Archive de septembre, 2010

Désabillage de Mer et Monde

par le 27 Sep, 2010, catégorie Journal de bord 2010

Aujourd’hui en finissant de travailler, je suis aller faire un premier tour de préparation de l’hivernage de Mer et Monde.

– Enlever l’eau de la plomberie, réservoir eau froide, pompe, réservoire eau chaude

– Enlever l’eau de refroidissement du moteur

– Enlever le Génois

– Enlever le dinghy (Demi-Portion) et son moteur hors bord

– Enlever les choses extérieurs (défenses, amarres, corde d’attrape, boué de sauvetage, canne à pêche)

– Vider et déconnecté le réfrigérateur

– Ramasser les habits de pluie et les bottes

– Enlever la roue de conduite

Et j’en oubli surement.

Bref un voyage plein de pickup que j’ai amené à la maison et serré.

Demain on fera un second voyage.

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Amuleto

par le 27 Sep, 2010, catégorie Equipages: en projet

Voilier Amuleto de Québec

Sur un manifique voilier de 37 pieds en préparation pour un futur voyage

Leur site www.amuleto.ca

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Albums Photos

par le 26 Sep, 2010, catégorie Albums Photos

Cliquer sur la photo pour voir tout l’album

Et si ça ne marche pas, c’est qu’il vous manque ça: http://get.adobe.com/fr/flashplayer/

Album des lever et coucher de soleil et de lune voyage 2007-2008

Album des paysages voyage 2007-2008

Album nos amis du voyage 2007-2008

Album équipages du voyage 2007-2008

Album des animaux du voyage 2007-2008

Album La pêche voyage 2007-2008

Vie quotidienne voyage 2007-2008

Les bahamiens voyage 2007-2008

Les attraits touristiques voyage 2007-2008

Les écluses voyage 2007-2008

Album Le bateau

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Sortie de l’eau Samedi le 25 sept

par le 25 Sep, 2010, catégorie Journal de bord 2010

Mer et Monde est sur son ber sortie de l’eau!

Après une journée pluvieuse et maussade, mais des vents et courant favorable, nous avons passer devant le centre St-Martin de Chicoutimi exactement quand il finissait leur dernier sortie de bateau. On a communiquer avec eux et ont leur a demandé s’il était partant pour un autre bateau, que ça leur en ferait moins pour demain dimanche. Ils ont dit oui. On était super content. La sortie a bien été. Ce fut une grosse journée.

Il restera à hiverner Mer et Monde pour l’hiver.

Bonne fin de semaine à tous.

Eric et Catherine

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Sujet libre

par le 03 Sep, 2010, catégorie Sujet libre

Bonjour,

Laisser nous une petite trace de votre passage et vos commentaires.

Nous travaillons sur la nouvelle peau de notre site web. Cela est en constante évolution de ces temps ci.

Nous espérons que vous aimerez.

A suivre…

Eric

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Nos vacances 2010

par le 03 Sep, 2010, catégorie Journal de bord 2010

Journal de bord: Vacances d’été 2010

Du 8 au 12 Aout 2010:  Un début de vacances sur le Fjord du Saguenay

Nous voici enfin en vacances après une période de deux ans sans trop de répit pour nous. En effet,  depuis notre retour de voyage aux Bahamas à l’été 2008, c’est nos premières vacances annuelles sur notre voilier Mer et Monde II. Nos vacances à l’été 2009 d’une durée d’un mois n’ont pu avoir lieu à cause d’un événement soudain: Catherine a dû être hospitalisée le jour même du départ prévu, puis opérée d’urgence à l’hôpital de Chicoutimi le 11 aôut 2009. S’en ait suivi une période de convalescence de plusieurs mois… On était prêt pour l’aventure, alors on en a eu, mais c’est pas le genre de surprises auxquelles on s’attendait…

Donc, le dimanche 8 août de cette année, on se reprend ! Nous embarquons donc tous nos bagages sur Mer et Monde II et nous partons pour Baie-Éternité. Arrivés à Baie-Éternité, les sept tangons sont utilisés. Il y a même trois ou quatre bateaux à l’ancre, ce qui est assez inhabituel. C’est encore le « peak » des vacances d’été et il y a beaucoup d’équipage sur le Saguenay cette année. Nous avons le goût de nous reposer pendant quelques jours pour décompresser, donc trouver un bon mouillage est de rigueur. Aller à l’ancrage dans cette baie est peu sûr et ça ne nous dit rien. Il se fait tard et on n’a pas d’autre choix que de se rendre à l’Anse St-Etienne qui nécessite trois heures de navigation. Il va faire noir dans une demie-heure, mais on connaît bien ce secteur. On opte pour la sécurité et la tranquilité d’esprit. Au diable la fatigue, on est en vacances et on aura tout notre temps pour se reposer une autre fois. Cap sur l’Anse St-Etienne !!! Catherine va roupiller au cours du trajet. Je lui dis que je la réveillerai pour mouiller l’ancre à notre arrivée.

Baie-Éternité: notre paradis Le Marie-Clarisse du Bassin Louise à Québec passe l’été dans le Saguenay comme bateau-école

On laisse donc derrière nous Baie-Éternité, Anse St-Jean, Petit-Saguenay, Ile St-Louis, Baie Ste-Margerite, Sacré-Coeur pour arriver à un de notre mouillage préféré de l’Anse St-Étienne. Bien sûr, il fait noir et le radar est de rigueur. Mais on a notre point GPS nous indiquant où jeter « la pioche », alors aucune difficulté pour se mettre au mouillage de nuit à cet endroit. Je vais pour réveiller Catherine, mais elle dort à poings fermés. Je la secoue un peu pour voir, mais elle est vraiment dans un sommeil profond. Je me dis: pourquoi pas ! Je tente le coup seul ! Ce que je fais et cela se passe bien. J’éteins le moteur à 23h30.

Nous avons passer plusieurs jours à l’Anse St-Étienne. C’est vraiment magnifique lorsque la marée est basse. La plage de sable et d’argile s’étend sur environ 1/2 mille de large par 2 milles de long. On lit des romans sans arrêt, on mange, on écoute des films et des séries sur le portable, on prend des marches sur la plage et on fait les sentiers du coin. On a que du beau temps, mais pas assez pour sortir les costumes de bain…. Tous les soirs avant d’aller se coucher, on regarde sans se lasser les étoiles dans le ciel, tout deux étendus sur le pont. Le ciel est tellement clair puisqu’il  n’y a pas de pollution lumineuse. Ça tombe bien, c’est la période des perséïdes et on peut percevoir des dizaines d’étoiles filantes par heure. Le tout agrémenté par les sons des bélugas qui s’approchent du voilier. Ces trois jours nous font décrocher au maximun ….

Eric, content d’être enfin en                                                               Catherine avec ses lulus !

Jeudi, il nous prend le goût de s’installer dans une baie où on a jamais ancré auparavant. La preuve qu’on connaît jamais bien assez notre coin de pays! Bref, une très belle découverte pour nous. L’aventure commence à surgir en nous tranquillement. Il reste qu’on est encore sur notre territoire et qu’il fait beau. On décide d’aller à l’Anse-à-Gagnon près de l’île St-Barthélymie, proche de l’île St-Louis. Il faut mettre plus d’une ancre et s’embosser aussi avec un cordeau d’ancre sur un arbre. On a du temps et ça nous rappelle certains mouillages particuliers aux Bahamas. Par exemple, à la baie pleine de mini-moustiques carnivores: No See Him Harbour, on s’était embossé à deux arbres (un à l’avant et un à l’arrière du voilier) . À marée haute à l’Anse-à-Gagnon, il y a une baie qui est crée par une rivère qui va assez loin entre deux montagnes.

Eric qui organise l’embossage (cordeau d’ancre ammaré sur terre) à l’Anse à Gagnon

Le lendemain en faisant la vaiselle, on s’aperçoit qu’on a plus d’eau. Catherine m’affirme qu’on a plus de vivres fraîches non plus, qu’on a besoin d’une bonne douche et qu’il faudrait faire du lavage. Je me rappelle de mon côté qu’on a plus de diesel et plus d’essence non plus pour la génératrice et le hors-bord. Bref, on a besoin de se ravitailler. Cap sur l’Anse St-Jean (notre marina …) !

Avec notre auto qui est stationnée à notre marina, c’est facile pour nous de tout faire rapidement puisqu’on connaît les lieux. On dédie donc cette journée à s’approvisionner de toute part pour environ une semaine. Et nous repartons le soir-même pour aller ancrer tout près de notre marina dans le fond de la baie de l’Anse St-Jean. On avait jamais essayé d’ancrer à cet endroit… Très bon site d’ancrage avec un bon fond, mais bonne protection des vents d’ouest seulement…

13 au 17 Aout 2010  Retour dans l’estuaire du fleuve St-Laurent !

Affronter le fleuve St-Laurent à nouveau était une étape importante pour nous deux. On s’est lancé lundi le 16 août et on en est très fier. Pourquoi c’était important pour nous ? Parce que le fleuve est notre référence, là où l’on a appris à naviguer, là où notre passion est née. C’est à cause des paysages grandioses et des mammifères marins qu’on peut observer plus que n’importe où ailleurs. Chaque été, c’est notre défi de naviguer quelques semaines sur le fleuve ! Le fleuve St-Laurent, c’est un territoire hostile, froid, imposant et ça prend une dose de courage pour y naviguer. Planifier la navigation entre Québec et les Maritimes nécessite de bonnes aptitudes et connaissances. Toutes les conditions sont parfois réunis pour nous mener la vie dure (vents, vagues, marées, brouillard, hauts-fonds, manque d’abri, froid, etc…). On ne peut pas toujours avoir le contrôle avec tant de variables et il faut savoir faire face devant l’inconnu.

L’été dernier, on a pas pu naviguer sur le fleuve St-Laurent. Vous me verrez venir pour nos proches, avec l’aventure « Tempête Catherine » de l’an passé comme on l’a surnommée, c’est quelque chose pour nous de franchir cette limite à nouveau cet été. Ce, autant pour Catherine qui est la principale concernée que pour moi qui a perdu un peu ses réflexes dans tout ça et qui a des inquiétudes que vous pouver imaginer sûrement.

Voici l’histoire :

Vendredi passé le 13 août, on se ravitaille à l’Anse St-Jean et on est donc prêt pour l’aventure. Samedi matin, après avoir levé l’ancre en face de la marina de l’Anse St-Jean, on descend le Saguenay à voile au près pour se rendre à l’Anse St-Étienne à Petit-Saguenay. On annonce des vents forts d’Est et des orages pour le lendemain. Pour se protéger des vents d’Est, nous hésitons entre descendre à Tadoussac (il fait très froid) ou remonter le Saguenay (peu de mouillage sont sécures avec un vent d’Est dans le Fjord). On reste ici pour la nuit et on verra demain !

Dimanche matin, je dis à Kate: « que penses-tu si on irait s’amarrer à la marina de Tadoussac. Comme ca, si une fenêtre météo se présente pour prendre le fleuve, on sera prêt à partir sur le champ et on pourra profiter de Tadoussac pendant ce temps ».  J’ai rajouté bien sûr le fait qu’il y avait des boutiques à Tadoussac, ce qui a fait sortir un « OK, on y va ! » à Catherine. On pointe donc sur Tadoussac, le vent d’Est se lève à 25 nœuds et on l’a dans le pif, mais la marée descendante nous pousse alors on se rend sans trop de peine, … à moteur. Aujourd’hui, il fait un soleil mur-à-mur, mais c’est froid comme d’habitude sur l’eau (environ 12 à 15 ºC). Aussitôt passé le dernier coude avant de voir le fleuve, Catherine sort notre « kit de fleuve »: tuques-mitaines-habits de pluie, car la température ambiante chute à environ 10 ºC. Pas chaud… Y’a pas de doute, c’est bien le fleuve ! Arrivé à Tadoussac, la chaleur terrestre nous accueille et on troque les mitaines pour des t-shirts-bermudas. Catherine fait quelques boutiques pendant que moi j’attends à l’extérieur (c’est pour faire plaisir à ma douce moitié, alors ça me convient). Le soir, on étudie la météo. Il annonce des averses demain, mais des vents d’Ouest de 10 à 20 nœuds. C’est donc un OK pour un départ en direction du parc du Bic demain matin. On est fébrile tous les deux.  Les préparatifs s’enclanchent donc. Tout arrimer sur le bateau, payer notre marina, se remplir d’eau et de diesel, sortir à nouveau le « kit du fleuve », etc. etc. On se couche serein.

Les batteries de notre cadran a flanché durant la nuit, mais on se réveille quand même à l’heure prévue, soit 8h00 AM. À 8h30, on appareille et on pointe sur l’embouchure du Saguenay. Pas une graine de vent, pas de gros clapôts non plus, mais…. du brouillard ! Dire « purée de pois » serait plus approprié… OK, Catherine part le radar qui est à l’intérieur du bateau et prend son poste. C’est elle la spécialiste pour interpréter les gribouillies à l’écran qui ressemblent à une échographie. Sur de nombreux milles nautiques, on navigue qu’avec le radar comme si on était aveugle. C’est toujours stressant. C’est pire que la nuit où l’on peut voir au moins les feux de navigation des autres navires. On pense surtout aux cargos roulant aux alentours de 25 noeuds qu’il ne faut pas manquer. Heureusement, il n’y a pas beaucoup de traffic maritime ce matin. Nous avons fait l’acquisition l’année dernière d’un GPS lecteur de cartes. Tous les paramètres nécessaire à la navigation, sauf le radar, sont maintenant ramenés au cockpit sous les yeux du barreur. Exemple : Catherine me dit:  » je vois quelque chose d’immobile à 2 heures » et je peux lui dire : « c’est OK », c’est une bouée verte ». Bref, une nouveauté très appréciée qui nous facilite la vie. L’idéal serait d’avoir aussi l’image radar au cokpit, mais on peut pas tout avoir… Les cinq premières heures de navigation se sont fait au moteur par manque de vent et à cause du bouillard. Le fleuve est calme.

Vers 15h00, le vent annoncé se manifeste. On hisse la grand-voile et le génois, et on file à pleine vitesse. On peut entendre enfin le son de l’eau qui glisse sur la coque. Quel bonheur ! Par contre, notre technique de voile laisse plutôt à désirer. On se bat avec notre barre à roue et le voilier est instable, signe que le bateau est mal équilibré. Le vent forci assez rapidement et rafale à 25 noeuds, il faut donc réduire la surface de voile. On commence avec le génois. Une écoute réussie à s’échapper de la winch et résultat: les deux écoutes finissent par s’entremêler, formant des gros noeuds, tandis que le génois flacote dans tous les sens… Pas génial… Après s’être sorti de ce contretemps, on prend donc un ris dans la grand-voile aussi. Puis, une fois le voilier bien équilibré, la force du vent diminue et on ouvre à nouveau toute les voiles à 100%… Une bonne pratique !

On arrive au parc du Bic vers 16h30. C’est très magnifique comme endroit. Une belle baie, des plages, des montagnes et de petites îles. On y voit des sentiers avec nos jumelles et on se dit qu’on pourra passer sûrement quelques jours à découvrir ce parc. On lâche la pioche (l’ancre) et ça fait BONG! dans le fond… Hmmm, le fond semble être dur comme la roche. On essaie un autre endroit, marche pas, on essaie encore un autre endroit et ça prend un tout petit peu… Hmmm pas bon, pas bon. On aime ça dormir sur nos deux oreilles. Note : Il est écrit dans le guide du tourisme nautique : Mouillage de bonne tenue. On a pas tous la même définition d’un fond de bonne tenue.  Mais, il fait tellement beau et ce parc semble sublime. On éteint le moteur et on relaxe. La journée nous rentre dans le corps finalement. L’adrénaline retombe… On prend une petite bière à deux… Vers 18h, le vent se lève à nouveau et les rafales sont de la partie. Hmmm, j’anticipe la nuit qui m’attend. Je ne dormirai pas, j’en suis sûr. Je me connais…pour l’avoir vécu plusieurs fois. De plus, la météo annonce 25 nœuds de vent d’Ouest demain toute la journée. Je me rappelle aussi des gribs météo (cartes météo) que j’ai téléchargé à Tadoussac qui n’annoncent rien de bon pour les deux prochains jours. Le « timing » n’est donc pas bon pour rester ici.

Vue d’un coucher de soleil sur le fleuve près du parc du Bic                                                        Notez qu’un orage au loin menace de nous rattraper …

À 18h30, on prend notre décision : on lève le camp et on va à Rimouski, à trois heures de voile du parc du Bic. On n’a pas à tenir compte des marées à cette marina.Vent arrière avec génois, ça file doux, mais on manque de vitesse. On aperçoit des nuages noirs au loin et il annonce justement des orages pour la fin de soirée. On garde le génois et on part le moteur. MER ET MONDE file à la « voile de fer » à toute allure: 6-7 nœuds. Le soleil sort une dernière fois son bout du nez pour nous saluer à travers les nuages. Ce coucher de soleil, comme on en a  vu sur l’océan, vaut cher à nos yeux. On arrive à destination sans trop de mal à la noirceur avec comme compagnon une barge poussé par un remorqueur qui entre dans le port commercial de Rimourski, à côté de la marina. Catherine a très bien assuré aujourd’hui et mes inquiétudes de capitaine fondent à vue d’œil à mesure qu’on traverse l’action ensemble. On a réussi à passer au travers de notre journée mouvementée qui a compris une douzaine d’heures de navigation!

18 et 19 Août 2010 : Promenades à Rimouski

Tandis que Dame Nature pousse de gros soupirs de vent sur le fleuve (25-35 noeuds du sud-ouest), nous profitons de la très belle ville de Rimouski . La municipalité met à la disposition de la marina des vélos pour dépanner les plaisanciers comme nous. Vraiment génial ! Au cours de ces deux jours, on fait du vélo pour se déplacer au centre-ville qui est trop loin pour s’y rendre à pied, mais aussi pour le plaisir de faire la piste cyclabe bien aménagée qui longe le fleuve sur une bonne partie de la ville. On se fait venter, ça sent l’air salin à plein nez et les gens sont gentils.  Notre routine est établie dès la première journée: randonnée à bicyclette, diner en ville, cinéma, crème glacée, flânage à la librairie du coin et petite épicerie. On se sent chez nous. La marina est aussi très bien aménagée et équipée, propre, sans parler de leur restaurant à ne pas manquer (fruits de mer frais).

On écoute les prévisions. Les conditions météo se calment pour demain le 19 août, alors on planifie d’y aller avec le vent et de traverser le fleuve, direction nord !

La fin d’une autre journée à la marina de Rimouski

20 et 21 août 2010 : Surprise à Baie-Comeau

Nous partons tôt jeudi matin. Le fleuve est une mare d’huile et il n’y a pas une graine de vent. Nous décidons de mettre le cap sur Baie-Comeau pour une distance à franchir de 45 milles nautiques, soit environ 9h de navigation à 5 noeuds de vitesse moyenne. Une heure après être partit, une brise se lève que l’on reçoit pour faire du près. On monte nos voiles, histoire de pouvoir diminuer le régime du moteur. Au moment de déjeuner vers 9h00, on arrête le moteur afin de pouvoir prendre un moment de répit. Il fait beau soleil et la petite brise nous pousse à 3 noeuds de vitesse. Finalement, on est trop bien pour repartir le moteur. Il est encore tôt et on est pas pressé, on reste donc à voile malgré notre faible vitesse. Notre bonheur grandit. Vers midi, le vent faiblit au point où l’on doit repartir le moteur. Une heure plus tard, la brise réaparaît, mais sous un autre angle. C’est ce qui se produit souvent quand le vent change de direction. Nous revoilà encore à monter au près, mais cette fois-ci, à tribord amure. Par chance, on peut garder notre cap sur Baie-Comeau. Le vent est très stable, donc pas besoin de faire de manoeuvres pour ajuster les voiles. Au cours de l’après midi, MER ET MONDE passe de 3 noeuds à 3.5, à 4, à 4.5 pour se rendre à sa vitesse de coque deux heures avant d’arriver à Baie-Comeau. Plein soleil et voiles toutes grandes ouvertes, juste comme on aime. Catherine pleure de joie quand on ajoute en plus notre musique préférée tellement elle est heureuse de revivre ces conditions parfaites. Cette journée lui rappelle nos sorties en mer dans le sud. Elle craignait au cours de son combat de l’année dernière de ne plus pouvoir revivre ces moments de bonheur intense. On décide finalement de mettre le cap sur l’Anse St-Pancrase, tout près de Baie-Comeau, une place de rêve qui ressemble à Baie-Éternité. Il reste de la place pour nous et on s’attache à une bouée d’amarrage. En plus, on se fait bercer par une petite houle venant du large, ça dort très bien !

Vers midi le vendredi, on met le cap sur la marina de Baie-Comeau. On est curieux, car ça n’a jamais adonné qu’on y passe une nuit. On est très bien reçu par les plaisanciers sur place et la marina est assez bien aménagée, quoi qu’elle soit loin des services pour les visiteurs. On nous dit que c’est la coupe du monde de paracyclicisme (course de vélo pour les personnes ayant un handicap physique) qui se tient présentement à Baie-Comeau et qui demande une grosse logistique. Justement, une course est en cour et on peut les observer de la marina. Belle leçon de vie !

Le samedi matin, un curieux approche notre quai sur la pointe des pieds et observe en détail notre bateau. On sors lui dire bonjour et il n’en revient pas. « MER ET MONDE à Baie-Comeau, je rêve !!! » qu’il nous dit tout excité. Il dit avoir lu religieusement tout notre site internet et avoir suivi tout le déroulement de notre sabbatique dans le sud. Il nous récite par coeur plein d’événements et de renontres qu’on a vécu. C’est assez rigolo comme situation et nous aussi on est vraiment bouche-bée de voir combien la technologie peut rapprocher les amants de navigation les uns les autres ! Les rencontres avec d’autres passionnés  de voile sont toujours les plus fortes en voyage.

Donc, il s’appelle Pierre du voilier TARANGA et, la cerise sur le sunday, il part en famille pour les Bahamas l’an prochain. Ho! Là, ce n’est pas un hasard, mais c’est plutôt les étoiles qui sont toutes bien alignées ce soir. On jase, pis on jase, pis le reste de la famille arrive, pis les présentations de leurs amis du voilier ALADIN qui rêve aussi du sud. De fil en aiguille, les trois équipages passent toute l’après-midi et la soirée à se raconter toutes sortes d’aventures, a réviser toute la préparation du voyage de TARANGA et à répondre aux questions. Le 5 à 7 se prolonge… Bien sûr, chaque interrogation soulevée peut mener les équipages au récit d’une longue aventure souvent riche en émotion. Cette journée nous replonge carrément dans notre voyage aux Bahamas en 2007-2008 et c’est comme si on y était à nouveau.

L’équipage de TARANGA: Pierre, Guylaine et leurs deux enfants www.taranga2.com Et l’équipage d’ALADIN: Alain, Josée et leurs deux enfants

Les trois équipages ensemble sur MER ET MONDE II

22 et 23 Août 2010: L’Anse St-Pancrase : un paradis !

Ce matin, on salue et placote encore avec les deux équipages. Mais cette après-midi, on veut explorer aussi Baie-Comeau. ALADIN nous offre leur voiture (ça nous jète à terre cette générosité !). C’est fantastique, car il est difficile de se débrouiller à pied dans cette ville. On commence par un déjeuner-diner chez CORA dans une des deux parties de la ville pour ensuite aller dans l’après-midi au musée le JARDIN DE GLACES et voir leur présentation multimédia sur la dernière ère glaciaire d’il y a 12 000 ans. Ce sont entre autres la fonte de ce plateau glaciaire continental qui a façonné le paysage de la Côte-Nord et le Saguenay. C’est de loin le musée le plus récent et hi-tech qu’on a vu à date. Très bien fait et super intéressant De retour en fin d’après-midi, on remplit le bateau d’eau, on ferme notre compte à la marina et Catherine sert l’épicerie qu’on a fait en ville.

La marina accueillante de Baie-Comeau Catherine au Jardin de Glaces: Ce quelle préfère? Les coquillages fossiles,  bien sûr !

Ensuite, départ pour l’Anse St-Pancrase, le petit paradis de la région du St-Laurent: Anse bien protégée, grosse chute, bain tourbillon d’eau douce  naturel, randonnée pédestres, pêche, etc. On croise sur l’eau ALADIN qui en revient, travail oblige. À St-Pancrase, on retrouve TARANGA qui demeure en vacances comme nous. On s’attache à une bouée d’amarrage au crépuscule. On se dépêche à aller sur terre avec DEMIE-PORTION (notre zodiac) au quai, car des pêcheurs s’agitent. Au lancé léger, Pierre et un navigateur de Québec sortent du hareng et du maquereau un après l’autre. Le pêcheur de Québec en sort parfois quatre du coup ! Ça fait de l’action. Les enfants sont émerveillés, nous aussi. Catherine pêche une vingtaine de minutes avec la canne de TARANGA et sort une morue. Trop petite pour la garder, mais on reçoit en cadeau un beau maquereau pour compenser. Catherine aide aussi les pêcheurs a enlever les poissons de leur hameçons et à les mettre dans la chaudière.  Elle est toujours prêt à faire ce genre de chose même si c’est salissant, car elle adore toucher les animaux, les poissons, le monde végétal, etc. C’est la biologiste refoulée en elle ! Une fois la nuit tombée, Pierre et son fils Jérémy nous font un beau feu. On y reste avec TARANGA et d’autres équipages jusqu’à 23h en placotant sans arrêt. Marika, du haut de ses sept ans (fille de Pierre et Guylaine), nous fait crouler de rire en dansant et en chantant son répertoire musical !

Des traces du passage de la fonte des glaciers à St-Pancrace                                                      Elle sont particulièrement évidentes à Baie-Comeau

Un beau soleil encore une fois en ce lundi 23 août. L’Anse est plutôt déserte puisque nombreux de la région sont au travail.  Catherine et moi, on veut dédier notre journée à faire de la randonnée et aller prendre de belles photos au sommet d’une des montagnes, comme on l’avait fait en 2005. Je débarque sur le quai pour inviter l’équipage de TARANGA à se joindre à nous et aller diner tout en haut de la montagne. Ils sont partants, alors Catherine fait nos lunchs et on se rejoint en zodiac au point de départ du sentier. Une ascension d’environ 800 pieds commence et c’est vraiment magnifique. La pente est raide et on doit longer de gigantesques et très hautes parois de roches. On fait un peu « d’escalade » par moments, mais la piste est très bien aménagée. Arrivée en haut, la vue est époustouflante. Il y a un belvédaire qui surplombe l’anse et on y crèche un temps afin de diner tous ensemble. On se dirige par la suite vers un autre sentier menant au Lac de glace. On peut y observer une grande variété de champignons et Guylaine donne un petit cours à Catherine sur la comestibilité de ceux-ci. Depuis la venue du Jardin des Glaces en 2009, les sentiers sont bien entretenus et des cabanes d’observation ont été construites. Un autre débarcadère nous fait voir MER ET MONDE tout en bas d’un autre point de vue. Évidemment, la descente en fin d’après-midi est bien plus facile. Une journée assez physique: ça va bien dormir ce soir pour tout le monde !

Paysage magnifique de l’Anse St-Pancrace: digne d’une carte postale !            L’Anse St-Pancrace à marée basse. Avis aux plongeurs: des requins du Groenlend la fréquente …

Les gigantesques parois rocheuses                                              Pierre, Catherine et Guylaine en action dans leur montée. C’est assez escarpé !

Voici la fleur d’une des deux plantes carnivore au Québec                   Une des nombreuses variétés de champignons qu’on peut observer dans les sentiers

Éric fait une pause dans un belvédaire du sentier du Lac de glace                                        Le sentier est si abrute par moment qu’un peu d’escalade s’impose !

En début de soirée, je sors ma canne à pêche en haute mer, mais c’est plutôt une canne normale au lancé légé serait de rigueur. Je pars  me balader en zodiac pour pêcher à la traine, sans succès. Ensuite, je change de tactique et de leurre pour une cuillière normale et essaie à partir du bateau en me promenant d’avant-arrière. Ça mord deux fois ! De petites morues qui sont remises à l’eau. C’était au moins ça… Sentir gigoter au bout de la ligne donne toujours un petit « feeling ». Vers 21h00, Kate va se coucher. Il y a un feu de camp à terre. Je vais jaser avec d’autres gens de la place que je ne connais pas. Ils sont très gentils et ont de belles histoires à compter.

24 Août 2010: La Grande baie St-Nicolas

Ce matin, on a des « fourmis dans la quille ». L’aventure nous appelle. On veut aller à un endroit recommandé par TARANGA: la Grande baie St-Nicolas à 10 milles nautiques à l’Est d’ici. On salue chaleureusement nos nouveaux amis et leur souhaitons une très bonne continuité dans leur préparation. Tous veulent garder contact! On met le cap sur St-Nicolas. Le fleuve est calme, il n’y a aucun vent et il fait encore soleil mur-à-mur. Une baleine (petit rorqual) apparaît soudainement sur notre babord à environ 15 pieds du bateau. Elle nous montre son oeil, sa tête et son dos à deux reprises. Elle fait sa plongée finale avant de disparaître dans les profondeurs. On a pu très bien voir  sa queue puisque l’eau est plus claire à cette hauteur de l’estuaire du St-Laurent. WOWWWWWW !!! On ne voit pas ça à Tadoussac à cette profondeur d’eau.

Le fleuve a été souvent calme cet été. Les habitués du fleuve diront, un peu trop !              Manque de vent et brouillard, mais quand même de magnifiques paysages !

On fait notre approche à Grande baie St-Nicolas en relisant plusieurs fois les instructions nautiques. Il faut savoir que l’entrée de cette baie est très délicate, du moins pour les marins qui ne sont pas du coin. Il faut la prendre à marée haute de préférence. Dans cette baie, la passe très étroite fait environ 1/2 mille de long et le fond est composé principalement de roches et parsemé de plusieurs hauts-fonds. La marée est haute, il n’y a pas de vague et le soleil est dans notre dos, alors toutes les chances sont de notre côté pour y aller. On se lance à faible vitesse, car le petit courant qui nous pousse réduit notre manoeuvrabilité. À la proue, Catherine fait la vigie pour interpréter la couleur et la profondeur d’eau, de même que la composition du fond tout en m’indiquant avec ses bras dans quelle direction aller. Je suis à la barre et j’ai aussi le GPS pour me diriger. À une reprise, on manque de cogner le fond rocheux d’environ un pied. Rien de grave, mais on est quand même un peu tendu… On réussi et on entre dans la portion plus profonde de la baie. Il y a un super bon fond, de l’espace, alors ça nous plait. Par contre, il y a la route 138 qui longue un côté escarpé de la baie. On entend les freins « Jacob » des transporteurs, mais le soir ça se calme.

On relaxe avec de la lecture tout en prenant une bière. L’envie d’explorer nous prend ensuite et on part à la découverte avec DEMIE-PORTION. On refait la passe en sens inverse et on peut bien voir le trajet à prendre. Il faut aussi sortir MER ET MONDE d’ici avant qu’il y ait de mauvaise conditions météo. On vise partir demain matin à marée montante parce qu’on va avoir de bonnes conditions pour sortir de la baie et pour traverser à Matane. On mémorise le parcours à refaire dans la passe et on aura notre trace GPS pour nous aider. On va dans la baie d’à côté, car paraît-il qu’il y a une héronière (endroit où niche les grands hérons). En effet, on observe au moins une vingtaine de hérons. C’est vraiment beau et majestueux ces grans oiseaux. Catherine trippe de voir les étoiles de mer, les crabes, les bourgots, les concombres de mer, les moules au fond de l’eau. On peut voir jusqu’à 25 pieds de profondeur dans l’eau. Cela nous rappelle un peu les Bahamas et ça nous remplit de joie. On se laisse dériver en zodiac jusqu’au coucher du soleil accompagné d’une synphonie de sons de baleines, de phoques et de cris d’oiseaux qui attire pleinement notre attention pendant un moment. Ça se termine quand on se rend compte qu’on est congelé. Quand le soleil disparaît sur la Côte-Nord, les soirées sont plutôt froides…

Magnifique fin de journée à la Grande Baie St-Nicolas. Regardez bien, on perçoit le fond de l’eau en avant plan !

25 août 2010 : Traversée à Matane

On se lève vers 9h00 avec le chant de « Jacob ». Hé oui !, la route 138 et ses sons de transporteurs. Charmant ! On a le goût de partir, mais on doit attendre encore un peu le début de la marée montante. Après avoir relaxé avec un beau soleil matinal, on lève l’ancre vers 11h00, soit une heure après la marée basse. Si on s’échoue, la marée montante remettra MER ET MONDE assez vite à l’eau. Avec encore de bonnes conditions pour nous aider, on réussit à sortir sans anicroche de cette passe incroyable. Catherine revient au cockpit toute énervée. Elle me dit que de son point de vue, c’était vraiment magnifique car elle a pu voir clairement le fond de l’eau. Malheureusement, ce n’était pas le temps de prendre des photos. Les hauts-fonds plongaient dans une genre de crevasse faisant environ 15 pieds de large par 50 pieds de profond. Elle confirme que le passage est sinueux et très étroit et que les possibilités de manoeuvres y sont assez réduites. On est fier de l’avoir fait. Ça nous rappelle lorsqu’on a fait quelques passages difficiles aux Bahamas comme le fameux Devil Backbones à Eleuthera.

C’est donc un départ pour Matane. Le fleuve est miroir et il n’y a aucun vent pour les trois premières heures de navigation faite à moteur. Une brise se lève à mi-chemin de notre destination. On hisse les voiles, mais on ne peut mettre directement le cap sur Matane. On regarde l’heure et on se dit que la journée est encore jeune. On navigue toutes voiles ouvertes à trois noeuds avec un cap qui s’écarte de 15 degrés de notre destination. Tout le long des heures qui s’écoulent en se rapprochant de la rive-sud, le vent change de direction, ce qui nous permet finalement de pointer sur Matane avec une vitesse avoisinant les 5 noeuds. Une autre belle journée à voile pour nous !

Où fini l’eau et où commence le ciel selon vous? Non mais, c’est pas beau ca?

On s’amarre au quai de la marina de Matane vers 19h30. Heureusement, il reste assez d’eau pour notre tirant d’eau, car à marée basse ici, notre voiler pique dans la vase et ne flotte plus. On va se promener pour observer les voiliers à quai ou sur leur ber. On marche aussi sur le beau rivage de l’Estuaire du St-Laurent en respirant les vapeurs de sel et de poissons. On se rend compte que déjà, il nous faut planifier notre retour dans le Saguenay. On ne peut plus repousser! Alors, on compte les jours de vacances qu’il nous reste. On regarde les prévisions maritimes à Environnement Canada et j’interprète les GRIB (cartes météo). Puique que remonter le St-Laurent est beaucoup plus difficile que de le descendre avec ses vents dominants d’Ouest, on ne veut pas rester coincé plusieurs jours à une même marina ou s’obliger à prendre le fleuve par mauvais temps. Puis, il faut dire qu’on a un peu moins envie de vivre la grosse misère après avoir goûté au sud. Notre intention était de rester un jour ou deux à Matane pour visiter… et manger des crevettes ! Après analyse de la météo, la seule journée qui s’offre à nous pour naviguer d’ici les cinq prochains jours est demain. Il faut donc oublier les crevettes de Matane pêchées à Sept-Iles et profiter de la fenêtre météo pour faire un bout jusqu’à Rimouski. Nos cadrans sont réglés pour demain 6h30 AM si on ne veut pas être emprisonné dans la bouette !

26 et 27 août 2010: De retour à RIMOUSKI !

6h00AM, Jacob me réveille. Hé oui, on était hier près de la route 138 sur la rive-nord, pis là on est carrément à côté de la 132 sur la rive-sud. Foutu Jack, il me cherche ! On se lève avant le cadran en écoutant la météo du matin. Notre fenêtre tient toujours: vents légers et brouillard se dissipant au matin. C’est un départ ! On se retrouve sur un fleuve presque miroir. Il pluviasse et un banc de brouillard dense nous entoure, plutôt dire, de la purée de pois! Notre champ de vision autour du bateau est d’environ 1/2 mille nautique ou moins. Parfois, c’est juste le bout du bateau qu’on peut voir. Ça donne l’impression qu’on est seul au monde, perdu au milieu de l’océan et qu’on va se faire attaquer par des pirates… Digne d’un film d’horreur! Bien sûr, on ne se laisse pas gagner par la panique en se concentrant sur le GPS, le radar et nos quatre oreilles. On voit des points qui bougent autour du bateau sur le radar et on entend passer diverses embarcations proche de MER ET MONDE. À un moment donné, on klaxonne avec notre corne de brûme un bateau de croisière qu’on entend très proche sur notre babord. On le l’a jamais vu ! On décide de faire des quarts puisque c’est exigeant de faire la vigie. On fait notre part chacun son tour pour pouvoir se reposer. On se demande comment se débrouillaient les marins dans le temps sans ces précieux instruments de navigation ?

Y a de la brume! C’est comme si on fonçait dans un mur toute la journée

À l’approche de Rimouski, il y a beaucoup plus d’action. Il y a du trafic maritime en raison de la marina de Rimouski, le port commercial de Rimouski, les bateaux croisière et la traverse Rimouski-Forestville. Il y a aussi plusieurs bouées à éviter. Cette situation ne nous était jamais arrivée encore. On se met à transpirer tout les deux, car le radar devient assez difficile à interpréter avec tous ces points qui se promènent…. L’entrée de la marina de Rimouski apparaît soudainement à la proue de MER ET MONDE, à quelques pieds seulement de l’enrochement. Enfin, c’était pas trop tôt pour s’amarrer avec notre journée de navigation dans le corps. Si on avait su pour le brouillard sans relâche durant 10 heures de temps, on ne serait probablement pas parti …! Vive les prévisions météo sur le fleuve !!! On se couche de bonne heure après avoir un peu grignotté.

Lundi le 27 août, on se lève tard, on flâne, on lit, on écrit tous les deux sur notre site web. On se met la binette dehors vers 14h00. On dine au restaurant de la capitainerie de la marina. Quel délice! Leurs fruits de mer sont extra frais et bien apprêtés! Nos vélos nous attendent dans le hangar alors on va faire un tour au centre-ville. On aime de plus en plus faire du vélo ensemble. C’est une découverte ! Ça nous permet de voir plus de terrain tout en ne se déplaçant pas trop vite, comme en auto, et pas trop lent, comme à pied.

Catherine à vélo à Rimouski

À notre retour à 19h00, on va à une conférence gratuite qui a lieu dans la capitainerie. C’est un gars de Québec de 37 ans qui a construit seul son propre voilier de course transatlantique de 21 pieds (classe 6.5 mètres connue à travers le monde). Il nous explique pendant une heure et demie comment on planifie un projet de cette envergure et explique toutes les gaffes qu’il a fait avec humour. C’est très intéressant. Avec toutes ses photos et ses explications, ça donne le goût de s’en construire un! En deuxième partie, un jeune scénariste nous présente son court métrage de 30 minutes à propos d’un convoyage dans le Golf St-Laurent auxquel il a participé (Rimouski au Cap Breton). On peut voir comment ils se débrouillent dans le gros temps, chose courante dans le St-Laurent. Le film rend aussi hommage à des navigateurs connus auquels on s’identifie comme Damien et Évangéline Le Pas (deux des quatre enfants de la V’LIMEUSE), Yves Gélinas ou Georges Leblanc. Damien De Pas était présent à la conférence, mais il a quitté tôt et nous n’avons pu lui parler. Choooou! On comprend que la marina de Rimouski est située à un point stratégique sur le fleuve et a les infrastrutures qu’il faut pour ressortir du lot des autres marinas au Québec. En autres, le défi Georges Leblanc centralisé à Rimouski a beaucoup de visibilité et gagne en participants. Justement, Goerges Leblanc sera présent dans deux jours à Rimouski concernant la grande course Rimouski-Anticosti-Rimouski, mais nous seront probablement parti ! On finit par s’endormir tard en pensant à notre prochain projet: soit se construire un dériveur, soit faire le défit Georges Leblanc l’an prochain …

28 Août 2010: Traversée dans les eaux froides du fleuve !

À cinq heures du matin, j’entends des discussions sur notre quai. Je sais que notre voisin à un problème avec son moteur et qu’il doit se faire remorquer de Rimouski à Rivière-du-Loup ce matin. J’entends aussi qu’on prévoit des vents légers aujourd’hui. Je me souviens que les quatre jours suivants seront des vents autour de 20 noeuds d’Ouest/Sud-Ouest. Il serait donc plus sage de prendre cette fenêtre météo d’aujourd’hui pour traverser jusqu’à Tadoussac. On est pas prêt à quitter et ça m’empêche de dormir. Je me lève à 5h30 et je vais aider mon voisin à appareiller. Le soleil se lève et il fait vraiment beau. Les plus beaux paysages se voient souvent à l’aube et il y a un silence de quelques minutes qui appartient seulement aux personnes matinales. À part les mouettes bien sûr « qui se plaignent toujours le ventre plein », comme dit Catherine! Je valide ensuite sur internet l’heure d’ouverture de la marina. Bonne nouvelle, c’est à 7h00. Ça règle le cas du diesel. Reste que le frigidaire est presqu’à sec, mais on peut faire avec et utiliser des conserves au besoin. Morale de cette histoire: toujours mettre la priorité sur le réapprovisionnement quand on est en voyage et ensuite s’amuser… 6h55, je suis à l’acceuil. Le gars de la marina arrive à l’heure, je remplis mon cinq gallons de diesel et paye nos deux nuits en même temps. C’est un go pour le départ! 7h15, je pars le moteur. Je défais l’électricité et les amarres et youpe! Une marmotte sort de son trou avec le sourire en disant: « Eric! tu me joues un tour là. On part ? » Hé oui, on est partit kiki. Il faut réaliser que pendant ce temps-là, Catherine dort à poings fermées…

Les 15 premiers milles nautiques se font à moteur avec un vent de 15 noeuds dans le nez. L’Île du Bic nous protège du « fetch », alors la vague n’est pas trop levée. Une fois l’Île du Bic dépassée, c’est tout autre chose. La vague monte à 3 pieds, le bateau ralentit et claque. Je sort le génois et prend un cap au près plus-que-serré sur les Escoumins. Le voilier file à 6 noeuds et fent la vague parce que reçue à 30 degrés. On fait cinq milles comme ça. Soudainement, Catherine sort dehors toute verte: de l’air, ça presse !!! Ça donne le mal de mer quand on regarde un point fixe trop lontemps et elle écrivait sur notre site web dans la cabine. La vague monte à 4 pieds, on essaie à voile sans le moteur. Ça marche! On a juste le génois et ça file à 5 noeuds. Le vent baisse un peu par la suite et on lève donc la grand-voile. Ça y est, on est partit pour un bon bout à voile! C’est GASTON qui barre (notre pilote automatique) et on se laisse conduire jusqu’aux Escoumins. Je fait même une petite sieste tellement je sens le bateau en contrôle, ce qui n’est pas évident sur le fleuve. Il faut dire aussi que, même si ça fait trois semaines qu’on vit sur le bateau, on est pas du tout amariné. On n’a eu aucune mer agitée digne de ce nom. On doit quand même boire et manger régulièrement aujourd’hui pour faire passer les nausées.

Eric se permet un petit somme à voile au près plus-que-serré à 25 degrés de gite avec 3 pieds de vagues

Arrivé aux Escoumins, Catherine ressort le « kit du fleuve » avec tuques et mitaines, car c’est très humide et froid: il fait moins de 10 degrés sur l’eau. On voit un pilote du St-Laurent monter à bord d’un cargo tout près de nous. Comme d’habitude, on voit plusieurs mammifères marins, ce qui est toujours aussi magnifique! Au secours, on a besoin de chaleur !!! Catherine aurait aimé s’amarrer une nuit au quai des Escoumins et placoter avec les pilotes, mais ce sera pour une autre fois finalement. On met donc le nouveau cap sur Tadoussac tout en repartant le moteur, car le vent faibli. Il nous reste 15 milles nautiques à faire. Catherine fait la vigie, car un hydravion est porté disparu depuis deux jours dans le secteur où nous sommes. La Garde côtière fait des appels fréquents aujourd’hui pour nous demander d’être très vigilant, de leur signaler nos observations … et d’éviter d’entrer en collision avec le Cessna !

Ha !les coucher de soleil sur l’eau, que c’est beau. L’embouchure du Saguenay vue du fleuve avec les deux traversiers

Le passage de l’embouchure du Saguenay se déroule sans tracas. Il y a deux noeuds de courant qui sort du Fjord. C’est donc un peu juste étant donné qu’il y à 5 noeuds de courant qui sort à marée descendante. On s’amarre à la marina de Tadoussac vers 19h00 avec comme toile de fond un beau coucher de soleil. On est fière de notre traversée de 12 heures qui s’est déroulée sans anicroche encore une fois et on se claque dans les mains pour le beau « team » que Catherine et moi faisont.

29 Août 2010: Une pause à Tadoussac

En validant la météo ce matin, les prévisions annoncent une période de canicule pour la semaine qui vient. Que ça tombe bien!!! On est béni, car il nous reste une dernière semaine de vacances justement! Malgré qu’on ait eu une seule journée de pluie depuis trois semaines, la basse température qu’on a eu sur l’eau nous fait rêver d’avoir le moins possible de vêtements sur le dos. Nous prenons donc la décision de remonter le Fjord jusqu’à Baie-Éternité pour notre dernière semaine de congé afin de profiter au max de cette chaleur.

Il faut savoir que lorsqu’on navigue aux alentours de Tadoussac, soit les huit derniers milles nautiques du Fjord et jusqu’aux Escoumins sur la rive-nord, les courants froids venant du Labrador refroidissent le bateau comme un réfrigérateur. Même s’il fait très chaud à terre, le froid et l’humidité demeurent omniprésents dans et sur du bateau. L’eau du fleuve y est aux environs de 4 degrés dans ce secteur, ce qui explique le gros garde-manger pour mammifères marins comme le krill.

La matinée est dédiée au ravitaillement, au lavage, et à la douche chaude. Catherine se fait plaisir en mettant sa robe et en choisissant notre restaurent préféré pour diner: La Bohème. Départ pour 14h00 vers le mouillage de l’Anse St-Etienne afin de nous rapprocher de Baie-Éternité.

Ça, ça veut dire: Eric! tu me sors-tu là? Une petite épicerie pour passer notre dernière semaine de vacances.

Marina de Tadoussac vu de la plage                                                                                                            Le fameux Hôtel Tadoussac!

Du 30 août au 3 septembre 2010: Semaine chaude !

Nous arrivons lundi en après-midi à Baie-Éternité et y passons cinq jours de rêve. Costume de bain pour Eric et bikini pour Catherine !!! On se rafraichit dans l’eau froide de la baie quand la chaleur est insoutenable. On sait que sur terre, ce doit être accablant et lourd comme chaleur. Sur l’eau, c’est toujours plus frais avec une petite brise qui vient nous flatter la bédaine chaude. Nous passons donc du bon temps, à lire, à se promener dans les sentiers, à faire des petit tours en Zodiac et à faire de délicieux 5 à 7. Chaque soir avant de se coucher, on contemple les étoiles sur le pont à la chaleur.

On fait une randonnée pédestre difficile de sept kilomètres avec une dénivélation de plus de 800 mètres. Pour des non-entrainés comme nous, c’est un bon défi. Catherine l’a relevé !!! Elle est fière d’avoir réussie, car en juillet, elle avait dû abandonner au 3/4 du sentier.

Plusieurs points de vue lors d’une belle promenade sur le dessus de montagnes entourant Baie-Éternité.

Au milieu de la semaine, on rencontre un équipage de la Nouvelle-Zélande assez spécial dans la baie: le BECHARD II. Le capitaine est sans domicile fixe depuis 15 ans et se promène à travers le monde de toutes sortes de façon, dont en voilier la majorité du temps. Pour l’instant, il vient d’acheter un bateau sur les Grands-Lacs et descend dans les Caraïbes pour l’hiver en passant par les Maritimes. La demoiselle est autrichienne et elle est en sabbatique afin d’accompagner son capitaine bohème pour un an. Ils sont très gentils, ont beaucoup de vécu et ont leur propre philosophie. On discute quelques heures avec eux en anglais. On est rouillé, car on n’a pas dit un mot en anglais depuis deux ans, mais Catherine se débrouille assez bien et traduit parfois en français la discussion en cours. Plus tard, on s’inquiète pour eux, car la journée où l’ouragan Earl a touché la Nouvelle-Écosse, ils étaient supposé y être. On leur a écrit un message sans savoir s’ils pourraient le lire à temps.

Équipage venant de la Nouvelle-Zélande (près de l’Australie)

CONCLUSION

Vendredi le 3 septembre, on écoute les prévisions et on annonce du mauvais temps pour la fin de semaine. On saura plus tard que c’était la conséquence de l’ouragan Earl qui s’est abattu sur les Maritimes. On est satisfait de nos vacances, alors on décide de conclure l’aventure aujourd’hui. La première journée de nos vacances, nous ne savions pas comment allait se dérouler notre congé d’un mois. Moi, je rêvais de naviguer et d’aller vers la Baie des Chaleurs, et Catherine rêvait de retrouver une vie normale. Je n’ai pourtant pas pensé à la Baie des Chaleurs une seule fois durant nos vacances. Catherine a pu relâcher la pression et s’est redécouvert des capacités avec joie. De retour dans le monde de l’aventure, on s’est laissé porté tous les deux par notre état d’esprit du moment en harmonie.

Notre mois de vacances s’est divisé en trois étapes comme suit:

1- La première semaine a été du repos pour drainer le stress accumulé afin qu’il y est de la place pour profiter des vacances. On resté dans le Fjord, un territoire connu. Le défi de franchir notre limite psychologique en se lançant sur le fleuve se dressait devant nous comme un inconnu. On sait bien qu’on a déjà fait ça le fleuve…, mais c’est comme si un mur s’était construit entretemps depuis les deux dernières années.

2- Les deux semaines suivantes ont été d’aventures en aventures de façon progressive. Une fois la première journée sur le fleuve faite, les choses se sont placées d’elles-mêmes. De jours en jours, on retrouvait des morceaux de nous-même qui s’étaient égarés en chemin. C’est dans le coin de la Côte-Nord que notre vraie nature s’est révélée à nouveau. On partait à l’aventure sans réfléchir. On a fait de belles découvertes et de belles rencontres. On aurait voulu continuer sur notre lancée et ne plus revenir… Mais, il fallait revenir!

3- La dernière semaine en a été une autre semaine de « temps long ». Pourquoi ne pas être resté une semaine de plus sur le fleuve ? Après avoir été un an en sabbatique, ce qu’on recherche, c’est d’avoir du temps. L’aventure, c’est un fil conducteur dans notre vie. Mais ce qu’on a appris aussi est que le temps de qualité est très rare. On ne peut le vivre qu’en prenant le temps, en le prévoyant, et cette dernière semaine à été pensée en ce sens. C’est ce qu’on voulait, c’est de cela qu’on rêvait, c’est ce qu’on a fait.

On est très très content de nos vacances 2010 sur MER ET MONDE. On retourne à la maison et à notre travail les batteries pleines et la tête chargées de belles images. On a encore appris sur nous, sur les autres et sur la belle nature qui nous entoure. On souhaite que vous ayez eu vous aussi de bons moments cet été.

À bientôt ! Éric et Catherine

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