tout de même relativement forts. Il faut se tenir aux parois à certains endroits. Cette grotte est vraiment vraiment très belle. Encore plus belle que les deux grottes des Rocky Dundas. Les jeux de lumière dans l’eau sont magiques. Il y a cinq entrées dans cette grotte, dont certaines sont sous-marines. Il y a donc cinq puits de lumière qui entrent à l’intérieur en plus des puits de lumières venant du toit de la grotte. L’eau est donc éclairée et y voit bien les poissons multicolores. On leur donne des biscuits soda et il viennent en troupeaux autour de nous.  On peut y voir beaucoup de Queen Angelfish qui sont les plus beaux poissons tropicaux que l’on a jamais vu (bleu royal, noir et jaune fluorescent). Catherine se régale les yeux …

      

Au retour de notre plongée (on voit l’équipage de BEACH MAGIC               La grotte de Thunderball vue de l’extérieur (le plus beau est sous l’eau !!!)

à gauche)

 

Ensuite, on va à la « plage aux cochons » sur l’île de Big Majors Spot en face de notre mouillage. Il y a déjà eu une ferme il y a quelques année de ça ici qui a passé au feu. Les animaux y survivent grace aux touristes qui les nourrissent. Ils mangent de tout, même des poubelles … Il faut bien faire attention de débarquer de notre dinghy avant d’arriver à la plage, car si non, ils embarquent dedans avec leurs 300 livres … On passe vite !

          

Éric s’est fait un nouvel ami !                                         Ils se font dorer leur couenne au soleil, l’estomac bien rempli !

On visite ensuite le catamaran de 38 pieds du jeune équipage québécois BEACH MAGIC. C’est une famille qui en sont à leur troisième année aux Bahamas. C’est une expérience en soi cette visite, car Catherine et moi, on a jamais mis les pieds sur un catamaran. Il y a beaucoup d’espace de vie sur un catamaran. C’est une révélation pour nous cette visite et nous allons devoir considérer dans l’avenir d’essayer un catamaran pour notre prochain choix de bateau. Leur 38 pieds est presque grand comme deux voiliers de 28 pieds vu les deux coques et la pièce centrale. Incroyable comme expérience!

Dans l’après-midi, MIGO quitte pour descendre plus bas. C’est sûrement cette fois-ci qu’on se quitte pour de bon. Nous, on se déplace en dinghy à Staniel Cay avec VICTORIA’S SECRET. En partant, DEMIE-PORTION se met à aller mal. On retourne l’amarrer à MER ET MONDE et on embarque dans le dinghy de VICTORIA’S SECRET. On débarque à terre et on va dans au bistro du Staniel Cay Yatch Club qui est très populaire ici. Catherine observe pendant un moment des pêcheurs qui ramènent leurs prises de la journée et qui font des filets avec leurs gros poissons. Ils jètent à l’eau les restants à des requins nurses qui s’en régalent … On voit bien qu’ils ont de bonnes dents finalement …  Il y a du Internet par satellite ici, alors c’est la joie !!! On s’assoit avec VICTORIA’S SECRET à une table, les portables ouverts. On prend nos messages, on met le site à jour et Catherine échange sur MSN avec son papa. Ils sont bien contents de pouvoir s’écrire quelques mots en ce jour de fête pour Catherine. On fait tout cela en prenant la bière officielle des bahamiens: la Kalik. Elle est est très bonne et ça ressemble à la Sol. On grignote les spécialités de l’endroit: un hamburger de conches (un mollusque qui vit dans un gros coquillage) et des Grouper Fingers (doigts de poisson dans une friture): absolument sublime !

      

Le beau bistro du Staniel Cay Yacht Club: un lieu de rassemblement       Session d’internet et lunch avec VICTORIA’S SECRET

pour les équipages en voilier

 

On revient à la brunante et la soirée se passe sur VICTORIA’S SECRET. Catherine est fêtée ce soir et le menu plait vraiment à la jubilée: quatre variétés de poissons tropicaux pêchés par Patrick de MIGO et Benoît de VICTORIA’S SECRET la veille. Bien sûr, on boit du bon vin et on échange toutes sortes de belles histoires intéressantes. C’est une très belle soirée !

      

Dégustation de plusieurs sortes de poisson tropicaux au menu !             HAPPY BIRTHDAY Catherine !!!!!!!!!!!!!!!!!

19 Janv 2008: Visite de Staniel Cay

On se lève avec un: BON PU BONNE FÊTE CATHERINE!!!!   On fait toujours ça les lendemains de fête ….

Ce matin, il faut que je fasse une opération chirurgicale à DEMIE-PORTION pour le remettre sur pieds. VICTORIA’SECRET part ce matin, donc on sera seul et il nous faut absolument un dinghy fonctionnel. Je démanche le carburateur et y trouve ce que je pensais comme problème: une belle grosse graine dans le pointeau. Je remonte tout cela et déplace un filtre à gaz qui sert pour un réservoir externe que je n’ai pas. J’ai toujours trouvé cela bizarre qu’il n’y ait pas de filtre à essence pour le réservoir interne du moteur. Alors là, j’en mets un et cela ne devrait plus se reproduire. Le trouble m’était arrivé à Rose Island près de Nassau, mais la graine avait fini par passer. Je remets le moteur après le dinghy et fait un test … qui est concluant! YOUPPI !!!

Catherine pendant ce temps travaille sur le journal de bord.

Ensuite, on met nos trois sacs de vidange du dernier mois dans le dinghy et on se prépare pour aller les porter au dépotoir de Staniel Cay. Catherine a fait une bonne gestion pour répartir les déchets, car il y a vraiment peu de place pour les déposer dans les Exumas. On doit brûler tout ce qui est brûlable sur les plages, on doit jeter la nouritture par dessus-bord (les poissons s’en occupent) et on doit laver les déchets qui ne se dégradent pas comme le plastique et le métal pour les conserver dans le bateau en attendant d’en disposer. Imaginez vous la senteur que ça aurait si on ne lavait pas nos déchets au bout d’un mois avec cette chaleur …

On débarque donc près de la « dump » et y on y croisent un couple de new-yorkais qui sont eux-aussi en voilier. On jase avec eux une vingtaine de minutes et on pratique encore notre anglais. Ensuite, on prend une marche sur une route déserte avec nos vidanges pour les abandonner dans un dépotoir à ciel ouvert qui ne semble pas être géré. Il fait extrêment chaud et ça ne sent pas vraiment la rose …

      

On promène nos vidanges vers la dump de Staniel Cay …                          La fleur offcielle des Bahamas

On va ensuite visiter le village de Staniel Cay toute l’après-midi. Les gens de la place sont souriants, sympatiques et nous saluent tous spontanément. Les rues ne sont pas larges, alors on a presque l’impression de se promener dans leur cour. On va voir l’église, l’école, la clinique médicale de la place. Tout est rudimentaire, mais ils ont l’air heureux. On veut faire une petite épicerie de denrées fraiches. On doit faire les trois mini mini épiceries du village (grandes comme une chambre à coucher) pour seulement trouver quelques petites choses: oignons, bananes, tomates et tranches de fromage Kraft. Des bateaux qui partent des Etats-Unis approvisionnent les Bahamas d’articles frais aux huit jours et on ne tombe pas dans un bon moment aujourd’hui: il ne reste pratiquement rien … Je félicite Catherine pour la planification de l’approvisionnement faite aux États-Unis, car nous ne sommes pas du tout mal pris de toute façon. Dans une des épiceries, on achète un masque et un tuba à Catherine à bon prix, elle est très contente de remplacer ceux qu’elle a perdu dans le courant. C’est vraiment une expérience à vivre ! On vit dans l’abondance et on a tout à portée de la main au Québec !

     

Une des trois jolies épiceries …                                                                     Le très petit aéroport …

     

L’église du village …                                                                                      La clinique médicale St-Lukes …

     

Une maison typique de Bahamien à Staniel Cay                                        Le cimetière de la place !

On revient avant le coucher du soleil, on se fait un bon souper et on regarde un film en soirée.

20 Janv 2008: Une journée « à la maison »

Aujourd’hui, on a le goût de rester au bateau. Après avoir fait quelques jours d’exploration sur des îles, on a le goût de rester « à la maison ». De plus, un front froid arrive supposément en après-midi et on veut rester sur place.

On commence la journée par repositionner MER ET MONDE dans le mouillage, car on est trop près du sympathique trowler PENDRAGON. Ensuite, Catherine entâme la préparation de pain maison pendant que moi je fais un changement d’huile du moteur principal du bateau. Cela nous mène vers 13h00.

Ensuite, Catherine nous fait une bonne soupe poulet et nouilles et je vais plonger sous le bateau afin d’y poser deux nouvelles anodes sur le « shaft » de l’hélice. On y voit clair, et avec mon expérience de plongée avec les poids, cela se fait très bien. J’ai par contre un ami avec moi. C’est un Sharksucker de trois pieds. C’est un poisson avec une grosse ventouse sur le dessus de la tête qui lui permet de se faire remorquer par les requins. Il se colle à notre coque et patauge sous notre bateau bien tranquillement. Il m’approche et m’observe, mais pas à plus de trois pieds. Catherine plonge aussi pour aller le voir, mais on n’arrive pas à l’identifier tout de suite. C’est plus tard dans la journée, quand je mets ma ligne à l’eau parce que ça saute partout autour du bateau, que le Sharksucker voit mon leurre et se prend à l’hameçon. Catherine identifie le poisson: il n’est pas comestible ! Alors, c’est pas une bonne nouvelle. Je le décroche en essayant de ne pas trop le blesser pour le relâcher.

Voici le Sharksucker: Regardez la ventouse

sur sa tête (à droite) !

 

Nous profitons aussi pour faire notre toilette chacun au savon à vaisselle « Joy » qui mousse très bien dans l’eau salée. Ensuite, on se rince avec un peu d’eau douce qui provient de nos douches solaires.

En fin d’après-midi, c’est le très gros méchant front froid qui arrive au loin. Il est gris foncé et on y voit une nette ligne de front. Je mets ma deuxième ancre à l’eau dans le même axe que la principale. On remonte DEMIE-PORTION sur le bossoir et on est prêt: on l’attend ! À 17h30, c’est le calme plat. Et en moins d’une minute, le vent passe de l’O au N à 20 noeuds de vent. On démarre le moteur du bateau et on refait bien prendre les deux ancres qui sont maintenant dans un axe inverse à la manoeuvre du matin. C’est une bonne habitude à prendre de refaire le test sur les deux ancres (moteur à 2800 tours en marche arrière), car on dort beaucoup mieux sur nos deux oreilles … On garde notre ancre principale tendue (CQR avec 60 pieds de chaîne) et l’ancre secondaire sans tension (Danforth). Cela nous permet de savoir si l’ancre principale lâchera.

On distingue très bien ici la ligne de démarcation du méchant front

froid qui arrive !

 

21 Janv 2008: Lit conjugal

On reste toute la journée dans le bateau, car il vente trop fort pour sortir en dinghy et laisser le bateau sans surveillance.

Catherine donne un gros coup pour avancer le journal de bord. Par la suite, elle entreprend un gros ménage dans le bateau pour reclasser l’approvisionnement. On espère libérer notre couchette arrière au complet pour retrouver notre lit conjugal … Elle jète plusieurs boites de cartons et met des choses dans des sacs ziplocs pour gagner de l’espace.

Vers 18h, c’est mission réussit !!! Ce soir, on recommence à dormir ensemble enfin !

22 Janv 2008: Belle navigation à voile

On doit vraiment gagner Black Point aujourd’hui, car on a étiré nos réserves d’eau au maximum. L’eau du village est potable et facile d’accès. On peut aussi y laisser nos vidanges sans frais.  Il est par contre de mise de laisser un montant d’argent dans une petite boite blanche au « dinghy dock » du village pour les remercier.

Il fait vraiment beau. On lève l’ancre à midi et on arrive au mouillage de Black Point vers 14h30. On fait une vraie belle navigation à voile, sans jamais utiliser le moteur. Quand on dit qu’on se sens libre à voile, je crois que ça fait référence à une navigation comme celle que l’on a fait d’aujourd’hui …

Une fois arrivé, on débarque sur l’île pour aller faire une reconnaissance des lieux. On trouve les endroits pour l’eau potable, le dépôt des vidanges, l’épicerie et la buandrie. On sera prêt pour demain. On a hâte de discuter avec bahamiens de la place qui ont l’air très gentils.

Jolie coucher de soleil à Black point

23 Janv 2008: Corvées à Black Point

Je vais porter Catherine au Rockside Inn Laundromat, la belle buandrie du village vers 10h le matin.  De mon côté, je fais quelques voyages en dinghy pour remplir des cinq gallons d’eau et pour les vider dans le réservoir d’eau du bateau. Catherine termine son lavage vers une heure de l’après-midi et va l’étendre sur le bateau. C’est beau de voir ça quand on pense que la dernière brassée date du 25 décembre 07 … Elle entreprend ensuite un petit ménage du bateau. Pendant ce temps, je vais chez Lorraine’s Café mettre notre site web à jour et prendre nos e-mails. C’est un endroit bien sympatique.

     

On pose fièrement devant le petit poste de police de Black Point.           La belle buandrie de Black Point  

À l’arrière de la batisse, la petite prison de 50 pieds carré  …

 

En fin de journée, on reçoit l’équipage d’OCÉANITE pour la première fois sur MER ET MONDE jusqu’à six heures. Ensuite, on se fait inviter sur un autre bateau, AU GRÉ DES VENTS, pour terminer le happy hour. On visite leur voilier de 50 pieds construit entièrement des mains du propriétaire, Louis. Il y a mis cinq ans. Le bateau est vraiment très haut et grand. L’intérieur est unique: il est spacieux, bien décoré et on y retrouve tout le confort d’une maison. Louis et sa compagne Marie-Josée comptent naviguer encore pour plusieurs années et vivent du « charter », c’est-à-dire qu’ils reçoivent des touristes sur leur bateau qui sont intéressés à vivre la vie à bord quelques temps dans les eaux du sud. Avis aux intéressés !!! www.augredesvents.ca.

24 Janv 2008: La communauté de Black Point

Ce matin, on débarque à terre pour aller faire une dernière brassée de lavage. Une fois la laveuse partie, on va faire ensemble une petite épicerie au Adderly’s Friendly Market, la seule épicerie de Black Point. On se fait très bien acceuillir et l’épicerie contient tout ce dont nous avons besoin, c’est la fête ! La propriétaire est dans son jardin en train de tresser de la paille. On complimente la dame qui tient bien son épicerie et elle se montre très fière d’elle, elle est vraiment touchante ! Catherine lui achète deux beaux paniers tressés en feuilles de palmier pour l’encourager.

Une vielle dame tresse patiemment en dessous d’un arbre

En après-midi, Catherine débarque seule sur l’île, car elle veut parler aux habitants et les prendre en photo. Elle discute facilement en anglais avec plusieurs d’entre eux, les femmes assises sous un arbre en train de tresser ou les hommes sur leur balcon. Ils saluent tous les touristes qu’ils voient spontanément ! Catherine à la chance d’assister à la sortie de l’école des enfants. Ils sont vraiment tous beaux avec leurs habits propres. Plusieurs posent fièrment à la caméra pour Catherine et celle-ci reçoit de beaux calins des enfants. Je vais la rejoindre à ce moment là et Catherine me présente ces nouveaux amis. Quelques uns  nous invitent à entrer dans leur maison, mais ont ne veut pas abuser de leur bonté …

         

À la sortie de l’école, les petits bahamiens posent fièrement pour la photographe !!!

                         

 Notre première rencontre avec Willie Rolle                            Un bahamien, installé confortablement devant chez lui, parle à tous

                                                                                                      les passants

 

On croise sur notre route un dénommé Willy Rolle qui nous incite à venir chez lui voir son jardin qu’il appèle: Le Jardin d’Éden. Nous prenons une longue marche pour s’y rendre. On le retrouve chez lui en compagnie de sa femme, Betty Rolle, qui nous accueillent avec beaucoup de générosité. Depuis 30 ans, ils cultivent à l’aide de composte toutes sortes de fruits et légumes dans des trous de roche de corail. Dans ses débuts, Monsieur Rolle se faisait appeller « le vieux fou », car personne ne croyait qu’il y arriverait. Aujourd’hui, il est respecté et possède un beau jardin très varié. Il faut comprendre que les Bahamas sont des terres assez stériles et que les Rolle ont réussit un exploit. Monsieur Rolle nous fait visiter son jardin et nous fait goûter à certains fruits et légumes dont la papaye, le goya goya, des sortes de pois et de fèves typiques du sud, etc … Sa femme Betty nous montre comment ouvrir une noix de coco avec une machette et nous fait goûter (il faut sucer le jus et recracher le reste). Nous visitons aussi ses sculptures de bois et/ou de corail, il en a une centaine sur son terrain qui représentent tous quelque chose: une ballerine, un lion, le président des États-Unis, etc … Ça prend souvent un temps avant d’apercevoir ce qu’il voit dans ses sculptures, mais c’est souvent très drôle… Il se vente bien de toutes les avoir trouvées dans la nature telles quelles sans le modifier: c’est de l’art naturel ! Notre tournée se finit par une visite à l’intérieur de leur maison. Ils nous parlent fièrement de leur histoire de vie et de leurs six enfants. Nous repartons de là au bout de deux heures assez boulversés de ce bel après-midi. Nous avons découvert sur cette île des gens heureux, acceuillants et très généreux de leur personne. Catherine dit que son voyage est fait: elle rêvait vraiment de contacts comme ceux-là avec les bahamiens !!!

          

Dégustation de fruits au Jardin d’Éden                        Éric fait la ballerine avec Willie devant la statue

  

        

Willie nous montre ses beaux piments                       Betty nous fait la démonstration de sa technique pour ouvrir les

                                                                                        noix de coco

 

     

Des bananiers poussent sur son terrain, ce qui est un exploit !               Choux, maïs, patates, etc…

   

Une sorte de fève qui peut remplacer la lime     Un arbre de papayes: délicieux et poivré      Ce cactus se sert en salade

comme condiment

 

         

Voyez vous le caribou ?                                                  Betty fait la vaisselle dans sa cour arrière

De retour au bateau, il est temps d’aller sur OCÉANITE pour un 5 à 7. Les équipages de LADY M et MARIE-GALLANTE sont aussi invités. On  placote et je regarde avec Laval le gréement et les équipements de son bateau que je n’avais pas encore vu. S’en suit le traditionnel appel du coucher de soleil à l’aide d’une conche à qui ont a fait une trou au bout. Cette tradition vient de Georgetown. On s’en approche et on entend ce son de plus en plus souvent. OCÉANITE nous propose une soirée de Karaoké, ce qui accroche tout le monde. On entre tous à l’intérieur du bateau pour faire chacun nos performances, toutes plus douteuses les unes que les autres. On se rend compte cependant que Nicole d’OCÉANITE est une bonne comédienne et imite presque n’importe qui. La soirée finit tard …

25 Janv 2008: Nos estomacs font des vagues …

Ce matin, il vente d’ouest d’environ 20-25 noeuds et il y a une houle de trois pieds qui entre dans la baie. Je crois que j’ai eu trop de plaisir hier, je suis malade dès le levé ce matin. Catherine ne se sent vraiment pas bien elle non plus, mais pas à cause de la boisson. On est à peine capable de rester debout ni assis dans le bateau, alors on passe une partie de la journée sur le dos. On dort, car on est pas capable de lire. Catherine va faire des tours dehors pour prendre l’air de temps en temps … Enfin, les vagues diminuent en fin d’après-midi, car le vent tourne au nord. On se remonte le système avec une bonne soupe et des biscuits soda … Le soir, on écoute des films avec le portable.

26 Janv 2008: Ancrage entre « les deux Majors »

Ce matin, on décide de se déplacer pour avoir une bonne protection des vents d’ouest qui sont annoncés pour toute la journée demain. Un autre cold front arrive bientôt. Puisqu’on a eu une dure journée avec des vents d’ouest hier, on veut être plus confortable pour demain. Les protections pour les vents d’ouest sont rares aux Bahamas et elles ne sont pas toutes idéales. On trouve un endroit plus au nord entre les îles de Big Majors Spot et Little Majors Spot, mais le passage pour s’y rendre est plutôt difficile.

On navigue à voile vers notre destination et on termine la dernière heure à moteur. La dernière partie est délicate: on passe à l’ouest de Staniel Cay où les profondeurs d’eau sont faibles pour ensuite tourner vers l’ouest en frolant un « cut » qui nous amène un fort courant et des vagues assez désordonnées. Le chenal est étroit et on doit naviguer à vue, car il y a des tête de corail de chaque côté du bateau. On ne doit surtout pas se faire déporter sur eux, mais heureusement, on les voit bien car il fait beau soleil. La machine à laver ne dure cependant qu’une quinzaine de minutes. OUF ! tout ce passe bien encore une fois. Arrivé au mouillage, on jète deux ancres à la bahamienne. Bien qu’il n’est pas trop fort, il y a du courant qui se renverse ici.  On n’est pas satisfait à 100% de l’ancrage, car nous avons sentit en nous ancrant que les ancres avaient glissé dans un fond de sable et d’herbre. On décide de rester ici tout de même: de toute façon on n’a pas le choix, la marée est maintenant descendante et on ne pourrait rebrousser chemin.

On reçoit ensuite pour le 5 à 7 FIÈRE ALLURE pour la première fois. On fait connaissance avec ce sympatique équipage composé de Stéphane et Mylène, deux adultes dans nos âges, et deux jeunes filles: Catherine et Camille. On reste sur MER ET MONDE pendant une heure avec eux et on va ensuite rejoindre le reste du mouillage qui s’est donné rendez-vous sur une plage. Il y a OCÉANITE, LADY M, TACK SEA et MAGGY 77. On placote avec eux jusqu’à la noirceur vers 19h00. L’ambiance est à la fête !

27 Janv 2008: Danse de bateaux entre « les deux Majors »

On reste sur la bateau toute la journée. On attend que le front froid passe en après-midi. Il arrive comme prévu et on constate que notre protection est très bonne ici pour les vents d’ouest. On est pas vraiment dérangé par ceux-ci.

En fin de soirée, le vent tombe complètement à plat et les bateaux se mettent à aller dans tous les sens. Ici, lorsque le vent se met à faiblir en même temps que le courant change de direction, les bateaux ne se déplacent pas dans la même direction tous en même en temps. OCÉANITE et FIÈRE ALLURE se rapprochent trop. Tellement que FIÈRE ALLURE décide de se réancrer un peu plus loin. Il fait une nuit d’ancre et se réancrer en pleine noirceur représente un exploit, surtout que la zone de mouillage n’est pas très grande. On tente de les aider du mieux qu’on peut en les éclairant avec notre lampe un million de chandelles et ils prennent notre bouée rouge d’ancre comme point de repère. Pendant ce temps, on se rend compte que notre bateau se comporte drôlement aussi et qu’il est dans le sens contraire des autres bateaux du mouillage. On réalise qu’un de nos deux cordeaux d’ancre est enroulé autour de notre quille et que le bateau se débât. On se sort de notre situation inconfortable en moins de 10 minutes en passant l’anneau de la petite ancre du dinghy dans le cordeau d’ancre afin que celui-ci tombe dans le fond de l’eau et qu’il se déroule de sous la quille. Cette stratégie fonctionne bien, c’est la deuxième fois qu’on l’utilise. Le bateau se replace en moins de deux dans la bonne position.

Le vent se lève ensuite pour virer plus au nord vers 22h. Il forcit à 25 noeuds avec des rafales à 30 au cours de la nuit. Nous sommes moins bien protégés avec ces vents du nord que ce matin dans le mouillage. On passe la nuit à faire la vigie, car on a pas assez confiance en notre ancrage dans un fond douteux. Je prends le chiffre de 21h à 2h AM et Catherine prend celui de 2h à 7h AM. On lit et on somnole chacun notre tour en jetant des coups d’oeil régulier sur le GPS.

28 Janv 2008: Notre ancrage préféré: Big Majors Spot

Vers 8h AM, je me fais réveiller brutalement par Catherine alors que j’essayais de rattraper ma petite nuit de sommeil. Notre voisin de mouillage qui a un Trowler vient de lancer un coup de corne de brume, car il est 15 pieds de notre bateau. Il crie à Catherine en anglais que nous sommes en train de chasser sur lui. Je vais voir au GPS: on ne chasse pas du tout ! Main non, c’est encore le même phénomène qu’hier soir. J’enlève 50 pieds sur une de mes ancres et on surveille le tout.

Finalement, on n’aime pas du tout cet endroit de mouillage et on décide de lever l’ancre vers 11h AM. Tous les bateaux du mouillage veulent faire aussi de même pour aller au mouillage de Big Majors Spot. Nous avons le choix de revenir sur nos pas ou de passer par un chemin beaucoup plus court où l’on doit traverser une passe très très étroite au nord de Big Majors Spot. La seconde option est exclue par la navigatrice en chef Kate, mais voilà que TACK SEA nous dit qu’il a déjà fait cette passe et qu’il s’offre de guider ceux qui veulent le suivre. On accepte tous  avec joie. On se suit tous à la queue-leu-leu dans cette très très petite passe de moins de 15 pieds de largeur (notre bateau fait 10 pieds de largeur …) et qui a environ 10-15 pieds de profondeur. Tous se déroule sans anicroche et nous voilà en moins de deux ancré au beau mouillage de Big Majors Spot. On se rend compre finalement que c’est notre ancrage préféré à date dans les Exumas.

Une fois bien ancré, on sent tout de suite la quiétude de ce mouillage. Un bon fond de sable blanc sans renverse de courant. Le seul inconvénient est qu’il n’est pas protégé des vents d’ouest comme la plupart des autres mouillages. Catherine et moi, on se repose une heure mais sans dormir. On ne veut pas dîner trop lourdement, alors on se fait une petite soupe. On se rend ensuite au Staniel Cay Yacht Club pour manger notre lunch préféré: des Grouper Fingers. On passe l’après-midi là à jaser avec d’équipages québécois et à faire du Internet. On retrouve avec joie Christian et Caroline de l’équipage de MAXA X et on placote sans arrêt avec eux pour mettre à jour sur nos aventures respectives depuis notre arrivée à Bimini aux Bahamas.

Ce soir, tout est calme et on se couche tôt. On dort bien mieux dans notre lit que sur les divans du carré …

29 Janv 2008: Pêche à la sling hawaïenne

Ça fait du bien de dormir un belle et bonne nuit tranquille. Il fait très beau ce matin et c’est calme. On prend un bon café, on lit un peu.

Une pêche s’organise vers 13h avec d’autres gars du mouillage. Je prépare ce dont j’ai besoin pour ma pêche à la « sling ». Il faut qu’on vous explique plus en détail ce qu’est une sling : la sling hawaïenne est une longue lance en plastique avec une pointe en acier bien affilée au bout. Un élastique est fixé à l’autre bout de la lance. Lorsqu’on repère un poisson, on étire au maximum l’élastique, on vise le poisson le plus près possible et on relâche l’élastique pour donner une propulsion à la lance. Tout ça demande de la coordination et de la pratique, bien sûr … Avec la sling, on peut pêcher des poissons petits ou moyens, de la langouste et des crabes.

On dîne et ensuite les gars de plusieurs équipages partent ensemble en dinghy. Pendant ce temps, Catherine part avec DEMIE-PORTION pour aller prendre des filles des autres équipages. Elles vont toutes ensemble faire de la plongée en apnée en face de Big Majors Spot. Pour les gars, on ne trouve pas de langoustes, mais on prend tous du poisson. Je tire au moins 30 fois ma sling avant de réussir à prendre mon premier poisson. Ensuite, cela débloque et j’en ai cinq consécutifs. J’en échappe un juste sur le bord du dinghy et j’en perd un autre à force qu’il gigote et qu’il finisse par se déchirer en deux.

 

Les gars qui partent à la pêche en dinghy

C’est ma première expérience où je ramène à la sling de quoi faire un souper et je suis très fier de moi. Je me sens comme un « mammouth ramène souper maison à femme  » ! Je ramène donc trois poissons au bateau et Catherine est toute contente. Elle se dépêche d’identifier deux Big Eyes et un Squirelfish qui sont tout à fait consommables. MAYA X se joint à nous pour souper sur MER ET MONDE. Christian amène son Big Eyes et les gars nettoient les poissons. Tous ses beaux spécimens finissent en spaghetti aux fruits de mer, la spécialité de Catherine. Dé-li-cieux !!! On passe une très belle soirée en compagnie de Caroline, Christian et Shannie, leur gentille chienne Golden-Labrador qu’ils ont amené à bord. Catherine en profite pour catiner Shannie pour se consoler un peu, le temps qu’elle retrouve sa belle Maggie …

      

Éric pose fièrement avec le fruit de sa première pêche à la sling              Trois Big Eyes et un Squirelfish prêt à être cuits !

hawaïenne

 

30 Janv 2008: Grouper Fingers au Staniel Cay Yatch Club

Ce matin, je vais sur AU GRÉ DES VENTS pour l’aider à solutionner un problème informatique qu’on avait discuté ensemble hier. Je passe deux heures et demie là dessus pour en ressortir avec le problème corrigé. Catherine écrit des e-mails pendants tout ce temps sur MER ET MONDE.

Vers 14h30, on se rend en dinghy au bistro de Staniel Cay rejoindre d’autres équipages québécois. On n’a pas encore dîné, alors on se commande encore d’excellents Grouper Fingers et des bières. Le lien internet est vraiment mauvais aujourd’hui, il n’y a rien à faire. On réussis à envoyer nos e-mail, mais à peine à parler via Skype. Il y a trop de gens probablement qui sont connectés en même temps. On observe les pêcheurs qui arrangent leurs prises à la fin de leur journée sous un gazebo près du Staniel Cay Yatch Club.

        

 

Un bahamien fait des filets avec les poissons qu’il a pêché sous un            Le pêcheur donne les restants aux requins nurses qui s’en donnent

gazebo à côté du Yatch Club                                                                             à coeur joie juste sous notre nez

 

On revient au bateau à la noirceur. Je vais reconduire Catherine au bateau pour qu’elle prépare le souper et je vais imprimer un formulaire pour Catherine sur AU GRÉ DES VENTS. J’en profite pour aider Louis à installer ses cartes Explorer sur Nobeltec qui est un logiciel informatique de navigation.

On soupe ensuite en amoureux et on écoute deux émissions de 24h chrono (Jack Bauer).

31 Janv 2008: Fête sur FIÈRE ALLURE !!!

Tard ce matin, on lève l’ancre pour aller à Blackpoint. Nos amis de MAXA X, FIÈRE ALLURE et KERGUELEN font de même et nous suivent tout près derrière. On fait de la belle voile au près très serré pour éviter de faire des virements de bord, car on a le vent dans le nez. Notre HUNTER 31 se comporte bien à cette allure et remonte facilement le vent. Le bateau est donc très gîté et toute la flotille sait que c’est MER ET MONDE qui montre sa grosse bedaine comme ça, c’est rendu notre marque de commerce …

Arrivé à Black Point, on pensait faire le plein d’eau, jeter les vidanges et faire une petite épicerie pour ensuite filer à Little Farmer Cay, quand on reçoit une invitation secrète de FIÈRE ALLURE pour la fête de Mylène ce soir. On accepte donc avec plaisir et on décide de rester à l’ancre ici pour cette nuit. On fait quand même nos commissions durant l’après-midi pour être prêt à partir demain matin, car on veut participer au festival de Little Farmer Cay qui aura lieu au cours des deux prochains jours.

À 17h heures, on se rend sur FIÈRE ALLURE en dinghy en même temps que MAYA X et KERGULEN qui sont aussi de la fête. Mylène ne le savait pas et elle est agréablement surprise !!! On entâme un 5 à 7, puis Stéphane nous concocte un bon souper sur le BBQ : poulet frais, patates et légumes. La viande fraiche ne court vraiment pas les rues dans les Exumas, alors c’est la joie !!! Nous sommes 10 personnes à souper autour de la table dans un Jeanneau 27 pieds … Pour nous, c’est un record de tout les temps ! Soirée très agréable où on placote et on apprend à mieux se connaître.

BONNE FÊTE Mylène !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

          

Stéphane …                                                                       … Mylène et les enfants, Camille et Catherine de FIÈRE ALLURE

         

Guy et Lorraine de KERGUELEN                                   Nos amis Christian et Caroline de MAYA X

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