Archive de avril, 2008

Avril 2008

par le 30 Avr, 2008, catégorie 04-Avril 2008

01 Avril 2008: Poisson d’avril !!!

Étant le premier avril aujourd’hui, il faut bien jouer un poisson d’avril à quelque’un ! Catherine choisit Nancy comme cible. Elle lui demande par VHF de prendre les mesures de son four sans lui expliquer pourquoi. Nancy prend donc plusieurs mesures du four avec un gallon à mesurer: longueur, largeur, hauteur, de travers, etc … Est-ce que tu as un thermomètre ? Ton four chauffe jusqu’à combien ?, etc … Quand Nancy se met à soupsonner qu’on se paie sa tête, ça devient très drôle car elle en remet aussi ! Finalement, Catherine lui dit qu’elle ne pense pas que son gros poisson va tout rentrer dans son four !!! Hi  ! Hi ! Très drôle !

Vers 15h, on quitte Hope Town avec nos amis SECRET à marée haute après être passé au quai de service pour du diesel et de l’eau. On touche un peu le fond avec notre quille au quai de service. C’est chose courante pour nous on dirait ! On se dirige à Man O’ War Cay, une autre île des Abaco qui est à une heure de voile. On s’amarre à des moorings, car l’ancrage n’est pas bon ici non plus. Benoit débarque à terre en arrivant. Son génois se découd à la prise d’écoute et il y a, paraît-il, un magasin où il pourrait le faire réparer. Et oui, ça marche pour lui ! Quelle chance ! Catherine débarque ensuite toute seule pour aller fouiner et marcher sur la plage qui est assez ordinaire. Elle fait une première reconnaissance des lieux et paie pour la location du mooring avant de revenir au bateau à 18h30. On soupe sur VICTORIA’S SECRET ce soir, mais ce n’est pas du poisson au menu …

02 Avril 2008: Visite de l’île de Man O’ War

Ce matin, Catherine et moi on s’occupe d’une chose qu’il fallait faire depuis bien longtemps: finaliser la pose de notre troisième ris dans la grand-voile. On s’était fait coudre un troisième ris avant de partir en voyage, mais on n’avait pas encore arrangé le cordage pour le rendre fonctionnel. Un ris supplémentaire dans la grand-voile est nécessaire sur notre Hunter 31 puisqu’à vingt noeuds de vent, il faut déjà ariser au deuxième ris. À 30 noeuds de vent, on se retrouve souvent trop voilé et le bateau devient trop gîté et mal équilibré. On condamne donc enfin le cordage du premier ris pour l’utiliser pour le troisième ris. Et voilà ! En moins d’une heure, c’est fait ! Nous serons prêt à prendre un coup de vent si cela nous arrive !

En après-midi, on va visiter avec les SECRET le village de Man O’ War. On marche dans les rues étroites qui sont conçues pour les golf cars. Les 200 habitants de ce village sont principalement des blancs, descendants de Loyalistes et constructeurs de bateau. Il y a beaucoup d’ateliers et d’installations pour travailler les bateaux ici. On y voit aussi beaucoup de chiens et chats se promener en liberté ici qui se laissent approcher facilement. Il y a des églises un peu partout aussi et les habitants sont très conservateurs: pas d’alcool et on nous avise dans les guides de ne pas se montrer en costumes de bain … On fait rapidement le tour du village, car on se rend bien compte qu’il n’y a pas d’attraction ici pour les touristes.

         

Les filles SECRET s’amusent à essayer du linge         Un joli chat fait la sieste dans des paniers tressés

dans une boutique

 

       

On voit dans un magasin de sacs de toile une         Un arbre de coton. Il y a déjà eu beaucoup de plantations de coton

étoile de mer à quatre branches: très rare !             aux Bahamas

 

On appareille à marée haute vers 15h pour aller passer la nuit à Marsh Harbour. On fait de la belle voile accompagné de deux dauphins qui nous tiennent compagnie pendant un bout. Arrivé à Marsh Harbour, on est impressionné de voir autant de bateaux dans cette baie bien protégée et où la tenue de l’ancre est très bonne. On se sent en sécurité. Cet endroit nous fait penser à Georgetown dans les Exumas.

03 Avril 2008: Journée de corvées à Marsh Harbour

Marsh Harbour est la plus grosse ville des Abaco. C’est le meilleur endroit pour faire des achats de toutes sortes. Je vais reconduire Catherine à la buandrie d’une marina vers 10h AM en dinghy. Elle y passe les deux heures suivantes à lire sur le bord de la piscine creusée. Pendant ce temps, je vais faire remplir mon réservoir de propane et ensuite, je fais le tour des magasins de marine pour trouver le combinateur de batterie qu’il me manque. Il n’y en a pas et apparement, je n’en trouverai pas aux Abaco. Je fais quelques guichets automatiques pour avoir de l’argent US, mais il n’y a pas moyen de s’en procurer par guichet. Enfin, le reste de mes commissions me permet de me procurer du vin, un micro pour le Karaoké, un cable USB et une pièce pour ma flotte de pompe de cale. Je vais chercher Catherine pour midi.

Après avoir grignoté un morceau, on fait un ménage du bateau. En fin d’après-midi, on redébarque à terre ensemble pour cette fois-ci faire l’épicerie et aller chercher la bonbone de propane. L’épicerie est vraiment la plus grosse et la moins chère qu’on ait vu depuis notre arrivée aux Bahamas. On en profite pour se renflouer en denrées de toutes sortes tout en salivant de bonheur !!! Une fois l’approvisionnement terminé, on se félicite de notre journée productive.

On reçoit à souper et à coucher Laurence SECRET. On l’invite pour passer un peu de temps seul avec elle. Laurence a un penchant végétarien, alors Catherine prépare un spaghetti aux légumes frais avec ail, huile d’olive et parmesan frais. Une recette gastronomique qu’on a adopté de nos amis de SOLUNA. On jase ensemble toute la soirée et on savoure comme dessert un bon pain aux bahanes et pépites de chocolat fait maison par Kate. Hummmmmmmmmm…

04 Avril 2008: Planning de notre traversée aux USA

On se lève ce matin avec Laurence à bord. Elle fait ses devoirs sur MER ET MONDE II ce matin et travaille sur une composition en français. Elle doit écrire une dizaine de pages sur le récit de son voyage et ensuite monter une présentation pour son groupe à son retour en classe en juin. Catherine discute de sa composition avec elle. Pendant ce temps, je confectionne un déjeuner végétarien: omelette aux légumes avec un soupçon de sirop d’érable. Je ne cuisine pas très souvent, mais pour les déjeuners, je suis partant. Catherine dit que c’est moi qui fait les meilleurs !

On devait partir aujourd’hui, mais les femmes ont le goût de faire les boutiques de Marsh Harbour (les quasi dernières des Bahamas). Je branle un petit peu dans le manche, mais on fini par décider de rester pour un autre 24 heures.

Toutes les filles partent vers 11h à terre. Benoit vient sur MER ET MONDE pour discuter de navigation. On sort les cartes et les guides et on élabore des scénarios de navigation pour notre grande traversée vers les USA qui se fera d’ici environ deux semaines. On vérifie les inlets, les caps, le millage, la trajectoire du Gulf Stream et la force de son courant, les ports d’entrée aux USA pour passer les douanes, etc… Notre rêve serait de partir de Great Sale Cay aux Bahamas et de parcourir 500 milles nautiques pour atterrir à Beaufort en Caroline du Nord, le tout en s’aidant du Gulf Stream. Il faut calculer au minimum quatre jours de navigation jour et nuit. Cela pourrait nous éviter bien du millage dans l’intracostal et nous permettrait d’avoir plus de temps à paresser dans la superbe Chesapeake Bay. Comme nous avons besoin d’une très belle fenêtre météo pour cela, on reste réaliste et d’autres scénarios sont envisagés comme Cap Canaveral (Floride), Savannah (Géorgie) ou Charleston (Caroline du Sud), etc. C’est Dame Nature qui va décider de notre parcours au bout du compte !!!

          

Un pêcheur arrange des Queen Conchs à un              Le bateau des pêcheurs est rempli de Queen Conchs. Mais où les

kisoque sur le bord de la rue                                        trouvent-elles ??? Leurs secrets ne nous sont pas légués …

 

À 15h, je reçois un appel sur la VHF de Catherine. Elles sont en train de commander à un casse-croute. Benoit et moi, on proteste, car on veut aller les rejoindre. Alors, on prend tout de suite nos dinghy, pendant que les filles commandent aussi pour nous. Les dinghys déjaugent et on arrive en même temps que le repas. Le « timing » est bon et on dine tous ensemble sur des tables de pique-nique.

       

Une belle grappe de graines de palmier                                                         Les amoureux en fin d’après-midi à Marsh Harbour

En revenant de notre escapade, opération changement d’huile moteur. Il n’est pas dû, mais avec la traversée en mer qui s’en vient, je dépasserais le nombre d’heures permis. Alors dans ce cas, je choisis de dorloter notre moteur et de changer l’huile d’avance.

05 Avril 2008: La plage de Great Guana Cay

Cette nuit, j’ai eu un flash ! J’ai besoin d’acheter un autre réservoir de diesel pour la traversée ! Si on manque de vent, notre autonomie à moteur sera insuffisante pour faire tout le trajet. Un autre cinq gallons me donnera 10 heures de plus d’autonomie à moteur.

Je vais donc acheter un réservoir et le remplir avant de partir du mouillage de Marsh Harbour. On lève l’ancre vers 11h AM pour aller en direction de Great Guana Cay, une autre île à découvrir ! VICTORIA’S SECRET pendant ce temps fait un détour à Man O’ War pour aller chercher sa voile qu’il a fait réparer. Un vent arrière nous permet de faire de la belle voile en ciseaux à 7 noeuds de vitesse. En cours de route, le vent forcit et une grosse rafale de vent nous fait faire une auloffée (le bateau veut brusquement revenir dans le lit du vent). Très charmant quand les voiles sont en ciseaux, qu’un tangon tient le génois et qu’un arrêt de bôme est fixé pour garder la grand-voile en position … Je choque immédiatement l’écoute de génois tout en priant que rien n’arrache. Le tangon se ramasse à la verticale, toujours fixé au génois, mais tient le coup. La rafale passée, on repositionne le bateau en vent arrière et on reprend notre souffle. Ensuite, on sert le tangon et on enroule le génois pour finir le trajet avec la grand-voile seulement. Enfin, on prend le temps d’ajuster aussi comme il faut le troisième ris qu’on avait installé à Man O’ War, car c’est plus facile quand la grand-voile est bien ouverte.

À mi-chemin de notre parcours, on est témoin d’un phénomène assez hallucinant sur l’eau. Partout autour de nous, le fond est comme ligné. Il y a des grandes barres noires et des grandes barres d’eau turquoises en alternance. Le profondimètre, lui, ne sait plus où donner de la tête et nous indique toutes sortes de données impossibles. On y va de plusieurs hypothèses, dont la possibilité que ce soit de gros bateaux comme les bateaux-poste ou les mini cargos qui font lever le gazon du fond sur leur trajectoire. Mystère !!! En tout cas, c’est beau à voir.

      

Un phénomène mystérieux sur la route nous menant à Great Guana Cay sur 360 degré !!!

Arrivé au mouillage de Great Guana Cay, on tente de s’ancrer à deux reprises parmis les autres bateaux qui sont à mooring. Plusieurs observent notre manège de leur cockpit et ont hâte de voir si on va y arriver … Rien à faire, ça glisse tout simplement dans ce fond herbeux. OK, OK, on se prend un mooring libre. Et nos voisins pourront aussi dormir tranquille … Il est assez difficlie d’ancrer ici aux Abaco et ça fini par coûter cher tous ces moorings (15-20$ par nuit)…

En milieu d’après-midi, on descend à terre avec VICTORIA’S SECRET pour aller fouiner et visiter cette petite île. On va du côté océan où il y a une superbe plage blanche qui s’étend sur plusieurs milles et qui est assez propre. C’est la première belle plage que l’on voit depuis notre arrivée aux Abaco. Mais pour les coquillages, on repassera, on en trouve pas ici. On se dirige au populaire resto-bar chez Nipper’s dont la terrasse donne une belle vue sur la plage et l’océan. Une piscine d’eau salée à deux niveaux est à la disposition des clients. Il fait très chaud et pour notre part, on décide d’aller se baigner dans l’océan, question d’en profiter pour une des dernière fois de notre voyage aux Bahamas. On fait tous du « body surfing » dans les vagues et on en profite pour se laver ensuite au savon à vaisselle Joy dans l’eau salée. Les clients de chez Nipper’s qui nous observent du haut de la terrasse se demandent bien ce que font cette bande de joyeux lurons …

      

La trèsssssss belle plage de Great Guana Cay qui s’étend sur                  Un immense mooring est échoué sur la plage

plusieurs milles

 

      

Sur l’attrayante terrasse du resto-bar chez Nipper’s                                  Un peu de body surfing pour se rafraîchir !

06 Avril 2008: Un grain et deux échouages pour MER ET MONDE II

Déjà, on quitte Great Guana Cay ce matin pour une autre île qui nous rapproche de notre destination finale: Treasure Cay. Paraît-il que cette île s’appelle comme cela parce qu’un bateau espagnol aurait coulé en 1595 avec ses trésors et 17 gallions d’or. Ils n’auraient pas tous été retrouvés à ce jour …

Peu après notre départ, un gros grain s’abat sur nous avec des vents du nord de plus de 30 noeuds, quelques éclairs, une pluie à l’horizontale et une visibilité nulle. On avait jamais vécu un aussi gros grain en voyage à date. Je positionne le bateau nez au vent pour qu’il reste manoeuvrable. On s’approche par contre dangereusement d’un haut-fond. Et OP !, on s’échoue alors qu’on était supposé avoir encore 10 pieds d’eau sous la quille ici ! Mais le bateau demeure nez au vent, alors on laisse passer le plus gros du grain ainsi.

On s’engage enfin dans le chenal peu profond de Treasure cay un peu plus tard qu’on l’aurais espéré à cause du grain. Ce qui fait qu’on est proche de la marée basse. C’est juste pour la quille, mais le bateau réussi à se faufiler sans toucher le fond. On explore la zone de mouillage et on s’avance vers un secteur qui nous semble être tranquille. La carte indique sept pieds d’eau à cet endroit à marée basse. Malheureusement, on s’échoue encore, mais cette fois-ci, solide ! La marée est descendante et presque à marée basse en plus … Il doit y avoir seulement quatre pieds sous la quille. J’essaie toutes mes techniques pour nous sortir de là avec le moteur, mais on ne réussit à avancer que de quelques pieds seulement. Plus on gigotte, plus on s’enfonce … On demande à VICTORIA’S SECRET de venir sonder la profondeur autour du bateau avec le profondimètre portatif. Le temps qu’ils arrivent, je pense à ouvrir le génois. BINGO !!! On est repartit. Avec quelques degrés de gîte, cela à fonctionné !

On s’ancre finalement dans ce beau mouillage au travers des autres bateaux à l’ancre ou à moorings cette fois-ci. Catherine me dit tout le temps:  » S’il n’y a pas de bateau dans un secteur, c’est qu’il faut ce poser des questions « . Moi, mon réflexe est de dire: « Regarde le beau coin tranquille là-bas, on serait bien » … Non, non, non. C’est pas bon ! On l’avait pourtant appris ce concept dès le Lac Champlain. Mais nous, on aime les beaux mouillages tranquille. C’est là qu’il nous arrive des petits faits cocasses, mais rien de grave.

Il ne fait vraiment pas beau, on vient de vivre un grain et deux échouages. On reste donc tranquille le reste de l’après midi. Sieste, lecture, etc … En fin de journée, on vérifie ce qui nous reste comme vivres dans les recoins du bateau et on commence à faire du rangement en vue de notre grande traversée. On découvre à chaque fois des petites surprises. Aussi, on se rend compte qu’il y a plein de tortues vertes dans le mouillage ici, longues d’environ deux pieds. On voit des petites têtes curieuses sortir de l’eau,  nous regarder, et replonger aussitôt. Elles sont très timides ces tortues. Il faut être là au bon moment pour en voir et pas moyen d’en capturer une en photo !

07 Avril 2008: La superbe plage de Treasure Cay

Catherine et moi, on fait des petites choses le matin dans le bateau. Catherine étudie tout ce qui concerne le Whale Cay Passage. Pour aller plus au nord-ouest des Bahamas et retourner aux USA, on doit traverser ce petit cut en mer qui a très mauvaise réputation. Celui-ci est sujet à des « rage » (grosses vagues désordonnées et vagues déferlantes) et ce, même par beau temps. Les guides nous renseignent peu sur les conditions météo à prévilégier pour le passage si ce n’est que de ne surtout pas s’aventurer avec une houle de mer du NE. Les guides conseillent comme meilleure approche d’écouter le « Abaco Cruising net » de Marsh Harbour au VHF 68 qui discute de ce passage à tous les matins. Les bateaux qui traversent un des différents cut des Abaco appellent pour qualifier l’état de la mer lors de leur passage et ça permet aux autres de prendre des décisions éclairées. On sera donc en mode attente à Treasure Cay jusqu’à ce que les conditions nous permettent de passer de l’autre côté des Abaco. Je fais de mon côté des recherches sur internet. J’en profite, car le lien internet est bon ici. Je me concentre sur les données météo au large des USA. Je revisite les sites web de notre descente vers les Bahamas. Je m’organise aussi pour pouvoir écouter demain matin le Réseau du capitaine en direct par leur site web à 7h AM.

En après-midi, j’amène ma douce ce promener à terre pour visiter un peu Treasure Cay. On va mettre nos pieds dans le sable blanc immaculé de la plage de Treasure cay de l’autre côté de l’île qui donne sur le Little Bahamas Bank. Elle est vraiment magnifique cette plage, qualifiée d’une des plus belle au monde dans le guide d’Ulysse. À marée basse, la plage s’étend sur un ou deux kilomètres avant de rencontrer les eaux turquoises peu profondes, typiques des Bahamas. Il y a peu de coquillage, mais beaucoup de Sand Dollars un peu partout. On y flane un moment pour ensuite aller marcher sur la rue principale qui est résidentielle. On note que chaque maison possède un nom qui lui donne du même coup une identité comme par exemple: Dolphin ou Dream Catcher. Quelle bonne idée !!! On s’aperçoit vite que cette île est la plus riche que l’on ait vue à date avec de très grosses résidences luxueuses sur le bord de l’eau qui valent plusieurs millions et qui ont comme propriétaires des descendants loyalistes ou des américains. Les beaux jardins sont aussi entretenus par des employés bahamiens de couleur noire qui y travaillent toute la journée. Les Abaco sont les seules îles où l’on voit encore quelques vestiges de l’époque de l’esclavage et on trouve ça un peu dérangeant … C’est un choc culturel !

      

La belle plage de Treasure Cay. Des kilomètres de sable blanc !               De somptueuses résidences et leurs jardins !

On se dépêche à revenir au bateau en fin de journée, car le ciel se couvre sérieusement, mais il n’y a finalement pas de pluie. On fait de la lecture dans le cockpit en prenant des nachos et une bière à deux pour le Happy Hour. On essaie de diminuer …

08 Avril 2008: Promenade avec DEMIE-PORTION

Un cold front est annoncé, ce qui implique qu’on va rester encore quelques jours ici avec ces vents du nord. Je décide de mieux me réancrer, car il y a beaucoup de bateaux au mouillage, dont certains à mooring. Il faut surveiller et voir à ne pas trop s’approcher les uns des autres. Quand le vent vire de 360 degré en deux jours tel qu’annoncé, je mets deux ancres dans ce temps-là. Je les mets à 90 degrés l’une de l’autre en prévision du vent à venir et quand la dernière que j’ai mis commence à servir, je prends l’autre qui ne sert plus et vais la porter à 90 degrés plus loin, et ainsi de suite. De cette façon, MER ET MONDE ne cause pas de soucis aux autres équipages alentour. Et ça fait un bel exercice une fois par jour …

En après-midi, Catherine et moi on part en exploration sur l’eau avec le dinghy pour faire une visite des différents canaux. Benoit et Sarah-Maude de VICTORIA’S SECRET nous accompagne. On y observe encore plein de belles maison avec leur quais et leur bateau de luxe dans leur cour arrière.

Promenade en dinghy avec les SECRET

On va marcher encore un peu sur la belle plage d’hier. On se promène un bon deux heures comme ça avant que DEMIE-PORTION montre un problème avec son moteur hors-bord et étouffe. Je devrai nettoyer à nouveau le carburateur.

      

Quelques trésors de la mer : des Sand Dollar vivants …                             … et une étoile de mer !

09 Avril 2008: Carénage de MER ET MONDE II

Ce matin, je me lève avec une envie soudaine de faire une beauté à MER ET MONDE. Je m’attaque d’abord à la moustache, c’est-à-dire les taches jaunes sur la coque laissées par des dépôts dans l’eau. Puis, je nettoie tout le reste du franc-bord (oeuvres mortes ou parties non immergées de la coque) y compris la poupe qui devient souvent très sale à cause de la sortie d’échappement du moteur qui est à l’arrière. Ça me prend une bonne heure, mais MER ET MONDE reluit à nouveau.

Benoit vient me visiter à la nage avec son équipement de plongée. Lui, il vient de faire le carénage de sa coque qui lui a pris un bon trois heures. Le carénage est le nettoyage et la remise en état des oeuvres vives ou parties immergées du bateau. De mon côté, j’avais planifié faire une inspection visuelle, mais je ne pensais pas avoir à faire un gros carénage. Benoit plonge dans l’eau et m’annonce que nous avons nous aussi plein d’algues et de coquillages sur notre carène. La dernière fois que j’avais fait mon inspection il y a un mois, tout était parfait. Cela s’est donc développé au cours du dernier mois.

Je mets donc mon wet-suit de même que masque-palmes-tuba et je vais constater par moi-même. En effet, MER ET MONDE a besoin d’un bon coup de brosse et de grattoir sur les oeuvres vives !!! Catherine vient me rejoindre après avoir mis son équipement, car ça s’annonce une bonne job. Les algues décollent très bien et assez facilement avec une brosse vu le bon anti-fouling qu’on avait appliqué en juin dernier, mais brosser une carène alors que le bateau est à l’eau, c’est quand même érintant. Il faut retenir son souffle et revenir à la surface à tous les 30-45 secondes … Catherine pendant ce temps s’occupe de frotter la ligne de flottaison et gratte les « Barnycles » qui sont collés dans les passes-coques en se tenant après une poignée à suces, le visage à demi immergé dans l’eau. Elle peut respirer avec son tuba. Moi, je gratte les coquillages qui ont poussé sur le coupe-orain, sur le coeur de l’hélice, sur l’arbre d’hélice et sur la roulette qui me donne la vitesse du bateau. Le nettoyage dure environ deux heures et demi. Ensuite, on inspecte partout pour voir si tout fonctionne bien. Tout semble correct. Les deux anodes posées dans les Exuma sont encore en bonne condition et pourront faire le reste du voyage.  On a maintenant une carène propre et en ordre comme à notre départ !!! Ça va aussi améliorer à coup sûr la vitesse de notre bateau. Ouf, quelle journée. Je ne me rappelle pas avoir autant travaillé depuis des mois. Il faut savoir qu’il fallait profiter de l’eau cristalline des Bahamas, car en Géorgie et dans les Carolines, l’eau est brune opaque et il y a des alligators dans l’eau …

Le soir, il y a un joyeux 5 à 7 sur VICTORIA’S SECRET pour fêter l’arrivée de FIÈRE ALLURE qui ont décidé de venir rejoindre notre groupe. C’est une bonne nouvelle et on est très content !!! Nous faisons aussi la connaissance de l’équipage de SEMPER VIVENS qui voyageait avec FIÈRE ALLURE et qui viennent d’Halifax. Ils sont très intéressants, car ils ont une expérience de navigation depuis toujours, ils sont presque nés sur un bateau. En revenant sur MER ET MONDE, DEMIE-PORTION a encore un problème de moteur et étouffe. On fini le trajet à la rame. Je ne peux plus remettre le nettoyage du carburateur….

10 Avril 2008: Tour de golf car à Treasure Cay

Ce matin, opération nettoyage de carburateur du hors-bord. Ensuite, je m’attaque à la fuite de diesel du moteur du bateau. Le bobo, c’est une vis qui fuit avec laquelle je saigne le circuit. Les filets de la vis sont « strippés ». Je la fais sécher en vue de la sceller demain avec du gasket liquide à diesel. Je vais saigner le circuit par un autre endroit en attendant. Une fois rendu aux USA, je pourrai remplacer cette pièce défectueuse.

SEMPER VIVENS partent déjà ce matin, ils poussent car ils doivent rentrer tôt à Halifax et naviguerons par l’océan. Nous n’aurons donc pas la chance de les connaître mieux.

Vers 13h30, on débarque à terre avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE pour aller louer deux golf cars pour 24 heures. On est 10 personnes, donc 5 sur chacun. Ils sont électriques et silencieux. Ça ne va vraiment pas vite, mais c’est amusant pour tout le monde de se promener. On fait toutes les rues de l’île de Treasure Cay.

      

Tous le monde est prêt …                                                                                … pour une promenade en golf car !!!

              

Éric est notre chauffeur du jour !                                                                  Attention, passage de golf cars !!!

On laisse les golf cars sur le bord de la belle plage et on débarque pour aller marcher dans le sable. Les filles se baignent toutes, tandis que les gars placotent ensemble, l’eau jusqu’aux genoux tous en regardant le beau spectacle aux alentours.

      

Toute la flotille fait un arrêt à la magnifique plage de Treasure             Un complexe résidentiel dévasté par un ouragan

Cay pour se rafraîchir

 

Sur le chemin du retour, Catherine voit une très belle maison et veut débarquer du golf car pour la photographier. Elle demande à Nancy qui conduit de ralentir. En débarquant, Catherine est surprise par la vitesse du golf car qui n’est pas tout à fait arrêté, ses pieds s’emmêlent et elle se met à rouler dans la rue alphaltée comme un chat. La caméra, elle, est protégée par ses bras. Pas de casse, à peine une égratinure sur le genou ! Tous le monde reste bête au débout, puis ça finit en éclats de rire … Elle prend finalement sa photo, satisfaite !

      

Dolphin, la maison préférée de Catherine. Elle serait prêt à tout            Sur le chemin du retour à l’heure du souper. Il y a une fin à tout !

pour prendre une photo !!!

 

En revenant, c’est déjà l’heure du souper. Le restaurant de la marina organise le jeudi une soirée pizza et c’est justement jeudi aujourd’hui !!! On se commande donc chacun une pizza-frites avec une bonne bière froide. Un groupe chante de la musique bahamienne au bar et on se croit tous en vacances dans un club med !

11 Avril 2008: On frappe des balles !

Ce matin, on s’habille selon l’étiquette du parfait golfeur: casquette, souliers fermés et bas, t-shirt avec col,  jupe pour Catherine et bermudas longs pour Eric. C’est qu’on va frapper quelques balles au club de golf de Treasure en s’y rendant avec les golf cars. Catherine et moi, on est de la partie avec Benoit de VICTORIA’S SECRET et Mylène de FIÈRE ALLURE. On va d’abord manger une brioche fraiche du jour et un bon café avant d’aller chercher nos paniers de balles. Pour Catherine, elle n’avait jamais frappé de balles, et pour ma part, ça faisait très longtemps que je n’avais pas touché à ça. Les balles et le gazon partent dans tous les sens pendant une bonne heure. On aime bien notre l’expérience, mais Catherine et moi, on croit qu’on va en rester là… On va se promener ensuite jusqu’à l’heure du diner en golf car, histoire de se faire du vent pour se rafraichir puisqu’il fait vraiment très chaud. Aujourd’hui, c’est au tour à Catherine de conduire avec Mylène comme passagère, tandis que l’autre véhicule est conduit par les gars. des heures de plaisir encore !!!

On vérifie les prévisions météo par internet et il annonce une belle fenêtre météo pour le Whale Cay Passage demain. Youppi ! Dans l’après-midi, c’est donc opération ravitaillement : eau, diesel et épicerie. Je finalise la réparation de la fuite diesel, je saigne le circuit et je teste le moteur ensuite. Ça semble être bon ! On fini la journée avec un Happy Hour sur Fière Allure.

12 Avril 2008: Le Whale Cay Passage

Ce matin, on bouge ! On quitte enfin Treasure Cay pour aller à Green Turtle Cay. Pour ce, il faut sortir en mer et traverser le fameux Whale Cay Passage pour revenir ensuite sur le Little Bahamas Bank qui nous donne accès aux îles plus au nord ouest des Abaco. On lève l’ancre confiant: selon le « Abaco Cruising net » de Marsh Harbour, les cuts sont cotés 5/5 ce matin. Il y a un léger vent du SE et une houle de mer de 3-4 pieds venant du NE, mais trèsss longue, soit aux 12 secondes. On fait de la voile un bont bout, puis on part le moteur à l’entrée du Whale Cay Passage pour avoir plus de manoeuvre. Arrivé dans le passage, la vague que nous recevons à la poupe devient plus haute (4-6 pieds) et nous pousse littérallement dans le passage. On fait du « surf » avec des pointes à 7-8 noeuds ! On aperçoit des vagues déferlantes à babord et tribord où il y a des haut-fonds, mais elles sont à bonne distance de nous heureusement. Ce moment qui dure environ 20 minutes est vraiment excitant et savoureux, mais qu’est-ce que ça doit être quand il fait mauvais ! OUF !

On aperçoit enfin Green Turtle Cay et on décide d’entrer dans Blacksound, un des deux harbours protégés de l’île. Blacksound nous donne accès au beau village de New Plymouth, mais l’ancrage est qualifié de mauvais ici dans un fond herbeux. On se cherche donc un mooring et on finit pas s’en trouver un de justesse. Catherine débarque à terre pour aller se renseigner sur le propriétaires du mooring, mais elle n’arrive pas à le rejoindre (parti à la pêche). On décide tout de même de rester amarré au mooring et on verra demain. Catherine discute en anglais avec les gens de la place forts sympatiques qui la renseigne sur l’impossibilité d’ancrer dans ce harbour. En effet, nos amis de VICTORIA’S SECRET et de FIÈRE ALLURE tentent de s’ancrer depuis près d’une heure sans succès. Les villageois les regardent faire leur manège et sont prêt à lancer des paris. Catherine appellent nos amis sur la VHF et leur dit d’essayer juste en face de la marina de Blacksound. Elle a lu ce conseille dans le guide de l’Obsession-L qui est très fiable. Et comme de fait, OP !, ça marche pour les deux équipages, mais ça tient de peur … Ils devront envisager une autre solution demain, car un cold front arrive. Pour aujourd’hui, les villageois ont perdu leurs paris !

On soupe dans le cockpit ce soir avec de la bonne musique, comme nos derniers soupers d’ailleurs. Il fait encore clair et chaud jusqu’à 19h30-20h00, alors c’est agréable. Et oui, il y a des tortues vertes ici !!! On voit des têtes sortir pour venir nous dire bonsoir et quelques gros bouillons aux alentours du bateau. Enfin, Catherine me fait faire une petite promenade en dinghy juste avant la noirceur dans le Harbour de Blacksound où il y a plein de petits « racoins » à explorer. On y trouve un voilier échoué: désolant !

13 Avril 2008: Une marche à New Plymouth

Le propriétaire du mooring, Monsieur Saywer, vient nous collecter 15$ à 7h30 AM et vient nous donner la permission de rester aussi longtemps qu’on le souhaite. Bonne nouvelle ! D’autant plus qu’on annonce un gros cold front et que nous sommes en attente à Green Turtle Cay d’une fenêtre météo pour quitter les Bahamas et naviguer plusieurs jours dans le Gulf Stream.  Nos amis de la flotille, eux, vont finalement s’installer à la marina de Blacksound qui charge des prix intéressants. Je vais faire un tour en dinghy le matin pendant deux heures pour visiter l’autre harbour, Whitesound, afin de voir si on pourrait pas se trouver mieux. Je reviens avec la conclusion qu’on est bien ici et que le déplacement n’en vaut pas tant la peine, même s’il y a des bateaux à l’ancre de l’autre côté.

On débarque avec FIÈRE ALLURE à terre vers 13h, même si le temps est gris. En route, il se met à pleuvoir et on se cache dans une église en construction pendant 20 minutes pour laisser passer l’averse. Ensuite, il fait beau et on peut se promener dans le village. Le beau temps attire VICTORIA’S SECRET à terre et on fini notre marche tous ensemble. New Plymouth est un tout petit village pittoresque de descendants loyalistes. Les bâtisses sont de style quelque peu britannique. On va voir le Loyalist Memorial Sculpture Garden, un jardin qui recèle 25 bustes en bronze de loyalistes et d’esclaves qui ont joué un rôle important dans les îles bahamiennes. Il y a aussi une statut et une plaque commémorative commentant la lutte des habitants pour coloniser les Bahamas. C’est tout un événement, car c’est une des premières fois que l’on voit un parc de ce genre aux Bahamas avec celui en l’honneur de Christophe Colomb à Long Island. On y passe vite. Et on ne voit personne dans les rues de toute l’après-midi ! PERSONNE ! Mais où sont-ils ????? Le village est tellement calme qu’on dirait un village fantôme. C’est probablement parce que les loyalistes sont très pratiquants. Ils donnent priorité à la famille le dimanche. On a remarqué le même phénomène dans d’autres îles des Bahamas.

      

Le mouillage de Blacksound à Green Turtle Cay. MER ET MONDE             Le couple d’amoureux dans un joli parc de New Plymouth

est le deuxième bateau à partir de la droite

 

      

Voici une belle maison typique de New Plymouth                                        On peut apercevoir le village du haut d’une colline

      

De belles fleurs après la pluie !!!                                                                    Les bananiers fleurissent eux aussi !

      

Le Loyalist Memorial Sculpture Garden                                                       ATTENTION !!! Traverse de tortues !

On s’en retourne au bateau après une longue marche vers 17h, puis on reste tranquille dans notre bateau-cocon.

14 Avril 2008: Le bal … chassé !!!

Le matin, Stéphane de FIÈRE ALLURE vient sur MER ET MONDE pour recevoir une petite formation sur l’intreprétation des fax météo. Benoit arrive entre temps en dinghy pour venir porter à Catherine le profondimètre portatif qu’il nous avait emprunté. Catherine remarque alors qu’un bateau a chassé et qu’il n’est qu’à trois pieds à l’avant de notre voisin de tribord qui est à mooring. Ni un, ni l’autre ne sont sur leur bateau. Benoit, Stéphane et moi, on saute immédiatement dans nos dinghys. Je monte à bord du bateau qui chasse, Stéphane pousse le bateau avec son dinghy et Benoit s’occupe de me voyager les ancres. On repositionne son bateau et on lui jette ses deux ancres. Quand le propriétaire du bateau qui a chassé revient, un anglophone, je vais lui raconter tout ce qui s’est passé. Il est si content de notre intervention qu’il nous donne une grosse bouteille de vin blanc. Il vient aussi discuter un bout avec Catherine et lui raconte qu’il est encore ébranlé, car il vient de briser sérieusement son voilier en s’échouant dans la roche dans un chenal d’entrée à Grand Bahamas et est en attente des réparations. Il a un voilier de location en attendant. Catherine le met en garde sur le fait que l’ancrage est très mauvais où ses ancres sont mouillées et qu’un cold front approche.

On va au village en après-midi pour se dégourdir les jambes avec nos amis. Aujourd’hui, le village regorge de monde et d’activités. On visite quelques sites et un musée très intéressant qui parle de l’écologie des Bahamas (tortues, queen conchs, langoustes, Nassau groupers, etc …) et de l’industrie d’éponges de mer qui était très florissante aux Bahamas dans la deuxième moitié des années 1800 et le début des années 1900. On apprend aussi que New Plymouth était le seul village des Bahamas a avoir connu du succès avec l’industrie de la pêche aux requins. Aussi, le premier a avoir été millionnaire en Floride serait natif de New Plymouth !!! On va dans un « liquor store » en fin de journée où il y a un mini-bar à même le magasin. On se fait recevoir comme des rois. Un client coloré de la place et sa femme discutent avec nous de tout et de rien et on se fait offrir des Margaritas et des hors-d’oeuvres par le propriétaire du bar. Ça vire finalement en Happy Hour et on y reste une bonne heure. On en apprend plus sur les habitudes des gens de la place.

       

       

                   

       

Paysages de New Plymouth

Eric aimerait bien avoir cet horaire de travail …

Au retour, on prend un verre du vin blanc qui nous a été offert ce matin sur FIÈRE ALLURE. Ensuite, MER ET MONDE reçoit tout le monde pour le dessert et soirée karaoké. Puisqu’on a maintenant un vrai micro, la soirée est encore plus un grand succès. Surtout pour les enfants qui se font un fun fou à chanter ensemble. Ensuite, c’est au tour des adultes après le dessert. On a bien du plaisir jusqu’à minuit.

C’est le calme plat au couché. Pas une graine de vent, NIET. Le harbour est une marre d’huile. On se demande bien où est passé le cold front annoncé pour aujourd’hui de 25-30 noeuds du nord …

À 2h30 AM, le vent se lève soudainement. On se réveille en sursaut Catherine et moi: il y a des rafales à 30-35 noeuds. Je regarde par le hublôt et je vois un voilier francais chasser à côté de nous à babord. Je donne un bon coup de corne de brûme pour les réveiller. Le bateau français est rendu dans une bien mauvaise posture: au fond de la baie, accoté à un quai privé. Catherine me passe la lumière un million de chandelles.  Je les éclaire et je vois enfin des têtes sortir. Je comprends donc que le capitaine est maintenant réveillé. Je tente de les guider avec ma lumière. Ils essaient de se réancrer, mais sans succès. Ils vont finalement s’amarrer à la marina … Pendant ce temps, Catherine s’aperçoit que notre capitaine de ce matin qui avait chassé chasse encore et elle lui envoie un coup de corne de brûme. On s’aperçoit qu’il est dans son cockpit, mais qu’il est lui aussi dans une mauvaise position, c’est-à-dire qu’il est échoué dans un haut-fond. Notre voisin de mooring de tribord prend son dinghy et va l’aider à se dépêtrer de là. Catherine appelle à la VHF nos amis à quai et c’est Benoit qui répond. Pour eux, tout va bien, mais le vent souffle fort. Il nous informe qu’un autre bateau français qui était à l’ancre a chassé proche de la marina et qu’il tente de se repositionner actuellement.

Il n’y a plus de bateau à l’ancre dans notre coin maintenant, alors ça devrait aller pour nous pour le reste de la nuit. Je prends du temps à me ré-endormir, car j’ai eu un peu d’adrénaline pour eux. On sait ce que c’est que de chasser la nuit et je m’imaginais à leur place… Les vents soufflent très forts toute la nuit et on dort léger même si on est à mooring: rafales à 30-35 noeuds .

15 Avril 2008: 5 à 7 avec les chasseurs !

Le matin, je prends la météo sur internet, on prend des nouvelles de nos copains et on se recouche jusqu’à midi puisque le vent s’est calmé.

Dans l’après-midi, je m’occupe d’aller à terre pour remplir mon réservoir et mes bidons de diesel en vue de la traversée en mer. Je croise les trois équipages qui ont chassés durant la nuit et je leur demande de leurs nouvelles. Ils sont vraiment reconnaissants d’avoir eu de l’aide et nous invitent Catherine et moi à un 5 à 7 pour nous remercier. À 16h30, je vais chercher Catherine au bateau, puis on s’entasse tous dans le carré du bateau français AMOUL SOLO pour faire la connaissance d’équipages ontariens, français et américains. C’est une véritable cacophonie à l’intérieur et il y a de la joie qui s’en dégage. On ne sait plus qui parle français et qui parle anglais parce qu’il y a beaucoup de monde, alors Catherine et moi on discute dans les deux langues en même temps. Catherine se retrouve avec plaisir pendant un moment à faire de la traduction anglais-français et français-anglais entre les équipages pour que tous le monde se comprennent, très drôle !!!  C’est toujours une expérience enrichissante ces moments-là. On voit que en tant que naviguateurs, peu importe d’où l’on vient et quelle langue on maîtrise, on est tous passionné par une même chose: la navigation. On retourne au bateau vers la brunante avec plein de crampes dans les mâchoires et le ventre.

16 Avril 2008: Dernières préparations en vue du jour J !

Je prends les prévisions météo long terme par internet et par fax ce matin.  Une fenêtre météo se confirme pour notre grande traversée du Gulf Stream vers les USA pour les prochains jours. Notre plan est de partir demain matin de Green Turtle Cay pour aller jeter l’ancre à Fox Town dans Little Abaco. Puis le lendemain, nous quitterons ce mouillage pour aller coucher à Great Sale Cay, la dernière île protégée à l’ouest des Abaco avant de se lancer dans la traversée. Cette île est à 60 milles nautiques de Green Turtle Cay. Dans trois jours, on quitte donc les Bahamas !!!

On reçoit Stéphane de FIÈRE ALLURE qui vient nous voir en dinghy ce matin. On lui sert un bon café et on pique ensemble une longue jasette jusqu’à l’heure du diner. En après-midi, Catherine et moi on va faire une épicerie afin d’avoir tout ce qu’il faut pour la traversée.

Au retour au bateau, on entreprend de finir ce qui reste à faire de notre « checklist » de préparation pour prendre la mer. On change les batteries dans les lampes de poches, on vérifie l’état de nos harnais, on arrime bien tout ce qu’il y a à arrimer sur le pont et on enlève ce qui peut être enlevé. On inverse aussi tout ce qu’il y a dans la chambre arrière pour le mettre dans la chambre avant. Il y a moins de place pour dormir dans la pince avant, mais c’est plus tranquille pour faire nos quarts de repos puisque le bruit du moteur est moins fort. Catherine prépare toute la bouffe et les grignotines pour qu’elles soit facilement accessibles durant la navigation. Quand on prend la mer, Catherine s’organise pour faire plusieurs repas d’avance afin que l’on puisse se nourrir facilement. Tout deux, on doit grignoter quelque chose environ aux deux heures quand il y a de la vague pour lutter contre le mal de mer. On ne peut d’ailleurs imaginer, si on ne l’a pas vécu, à quel point faire la cuisine à bord d’un voilier en route peut relever d’un tour de force acrobatique parfois. Il faut être parfois à la fois trapéziste, funambule ou équilibriste pour arriver simplement à se faire un bon café chaud sans s’ébouillanter ! D’autant plus lorsque le bateau gîte du côté babord (notre cuisine est du côté tribord), il est tout simplement tordant de voir Catherine essayer de faire des sandwichs tout en maintenant tranches de pain, couteau, pot de mayonnaise (et j’en passe) en place sans que le tout aille valser sur la table à carte…  Bref, on est prêt !

17 Avril 2008: Une belle journée à voile

On se lève à 6h ce matin. C’est la dernière fois qu’on a la possibilité de vérifier la météo à l’aide d’Internet avant la traversée, alors je prends toutes les informations pertinentes avant de partir. La fenêtre météo se confirme à nouveau et c’est donc un GO pour samedi en mer. YOUPPI !!! On quitte Green Turtle Cay à marée haute, soit 7h AM.

Aujourd’hui, on a 30 milles nautiques à parcourir pour aller mouiller l’ancre à Fox Town. On fait uniquement de la voile afin de ne pas dépenser nos réserves de diesel. Il fait très beau, on a un vent léger du SE et on avance en moyenne à 4 noeuds. On doit se parler à quelques occasions pour ne pas partir le moteur quand le vent refuse et que la vitesse réduit à 2.5-3 noeuds … C’est un plaisir de naviguer comme ça dans le calme tout en essayant de graver dans notre mémoire cette eau turquoise et ces derniers doux moments passés aux Bahamas.

         

Eric profite de la belle eau turquoise                          FIÈRE ALLURE pose fièrement pour nous

Voici notre petit « concon » dans la pince avant du bateau qui sert

d’air de repos

 

Notre flottille arrive à Fox Town vers 14h. On dine. On lit, on écoute de la musique, on se lave et on se repose. Catherine prépare encore un peu de bouffe: oeufs à la coque, cretons maison, etc … On relaxe en vue d’être en forme pour le passage en mer. On ne débarque pas au village pour visiter, car VICTORIA’S SECRET, qui font leurs commissions à terre, nous signale par VHF que cela n’en vaux pas vraiment la peine.

Le beau mouillage de Fox Town comporte plusieurs îles et petits îlots

18 Avril 2008: On se positionne en vue du grand départ !

À 9h AM, l’ancre est remontée. Destination: Great Sale Cay ! Il reste un dernier 30 milles nautiques à parcourir pour y parvenir. Les conditions météo sont semblables à celles d’hier et la navigation à voile seulement est tout aussi paisible. La canne à pêche est à l’eau et on espère de tout coeur pouvoir partir des Bahamas avec une belle dorade comme trophé ! Pour ce, Catherine va fouiller dans les appâts qu’il nous reste. Elle décide d’y aller en grand avec un Rapala MAGNUM qui attire tous les gros poissons: thon, marlin, wahoo, dorade, etc … En chemin, la ligne à pêche se met à dérouler très rapidement. C’est Catherine qui attrape la canne à pêche en premier et tente de resserrer le tensionneur. C’est à ce moment que la canne décroche et manque de partir à l’eau. Catherine tente de retenir la canne de toute ses forces tout en me criant à tue-tête de venir vite la prendre. Je trouve qu’elle exagère un peu et prend mon temps à sortir dans le cockpit, mais quand je reprends la canne, je constate qu’effectivement, c’est gros … très gros … Ce qui est au bout de la ligne reste au fond de l’eau et nage de gauche à droite sans arrêt. Je réussis à quelques reprises à ramener la ligne de quelques pouces, mais « la chose » tire 10 pieds de son côté à chaque fois. Finalement, je décide de le laisser se fatiguer au bout de la ligne. Au bout d’une heure de combat, le monstre tire un gros coup et la ligne se sectionne immédiatement, emportant avec lui 200 pieds de fil à pêche et notre meilleur appât qui nous a coûté 20$ … Notre hypothèse est qu’on avait peut-être un requin au bout de la ligne ?!? Est-ce une histoire de pêche ? En tout cas, la bête a gardé le contrôle de la situation tout au long et c’est pour cela qu’on pense que c’était un requin. Alors, pour la dorade, ce sera pour une autre fois !

FIÈRE ALLURE, qui a une vitesse moindre que nous, sort son beau spi dans l’après-midi durant une bonne heure pour tenter de gagner de la vitesse. C’est vraiment de toute beauté de voir cette grande voile-parachute de toute les couleurs se gonfler au vent ! À la fin de la journée, c’est finalement MER ET MONDE qui arrive à la ligne d’arrivée en premier, suivi de VICTORIA’S SECRET de près ! Bon, ok là, j’avoue que leur 35 pieds est désavantagé par vents faibles …

             

Navigation en ciseaux pour MER ET MONDE                                                FIÈRE ALLURE a vraiment une fière allure avec beau spi coloré !!!

      

VICTORIA’S SECRET tente par tous les moyens de ne pas perdre              La preuve est là : on a gagné !!! (observez Sarah-Maude qui tente

du terrain: voyez les draps de lit sortit …                                                   de gonfler le génois)

 

Il y a de la fébrilité dans l’air !

Une fois ancré pour la nuit, nous débarquons tous sur une petite plage avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE tout près du mouillage pour saluer ensemble une dernière fois les magnifiques îles des Bahamas et les remercier de nous avoir procuré tant de bonheur et d’émerveillement. On fait notre aurevoir en levant tous nos cannettes de champagne à la santé de notre belle tranche de vie aux Bahamas pour marquer ce moment émouvant. Après avoir effectué notre « rituel de passage » de groupe qui nous aidera à passer plus facilement à une autre étape de notre voyage, on retourne souper chacun de notre côté à nos bateaux.

     

L’équipage de MER ET MONDE font un dernier adieu au paradis terrestre qu’à été les Bahamas durant quatre mois ! SNIF ! SNIF !

          

La famille SECRET …                                                        … et la famille ALLURE

À 20h30, les capitaines se rassemblent sur MER ET MONDE pour la réunion des barreurs.  Toutes les cartes sont étalées sur la table du carré pour pouvoir faire des scénarios, établir notre stratégie de navigation et convenir de l’heure du départ. C’est décidé, on part. demain matin à l’aube après une bonne nuit de sommeil. C’est évident que Catherine et moi, on a jamais été aussi fébrile que maintenant avant d’effectuer une navigation et on n’en peut plus d’attendre. On a vraiment hâte de se lancer dans le Gulf Stream !!! Va-t’on réussir à dormir cette nuit ?

       

La réunion des barreurs, ou plutôt, des capitaines 10 heures avant        Quel beau dernier coucher de soleil bahamien n’est-ce pas ???

le départ

 

19-20-21 Avril 2008: 60 heures dans l’océan atlantique !!!

Le réveil sonne à 5h45 AM. On a bien dormi tous les deux et on se sent en forme, prêt à faire le grand saut ! Le départ s’effectue à 6h30 AM avec le reste de notre flotille que nous commençons à baptiser : LES JOYEUX NAUFRAGÉS. Stéphane de FIÈRE ALLURE a pris l’habitude dernièrement de nous faire jouer à la VHF le matin la chanson-thème de la télésérie de GILLIGAN. Il fait beau et on a un vent faible ce matin, soit 5 à 10 noeuds venant du SE. On lève les voiles en ciseaux, mais le moteur est nécessaire pour garder une vitesse de croisière de 5 noeuds sur le fond durant toute la journée. Nos quarts à Catherine et moi commencent dès le matin où on se relait à barre environ aux quatre heures. L’autre peut vaquer à ses occupations: lecture, sieste, bronzage sur le pont où tâches quelconques.

Catherine au lever du jour aide à lever l’ancre et les voiles avant

d’aller se recoucher !

 

On quitte le Little Bahama Bank de même que son eau turquoise par le Matanilla Shoal vers 17h pour gagner le détroit de Floride. On doit faire environ 20 milles nautiques avec un cap WNW avant de pouvoir profiter de la force de courant du Gulf Stream (jusqu’à 3.5 noeuds en son centre !). On change ensuite de cap pour se diriger plein N en se laissant porter par le courant. Le vent quant à lui vire au S tout en soufflant à 10-15 noeuds et on garde les voiles en ciseaux. Le moteur est éteint et on file à une vitesse respectable de 7-8 noeuds, YOUPPI !!!  Quand le soleil se couche, la lune prend le relais aussitôt et brille de toute sa splendeur et ce, pour toute la nuit: c’est la pleine lune ! Comme on est chanceux ! On peut donc bien voir la houle et les vagues de même que le pont du bateau briller. Au cours de la nuit, Catherine constate que notre vitesse augmente à 8-9 noeuds !!! En surfant, le GPS enregistre même une pointe à 12.4 noeuds, et ce toujours en navigant à voile en ciseaux !!! En milieu de nuit, le vent vire un peu au SW et forci à 15-20 noeuds, tandis que la vague est d’environ 4 pieds. On a l’impression que le bateau se déplace trop vite: il dépasse sa vitesse de coque et devient mal équilibré et instable. On change donc d’allure pour le grand large. On perd un peu de vitesse, environ un noeud, mais le bateau redevient plus stable. À la fin de la nuit, le génois dégonfle tout le temps et fait du bruit pour Catherine qui dort, alors j’enroule le génois. On ne fonctionne plus qu’avec la grand-voile jusqu’à l’aube. On roule tout de même à 8 noeuds !

       

Au coucher du soleil, on croise un paquebot-voilier: du jamais vu !           Lever de lune dans le Gulf Stream: c’est comme dans un rêve !!!

Lorsque le soleil se lève, le vent vire à l’W et forcit à 20 noeuds. On constate aussi que la vague monte à 6-8 pieds de hauteur. On reçoit la vague sur le babord arrière, ce qui fait « surfer » le bateau dans la vague de gauche à droite et rend l’intérieur moins confortable …. On doit prendre deux ris puis trois dans la grand-voile et sortir le génois avec deux ris pour que le bateau se comporte mieux. Heureusement qu’au bout de 24 heures, Catherine et moi, on se sent amariné et on n’a pas de mal de mer ni un ni l’autre ! Une vague sur 10 nous semble plus grosse et semble vouloir déferler. Certaines se cassent sur la coque et pousse latéralement le bateau, ce qui fait un bruit infernal à l’intérieur: difficile de dormir dans la pince avec tout ce brasse-camarade ! Il faut « essayer » de dormir sur le dos et il faut s’entourer de coussins tout autour de nous pour ne pas rouler dans le lit ! Desfois, on lève même de quelques pouces dans les airs … Le spectacle que nous offre les vagues du Gulf Stream nous impressionne vraiment ce matin. On devient pendant quelques heures à la fois fasciné, et à la fois nerveux …   On se demande quand la vague va arrêter de se gonfler … On se dit que ce n’est vraiment pas un terrain de jeu ici, ni une place pour les débutants. Nous avons de belles conditions et nous sommes très impressionnés, alors qu’est-ce que ça doit être lorsqu’il y a des vents du nord ou même lorsqu’il y a une tempête ici ???  On écoute la météo de la côte est par VHF et je regarde mes fax météo. La force du vent est supposée réduire en cours de matinée, OUF ! On se sent rassuré. Un frond froid doit arriver dans 24 heures, alors nous pouvons progresser encore. SURPRISE sur l’heure du diner !!! Le vent tourne au NW et souffle à 15 noeuds … Que se passe-t-il ??? Le front froid arrive-t-il plus vite que prévu ??? On réécoute tous les postes météo WX sur la VHF et les prévisions ne sont pas changées. Mais pourquoi ce vent du nord ? Il n’y a pas de grain en vue. Nous savons tous que le Gulf Stream peut être intraitable par vent du nord à partir de 12 noeuds. On décide alors d’un commun accord avec les deux autres équipages d’y aller pour la prudence et on change notre cap, passant du franc nord à l’ouest afin de sortir de l’effet du courant du Gulf Stream en direction de la côte est des USA. Vers l’heure du souper, on pert l’avantage du courant et le calme plat s’installe. Le vent revire à l’W … Est-ce qu’on aurait pu ou dû continuer encore dans le Gulf un peu ? Personne ne le saura jamais ! Donc, ce détour change quelque peu notre destination espérée au départ … On décide de prendre l’inlet de Brunswick en Géorgie classé « A » et, si nos calculs sont bons, nous gagerons la terre demain en après-midi. On pourra aller se reposer dans une marina et laisser passer le front froid. On annonce trois jours de beaux temps par la suite …

MER ET MONDE au lever de soleil: WOW !!!

On termine le trajet à voile et moteur avec des vents faibles provenant toujours de l’W. On passe une autre nuit étoilée grâce à la présence de la lune presque pleine. Catherine et moi, on réussit à dormir un bon huit heures cumulés chacun au cours de la nuit. On a l’impression qu’on aurait pu tenir le coup encore plusieurs jours à naviguer comme ça. On sait maintenant qu’on arrive à s’adapter au rythme particulier d’une longue navigation en continue par beau temps. Quand la mer est bonne avec nous, on voudrait que ça ne s’arrête jamais jamais …

Il faut passer toutes les oranges avant d’arriver aux État-Unis :

les douanes !!!

 

On entre dans l’inlet de Brunswick sans histoire et en forme. Une belle navigation de 60 heures et de 344 milles nautiques avec une vitesse moyenne de 6 noeuds dans l’océan atlantique, c’est vraiment fantastique !!! On est tellement fière de nous ! On a vraiment dépassé nos objectifs  fixés au départ de notre voyage. Quelle satisfaction d’avoir repoussé nos limites ! Et on se sent préviligié d’avoir navigué avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE avec qui on s’est senti en confiance. Aussitôt arrivé à la Brunswick Landing Marina, on rencontre les douaniers qui se déplacent à nos bateaux. On baigne dans la chance !!! Notre douanier a un âge respectable de 81 ans et est très gentil. Aucune fouille, très peu de question et plusieurs blagues plus tard, le douanier nous quitte et on est soulagé. On est maintenant libre de circuler sur les terres des États-Unis d’Amérique ! Nous les douanes, ça nous rend toujours nerveux, même si on a rien à se reprocher.

          

Après 60 heures de navigation, on rentre les              Le pont à l’entrée de Brunswick

voiles                                    

 

TERRE, TERRE !!!!!!!!

Après une bonne et lonnnnngue douche chaude, on fête notre réussite avec nos copains. Une bonne bière et des pizzas commandées chez Domino, rien de mieux ! La marina, qui est bien organisée, possède des salles communautaires climatisées et c’est dans l’une d’elles qu’on fini la soirée. On est tous surexcité, mais la fatigue finit par nous gagner et on va tous se coucher à minuit. Le sommeil est très très profond …

Dégustation de bières et pizzas à la salle communautaire de la marina:

quel plaisir !!!

 

P.S. Une carte de notre trajet  effectué est inséré dans l’onglet « Journal de bord » au bas de la page.

22 Avril 2008: Le retour en Amérique du nord !

Nous avons dormit Catherine et moi comme des bébés et ce, sans se réveiller une seule fois, de minuit à 11h du matin. On se lève en pleine forme ! On consate qu’il n’y a pas beaucoup de différence de température d’avec les Bahamas pour le moment et on en est bien content ! Aujourd’hui, on décide de profiter de la journée et des facilités de la marina pour faire plein de petit travaux. Premièrement, on a de la bonne eau potable gratuite !!! On est maintenant conscient à quel point cette eau est précieuse. Catherine est aux anges, elle qui a souffert plus que moi de la qualité de l’eau durant nos quatre mois passé aux Bahamas. En effet, l’eau consommable des Bahamas est de l’eau salée traitée par un processus d’osmose inversée. Ce processus laisse un goût désagréable à l’eau et enlève aussi malheureusement les bons nutriments essentiels à notre santé. À cause de cela, il faut boire beaucoup plus d’eau pour se sentir hydraté. On peut bien sûr trouver de l’eau en bouteille, mais elle se vend hord de prix … Je change donc toute l’eau des réservoirs et des bidons pour de la bonne eau neuve. Je lave aussi tout l’extérieur du bateau en enlevant tout le sel de mer partout, partout. Je remplis même mon réservoir septique d’eau pour donner plus de poids à la proue du bateau, car depuis qu’on a inversé les chambres avant et arrière pour les dodos en mer, le bateau est devenu mal équilibré. Ensuite, je pose le « Y valve » pour la toilette. Pendant quatre mois aux Bahamas, on a pu envoyer notre toilette directement à la mer, mais de retour aux USA, il faut se reconformer à leurs lois. De son côté, Catherine fait de nombreux va-et-viens du bateau à la buandrie pour faire des brassées de lavage. Elle lave tout ce qu’on a, y compris les cousins et les couvertures, tout ! Ça fait du bien et ça sent bon !

MER ET MONDE se fait refaire une beauté à la marina de Brunswick

On a la chance en après-midi de voir un « manathee » de proche et même de le toucher !!! Le manathee, qui s’appelle lamantin en français, est un mammifère gris, innofensif, qui vit dans l’eau. On en trouve beaucoup sur la côte sud-est des USA. Il a un nez qui ressemble un peu à une trompe d’éléphant et a une queue qui fait penser à celle du castor. Il est herbivore et c’est pourquoi il est surnommé « vache de mer ». C’est une espèce menacée, car ils sont fréquemment blessés par les bateaux ou pris dans des filets de pêche. Les lamantins sont très curieux et affectueux. Ils aiment se faire toucher et ils se tournent sur le dos pour se faire gratter la bedaine, ce que Catherine et Benoit ont la chance de faire avec plaisir ! Le notre broute un peu d’algues en dessous du bateau de VICTORIA’S SECRET avant de repartir.

     

Un lamantin vient nous rendre visite: il est très chatouilleux !

En fin d’après-midi, on va aux commissions avec les autres équipages. On doit recommencer à marcher de bonnes distances à pied pour avoir accès aux différents services. On s’arrête d’abord au West Marine où on veut tout acheter et on va faire ensuite une épicerie, où encore là, on veut de tout. Quel choc on a tous de voir l’abondance et le choix de nouriture devant nos yeux !!! De vrais fous ! Surexcités, on court partout dans les allées et surtout devant le comptoir des  fruits et légumes. On aurait aimé avoir une caméra vidéo pour retenir ce moment très particulier qui ne peut être vraiment compris que par ceux qui ont déjà vécu la privation. Les clients de l’épicerie se demandent vraiment ce qui nous arrive: des touristes parlant français et riant aux éclats en pointant tous les aliments qu’ils rencontre !!! On donne un véritable « show » pendant une bonne demie-heure. Après, on arrive à se calmer un peu et on réussit à ne pas tout acheter ce qui nous tombe sous la main. On se prend de quoi se faire un bon souper pour ce soir: de beaux gros steaks, salade césar, crevettes et une douzaine de beignes pour dessert qu’on partagera tous ensemble.

La flotille des JOYEUX NAUFRAGÉS se rassemblent encore une fois à la salle communautaire de la marina à la fin de la journée pour se faire un barbecue. On passe une autre belle soirée à partager notre excitation d’être revenu en amérique ! On se rend compte de ce qui nous a manqué le plus aux Bahamas: eau de même que fruits et légumes frais.

23 Avril 2008: Encore des petit travaux à Brunswick

Le matin, on va courir à 8h30 AM Benoit, Stéphane et moi. On va jusqu’au West Marine qui est à 1.5 kilomètre pour aller chercher une pièce que j’ai commandé hier: un combinateur de batteries. Ça fait quatre mois que j’en cherchais un aux Bahamas et je n’en avais pas trouvé. On va ensuite déjeuner au McDo et on revient au bateau vers 11h AM. Catherine, elle, fini tout son lavage et son séchage. Ensuite, je pose mon combinateur de batteries. Pour leur part, FIÈRE ALLURE fait de l’époxy, tandis que VICTORIA’S SECRET pose sa toilette neuve.

Nous larguons tous les amarres vers 15h pour se déplacer au mouillage de Fort Frederica à une quinzaine de milles plus au nord. On y découvre le paysage de la Géorgie avec ces marécages, ses alligators et ces arbres géants bien fournis, paysage qu’on peut retrouver dans le film de FORREST GUMP avec Tom Hanks. Le mouillage est tout simplement superbe, il y a une agréable odeur de fleurs et de verdure qui flotte dans les airs, on entend plein d’oiseaux et on voit un raton-laveur se laver les pattes sur le bord de l’eau. Tous nos sens sont en éveil, car nous avons été privé de paysage en hauteur, d’odeurs et de faune aux Bahamas et c’est agréable de les retrouver.

      

Mylène de FIÈRE ALLURE à la barre franche                                               Notre superbe mouillage en nature à Fort Frederica

Catherine concocte un bon souper: spaghetti aux légumes frais avec pesto et parmesan frais, notre nouvelle recette préférée, apprise de l’équipage de SOLUNA. On lève d’ailleurs notre verre à SOLUNA qui terminait leur voyage en voilier aujourd’hui au Lac Champlain: bon retour SOLUNA !

On lève notre verre à nos amis SOLUNA qui finissent leur voyage

24 Avril 2008: Visite du parc de Fort Frederica

En posant mon combinateur de batteries, j’ai perdu l’alimention automatique de mon fan d’aération moteur et de mon compteur d’heures moteur quand le moteur tourne. Ce que je veux, c’est qu’ils fonctionnent en même temps que le moteur tourne. Ce matin, je dois trouver un moyen de les reconnecter. En passant un fil, je trouve un autre moyen de m’alimenter automatiquement quand le moteur est en marche. Et comme d’habitude, passer un fil dans un bateau, c’est pas évident … Vers midi, je réussis enfin. Comme d’habitude, Catherine et Benoit planifient la navigation ensemble de leur côté pour le prochain passage en mer et choisissent l’inlet de sortie. C’est pas nécessairement évident, car à part une liste sommaire des inlets classés « A » dans le dernier annexe du Skipper Bob: Anchorage along the Intacostal Waterway, ils n’ont aucune documentation sur les inlets. En effet, les trois Waterway Guide de la côte Est procurent uniquement de l’information sur la navigation à l’intérieur des terres. On sait que les inlets sont parfois imprévisibles. Avoir su qu’on ferait autant de passages en mer, Catherine aurait bien aimé s’être procurée le Inlet Chartbook: Southeastern United States de Steeve Dodge, document qu’elle n’a pas trouvé en route. Ce sera pour une autre fois !

Catherine prépare un lunch et, aussitôt mon travail terminé, on débarque à terre avec les deux autres équipages pour aller se promener dans le parc historique de Fort Frederica.

On fait une course de dinghy avec FIÈRE ALLURE !!!

Nous commençons d’abord par pique-niquer sous les beaux grands arbres du parc. On est entouré de verdure, de chants d’oiseaux et de senteurs de toutes sortes: comme c’est agréable ! Nous allons voir ensuite les vestiges des installations, mais c’est plutôt décevant de ce côté-là. Il ne reste que certaines fondations et il faut imaginer le reste …  Nous dégourdir les jambes et être en pleine nature et ce, en bonne compagnie, a tout de même comblé notre après-midi.

   

   

   

 Un très bel après-midi passé au parc historique de Fort Frederica avec VICTORIA’S SECRET et FIÈRE ALLURE

Le soir, alors qu’on était en train de souper dans le cockpit, on voit au loin quelque chose monter dans le ciel à toute allure. On pense immédiatement tous les deux à la navette spaciale qui était supposer décoller aujourd’hui, le 24 avril, de Cap Canaveral. Ce décollage avait été remis déjà à plusieurs reprises durant notre voyage. Cette fois-ci, ça y est !!! Catherine se dépêche d’aller chercher l’appareil photo. On est ben énervé. La navette monte, monte, monte … pour ensuite se stabiliser et voler au-dessus de notre tête … OUPS … Ce sera encore pour une autre fois !!!

   

Notre « navette spatiale » …                                   … OUPS …

C’est la belle n’est-ce pas ?

25 et 26 Avril 2008: Direction Charleston en passant par la mer

On quitte notre site de mouillage enchanteur ce matin à 8h30 AM avec comme destination Charleston en Caroline du sud. On roule d’abord 15 milles statuaire dans les marécages de l’intracostal. On aperçoit au passage une bonne dizaine d’alligators qui se tiennent sur le bord de l’eau et qui nous surveillent d’un oeil. Ça donne un peu froid dans le dos ! Ensuite, on prend la direction de l’inlet de Dobey Sound. Tout ce passe bien et il y a assez d’eau sous la quille, même si il n’y a que 7 pieds d’eau à marée basse à un certain endroit à la sortie. Bon, c’est fait ! On dit un beau bonjour à la Géorgie en sortant et on est bien content d’avoir eu un bain de nature.

      

OH! OH! … Un alligator …                                                                               Paysage des marais de l’Intracostal en Géorgie

Une belle petite houle de mer nous attend au large pour nous bercer. Il fait beau et chaud, on a un vent du S-SE de 10-15 noeuds et on peut faire tantôt de la voile, tantôt de la voile-moteur. La nuit nous plonge dans le noir sans la brillance de sa lune, mais la mer est calme et nous permet de récupérer à tour de rôle.

     

La flotille des JOYEUX NAUFRAGÉS en mer                                                On aperçoit VICTORIA’S SECRET alors que le soleil se prépare à

                                                                                                                          se coucher

 

Coucher de soleil en mer capté par VICTORIA’ SECRET

Durant le trajet, je vois des gros bancs de raies.  Je vois environ 10 bancs d’une quinzaine de raies à chaque fois et ce, sur une période de 3-4 heures. Incroyable, non !!! Malheureusement, Catherine dort à poings fermés, mais je tente de prendre des photos. Je me demande bien quel est ce comportement. Peut-être font-ils une migration ou chassent-ils en groupe ???  Catherine a de son côté la chance d’avoir la visite de dauphins à l’étrave qui lui tiennent compagnie un bout de temps. Après une navigation de 25 heures sans anicroche, 142 milles nautiques et une vitesse moyenne de 5.5 noeuds, on arrive à Charleston vers 9h du matin. On va se remplir de diesel à la City Marina et ensuite, on s’ancre en face de la marina dans Ashley River. Le mouillage en est un de beau temps, mais pour le moment, les conditions météos nous permettent de nous installer ici.

      

Des bancs de raies se déplacent vers le nord …                                            … Très impressionnant, non ?       

On fait une petite sieste pour récupérer et on débarque à terre en amoureux vers les 14h après avoir diné. Cette ville est absolument MAGNIFIQUE !!! On se dirige vers le « Downtown » en gambadant dans les rues et en se promenant avec un esprit de voyageur. Les rues sont remplies de superbes boutiques de toutes sortes et de resto-bar-terrasses. On est samedi et il y a de l’ambiance dans l’air. On remarque rapidement que c’est une ville très chic, propre et où tous le monde est beau et bien habillé. Aux États-Unis, on a maintenant de la difficulté à dire si l’on préfère la ville de St-Augustine ou celle de Charleston … Avec notre VHF portative, on réussit à contacter nos amis et on se retrouve pour le souper dans un super beau bistro-terrasse qui sert de la bière microbrassée. On déguste plusieurs sortes de bières et on mange des côtes levées. Après s’être tous empifrés, on marche dans les rues pour faire descendre le tout. Certaines boutiques sont encore ouvertes et les filles en profitent bien sûr pour se remplir les yeux. Puis, on retourne au bateau vers 22h00. On remarque que les rues et les maisons sont toutes éclairées avec des lanternes de style ancien au gaz, ce qui donne un aspect vraiment mystérieux à la ville. Quelle journée magnifique dans cette charmante ville qui respire la mer !!!

          

La bande des JOYEUX NAUFRAGÉS à Charleston      Dégustation de bières microbrassées dans un bistro-terrasse du

                                                                                         Downtown de Charleston

 

27 Avril 2008: Poursuite de la visite de Charleston

Catherine et moi, on retourne explorer Charleston de 13h à 15h. Catherine veut prendre quelques photos de certaines maisons aujourd’hui. On croise une demoiselle qui a deux magnifiques chiens et Catherine va lui parler tout en flattant son golden retriever et son labrador noir. Comme notre chienne Maggie nous manque !!! En jasant avec elle, celle-ci nous indique la rue où l’on peut retrouver les plus belles maisons de la ville qui est tout près d’ici et un parc à visiter sur le bord de l’eau. On s’y rend donc et on tombe malade tellement le quartier résidentiel est beau. Le style des maisons de Charleston nous fait un peu penser au quartier anglais dans Arvida au Saguenay, mais les résidences sont plus luxueuses ici. WOW !!! On veut venir s’installer ici et on veut acheter toutes les maisons que l’on voit !!! Comme il a l’air de faire bon vivre ici ! Charleston est un endroit qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie !

          

      

              

            

Voici de très belles résidences et de beaux jardins à Charleston … On veut toutes les acheter !!!

On veut être à Goergetown pour demain, toujours en Caroline du sud. On lève l’ancre à 16h pour faire une quinzaine de milles statuaires dans l’Intracostal. On prend donc de l’avance pour avoir une moins grosse journée de navigation à faire demain. Il nous restera 50 milles statuaires à parcourir. On ancre pour la nuit dans une « unnamed creek » près du mille statuaire 455 soit, en plein milieu de nulle part dans les marécages. C’est la première fois qu’on trouve qu’on est autant au millieu de nulle part … Il n’y a rien à faire et n’y rien à voir ici … pas un arbre, pas une maison, que de la vase, de l’herbe et des alligators … La protection contre le vent est aussi assez douteuse, mais pour le moment, les vents ne sont pas trop forts.

28 Avril 2008: Journée maussade dans l’Intracostal en Caroline du sud

Ce matin, on lève l’ancre à 8h AM dans une température très maussade : nuageux, pluvieux et très froid. On doit sortir les mitaines, la tuque et le chandail chaud. On sent bien maintenant la différence de température avec les Bahamas et ça nous donne un choc … Et oui, la chaleur du sud est maintenant derrière nous ! Aussitôt partis, VICTORIA’S SECRET s’échoue dans la vase. Avec leur quille à aillettes, il est bien difficile de se déprendre … On tente à plusieurs reprises de le remorquer en le tirant avec une amarre, mais sans succès. On décide finalement tous ensemble d’attendre la marée montante et on s’ancre proche d’eux. FIÈRE ALLURE fait de même. Les remorqueurs de BOAT US sont appellés au cas où. Vers 9h30 AM, VICTORIA’S SECRET se déprend finalement tout seul et on reprend la route.

VICTORIA’S SECRET échoué dans l’Intracostal …

On roule dans l’Intracostal toute la journée. Ça demande constamment de la vigilance pour ne pas s’échouer ou éviter des obstacles et on s’ennuie de la navigation en mer dans ce temps-là. On décide finalement de s’ancrer vers 16h au mouillage de Minnim Creek, un peu avant Georgetown. On annonce un cold front pour cette nuit et on préfère le passer ici plutôt qu’à Georgetown, puisque l’ancrage n’y est pas très solide (vase molle). En fin de journée, je vais aider VICTORIA’S SECRET à solutionner son problème de gouvernail. Ensuite, je vais voir FIÈRE ALLURE pour le conseiller pour son problème de transmission qui va de mal en pis et on convient de refaire des tests quand son moteur sera froid. Catherine fait sa super recette de Guacamole qu’elle partage avec les autres. Ça console après une journée comme aujourd’hui, n’est-ce pas ? Le chauffage au diésel marche à plein régime pour toute la nuit …

Scène fréquente lors de navigation dans l’Intracostal

29 Avril 2008: Fondue chinoise à Georgetown

Ce matin, on se réveille à 9h AM après une belle et longue nuit de sommeil. On regarde dehors par les hublots et … OUPS !,  nos amis sont en train de lever l’ancre … On leur parle à la radio VHF et ils nous disent que ça fait plus d’une heure qu’ils essaient de nous prévenir qu’ils veulent partir … On leur dit qu’on est désolé, de ne pas nous attendre et qu’on va les rattraper à Goergetown. Catherine et moi, quand le cadran n’est pas programmé, on peut dormir trrrès longtemps … Mais, quand on a un rendez-vous, on met le cadran et OP ! On est toujours les premiers prêts ! C’est comme ça !

On lève l’ancre vers 10h, toujours avec tuques et mitaines. Avec ces vents du nord, la température a drastiquement baissée depuis deux jours … On arrive au mouillage de Georgetown après trois heures de navigation. On s’ancre exactement en face de l’horloge comme le recommande Skipper Bob. On décide de mouiller deux ancres « à la bahamienne » (à 180°), car il y a des bateaux à mooring autour de nous. On débarque à terre après diner vers 14h30 à la recherche d’un cable-rallonge USB et d’un tuyau pour le drain de cockpit qui fuit. Catherine a une épicerie à faire de son côté. On retrouve les deux autres équipages en ville. Catherine trouve les filles à l’épicerie et je croise les capitaines dans un Radio Shack où je trouve mon cable USB. Au chemin du retour, je réussis aussi à trouver tout ce qu’il me faut pour faire la réparation de mon drain de cockpit.

     

Sans commentaire …                                               OUPS, MER ET MONDE aura encore besoin d’un bon nettoyage !

Une belle résidence typique de la ville de Goergetown !

Ce soir, FIÈRE ALLURE nous invite avec VICTORIA’S SECRET à souper à bord de leur 27 pieds pour une fondue chinoise. Il y a du rosbif et du poulet coupés minces par Mylène (il n’y a pas de viande à fondue aux USA !?!), des crevettes, des saucisses, des légumes, des fromages, du riz et du pain frais. Le tout, bien arrosé de vin rouge et de Nassau Royal et ce, en excellente compagnie. Hummm, Quel festin après avoir mangé plusieurs mois des conserves …

            

Fondue chinoise sur FIÈRE ALLURE: très belle soirée !!!                           Les enfants mangent aussi leur fondue dehors dans le cockpit

30 Avril 2008: Il faut dire aurevoir à FIÈRE ALLURE, SNIF, SNIF !!!

Ce matin, je travaille sur mon drain de cockpit jusqu’à 13h. La réparation me satisfait et pourra être permanente, selon moi. Il ne devrait plus y avoir d’eau qui s’introduit dans la chambre arrière quand on navigue à partir de maintenant …

Ensuite, je vais voir FIÈRE ALLURE pour son problème d’hélice et de transmission. On examine ensemble le problème et on confirme que le lousse vient de l’hélice en découplant le « cuppling » de transmission. FIÈRE ALLURE n’a pas le choix: il faut qu’il sorte le bateau de l’eau. De toute façon, il n’est même pas pensable ici de plonger à cause de l’eau opaque très polluée et des alligators (il y a des pancartes partout indiquant de ne pas nourrir les alligators ici) … Heureusement, il y a une marina en face du mouillage de FIÈRE ALLURE avec tous les services dont il a besoin. Le bateau sort donc de l’eau dès 14h30 et il est déposé sur des pattes. SURPRISE !!!, le « shaft » est mangé, le « cutless bering » est fini et l’hélice est « slaque » comme prévu. C’est majeur ! Il faut qu’il commande les pièces. C’est donc cale sèche pour FIÈRE ALLURE pour au moins une semaine … Les fière alluriens sont un peu démontés, mais demeure tout de même positifs.

De notre côté, on décide avec VICTORIA’S SECRET de poursuivre notre route tel que prévu demain matin. Une belle fenêtre météo se pointe pour demain pour prendre la mer, avec comme destination, Beaufort en Caroline du Nord. Il y a beaucoup d’imprévus pour FIÈRE ALLURE et ça peut être long avant qu’ils se remettent à flot. VICTORIA’S SECRET, avec une date précise de fin de voyage qui arrive sous peu, ne peut se permettre d’attendre. C’est une dure et triste décision à prendre, car on aime beaucoup FIÈRE ALLURE avec qui ont formait la belle flotille des JOYEUX NAUFRAGÉS. Les affinités étaient présentes dès le début et la complicité était bien s’installée. Pour ce qui est de l’équipage de MER ET MONDE, on se console en se disant qu’ils vont réussir à nous rattraper, puisqu’on va s’attarder dans la Cheasapake Bay quelques temps pour aller visiter Washington. MER ET MONDE reçoit tout le monde vers 20h30 pour un café-dessert pour se dire: CE N’EST QU’UN AUREVOIR !!! SNIF ! SNIF !

« Ce n’est qu’un aurevoir » pour FIÈRE ALLURE !!!

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